à la mémoire de Michael S. Hart
La RAL,M est née l’année même où l’édition parisienne « attaquait » les Américains sur un terrain où ils ont de l’avance et même de l’argent. Huit ans après, ces grandes familles de l’édition française ont baissé les bras. Farcies de diplômés de HEC, elles manquent d’ingénieurs véritables et d’auteurs compétents autant dans le domaine commercial qu’en littérature. Autre french theory…
Texte et support
Le système proposé alors outre Atlantique depuis quelques décennies
représente l’édition moderne. Il est simple comme un bonjour :
Imprimer les ouvrages à la demande, ce qui
met fin à la pratique du tirage initial cher aux éditeurs français dont la logique
commerciale est détruite ;
Imprimer à proximité du lecteur et ce n’importe où dans le
monde, ce qui diminue considérablement à la fois les frais de port et
l’influence des transporteurs.
Proposer en même temps l’ouvrage dans sa version numérique lisible sur un petit instrument dénommé en France « liseuse »
particulièrement utile aux lecteurs qui aiment chercher et trouver rapidement.
Nous sommes actuellement tout prêts de disposer de ce système, avec peut-être quelques aménagements à la française
qui, comme d’habitude, en diminueront la modernité, mais sans vraiment
affecter sa portée. L’édition moderne est à l’édition traditionnelle ce que
l’Internet est au Minitel. C’est dire...
Il n’en reste pas moins que la RAL,M, publieur numérique, et Le chasseur abstrait, éditeur en librairie, sont sur les rangs depuis huit ans déjà. Et nous sommes prêts :
Nous connaissons ce nouveau métier sur le bout des doigts ;
Nous sommes en mesure d’en former les acteurs, auteurs comme éditeurs ;
Nous en avons bavé et ce n’est pas fini !
Le livre et le fichier numérique vont donc se côtoyer pendant longtemps :
De mauvais augures prévoient que le livre va disparaître. Disons plutôt qu’il va changer, laissant la place à l’imagination des artistes et des typographes.
Le fichier numérique va lui aussi changer ; de simple imitation du livre qu’il est encore aujourd’hui, il deviendra le lieu même d’une nouvelle écriture dont quelques auteurs nous donnent aujourd’hui mieux qu’une idée.
Au fond, nous continuons sur notre lancée et sans doute selon une courbe démographique dont nous ne connaissons pas tous les secrets.
Ce qui change, ce qui évolue, c’est à la fois le support et le contenu lui-même.
Le contenu, ou le texte, a d’ordinaire plutôt tendance à s’adapter au support, quelquefois jusqu’au paroxysme de la doctrine. On voit encore de farouches partisans du « livre en papier », beau pléonasme qui n’est souvent qu’un cache-misère, hélas.
Toutefois, de singulières beautés s’en détachent encore.
Cette tendance, sans promettre de se renverser comme la vapeur des locomotives, modifie ses trajectoires au point que le support rend possible d’autres manifestations du texte.
C’est une belle discussion qui sera du plus bel effet sur nos tables dans l’avenir tout proche qui nous enterrera finalement.
L’aventure du texte, d’Aristote à nos jours, est tout de même un aussi bel enseignement à mettre entre toutes les mains. Travail d’auteur aussi.
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