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Commençons par l'extraordinaire chantier protéiforme entrepris par Pascal Leray tant sur le site de la RAL,M que dans les collections du Chasseur abstrait. De quoi en inspirer plus d'un. Définition :
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Sériographie [nf] 1. En médecine, examen de différentes pathologies à l'aide de radiographies à cadences rapides ; 2. En peinture, organisation sérielle d'un ensemble d'oeuvres picturales [chez Rafael Soto, en particulier] ; 3. Sur le modèle de « bibliographie, filmographie », liste des séries télévisées ou cinématographiques d'un réalisateur, d'un acteur ou d'un agent de l'économie audiovisuelle ; 4. En littérature, sur le modèle de « polygraphie », écriture des séries, par séries ou mode d'organisation sérielle d'une oeuvre littéraire. Se dit particulièrement des textes relevant de la thématique sérielle, quand ils présentent des réseaux de relations sémantiques transversales. Cette sériographie est un foutoir global ! [un grand désordre] PAR. : sériosphère, sériologie. ▪ Assemblage d'un mot latin et d'une racine grecque, ce mot est un barbarisme. [P.L.]
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Tant que l'oeuvre de Pascal Leray demeurait inédite à cause d'un monde éditorial voué au commerce et à ses usages, on ne pouvait guère en mesurer l'ampleur qu'en se rendant sur l'Internet pour explorer les "forums" où cet excellent écrivain allait jusqu'à manger de l'homme. Puis il se mit à développer dans la RAL,M une activité créatrice originale et d'une exceptionnelle maîtrise. Depuis peu, Le chasseur abstrait a entrepris de publier ces livres tous hors du commun et surtout capables d'explorer le langage sous toutes ses formes: roman, poésie, théâtre, musique, chant, peinture, critique, etc. Un pareil effort sur le Monde est autre chose qu'une simple palette. C'est une oeuvre. Et comme cet homme sait jouer de son visage et de son rire, ces textes proposent une sérieuse physionomie de la littérature avec des échappées d'un humour parfaitement ravigotant.
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Pascal LERAY
Portrait de la série en jeune mot

À quel moment de ton existence Pierre BOULEZ fait irruption ? Je veux dire : après quoi ?
L’irruption de Pierre Boulez dans mon existence, je m’en souviens précisément. J’étais dans ma première année d’université. Je me réfugiais souvent au rayon « musique » de la bibliothèque universitaire (l’équipement était trop petit, on devait souvent s’asseoir par terre : je restais près du rayonnage et recopiais ce qui m’intéressait). J’ai compulsé des livres sur le jazz, sur la musique indienne, sur la musique contemporaine. - J’ai fini par tomber sur les Relevés d’apprentis de Pierre Boulez. J’étais fasciné par les tableaux de série, par cette notion de série appliquée à la musique. Sur France musique(s), j’écoutais des oeuvres en m’interrogeant : « Est-ce sériel, cela ? Et où est la série ? ». J’ai fini par m’arrêter sur la conclusion de l’article « Éventuellement » : « affirmons, à notre tour, que tout musicien qui n’a pas ressenti – nous ne disons pas compris, mais bien ressenti – la nécessité du langage dodécaphonique est INUTILE. Car toute son œuvre se place en deçà des nécessités de son époque. » Dans la marge, un étudiant avait inscrit au crayon, très lisiblement, une inscription jaillie du fond du coeur : « Connard ! » Mais l’expérience dont je revenais à peine moi-même – un rejet brutal et inexpliqué de toutes les musiques que j’avais aimées jusqu’alors, le besoin sans possible contredit d’aller à autre chose – me paraissait trouver ici une réponse satisfaisante. Je n’ai pu vraiment écouter la musique de Pierre Boulez que quelques mois plus tard, à travers une gravure du Marteau sans maître. Peu après, je faisais l’acquisition de l’oeuvre complète de Webern. Cette musique est devenue pour moi comme une montagne à gravir. Peu à peu, j’ai appris à l’entendre. Tout ce temps, son existence a exercé sur moi une pression extrême. Rappelons que Pierre Boulez s’est régulièrement appuyé sur l’injonction d’Artaud : « Organiser le chaos ». C’est, je crois, cette visée qui m’est la plus précieuse, dans la démarche sérielle.
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¡ Nouveau !
Nouvel espace de Pascal Leray
Joe au soleil
Joe au soleil Commencement et fin
Pascal Leray

J’aurais voulu commencer cette histoire par le commencement. Mais le commencement, j’avais du mal à le trouver. La vérité est que le commencement, il n’y en avait tout simplement pas. L’histoire commençait probablement sur le sable, au soleil, dans un désert qui (vraisemblablement) abhorre Joe. Joe marche à côté de son cheval parce que son cheval n’a plus la moindre force — plus la force de se soulever soi-même et moins encore pour porter Joe. Mais Joe a lui-même peu de forces. --- Il n’a plus son cheval pour le porter. Son revolver n’a plus de munitions et il n’a plus l’oeil sûr qui devait lui permettre d’atteindre d’un seul coup de revolver — d’une seule décharge --- le soleil... Alors, ses dernières forces, Joe les emploie 1) à marcher (bien que le soleil lui brûle et lui perce les pieds) ; 2) à conspuer et à haïr le soleil. Mais Joe marchant tourne — comme le soleil --- sinon que le soleil semble plus responsable que Joe de sa circulation sûre, tandis que Joe s’il tourne le regrette et regrette de tourner et voudrait marcher droit --- jusqu’à ce qu’il rencontre ses propres pas, que le sable du désert a gardés comme un moule intact.
Joe s’enfonce dans ses propres pas et, de cet enfoncement progressif, accuse le soleil — et creuse le sable du désert, tandis que tout à côté de lui son cheval poursuit de se liquéfier. Et le cheval à force de fatigue prend l’allure d’une flaque noire --- l’ombre de Joe --- et Joe boit dans cette mare noire qui l’intoxique et lui détruit l’esprit — son ombre --- qu’évapore le soleil en parallèle. Aussi le combat de Joe se poursuit-il stupidement sur deux plans qui distincts le déchirent --- d’un côté il se noie dans l’ombre de la flaque du pelage du cheval noir qui l’accompagne ; de l’autre il marche droit mais tourne dans le désert circulaire allié au soleil qui tourne autour de Joe comme un vautour qui tuera Joe à force de tourner Joe dans ses tours inextricables (pauvre Joe). L’histoire de Joe ne s’arrête pas là (ne s’arrêtera pas, ne peut pas s’arrêter) mais il faut bien envisager une autre phase de l’histoire de Joe, son retour à la SOCIETE --- à l’hôpital, où Joe rejoint sa bien-aimée, mais sans entrer en contact avec elle (où est-elle d’ailleurs ? Es-tu encore en vie ?). On le retrouve dans une chambre d’hôpital où il aligne sur la série des murs (quatre, blancs) des images du ciel pour détruire l’image du soleil qui détruit sous ses yeux son invisible bien-aimée et brûle l’oeil de Joe pour lui offrir une série de figures hallucinées --- dans le désert, Joe marche, etc. Mais il a retrouvé la SOCIETE, la SOCIETE l’entoure et le rassure, on illumine Joe et la lumière de la société le topurne, aux quatre murs de sa chambre d’hôpital Joe parle, comme aux figures SOCIALES que sont l’INSTITUTION, la VIE, la BEAUTE, les GENS. Et que se subdivisent en quatre encore ces grandes ENTITES SOCIALES — qui jugent Joe de leur morale sûre, apodictique, et renvoient Joe à sa relégation dans le désert. La SOCIETE n’était que parenthèse.
Nous sommes tous gens de Joe.
1. Vie et mort de Joe Dalle
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Joe en bateau.
Emmenez-moi rames et bois
sur une eau dure comme le sable sec
qui vit de dévorer et d’épuiser le sol
la mer épouvantable seule est belle
les remous rares de la mer statique
détiennent un savoir insoupçonné
si mes rames scient le sol
le gel presse ma barque en haute mer !
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Le nouvel an de Joe.
Au matin du 31 janvier Joe Dalle s’éveille en colère [cholère] : « Grrr, se dit-il, je n’ai accompli aucune de mes obligations sociales. »
Pas de voeux cette année. A vrai dire on ne sait trop à qui Joe Dalle aurait pu envoyer des cartes de meilleurs voeux (pour la nouvelle année) : il avait conspué le monde.
Malgré tout, en ce matin-là, dernier jour permis par la coutume, Joe Dalle voulait faire un effort pour le monde. Il sortit.
Or, la rue l’agressa : « Quelle rue stupide ! Que pourrais-je lui souhaiter sinon d’être dévastée par un cataclysme naturel ? »
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La tête armée
Joe en agonisant vit une tête armée
La tête c’était lui et l’arme son chapeau
Couronné de mitrailles comme sur sa peau
Des miradors tournants défendaient son aimée
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La BD de Joe
Cliquez sur les vignettes pour agrandir.

- 1 joe au revolver

- 1 joe crise
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2. Joe au soleil - CD complet.
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Joe au soleil - CD complet.
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Présentation : Une épopée psychique
Le commentaire d’une oeuvre est un miroir d’Alice. Mais le poème « Avec l’arc noir » est-il un commentaire du tableau de Kandinsky. Le titre désigne un point d’impact, assurément. Il faut croire que le projet est né d’une faille initiale. Le jour où j’allais à Beaubourg, tremblant sous l’impact de perturbations psychiques, traversant les salles à grandes enjambées pour me planter devant la toile en constant mouvement... où je voyaiss, assez stupidement, se dessiner, au coeur de la matière abstraite de Kandinsky, un joueur de hockey sur glace ! Ridicule, vraiment. Il est donc possible qu’Avec l’arc noir se rapporte plutot à un tremblement psychique qu’à une oeuvre picturale elle-même. Pourtant l’oeuvre est bien là et elle exerce son rôle tutélaire.
« Conglomérat vs poème ». Le projet (une épopée psychique) résulte d’une lutte irrésolue entre les différentes dimensions de l’écriture : celles qui ferment le poème ; celles qui l’ouvrent, sinon l’éventrent, pour en faire jaillir comme du sang mille bris de récits amorcés, nés dans la toile, accidentellement pour la plupart, et voués à se combiner infinissablement entre eux. Pourtant, le texte est aussi le rêve - l’utopie ! - d’une synthèse. Et puisque nous n’en sommes pas à une contradiction près, l’hommage se transforme. La logique sérielle qui conduit le poème, ou sa structuration, ne renvoie plus tant au lyrisme abstrait de Vassili Kandinsky, en effet, ni même à la dodécaphonie pas encore née en 1912 de son ami Schoënberge qu’à la tabula rasa opérée, après le choc webernien, par l’école de Darmstadt : Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen, Bruno Maderna, Luciano Berio et Luigi Nono en première ligne.
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Avec l’arc noir - dessins
Voir les dessins de Pascal LERAY

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Avec l’arc noir - hiver 13
Le commentaire d’une oeuvre est un miroir d’Alice. L’arborescence de la prosodie compose tel visage de telle structure.
La vectorisation.
Près de l’arc, l’arbre. Le "vecteur infaillible", la souche. Sommeil temporaire. Dialogue avec le t1 humain centenaire et le t0 terrestre millénaire. L’arbre qui détient les cartes de nos heures, l’histoire dans le doigté de ses branches.
Je te regarde structure et réseau. Oh mon visage de société !
Dans la simultanéité de deux idées abstraites. Raison et coïncidence.
Une pièce historique. Le monde devait basculer. La guerre. Les révolutions. Le journalisme.
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Epopée jardinale, 1
Il y aurait à sortir pas
un pas
ne nous serait
offert
plongés dans un bouillonnement de demi-pas
traverserions les
steppes en train
épique épique nous
dirions-nous
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Dans un arc noir
Dans un arc noir on voit l’arc noir
je vois un arc dans une noirceur absolue
et je l’appelle noirceur absolue de l’arc
partant de l’arc je plie le noir qui reste
non couvert de la noirceur de l’arc
je me ments. Je poursuis ce que je n’ai pas à poursuivre. --------
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Tous participeront
Tous participeront
de glace devant une
toile qui en réjouirait quelques-uns
marchant
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Epopée jardinale, 2
le temps de l’érosion n’étant pas temps
du geste mais temps
dans le geste aux bestioles temporaires :
le geste temps — elles te firent
ke dépositaire du temps
que tu déposes le temps sur l’érosion
et l’érosion — avec
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Un temps de réflexion
Prendre le temps de réfléchir à ce qu’on fait pour saisir le moment. — Cet effort demande non seulement de la sagacité mais encore une perte que l’on qualifie autrement ouverture.
Tu parcours le secteur crétinisme de l’envers de lire
et lire à ta portée tu crèves le déjà creux qui pend
de sa poche malaisée de chemin de terre boue
sous le rouge de crevasses que te creusent tes pieds
énergiquement incrustés où se solidifient
des larves à tes traces
rame --------------------------------------------------------------------
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Ecrire en omettant des pages
Je me place dans la perspective de savoir si une écriture journaliste peut contribuer à rendre compte de ce qu’on appelle "happening", "performance". — On a bien raison de vouloir jouer sur l’immédiateté de tel ou tel événement — une prise de parole, un geste comme "action" — et de se mettre à réfléchir sur les conditions de pareilles expériences.
Donc.. Je voudrais réfléchir au café que je bois. Une psychologie, une sociologie de ce café seraient les bienvenus, vraiment. Un état relatif à la noyade. J’avais dit en m’éveillant et après un reste, rien qu’un reste, de rêve, "je ne ferai rien" : j’écris.
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J’écris en omettant des pages
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Sit-Com
C’est un peu comme dans ces comics publiés dans les années cinquante, soixante. Les uns consacrés à "l’horreur". Les autres à la "terreur".Des histoires pleines surtout de ces "détails horribles" et drôles qui plaisaient. Une série "Suspense". Mais toutes les histoires se ressemblaient.
Il y avait des policiers dans la série "suspense".
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JEU CONCOURS AVEC L’ARC NOIR
Montrez que vous avez bien compris le poème incompréhensible (incompressible).
I - Lisez cet extrait :
autour des
flaques que sillonnent des
tendons - comme un affront contraint
la roche dissociée s’est faite meuble
et de ce meuble tu fis ton sanctuaire
tu saches que tu saches !
Où se trouve le « tu » en question et en cause ? (Plusieurs réponses possibles.)
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Un espace kantien
Où veux-tu t’engager, toi qui as la ressource de nos engagements ? Nous retournons au brinde-zingue, au seuil, où Kant nous y laissait, dans son isolement.
Dans l’espace-temps. Et ce serait d’une amertume sans précédent que je te paverais. Ma peau n’a pas de direction, offrir, mais pour dire vers, que faut-il démonter — à toi d’user les cordes maintenant, les cordes qui nous tiennent.
Comme corps. Dans l’avertissement, dans un paysage furieux. Ce n’était plus le même, plus le même.
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Replis
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L’araignée
Comme tu
revenais
à une heure
inégale
les gens remarquaient tes pas
et ta démarche tordue
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Enfer
Tranquillement tu t’installes
dans un fauteuil armé
et ta tête s’est armée
au sang -----au sol
ta tête voit dessous le sol
le sol se répand sur tes mains
et tes mains s’entrouvrent
dehors -----dehors
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Yse
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Irpli
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Iglotoir
Nous sommes-nous connus ?
vous venez d’Iglotoir
eh bien moi justement
je vais en Iglotoir
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Invitation en Iglotoir
Venez en Iglotoir, venez en Iglotoir
Il n’y a rien à voir, il n’y a rien à faire
les gens sans voix d’ici
appartiennent à Iglotoir
les gens sans yeux là-bas
appartiennent à Iglotoir
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Tu disparais dans la nuit
tu disparais dans la nuit
je ne peux plus voir qu’une ombre, la tienne
tu disparais dans la nuit
la nuit la peau se fait si brune
je ne te trouverai plus
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Jazz
Jazz, 1.
Sinon ne pas écrire, du moins anticiper. Et écrire, un roman d’anticipation.
De participation. La participation doit être collective. « Quelque chose de bien gore » — et avec tous.
Tous participeront. Et tous seront participés. Une entreprise gigantesque.
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Anthologies sérielles
Consulter l’anthologie sérielle
Dans le développement historique de la composition avec douze sons la série est apparue, dans les mots de Boulez, comme une sorte "d’infrathème" ou de "suprathème". Plusieurs compositeurs de Schoenberg à Webern et aux compositeurs de la génération suivante l’ont écrit : la série n’est pas un thème, à la fois plus et moins.
Plus parce qu’il y a une foule de thèmes virtuels dans une série. Mais ils sont "empêchés" de se développer par la loi de non répétition qui implique qu’aucune note ne doit être jouée avant que les onze autres ne se soient écoulées.
Moins parce que la série, précisément, ne peut pas se développer comme un thème. Chacune de ses reformulations la montre différente d’elle-même et elle doit exister, c’est-à-dire offrir un visage, dans ce flot de transformations parfois radicales.
Ainsi du rêve et de la vie aussi. Mais du rêve, de la façon la plus manifeste. Il n’y a jamais "un" récit de rêve mais un conglomérat indescriptible d’impressions et de pensée. Alors le thème, celui que je préfère, ce n’est pas "la" série. C’est une série
Pascal LERAY
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Tristesse de la série
Tristesse de la série
Tel n’est pas le journal de ce soir. Pas un assemblage.
Par l’inconscient de l’assemblage ! qui excède le « journal ».
Journal de peu de chose en vérité. De peu de vérité de peu de jours.
Et je regarde le journal. Je l’ai sali.
Il y a un parallèle à faire entre le moteur et mes ongles. Mes ongles sont ronds : le moteur tourne. Je me coupe les ongles. Je les taille, je force : le moteur tourne à vide. Efforts inutiles.
Ce journal n’est pas celui de la fatalité mais la fatalité ressemble à l’aléa et l’aléa à la fatalité. Voici le jeu de ce journal.
Journal de la soirée, journal du jour. Mais j’écris au matin.
Dans une série statistique. Vous pouvez toujours faire une statistique de votre vie.
A commencer par les chaussures : plutôt neuves, plutôt anciennes ; plutôt bonnes ou crevées, ou résistantes à la pluie ou peu étanches ; plutôt noires, plutôt claires. Je sais ce que je fais : je parle de chaussures.
Pour une statistique — des nuances de votre existence.
Ou une balistique, pour reprendre le mot de Pierre Boulez. De la nuance.
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Voir La chronique de Charles Hectorne.
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À propos de Henri Meschonnic
Derrick et la critique de la poétique
Pascal LERAY

Voir La chronique de Charles Hectorne sur notre site ICI.
Quand on parle de « mots-valeurs », il faut se poser la question de savoir s’il n’y a pas là tout simplement un pléonasme, étant donné qu’un mot est obligatoirement une valeur. Il faudrait donc dire « mot-valeur + », afin de désigner une intensité particulièrement. Encore que le risque ne serait pas mince de voir alors une ambiguité se créer, du fait que le signe + ne signifie pas simplement un degré sur une échelle d’intensité mais comporte un élément de positivité, sur une échelle « axiologique », distinguant comme à la racine du psychisme les « bonnes » et les « mauvaises » choses.
Néanmoins, l’intensité d’un mot dans un discours est une chose qu’il est absolument nécessaire de prendre en compte, si l’on tient à dégager une plastique du rythme discursif, qui soit autre chose que l’incantation quasi religieuse à laquelle on nous a trop habitué, sur la question du rythme. Précisément, dans le discours de type incantatoire, ces valeurs intensives se laissent lire aisément. J’avais, en d’autre temps, souligné la « charge psychique » que soulevait le mot « littérature » dans la parole d’Henri Meschonnic, prenant appui sur un entretien accordé par le poéticien sur internet (Littérature sérielle, Po&sie n°101). Je voudrais aujourd’hui rapprocher cette intensité particulière d’un signifiant, intensité de type dramatique, d’une construction autrement riche. Celle de la série Derrick.
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Des gens disparaisssent
Deux livres de Claude Mouchard
Pascal LERAY

Claude Mouchard - Papiers ! Pamphlet-poème - Qui si je criais, Oeuvres témoignages au XXe siècle
- Editions Laurence Tepper, 2007
Dans ce pays, littérature et témoignage sont deux choses distinctes. L’espace littéraire français est bien tranché. Certes, il arrive encore que le roman dise quelque chose de la réalité mais cette ultime coquetterie n’a pas grand-chose à voir, par exemple, avec la tradition russe où le témoignage, l’ouvrage de portée documentaire, a un sens littéraire fort. La voie ayant été ouverte par Dostoïevski, les circonstances historiques ont certes eu leur part dans le phénomène qui a vu naître, au XXe siècle, tant Varlam Chalamov qu’aujourd’hui Svetlana Alexeievitch. Mais enfin, ce n’est pas seulement une question de structures sociales. La France aussi a sa part d’histoire i- et de présent - ndicible.
Si le romancier n’a qu’un souvenir très lointain de ce que pouvait un Zola, on attend moins encore du poète. La tendance est au lyrisme et la préférence va au lyrisme rentré, un parc est réservé au laborantins du langage, bref : pas de réalité, pas d’espace social, dans le poème contemporain. Ou si peu. Et sous quelle forme ? L’expression, pas le document. Là encore, le lyrisme l’emporte. Et la violence sociale n’est pas un thème parmi d’autres. Il engage une responsabilité. Pour un auteur, la responsabilité repose sur la pensée.
Ce n’est pas Claude Mouchard que la question du sujet, qui travaille une part importante de la critique littéraire d’aujourd’hui, rend aveugle à son temps. On voudrait revenir ici sur les deux ouvrages parus l’année dernière aux éditions Laurence Teper, deux textes qui se répondent et se lisent ensemble : Qui si je criais, un important volume consacré aux « oeuvres-témoignages dans les tourmentes du Xxe siècle » et un « pamphlet-poème » initulé Papiers ! Le caractère simultané des deux parutions n’a rien de fortuit et le double événement doit être deux fois salué.
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>>English version
Une pluie d’hommages s’abat sur Henri Meschonnic. Vient-il de publier un volume particulièrement significatif ? Vient-il d’ajouter une pierre décisive à l’édifice de sa théorie ? Non : il vient de mourir. Autrement dit, le voici enfin inoffensif. Il ne suscitera plus le rejet craintif dont il faisait l’objet, voici encore quelques semaines. Par contre, l’idolâtrie qui s’est agglomérée autour de son personnage ces dernières années devrait, très logiquement, s’en trouver renforcée. Et, en ces temps critiques de LRU, il ne fait aucun doute qu’une église devrait se remplir de pieux paroissiens : nous l’appellerons, à défaut de mieux, l’église de la poésie universitaire. Henri Meschonnic appartient à l’histoire de la littérature, il marque un temps de cette histoire et il nous apparaît nécessaire, plutôt que de nous mettre au diapason des formules convenues, de poursuivre dans un esprit voisin de celui qu’il promut, à la mort de Roman Jakobson, un questionnement sur la signification de ce parcours peut-être difficile à situer, car la vie littéraire d’aujourd’hui se lit dans ses silences plus que dans ses manifestations positives.
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Tributes rain over french poet Henri Meschonnic. Did he publish some new and especially significant volume ? Did he add a stone on the edifice of his own theory ? No. He just died. In other words, he is now harmless. He shall not be fearfully rejected anymore, as he has been, as long as he lived, even in the latest weeks. On the other side, the furious idolatry which surrounded him since several years should get even stronger. And, in these critical times (french university is the object of important changes), there is no doubt a church could get new faithful members : we shall call it (we have no better words) the Church of University Poetry. Henri Meschonnic belongs to the History of french literature. His death closes a time of this History and it seems to us necessary, better than joining the concert of polite formulas, to pursue (on a mode which seems not far from the critics he promoted himself, when linguist Roman Jakobson died) the questioning of what his career meant, as it seems hard to define because nowadays french literature is more readable in its silences than in its positive existence.
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Une communication à la Journée d’étude « Contraintes, innovation, rénovation » organisée par le programme Jeunes chercheurs de LISAA (Littérature, savoirs et arts – EA 4120) de l’université Paris-Est.
Qu’une journée entière soit consacrée au thème de la contrainte, il y avait sans doute de quoi faire fantasmer plus d’un. La question de la contrainte dans la création – littéraire, artistique, musicale – est en effet une question majeure et qui nécessite une approche émancipée du « pour » et du « contre ». En posant la contrainte non comme un mode de régulation métrique mais comme une question ouverte, le programme Jeunes chercheurs de LISAA (Littératures, savoirs et arts) de l’université Paris-Est a permis à des chercheurs d’horizons très divers de se rencontrer et d’échanger dans une ambiance des plus conviviales pour traiter des « multiples facettes » de la notion de contrainte. Qu’on en juge par le menu.
Le classicisme était forcément à l’honneur. A-t-on jamais tant révéré la contrainte qu’au XVIIe siècle ? Céline Paringaux a ainsi montré toute l’ambiguïté du rapport à la règle dans le théâtre comique du XVIIe siècle, tandis que Marc Douguet montrait de son côté le contrôle croissant sur l’entrée en scène des personnages dans le théâtre classique. De son côté, Lise Forment a donné une belle lecture de ce qu’elle appelle le « classicisme moderne » d’André Gide, où elle voit bien autre chose qu’un conservatisme. Ces approches ont en commun le regard qu’elles portent sur la règle : évolutive, historique, dirait-on contingente ?
En poésie, la contrainte est l’objet d’une guerre perpétuelle. Qui dit poésie à contrainte dit Oulipo. Mais en fait d’Oulipo, il fut moins question du groupe et de son arsenal potentiel que de deux de ses figures majeures : Raymond Queneau, dont Anne-Sophie Bories a effectué une analyse statistique de l’œuvre versifiée, dont elle a constitué une base de donnée remarquable de précision. Jacques Roubaud également, évoqué cette fois par Nathalie Riou et mis en regard avec René Char, en un point où « le poème à contrainte et le poète lyrique se touchent en disant la disparition ». Peut-être, en effet, la contrainte dit-elle tout autre chose que la contrainte.
L’un des mérites de cette journée d’étude a résidé dans son ouverture à des champs extrêmement variés, à des ordres de contrainte distincts de la règle énoncée. Maja Saraczynska a ainsi examiné le pacte autobiographique sous cet angle. La nature de la « contrainte autobiographique » est bien différente de ce qu’imposent des formes régulières, elle implique une dimension extérieure au texte, la réalité. De même, le regard porté par Sybille Lesourd sur l’enfant personnage dans le théâtre contemporain pour la jeunesse combine-t-il deux ordres de contraintes : le choix d’un acteur adulte ou enfant d’un côté, de l’autre la nécessité de s’adresser à un public spécifique, les enfants. A ce point, les contraintes qui pèsent sur la création sont celles de la réalité qui pèse sur l’œuvre. C’est ce qu’a examiné Cécile Vergez, notamment à travers le travail d’Olivier Douzou qui a tiré parti au maximum des contraintes de la collection (dans le domaine de l’édition) pour produire de petits livres carrés qui n’ont pas laissé insensibles nos chercheurs.
S’il est des « contraintes externes » qui pèsent sur le texte, cependant, le domaine juridique est sans doute le premier concerné. Sur cette question, Pascal Mbongo a proposé une analyse des scandales récents (en littérature comme en art) et de leur traitement devant les tribunaux, s’interrogeant sur la revendication des écrivains d’être exonérés du droit commun en matière d’expression.
La journée s’est achevée avec une étude comparée des démarches « informelles » de Tapies et de Saura par Martine Heredia. Une « lutte contre l’image » qui avait le mérite de rappeler que la création artistique est tout entière contrainte mais non au sens où elle suivrait un programme de règles préétablies : parce qu’il est combat, à la fois contre le réel et contre l’art, contre les autres et contre soi.
C’est dans ce cadre généreux et prospectif que j’ai pu présenter, de mon côté, l’aujourd’hui d’une recherche sur le mot « série » et, par la même occasion, le Cahier de la Ral,m n°9, « Ceci n’est pas une série », publié voici déjà deux ans chez le Chasseur abstrait à l’occasion du tricentenaire du signifiant. Voici le texte intégral de cette communication.
Je tiens à remercier les organisateurs de cette journée pour leur travail, leur amabilité et leur hospitalité. Nous savons désormais qu’il existe un groupe de recherche, à Marne la Vallée, qui traite des problèmes de la littérature dans une perspective des plus fécondes. Et donc, transdisciplinaire.
Un sérialisme sans contrainte ?
- L’anniversaire (3)
- Le sérialisme (5)
- Le langage (7)
- le signifiant (10)
- l’absence (14)
L’anniversaire
Initialement, le signifiant « série » devait avoir trois siècles d’âge en 2015. L’année d’apparition du mot est établie en 1715 par tous les dictionnaires étymologiques que j’ai consultés. 2015 était donc l’échéance suprême, l’année d’un sacre.
Si les choses se sont précipitées, c’est par un effet de la technologie. Car il y avait bien peu de probabilté qu’on revienne un jour sur cette année de naissance ! Mais en expérimentant la recherche avancée de Google Books, j’ai dû me rendre à l’évidence. Le mot « série » a bel et bien été créé par Pierre Varignon en 1708 et non en 1715. Le mathématicien distinguait ainsi les suites du type de celle qui régit le paradoxe de Zénon d’Elée : le mouvement est impossible puisque pour aller d’un point A vers un point B, il faut que j’accomplisse la moitié du trajet, puis la moitié de la moitié, puis la moitié de la moitié de la moitié, ainsi de suite. Ce qui donne une série du type ½ + ¼ + 1/8 + 1/16 + 1/32 etc. A l’infini. Le tireur n’atteint jamais sa cible, dans le monde des séries.
Ce vocable spécialisé, appartenant au champ des mathématiques, est forgé à partir du latin « series ». Le mot latin ressort du langage commun. Il signifie « suite, succession, entrelacs », désigne la lignée et encore l’enchaînement des idées dans un discours. Horace écrivait : « Tantum series juncturacque pollet / Tantum de medio sumptis accedit honoris. – Plus l’enchaînement et les liens sont puissants, plus le vocable moyen acquiert d’honneur ». Vaugelas, puis Diderot reprendront à leur compte cette sentence.
Assez vite, le mot français « série » est employé à son tour comme simple synonyme du français « suite »,. Le lexicographe Jean-Baptiste Féraud s’irritera d’ailleurs de voir employé en ce sens un mot « inconnu au commun des lecteurs ». Dès 1767, pourtant, « série » est attesté avec cette valeur générique. C’est l’évocation, par Diderot, d’« une série de vieilles impressions ». Mais le sens mathématique, synonyme d’échelle graduée, restera longtemps premier dans la lexicographie.
Comme Pierre Varignon a fait entrer le mot « série » dans la langue en 1708 et non en 1715, il a fallu précipiter tout le projet de « tricentenaire du signifiant série ». Heureusement, il y avait la Ral,m – la Revue d’art et de littérature, musique, créée par Patrick Cintas et Valérie Constantin. Le projet d’un cahier consacré à la série était déjà lancé. Ce cahier est devenu un « cadeau offert à la série ». Offert par des artistes (George Ayvayan, Julien Gasco, Valérie Constantin), des auteurs (Patrick Cintas, Robert Vitton, Jean-Claude Cintas, Jean-Luc Vertut, Guillaume Balzarini, Kwizera), un musicien et musicologue (Jean-Yves Bosseur), une linguiste (Jacqueline Picoche)... Tous ont répondu, chacun à sa façon et dans son domaine, à la question de la série.
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Pascal LERAY |
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Ce qui définit le projet du Chasseur abstrait, c’est définitivement la traversée des plans de réalité. |
Les frontières n’ont de sens que dans leur franchissement.
On ne sait pas bien quel idiot ou quel génie est à l’origine de la notion de frontière. Ce qui paraît sûr, c’est qu’il devait être un conquérant. Quelqu’un qui a jugé utile de dessiner les limites de son territoire. Et pour avoir jugé utile une telle opération, il devait bien avoir quelque chose en tête.
Les limites n’ont de sens qu’à être dépassées.
Et les frontières, les limites, relèvent d’ordres multiples : les frontières nationales tout d’abord. Nous les transgressons joyeusement, chez
Le chasseur abstrait. Ce n’est pas pour rien que l’une des premières publications de la
RAL,M avait pour thème : l’étranger. La littérature n’a pas de pays ; elle les a tous. C’est pourquoi la
RAL,M n’est pas systématiquement francophone. Elle se veut le relais d’expériences toujours singulières, elle s’en fait le rapporteur. La
RAL,M plaide pour un monde multipolaire.
Mais les frontières nationales ne sont qu’un aspect du problème. Il en est d’autres, plus ou moins métaphoriques, certes. Qui s’y heurte sait pourquoi elles ne sont pas toujours virtuelles
La RAL,M est transdisciplinaire. L’idée que des écrivains, des musiciens, des peintres, des sculpteurs, des photographes, des philosophes, puissent travailler ensemble, offrir un contenu (continu ?) commun n’est pas neuve, mais elle est inusable, si l’on s’offre la peine de choisir judicieusement ses axes de travail : c’est le sens de l’Atelier de lecture et de sa collection de CD audio que nous avons lancés :
DIRE LE TEXTE. C’est aussi le sens du cahier de la
RAL,M consacré à la série, en cours de préparation. La série traverse les domaines de la création : comment s’y prend-elle ? Quelle est la nature d’une communication qui s’opère d’oeuvre en oeuvre, par rebonds successifs, et traverse toute la société, ce faisant ?
La RAL,M ne se contentera pas de traverser des frontières géographiques ou conceptuelles. Ce qui définit le projet du
Chasseur abstrait, c’est définitivement la traversée des plans de réalité ; nous serons sans scrupules : le Web offre un plan de réalité, l’espace éditorial en offre un autre, les rencontres directes avec le public permettent de dégager un troisième plan de réalité : le Chasseur abstrait investit ces espaces, non indifféremment, mais avec la même énergie, le même enthousiasme : donner à lire, à entendre, à voir et à penser. C’est là le sens de notre présence à des manifestations telles que le Salon du livre, où nous étions en mars dernier. Expérience des limites, pour reprendre le mot de Georges Bataille.
Et c’est là tout le sens d’une démarche éditoriale qui entend offrir à ses auteurs un espace éditorial d’exception, dégagé du formatage auquel trop d’institutions vivantes se sont pliées, pour lesquelles : un polar ne peut pas être un roman expérimental ; un écrivain n’est pas un musicien ; un poème doit avoir "du sens" ; un livre appartient à un genre littéraire. L’émergence de la frontière ne naît que dans le développement du territoire. Le point où convergent - avec tous les éclats qui peuvent s’ensuivre - les forces en présence, c’est la revue, la
RAL,M.
Revue d’études sérielles :
http://pagesperso-orange.fr/etudes.ser ielles/
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Pascal Leray propose en avant-première
L'ODEUR DES NÉONS
Dépêchez-vous de le lire! Le livre va bientôt paraître chez Le chasseur abstrait et alors il ne sera plus disponible en version numérique.
Pascal Leray publie chez Le chasseur abstrait
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