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 Article publié le 8 juin 2014.

oOo

couteaux de ma défense de dormir seul

je ne vous ai pas assez défendu

couteaux que j’affine au fil du rêve

je ne vous ai pas assez aimés

 

poignées douces de sueurs froides

vous ai-je assez caressées

pendant que la nuit étendait

ses velours et la soie de ses puits

 

pointes nues je vous aimais tant

que je n’ai pas connu l’acier

et d’ailleurs si je l’avais connu

y aurais-je pris le même plaisir

 

couteaux couteaux de ma passion

je ne vous ai pas oubliés

sous la terre je pense encore

vous retrouver

 

.tu ne diras rien. Pourquoi parlerais-tu ? Et pourquoi à mon père ? Que sais-tu de lui ? Que vois-tu quand tu me regardes ? Je n’ai que des questions à te poser et tu me parles de le dire. Je ne saurai pas te supplier. Je n’ai jamais supplié personne. J’ai craint d’avoir à le faire. Mais jamais personne ne m’a forcée comme tu tentes de le faire maintenant. Ne parles pas, je t’en supplie ! Laisse la nuit à la nuit. Nous y reviendrons. Nous ne serons plus seuls. Mon ventre connaît le secret de la terre. Cette terre de couteaux cachés.

 

couteaux couteaux je vous enfonçais

dans le matelas des rêves commencés

et jamais finis

 

couteaux qu’on enfonce dans l’angoisse

pour ne plus penser à revenir

en beauté triste

 

la nuit avance des pions au hasard

et le chemin s’accroît

d’un autre chemin

 

claire angoisse de l’obscurité

qui change l’enfer en acier

même rougi

 

cette nuit je me sens de force

à redire ce que je n’ai jamais su

sans toi

 

carcan des frondaisons logiques

au bout de ce feu refroidi

en moi

 

nous n’étions pas encore mûrs

pour célébrer la refonte

de l’oiseau

 

en chien capable de mordre

sa propre chair sans en souffrir

vraiment

 

..me diras-tu qui elle est ? Et pourquoi un homme change à ce point ? J’attends tellement cet instant. Ta voix dans ma voix. Il n’y a pas d’autre solution. Du moins, je n’en connais pas. Il faudra que tu consentes à me parler comme on parle aux morts cachés derrière la pierre de leur nom. Ne souris pas en pensant à ces fleurs. Pas maintenant. Je t’en supplie !

 

couteaux l’un et l’autre enfoncés

dans l’épaisseur de ce qui n’existe plus

sans cette eau vous n’êtes rien

et je peux me voir dedans !

 

Nous nous baignâmes tout l’après-midi. Paterson admira les corps. Il prit quand même le temps de m’informer que la hiérarchie consentait à prolonger notre séjour… euh… il voulait dire l’enquête… ses arguments ayant fait mouche. Gilette sauta de joie dans l’écume. Elsie savait. Elle a toujours su. Dans l’eau, elle avait l’air d’une enfant à la recherche de sa véritable dimension. Elle n’avait pas mouillé ses cheveux.

 

…je ne vois pas d’inconvénient ! Tu ne vois pas d’inconvénient ! Mais j’en vois au moins un, moi ! Pourquoi ne consens-tu pas à regarder le monde dans le miroir où je me regarde ? C’est toujours comme ça que ça se passe avec les autres. Mon miroir et ton ombre. Et cette chambre où tu renais. Qui est-elle ?

 

couteaux de mes inventions

pour parfaire le monde

où je ne suis plus seul

comme au temps de l’acier

 

je vous donnais du fil

à retordre sur le cuir

de ces années encore

prochaines et suivantes

 

couteaux qui vous taisez

en présence d’un enfant

que cette fleur coupée

vous coupe la parole

 

ainsi la nuit se finira

comme finit le jour

en apothéose

osée

 

…dans la grimace des jours sombres tu renais une fois de plus et je te change. Couchant ce soir avec les draps et demain sans toi, je te donne ce que tu m’as pris. Je ne saurais jamais la vérité. J’en crève !

 

couteaux je ne sais plus

si je dois vous appeler

par le nom que je vous

ai donné en ces temps

de fuite et de colère

 

mais si je connais encore

votre nom ô couteaux

que je n’ai pas assez aimés

ne vous enfoncez pas coupez

coupez et qu’on n’en parle plus

 

c’est le travail des couteaux

de couper et d’oublier

c’est aussi ma patience

de chercher et d’en vivre

sans donner à penser

 

couteaux qui coupez net

que le sang ne vous cache pas

la vérité des yeux convoqués

au spectacle de mon orgasme

donné sans lever de rideau

 

les couteaux aiment bien

qu’on les aime

pour ce qu’ils sont

début et fin de ce qui cesse

d’exister pour tout le monde.

 

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