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Le nazisme en trois leçons
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 Article publié le 31 mai 2014.

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Avec en exclusivité un poème de Philippe Beck.

Inimaginable ?

La tendance « extrême-droite » des Français vient de se confirmer. L’ascension d’un nouveau Pétain fait prévoir des sacrifices. Personnellement, n’étant qu’un administré français, et non point un citoyen de cet ordre (je me trouve aux confins de l’Occitanie et de l’Andalousie), je m’en fous un peu. Quoique… Notre Sud n’est pas en reste. Loin de là ! mais je me dis, pour me consoler tout seul, que ceux qui ici ont voté pour le Front National sont des citoyens français et non point des indigènes ni des immigrés.

J’ai pensé qu’un petit traité en trois leçons portant sur le nazisme serait fort utile à l’esprit tant des citoyens de droit et de cœur qu’à celui de mes semblables.

La première leçon portera sur ce qu’il ne faut pas faire compte tenu que, malgré ce que nous avons dans le cœur, l’administration demeure française et notamment celle de la justice dont nous connaissons la tendance collaborationniste depuis l’Occupation. Défaut auquel il faut ajouter un manque grave de parité puisque la profession est très majoritairement occupée, quand elle ne s’absente pas, par des femmes particulièrement attentives au projet de carrière qui leur est proposé. Le cul a aussi son importance en justice.

La tolérance des magistrats est fortement limitée par l’esprit corporatiste et le statut de domestique qui, comme nous venons de le dire clairement, sert avant tout son employeur quelle que soit la couleur du régime à la mode. Ensuite, les historiens s’en démerdent comme ils le peuvent ou comme il est dit plus haut.

La République française, empire en déclin, s’est placée sur le chemin d’un régime qui devra autant à l’impérialisme colonial qu’au nazisme et autres fascismes voisins. Le mieux est donc d’en suivre la leçon et de nous préparer physiquement et moralement à une critique qui va connaître ses victimes par l’entremise du foutoir judiciaire hérité de l’Histoire et confirmé péremptoirement par la Constitution en cours et les usages hérités des anciens régimes.

La deuxième leçon portera sur ce qu’on peut faire. Ce sera l’occasion de revenir prudemment sur ces notions de valeurs républicaines qui plaisent tant au premier ministre. Comme quoi, avec une petite licence en Histoire et les services d’un bon cabinet de communication on peut y arriver coûte que coûte.

On verra, illustrations à l’appui, que le concept de liberté est conditionné par ce qu’en autorise les intérêts des privilégiés ; que celui d’égalité est limité par les recommandations ; et que celui de fraternité est une foutaise qui doit plus à Jésus qu’à l’intelligence.

La troisième portera, comme synthèse provisoire, sur ce qu’on fait en réalité, qu’on soit français de cœur ou indigène, nationaliste ou libre comme le vent quand il n’est pas influencé par des phénomènes terrestres moins idylliques.

 

Ce qu’on ne doit pas faire

 

Un principe unanimement partagé, c’est-à-dire autant par les cons que par les autres, veut que ce qu’on ne doit pas faire ne peut* pas se faire.

* Tant pis pour le subjonctif !

La justice, ou plutôt son administration, a condamné Jean-Marie Le Pen à une broutille suite à sa fameuse déclaration : « Les fours crématoires sont un détail de l’Histoire. »

Nous avons là un exemple de la médiocrité, pour ne pas dire de la duplicité, dont peut faire preuve la justice française quand elle s’intéresse en priorité au bien-être social de ses magistrats.

Le mot détail, en français, signifie : « chose sans importance. »

Dire que le massacre perpétré contre les Juifs européens est une « chose sans importance » relève, non point de l’injure, qui n’affecte que les imbéciles, mais de l’ignominie.

Mais, comme le magistrat ouvre son parapluie, il applique la loi, condamne pour injure et attend qu’on lui accroche sur la poitrine, laquelle est le plus souvent munie de mamelles, la fameuse et risible médaille de la Légion d’honneur.

Or, le propos de Jean-Marie Le Pen relève clairement d’un soutien aux perspectives néonazies.

Le condamner pour ça ou ne pas le condamner, est un détail du crétinisme qui associe dans ce pays le législatif et le juridique. Passons. Mais :

Si je dis que Jean-Marie Le Pen est un nazi, la justice, secouant ses vertes fesses, me condamne pour injure !

Alors que je dis la vérité… en tout honneur.

Voilà ce qui arrive dans les fausses démocraties dont la République française est un exemple d’ailleurs cité comme tel dans toutes les bonnes universités de ce monde.

On voit ici ce qu’il ne faut pas faire.

Autre exemple, tiré de la même famille :

Si vous publiez ceci, sans autres commentaires :

 

Pour publication, il est conseillé de mettre une croix sur la croix et de remettre le Front à sa place.

La justice, grattant son clitoris, vous condamne ou, avant même de vous condamner, vous menace.

— Vous ne devez pas le faire !

— Alors, qu’est-ce qu’on peut faire ?

 

Ce qu’on peut faire

La France, c’est bien connu, est le pays de la langue de bois. On peut s’y torcher le cul, mais en mangeant, pas en baisant.

Et qu’est-ce qu’on nous donne à manger ?

On nous donne à manger ce qu’on peut faire.

L’image de Marine Le Pen avec sa croix gammée sur le front peut être remplacée par celle-ci :

Une magistrate, sans cesser de donner le sein à un maire qui se sentait insulté, me l’a confirmé (mais j’ai refusé de coucher avec elle).

Cela ressemble fort à cette pratique japonaise en usage dans certaines usines. L’ouvrier, exaspéré par l’exploitation qui est faite de son corps et de son esprit, autrement dit de sa personne, peut, à heures fixes, entrer dans une pièce où se trouve la représentation de son patron, sous forme d’une poupée en caoutchouc ou autre matière rebondissante dont l’industrie japonaise a le secret. Et l’ouvrier, muni d’une massue appartenant à son employeur, peut, durant un certain temps, frapper son patron sans lui faire mal. On imagine le bien fou que ça fait !

Vous pouvez donc, et même vous devez si vous souhaitez exprimer votre opinion, frapper sur le portrait de Marine Le Pen sans aucune retenue ! Je dis bien, ô justice, sans retenue. Les yeux au bleu, les dents au rouge et même du jaune dans les narines. Vous pouvez même, une fois accomplie cette saine occupation reconnue par la justice, déchirer votre ouvrage en autant de morceaux que cela vous fait plaisir ou simplement, par le menu, la supprimer définitivement de votre ordinateur. Mais le pire, et le meilleur, c’est que vous pouvez aussi publier ce travail sur Internet et avec commentaires, à condition que ceux-ci entretiennent avec l’image une étroite relation de sens et d’intention. « Je te pète, Marine ! Et je te fais saigner ! Je ne t’aime pas ! (attention au « Je te hais ! » qui risque de poser problème), etc. »

Mais, bande de petites salopes, est-ce que je me sens mieux après ça ?

Non.

Moi, je voulais peindre sur le front de Marine Le Pen une croix gammée et puis c’est tout ! Mais je ne le dois pas… Et je ne le fais pas.

 

Ce qu’on fait

 

Vivre en société, comme on le voit, a ses avantages et ses inconvénients.

Il y a des choses qu’on ne peut pas faire, d’autres qu’on peut faire et, au bout du compte, il y a ce qu’on fait.

Qu’est-ce que je fais ?

Voilà la vraie question posée par le nazisme.

Un crétin de maire, ici, à Pamiers, parisien de domicile et d’origine et donc colonisateur patenté, a affirmé durant la dernière campagne des municipales que le Front National est « un parti comme les autres ; il est démocratique ».

Heureusement que ce n’est pas un indigène qui a prononcé cette grossièreté ! Je confirme qu’il s’agit bien d’un parisien et même d’un français qui d’ailleurs n’habite même pas chez nous. Comme quoi, c’est un vrai étranger. Mais, hélas, les résultats des Européennes montrent que bon nombre d’indigènes pensent comme lui. En effet, je refuse de penser que la colonisation française a pris une telle ampleur que près de 30% des électeurs pyrénéens ont voté pour le Front National. Enfin, passons…

Alors, sadat ou sadati, qu’est-ce que je fais ?

Du montreur d’ours au troubadour, les bouffons, bateleurs et autres jongleurs s’activent sur la place publique pour tenter de gagner leur croûte ou de passer du bon temps s’ils servent en même temps la Nation.

Moi, j’écris, comme disait André Gide à propos de Paludes, j’écris Arto contre Gor Ur.

Non seulement je peux et je dois le faire, mais je le fais !

Et, tenez-vous bien, on y encule Marine Le Pen.

Certes, ce n’est pas moi qui l’encule. Ni en rêve ni en écrivant. Elle est enculée par Arto. On peut. On doit. On fait !

La mal nazi, représenté en France par le Front National, est une réalité qu’il nous faut accepter telle qu’elle est. On ne peut l’injurier en traitant le Front National de parti nazi ni Marine Le Pen et son dada de nazis. On peut par contre leur chier dessus tout ce qu’on veut. La magistrature adore ça. Ce sont des gamines, que voulez-vous…

Mais enculer, on peut ?

On peut.

À condition d’y aller dans les limites de ce qu’on peut et de ce qu’on doit. En écrivant un roman comme Arto contre Gor Ur, par exemple.

Et si on ne sait pas écrire des romans ? Ce n’est pas facile, voire impossible (il faudrait poser la question plus sérieusement) d’enculer en poésie ! (Je cite presque Jacques Roubaud.)

J’ai la solution :

70 % du trafic Internet est alimenté par la pornographie, dit-on. Récupérez n’importe quel cul, un cul que vous avez envie d’enculer ou qui mérite de l’être pour une autre raison, et enculez-le. Prenez toutefois la précaution de l’imprimer sur papier ou, si vous disposez d’une imprimante 3D, dans l’air. Et enculez cette effigie. Il va de soi que cet exercice du défoulement national n’est accessible qu’au mâle muni de son indispensable outil. Sinon, divers ustensiles de la pharmacopée et de la quincaillerie pornographiques pallient facilement ces défauts.

Mais ce n’est pas tout. Cela, tout le monde peut le faire, même les militants et les sympathisants du Front National.

Pour parachever votre œuvre, faites en sorte qu’on comprenne bien que ce cul est bien celui de Marine le Pen et attendez qu’il se passe quelque chose du côté de la justice.

Voilà où on en est, nous autres écrivains : on essaie, un peu, un peu plus, encore… et on attend de s’en prendre une.

Essayiste. Je ne suis que cela, au fond. Pur produit de la Ve République.

Pour finir, voici un exemple de poésie française vraiment contemporaine telle qu’on l’apprécie en haut lieu :

« Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
Enculer l’effigie...
.................... »

© Philippe Beck, impairsonnage.

Merci Philippe !

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