De temps en temps, on nous demande de nous identifier. Nous exhibons alors le document officiel qui fait foi de notre nationalité conformément au dispositions du Code civil. Ainsi, on peut être "national" et ne pas disposer du bon faciès. Cette contradiction, d’abord éprouvée par les agents de l’État, suscite un débat aussitôt controversé.
Nos amis du département de français (et d’italien) de l’Université de Pittsburgh avait anticipé dès l’année 2005 ou 6 en publiant un débat sur le thème de L’étranger. L’édition française de cet ouvrage avait, en 2007, fait l’objet d’un Cahier de la RAL,M publié par Le chasseur abstrait.
C’est avec un plaisir intense que nous mettons cet ouvrage à la disposition de l’internaute : version numérique du texte intégral.
Espérons qu’il y trouvera de quoi alimenter différemment sa participation à un débat qui sera bientôt présenté comme obligatoire sous peine de sombrer dans cette autre contradiction : être un mauvais français.
Avant de naître, écrit Nacer Khelouz, j’étais déjà autre. Cela a dû commencer comme ça, je crois bien. Mais comment en être sûr ? À cause de toutes ces voix que j’entendais du fond de ma cachette. Par malheur, elles minaient tous mes monologues intérieurs. Elles se lançaient des ordres, des prières ; certaines invectivaient d’autres qu’elles faisaient taire, à jamais. Je m’habituais à quelques-unes. Et puis, plus rien. Il ne fallait pas s’habituer. Elles parlaient entre elles en s’égalisant. Tout à coup, l’orage. Avant de naître, il y eut souvent de l’orage. Des voix qui semblaient m’interdire toute sortie. J’eus de la culpabilité, déjà. Je songeais à désenfler ce ventre qui accusait ma mère. Avant de naître, je cherchai à disparaître. Mais ces voix qui revenaient inlassablement. Pas de doute. Elles cherchaient ma mort. Ces voix cherchaient mon silence. Elles me tuaient pour faire naître en moi le silence. J’étais mort, avant de naître. Il valut mieux pour tout le monde que les choses fussent ainsi. Car si je naissais, c’est pour toute la vie.
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Travail de collaboration avec la revue L’ancrage et l’Université de Pittsburgh sur le thème de l’Étranger.
Préface de Nacer Khelouz -
I - L´INCONSCIENT - Figures de l´autre
II - MOI - Figures de soi
III - L´HISTOIRE
IV - LA TERRE
Remerciements à Nacer Khelouz, Phil Watts, toute l’équipe de L’ancrage, l’Université de Pittsburgh, le département de français et italien, Monika Losagio, the School of Arts and Sciences, Alberta Sbragia, the Center for West European Studies - USA - toute l’équipe de la RAL,M ( Revue d’Art et de Littérature, Musique ) - et bien sûr tous les participants :
Nacer Khelouz, Victorino Flores, Denise Pelletier, Benoît Pivert, Artur Silvestri, Pascal Leray, Patrick Cintas, Peter H. Beaman, Serge Meitinger, Stefano Lazzarin, Bassidi Kamagate, Francisco Azuela, Le Hadji Malick Ndiaye, Marta Cywinska, Rachid Dziri, Victor A. Graueur, Habiba Djahnine, Ignacio M. Sanchez Prado, Christophe Forgeot, Robert Vitton, Valérie Constantin.
En janvier, le nº 58.
avec la version "papier" du sommaire.
Format 20x25 cm - 154 pages.
avec 16 illustrations couleur pleine page.
Dos carré collé.
Prix : 15 euros.
Port inclus en France métropolitaine.
Ailleurs, nous consulter.
Joindre chèque à la commande
Le chasseur abstrait
Textes & Prétextes
12 rue du docteur Jean Sérié
09270 Mazères
Et il en sera ainsi chaque trimestre (janvier, avril, juillet, octobre)
Proposez vos textes avant la fin du mois précédent.
Les textes et images publiés dans T&P pourront être mis en ligne à la demande de l’auteur (bon pour Google, par exemple). Pour la musique et autres enregistrements, un CD ou un DVD pourra être joint à la revue.
Salon du livre de Paris 2010
avec le CRL Midi-Pyrénées
Ce sera la troisième participation du Chasseur abstrait à ce Salon alimenté plus par les polémiques que par une véritable politique du livre. Mais bon…
En 2008, nous avions présenté un choix d’auteurs.
En 2009, nous nous sommes concentrés, avec raison, sur la publication du Cahier de la RAL,M consacré à Haïti, ses écrivains et ses artistes, créant en même temps la collection « LettresTerres » que le jury du Prix Carbet a bien voulu retenir, pour sa sélection, en la personne de l’excellent James Noël et en celle du non moins étonnant Paul Harry Laurent.
En 2010, nous lancerons une nouvelle collection et, vu le nombre d’auteurs à présenter (une trentaine), nous organiserons des signatures.
Les signatures :
Le CRL Midi-Pyrénées ne prévoit pas, sur son stand, un espace consacré à cette pratique. C’est que ce n’est pas si facile. Les auteurs du Chasseur abstrait qui souhaiteront signer le feront sur la table que le CRL nous allouera. Il faut donc s’organiser, et ce, dès le 15 janvier prochain date limite.
La collection NOIR :
En 2008, le CRL a organisé pour ses adhérents une rencontre dont nous avons ici même fait le rapport circonstancié. Elle portait sur le livre d’artiste.
Éric Watier, entre autres praticiens, était venu nous expliquer que le livre d’artiste est un livre d’artiste et non pas un livre d’écrivain illustré par un artiste. De plus, le livre d’artiste n’est pas un livre de luxe agrémenté de jolis effets d’encres rares et de pliures aurifères.
Il m’a semblé à l’époque que le message n’était pas passé. Et en effet, j’ai observé sur les étals de soi disants éditeurs de livres d’artiste des livres qui relèvent plutôt du livre-objet, avec des motifs franchement décoratifs, objet-bibelot ne servant à rien d’autre qu’à la manipulation extatique des doigts et du regard. Autrement dit, rien à voir avec le livre d’artistes qui a pourtant ses classiques et même ses contemporains immédiats, comme Éric Watier.
Il n’est donc pas question que Le chasseur abstrait tombe dans cette ornière de vélin et d’encre douce. Le papier qui enveloppe les bonbons est du même acabit. Un livre d’artiste doit demeurer celui de l’artiste, de son projet, de sa vision. Les strass de l’écrivain ont sans doute leurs charmes, mais ils ont l’inconvénient d’éloigner la recherche plastique comme l’insecticide met fin aux copulations aériennes qui constituent l’essentiel de nos printemps renouvelés.
Certains esprits, trop enclins aux Lettres et pas assez connaisseurs des véritables enjeux artistiques (rétiniens ou pas), empoisonnent un débat qui ne devrait d’ailleurs pas avoir lieu et qui pourtant prend toute la place. Qu’on tergiverse sur le livre où s’insèrent les graphismes est une affaire de spécialistes du livre et du texte, et non pas de plasticiens.
Mais le livre d’artiste n’est pas non plus une suite d’images plus ou moins constituées en cohérence, voire en bande dessinée. Il me semble que ce livre d’artiste, qui a près de cinquante ans d’existence, se situe au point de rencontre des arts graphiques et de la performance. Ce n’est pas un catalogue, ce n’est toujours pas une bande dessinée et ce n’est certes pas un objet de luxe (ni un pauvre d’ailleurs). On le multiplie avec les moyens de l’imprimerie, il est bon marché et sa matière ne dépasse pas le prospectus.
Ceux qui ont acquis le RAL,Mag nºs 2-3 ont pu observer les fragments choisis de trois de ces livres :
la « conduite » d’Hérodiade de Gilbert Bourson, véritable livre d’artiste au théâtre qui servit aux besoins de la représentation ;
les « miroirs » de Valérie Constantin ;
et les jeux d’illisibilité de Patrick Cintas qui rejoignent ceux, plus graphiques, de Valérie Constantin, par exemple dans Joie rouge, de Gilbert Bourson, illustrant le texte du poète, mais constituant aussi, et surtout, un livre d’artiste dans celui de l’écrivain.
Ce n’est par hasard que nous créons cette nouvelle collection. On se souvient que le CRL propose de rester fidèle à son attachement à la Chaîne du livre et à ses acteurs, de faire une place claire à la création littéraire et… de s’ouvrir aux autres arts, notamment par le biais du livre d’artiste qui est un livre comme les autres, parfaitement à sa place dans la chaîne, d’autant que, contrairement au livre-objet, qui est le contraire d’une ouverture sur les arts, il est à la fois reproductible et pas cher.
Si donc vous souhaitez participer avec nous au Salon du livre de Paris 2010 :
vous êtes déjà auteur du Chasseur abstrait et vous souhaitez signer ; il faudra se signaler avant le 15 janvier prochain ; le Salon se déroulera du 27 au 31 mars.
vous avez un livre d’artiste à publier, envoyez-nous votre projet avant le 31 janvier.
À l’occasion de ce Salon :
nous créons une collection qui n’est pas une collection de livres illustrés, quelle que soit la manière d’illustrer (pour cela, nous avons déjà la collection ada) ;
nous organisons des signatures dont il faudra sans doute accepter le calendrier précis qui figurera sur le catalogue officiel du Salon et dans les pages de son site Internet.
Cette section peut évoluer dans le courant du mois. Elle est réservée aux news des auteurs du Chasseur abstrait. Pour les autres, utilisez notre outil gratuit "Communiqués de Presse". Nous avons récemment ajouté une rubrique "À l'affiche" pour exprimer nos joies.
— Gor Ur ! Le Tome II sera imprimé ?
— Il le sera !
— Et avec une couverture en couleur ?
— Ouais. Plus qu'un tome à cloquer, mec !
— Avec une couverture en couleur ?
— Juste pour voir ce que ça donne ! Des fois queue...
Il faut bien, pour pallier les défauts de la "société du spectacle", contribuer autrement.
Voici un gros roman en trois volumes :
Dans le premier, Frank Chercos, sans doute un balayeur de chiottes travaillant dans un commissariat de police, se prend pour un enquêteur et s’entraîne tout seul dans une inextriquable histoire impossible à adapter au cinéma parce la règle des trois temps aristotéliciens, chère à Hollywood et à ses imitateurs, n’y est pas respectée. Tant mieux pour le roman réduit sur la place publique par des éditeurs à la con...
Dans le second, c’est le papa de Frank qui prend la parole. Comme il n’est pas lui non plus un modèle de réussite sociale, il se prend pour un héros de l’espace jouissant d’une assez bonne retraite.
Et dans le troisième, on verra ce vieux Bernie Bernieux, un copain de Frank qui a réussi dans le commerce, se prendre pour un aristocrate et expliquer pourquoi il arrive comme ça comme un cheveu dans la soupe.
Cette trilogie servira de conclusion à ce TRACTATUS OLOGICUS commencé avec la première ANAÏS K. (2 volumes publiés). On me dira que sans la deuxième (trilogie), ça risque d’être compliqué de tout comprendre. Ne vous inquiétez pas : quand vous l’aurez sous la dent, vous regretterez de me forcer à la publier.
TRACTATUS OLIGICUS - LE PROJET
D’abord, un petit rappel :
C’est la 1ere trilogie de ce TRACTATUS OLOGICUS (2 volumes). Frank Chercos s’emploie à mener une enquête sur les autres. Et il y en a beaucoup. Tellement que s’en est écoeurant !
2e trilogie - Un seul volume pour celle-là. À paraître prochainement. Dur, mais dur... ! Avec de l’enfance et du suicide.. ! Et l’Espace Itératif avec dix mille milliards de cités pour rien.
Et GOR UR.
C’est la 3e et dernière trilogie de ce TRACTATUS OLOGICUS commencé avec la première ANAÏS K. GOR UR c’est la fin de l’Empire du Métal et le commencement du Règne de l’Urine. Ya pas d’autres éléments dans ce Monde... ! Un peu de cervelle peut-être, mais alors en morceaux.
Ça se complique un peu vers la fin, mais c’est parce que il manque la suite qui est l’objet du 3e tome.
Celui-là n’est pas encore écrit, mais on peut prévoir 200.000 mots de plus, à moins qu’il manque de la place au dernier moment et que ce soit plus. On sait jamais avec l’imagination et le souffle.
6 volumes en tout, et quelques années de travail. Étant donné :
— que la deuxième trilogie, qui contient dans un seul volume, sera sans doute publiée avant la fin de l’année
— et que le 3e volume de GOR UR sera achevé dans le courant de l’année prochaine, on pourra lire l’intégralité de ce "roman" avant la Noël 2010. Il me tarde... !
Site de Gor ur lui-même, pas avare... généreux même... pénard.
Retrouver GOR UR à partir
du 15 janvier
8 nouveaux épisodes
1 par mois
ici même
Automnale des Arts
à Fronton
Comme chaque année à l’automne a eu lieu cette intéressante manifestation artistique qui a réuni quelques centaines de peintures et de sculptures. Quelques invités d’honneur de qualité incontestable, des concurrents à la hauteur des divers Prix proposés et une ambiance feutrée parfaitement organisée dans l’espace Gérard Philippe. Un véritable plaisir à découvrir. Marie-Hélène Champagnac, maire de Fronton, cite Auguste Renoir : "Il y a dans la peinture quelque chose qui ne s’explique pas, qui est essentiel."
Ce recueil constitue la contribution des créateurs du MUP à la solidarité qui s’est développée au fil des jours et dont nous avons publié la première version virtuelle le 31 janvier 2010.
Trente écrivains et plasticiens y ont participé. Une initiative parmi bien d’autres.
Participants
Une goutte d’eau sans doute. Mais une goutte d’eau nécessaire pour exprimer notre solidarité au peuple haïtien.
Ceux qui ont répondu à notre appel on fait usage de la seule arme dont nous disposons, qui est la parole vivante.
Nous remercions les éditions du « Chasseur abstrait » d’avoir permis que ce recueil soit repris dans le cadre de la RAL,M.
Pour tout renseignement complémentaire sur la vie ultérieure de ce recueil, participation à des rencontres, souhaits de participation aux activités du MUP : http://www.jean-foucault.fr
oOo
POINT BARRE Nº 8
Communiqué
oOo
lettre des îles numéro 29 avril 2010
SOMMAIRE
Port-au-Prince, 12 janvier 2010
Henri Queffélec écrivain breton
mise à jour de la bibliothèque insulaire : 2511 notices bibliographiques, liens vers toutes les pages créées entre le 30 décembre 2009 et le 12 avril 2010.
Le Prix Max-Jacob 2009 vient d’être attribué à La cendre des jours de Bernard Mazo. Rappelons que ce recueil enrichi de lavis d’Hamid Tibouchi est paru chez Voix d’encre au printemps 2009.
Bernard Mazo est né à Paris en 1939. Parmi ses derniers recueils, La Vie foudroyée (le Dé bleu, 1999) ; Cette absence infinie (le Dé bleu, 2004) et un essai Sur les sentiers de la poésie (Melis Editions, 2008). Il figure dans de nombreuses anthologies. Pour Jean Orizet, il est un poète qui « élève sa désespérance à la hauteur d’une morale avec du Cioran chez lui ». Alain Bosquet, en 1984, dans le journal Le Monde : « Lapidaire parmi les lapidaires, il arrive à une densité lumineuse que peuvent lui envier bien des poètes célèbres ». Monique Petillon écrit dans Le Monde des livres, à propos de La Vie foudroyée : « Voici une poésie magnifique que traverse une lucidité lumineuse, une tension constante entre parole et mutisme ». Par ailleurs, critique et essayiste, il a codirigé pendant près de dix ans le mensuel de poésie Aujourd’hui poème. Il est Secrétaire général du Prix Apollinaire et membre de l’Académie Mallarmé.
Ton visage
La simplicité douloureuse
De ton visage
Sa douceur préservée
Comment décrire ce miracle ?
Ton visage entre mes mains qui tremblent
Et par ce simple frôlement
Toute la chaleur du monde ressuscitée
Ton visage comme une mouette sur la mer
Mais comment dire cela ?
Collections et manuscrits.
Le Chasseur abstrait tend à créer un collectif d'auteurs capable d'exprimer une activité éditoriale sur la seule base de leurs oeuvres respectives, sans objectif théorique commun.
Catalogue du Chasseur abstraitici
La poésie d´Hanétha réveille en nous cette ardeur que nous avons perdue. Elle nous dit le monde dans une langue recomposée, modelée, bigarrée, réinventée, contestée, chamaillée et, somme toute, proche de ce qui nous manque aujourd´hui : la Parole tentaculaire. Un livre qui nous parlera longtemps. Parce qu´il s´agit d´une parole-projectile, celle d´Hanétha Vété-Congolo. - Alain Mabanckou.
Mot et Parole, voilà les termes clés qui président au geste générateur par lequel Hanétha obéit à l´impératif d´établir le lien qui l´installe dans le monde, qui lui permet de le saisir, de l´appréhender, de le nommer. Pour elle, le mot n´est pas seulement une suite de sons ayant un sens, mais il revêt une dimension fondamentalement « matricielle » où nous nous aventurons à découvrir une sorte d´identi ?cation bien féminine reliée à la capacité potentielle de toute femme à engendrer. - Laura López Morales.
Image de couverture : Pearls de Elise Ansel
Tantôt simple et familière, tantôt érudite et remplie d´allusions classiques, de ré-férences historiques, de proverbes, de chansons populaires traditionnelles, la poésie de Vété-Congolo, nourrie d´une vision intérieure, glisse sans heurts d´un registre à l´autre, et même d´une langue à l´autre. Lexique et images suivent le même modèle, passant de la nature au quotidien, du monde de tous les jours à la mythologie classique. Avec une aisance saisissante elle entremêle les langues, tissant ou plutôt, dirions-nous, « métissant » français, créole, anglais et espagnol. - Elizabeth (Betty) Wilson.
Extrait - Avoir et Etre
[ … ] Un cri à égorger l’aube retentit dans la nuit glacée. Max se tint coi, l’œil rivé sur le silence dé-sordonné qui s’en était suivi. La nuit frémissait, toute respiration dehors, peuplée d’êtres invisibles qui furetaient dans les décombres.
Il venait d’écrire de fort belles pages. Il était content, fatigué, exalté, et tremblant comme la lumière vacillante de sa lampe de fortune, une lampe à pétrole ra ?stolée à la hâte, quand il s’était agi d’avoir de la lumière pour écrire depuis les restrictions intervenues quelques jours après les premiers bombardements. La terre tremblait régulièrement la nuit, il entendait le siffement des bombes, l’impact sourd, lointain, mais puissant au point de faire trembler la maison, ce modeste pavillon entouré d’un jardinet hérité de ses parents. Il y avait trouvé refuge dès les premiers jours du conflit. On ne l’avait pas mobilisé. Une tuberculose insidieuse le tenait à distance. On n’avait pas voulu de lui. [ … ]
La question du vivre ensemble, la question de la communauté, la question éthique ont une importance cruciale pour moi. Ces questions sont toutes portées par la question de l’écriture : que veut dire produire du sens et comment le rendre sensible ? Entre mathème et poème, il y a place, je crois, et c’est toute l’ambition de mes essais, pour une pensée rig-oureuse et aventureuse à la fois qui ne se referme jamais sur des réponses définitives. L’amour de la vérité et la vérité de l’amour, portés par la liberté : voilà qui pourrait être le centre de mon questionnement.
Extrait - A Voix Presque Nue
Poète aux îles multiples - Avec Les îles en accents aigus, Anderson Dovilas nous propose par la magie de ses images, la musicalité de ses vers, une complicité avec le perpétuel dédoublement des îles qui l´habitent et qu´il habite à son tour comme par réciprocité.
Le caractère insulaire de ce recueil n´échappera pas au lecteur, poésie où chacun est une île et chaque île une autre, poésie où les îles crèvent d´amour sans accent, sans acte de sang qui circonflexe le quotidien du poète, à aiguiser à bras ouverts des phrases en liquéfaction. - Fred Edson Lafortune, auteur de « En nulle autre » - Le chasseur abstrait éditeur
Extrait - Les îles en accent aigu
Parution du mois de décembre:
Je vis. Je meurs. Je meurs ! Je vis ! Que de vies ! Que de morts ! Des petites, des grandes, des lentes, des sûres… Je vis. Je meurs. Que d’envies, que d’humeurs ! Des vies, des morts rêvées… Pour trinquer, nous trinquons. Je lève le coude et le poing. Toujours les mêmes barriques, les mêmes barricades. A la Vie ! A la tienne ! A la mienne ! Quand la coupe est pleine, les débordements… La fameuse goutte ? Le vase de Soissons… Un soldat, un roi… Un vase d’argent cabossé, une caboche fendue… Une bonne soupe de clovisses ! Ta récitation ? Par cœur, m’man ! Mort, j’appelle de ta rigueur, Qui m’as ma maîtresse ravie, Et n’es pas encore assouvie Si tu ne me tiens en langueur : Onc puis n’eus force ni vigueur ; Mais que te nuisoit-elle en vie, Mort ? Deux étions et n’avions qu’un coeur ; S’il est mort, force est que dévie, Voire, ou que je vive sans vie Comme les images, par coeur, Mort ! François Villon. Dors, maintenant.
La vie sans la mort ? Je n’ose pas y songer. Ni fin ni cesse aux frais de la princesse… Je suis né avec les fers, dans les fers… On le tient par la crépine ! Je vins, je vis, je vaincs ! Je claque la porte du temple d’une vénus en cloque sans mes cliques, sans mes claques… Je décanille crâne et pieds nus. A la Mort ! A la mienne ! A la tienne ! Je suis mort avec les fers, dans les fers… On le tient par la barbichette ! Je laisse au moins offrant mon bonnet phrygien, mes grolles à bascule –attaches de corde, semelle d’olivier-, mon guenillon rapiécé par les cousettes d’un opéra buffa, ma musette en accordéon, mes lames et mon tire-bouchon branlants dans le manche, ma plume d’oie Waterman, mon masque à domino, mes bésicles d’écaille, mes carnets de vadrouille, mon bâton de pastour, mon fidèle baladeur, ma bibliothèque d’Alexandrie, quelques pastels de Rosalba, mon dictaphone, le dictamen de ma conscience… Au royaume des taupes, je n’emporte qu’un drap mûr. A la Vie et à la Mort ! Des nôtres ! Des vôtres ! Des leurs ! Tchin-tchin ! Santé ! Santé ! Jusqu’à quand, nom d’une pipe d’écume ? Mystère et boule de gomme, je te chamboule. Ni vu ni reconnu, je t’emberlificote dans des miséricordes à noeuds !
Brelan de clefs à l’aplomb de l’occiput -, retenu en l’air par une ficelle élimée, un trousseau discord tintinnabule à l’envi. La clef solitaire, très exactement placée au long de ce crâne brutal, en lui ?même engoncé, est-elle la bonne ?
Un pan de rideau aux replis calculés voile et dévoile une colonne à demi obscurcie. Le livre des rôles est ouvert, la réplique placardée. Mais qui a jeté une faucille rouillée en travers des feuillets ?
Le vin, le vin, l’esprit a pétillé en ce cône de cristal. Choisir la savante et double rosette enserrant un clou tors ou le fondant de la rose-pompon ? Le verre est vide. Informe, insonore, sans couleur, il ne nous reste qu’un petit caillou, - scrupule.
L’abandon et la désolation font à présent tomber sur ce village fantôme une sorte de malédiction qui contamine gravement toute l’atmosphère jusqu’à la lumière diurne. Quatorze heures à peine et on dirait que le voile nocturne tombe pesamment sur nos interrogations.De mystérieux reproches nous sont adressés par les murs décrépis de toutes ces maisons tombées en déshérence ; par les quelques bouses de vache qui se détachent de l’asphalte comme des galettes trop cuites. Le désœuvrement aidant, je me mets à caresser les rails polis par les infatigables frottements que leur font subir les roues métalliques du locataire des lieux. Contact épidermique qui fait dissoudre mes chairs dans cette innommable matière composite. Nous sommes convaincus maintenant que tout en ce territoire mythique semble nous tendre ce piège du voyageur à la croisée des chemins, celui-là qui hésite sur la direction à prendre et qui sait pertinemment qu’il ne pourrait jamais toutes les emprunter. Et quand bien même les emprunterait-il toutes, il en demeurerait toujours une qu’il lui faudrait inventer. Moi aussi, devrais-je me courber et adresser une prière aux âmes réfractaires ? Celles qui se sont désolidarisées de la chaîne humaine ? Jadis j’écoutai volontiers ma terre ancienne quand un matin elle se fut ouverte en un déchirage aussi harmonieusement exécuté que la frondaison de la main.On me fit ouvrir certaine fois cette même main pour m’y faire lire les lignes de vie.On me dit qu’elles furent inégales,frondeuses et noueuses quand elles ne prirent pas tout bonnement l’aspect de mon champ en ses nombreuses anfractuosités.Ma main fut mon champ de bataille, ma guerre première. Elle fut pleine de fourrage,de verdure ; elle se prélassa dans mes ruisseaux à l’eau fratricide. Je plaquai mon oreille et entendit un geignement, pareil à celui-là. Ma terre se fractura et se mua en autant de frontières,de rivages inabordables.Je criai mon amour qui se fit perdre, puis répéter à l’infini. Mon amour me revenait amplifié ; il partait et revenait tel un boomerang qu’on n’attendait pas de recevoir en pleine figure. Je riais à me torde. Je riais de cet amour infidèle et empli de concussion.Revenu à la source,je ne m’appartins que lorsque je fus animal, et que j’hurlais au loup au milieu de mes chèvres philosophes.
Voir ta main abattre la chaleur
me garde éveillé
et la détresse des saluts
nous changent
L´idée de l´autre et ses dégâts
excitent
notre faim de douleurs et de baisers
Je suis sans défense
un condom sec étrangle mon utilité
Dans sa bouche
le temporaire comme une incarcération de force
Nous sommes sortis des toilettes
sans rien laisser
transparaître
Bientôt chez Amazon.fr
Extrait
À paraître en janvier:
Né à Pavillons sous Bois (Seine-saint-Denis), Pascal Leray développe un « programme » poétique autour d’un mot, le signifiant « série ». Au sérialisme de Darmstadt, il tente de répondre par des « structures sérielles dérivées » et par une « histoire sérielle du signifiant série ».
Tant que l’oeuvre de Pascal Leray demeurait inédite à cause d’un monde éditorial voué au commerce et à ses usages, on ne pouvait guère en mesurer l’ampleur qu’en se rendant sur l’Internet pour explorer les "forums" où cet excellent écrivain allait jusqu’à manger de l’homme. Puis il se mit à développer dans la RAL,M une activité créatrice originale et d’une exceptionnelle maîtrise. Depuis peu, Le chasseur abstrait a entrepris de publier ces livres tous hors du commun et surtout capables d’explorer le langage sous toutes ses formes : roman, poésie, théâtre, musique, chant, peinture, critique, etc. Un pareil effort sur le Monde est autre chose qu’une simple palette. C’est une oeuvre. Et comme cet homme sait jouer de son visage et de son rire, ces textes proposent une sérieuse physionomie de la littérature avec des échappées d’un humour parfaitement ravigotant.
PASCAL LERAY
Extrait
Le sens des réalités est un bien précieux qu’il faut savoir garder en toute occasion. Je connais des gens de di ?érents milieux qui l’ont perdu récemment. Et pas des gens fragiles ! Des gens respectables, en pleine possession de leurs moyens. Sans doute ces gens pensaient-ils exercer un contrôle infaillible sur chaque parcelle de leurs esprits. Ce temps est fini – pour eux en tout cas. Ils ne savent plus même l’heure qu’il est, le temps qu’il fait : l’esprit constamment orageux, la pensée ne fait que bégayer. Ils ne parviennent plus à articuler les termes d’une réalité constante, persistante, durable et cohérente, leur rêve d’autrefois. Parfois, je me dis que tout pourrait peut-être s’arranger avec le temps mais l’exode de la raison se poursuit. La perte de la raison est un voyage qui se prolonge indéfiniment et qui amène sa clientèle abusée en divers points qui se ressemblent tous sans se rejoindre de façon convenable. Personne ne les rejoindra, ce qui me rend triste.
oOo
Extrait
L’interrogatoire est minutieux, méticuleux. Il draine une énergie invraisemblable. À des moments, le meurtrier ne s’entend plus répon-dre. Il prononce des mots réflexes aux questions des policiers qui ne comprennent pas grand-chose à ses réponses. Il ne sait pas combien de jours il a déjà passé dans cet hôtel mais, dit-il, il y a eu « plusieurs nuits par jour » et il essaie peut-être d’expliquer ces nuits multiples à son auditoire mais les deux hommes de loi ne comprennent rien à rien et agitent les bras régulièrement, quand ils entendent des paroles aber-rantes et suspectes. Le meurtrier s’égare dans le détail des nuits liquides, sinon des pluies de nuit, de ces autres qu’on dit pulvérines, qui peuvent causer des asphyxies momentanées et des décharges d’hallucinations, sans même parler des nuits acides, corrosives pour la peau. « Est-ce là la raison de cette altération constante mais irrégulière de votre visage ? »
oOo
Extrait
C’est dans des pyramides urbaines et dans des cinémas an-tiques qu’on a éprouvé les premiers syndromes de mort. Je hurlais au-dehors de toute lumière à cette heure et j’avais presque perdu le sens des réalités. Je me disais : « Dévaste, dévaste – et tout ira mieux ». Le huitième cercle de l’enfer m’ouvrait les bras. […] Ce n’était que le prélude à d’autres catastrophes : j’avais un cou curieux qui me rendait furieux et fou, j’étais partagé entre le cholère et la colère, je devais encore prendre un train pour Iglotoir ! Train qui est devenu mon o ?ertoire. J’entrais dans le treizième hiver du tableau qui m’avait frappé, bouleversé, Avec l’arc noir. Ses images n’en finissaient pas de muter, esquissaient des bestiaires et des pastorales obscènes. Un calibrage complet de ma machine mentale me semblait nécessaire. Je prenais des notes mais elles n’avanceraient en rien. Un carnet aphasique, au final, résulterait de ces essais institués à la lumière de l’abat-jour. Une tonne de nuit s’est abattue sur moi.
Comme les kangourous, mère possède une poche. Tu y logerais
le bocal à poissons et donnerais un coup de pied pour la crever.
L’eau sortirait avec le sang.
Elle te serre sur son ventre, le petit ange te voit.
Tu sais que l’ange a vu.
À cause du soleil, on a tiré les volets. Sur la table, une poule rôtie.
Couronne de riz. Tu vois les deux places vides.
Grand-mère t’apporte une boîte de cubes. Un garçon en habit
bleu joue au cerceau. De l’autre côté, une fille en robe rouge
saute à la corde. Et les arbres ont la même couleur.
Le vin a une couleur sombre. Tu en remplis ton verre.
Pâle lumière, parle une voix. On cherche à te vendre.
La terre imite une toupie. Au fond d’un puits, tu tombes.
étendu maladroitement sur mon lit
en lisant à haute voix Bukowski Adonis ou Khayyam
de ma fenêtre la poussière tisseuse assidue habillait( les feuilles blanches éparpillées les mots mornes
les émotions fiévreuses devant l’effigie décadente du cimetière
les boîtes de bière qui servent
j’imagine encore le cœur innocent
de cendrier pour les moribonds
les cigarettes fumées seulement à moitié
qui brûlent encore pendantes aux lèvres des pendus
sous le regard attendri des araignées)
de poésie
étendu sur mon lit le tumulte des idées noires
qui chaque soir
avec une tendresse piégée
me tient malicieusement en vie
narguant le dédain des femmes
en lançant à leurs cœurs des mots de feu
à ma façon j’aime secrètement à la folie
et je déteste verbalement toujours à ma façon
solitaire
lire à haute voix Bukowski Darwish ou Khayyam
SAID ESSANI - NOUVEAUTÉ Les émotions impures.
Extrait
À paraître en février:
« Pourquoi des vers ? » Pourquoi des mots. Affutés comme des armes, précis comme des engrenages, surprenants comme des révélations.
Parce que, inexplicablement, l’homme est le roi de son destin, de ses hantises et même de ses fugitifs bonheurs, pourvu que les mots en les transfigurant les rendent supportables, en les faisant passer vers cet autre mode de sentir et de plonger dans l’être que, faute de mieux, l’on nomme poésie. Ce que disait Edmond Rostand à propos du soleil, on peut le dire à propos de la poésie, « sans qui les choses ne seraient que ce qu’elles sont ». Les mots, ces fleurs de l’esprit, peuvent pousser même de la boue du quotidien et en faire une musique.
Et parce que, en nos temps d’incertitude, la rigueur est plus que jamais l’étincelle qui peut faire jaillir de l’indicible l’illumination poétique, certains ressentent le besoin des contraintes de forme qui obligent à plonger toujours plus profond dans le sens. Tel ce naufragé qui lime, qui rime son évasion, qui « passe en passager, comme la brise sur les blés », à travers le monde ambigu et son destin d’homme, semant ses mots comme des fleurs, pour faire de ses souvenirs et de ses instants de grâce ou d’horreur ces moments purs où s’arrête le temps, le temps d’un poème et de son intemporelle irradiation à travers les racines de l’être.
Comme le dit de lui Laurent Terzieff, « chaque poème est un vertige maîtrisé par le pouvoir des mots. Monsieur Leroux est un vrai poète à la recherche de quelque chose d’innomé, de quelque chose d’incommunicable, mais que l’on arrive à communiquer quelque fois par le filtre de la poésie, et qui n’est pas réductible à la rationalité. »
Entrons dans ce « pays d’oubli » où le mot dévoile et délivre.
Pascale Bourgain professeur à l’École des Chartes spécialiste en poésie médiévale
TRISTAN LEROUX Chant de la lime sur les barreaux.
Extrait
Mardi soir.
Seule. Encore un soir dans une chambre d’hôtel à penser à toi. Toi qui m’a accompagné toute la journée alors que notre guide nous faisait visiter la ville pour les repérages de demain. Toi que j’imaginais me sourire au détour d’une rue. Toi que je reconnaissais parfois dans la foule. Je suis si heureuse de faire ce reportage, d’incruster sur pellicule ces traces de toi que je suis seule à deviner. Toi que je voudrais encore sentir blotti contre moi. Abandonné, tout à moi. Ce soir, c’est moi qui me sens abandonnée, seule, désespérément seule. Avec cette absence au creux de mon ventre qui me poignarde et m’empêche de trouver le repos. Je ne peux pas dormir. Je vais prendre un cachet. Ou plutôt deux car un seul ne me fait plus d’effet. Je vais fermer les yeux et penser à nous. Si fort que tu vas me rejoindre, t’étendre à mes côtés, rapprocher tes lèvres de mon oreille, tendrement de ton index dégager les cheveux qui la couvrent et me murmurer nos moments heureux.
DIDIER DAGUE Rêves de femmes
Extrait
Il y a aussi, dans le quartier de Lecoutrac où se trouve l’épicerie, deux mamies qui y habitent. Ce sont réellement des personnages. A tel point que je leur ai dit : " Vous mériteriez d’avoir chacune votre statue. " Elles m’ont répondu, malicieuses : " Oui, pour servir d’exemple aux générations futures ! "
J’ai tout de suite pensé à une statue dans le style de celle d’Asnières. Tu te rappelles ? Tu tenais absolument à ce qu’on allât vois là-bas une pièce de théâtre ; c’était une création à partir des lettres de Tchékov (et tu as bien eu raison d’insister pour qu’on la vît, j’en garde un très bon souvenir). En sortant de la salle on avait vu une sculpture étonnante, très juste dans ce qu’elle voulait représenter. Il s’agissait de de-Gaulle et de Malraux ; ce dernier expliquant quelque chose au Général. Malgré nous, on avait tendu l’oreille pour essayer de comprendre… La statue des mamies serait dans ce réalisme-là. Il faudrait l’ériger à côté du magasin, après la petite rue qui descend, en face du cinéma. C’est là qu’il y a le "Café Central" dont je t’ai déjà parlé (M. Houmidoubar). Il y a une terrasse très étalée, et très fréquentée aux beaux jours. Nos mamies y sont constamment dès que le soleil paraît. Elles n’y vont pas pour boire, non, plûtot pour discuter, mater, faire les commères : parler d’untel en bien (ce qui est rare), le plus souvent dire du mal de l’autre, pester contre la jeunesse, dénigrer la modernité, mépriser tout ce qui bouge trop vite, trop fort, trop haut, et trop souvent. L’une de ces mamies est surnommée Mamie-Néné. Rien à voir avec des lolos en bonne et due forme : c’est un raccourci familer de son nom de famille. Bref, c’est elle que je préfère. Elle est assez marrante. Elle se promène toujours avec ses chiens. Deux petits chiens. Caniches or something like that. Ils font pour ainsi dire partie du personnage. C’est une extention de personnalité. Les enfants jouent avec. Parfois ils grognent, mais ils ne sont pas méchants. C’est juste pour s’amuser à faire peur. Alors Mamie-Néné les rabroue en gascon : " N’es pas braï, milo dious ! Qué soun pecs aquelos cans, ou qué ? "
Des écrivains, pourvu que, dans le « créneau » où ils ont choisi de s’exprimer, ils excellent : de la chanson à la poésie la plus difficile d’accès, du roman traditionnel aux compositions complexes de la modernité, de la réflexion pragmatique aux pensées les plus aventureuses - nous n’avons de limites que le talent et l’honnêteté intellectuelle.
Des artistes de tous poils, impressionnistes ou conceptuels, - des musiciens dans la tonalité ou ailleurs...
Nous ne perdons jamais de vue que nous sommes d’abord des internautes et que la création commence pour nous dans le cyberespace. C’est notre manière d’être modernes et d’éviter les conséquences désastreuses des pratiques éditoriales abusivement centrées sur le commerce à tout prix.
Nos critères de choix
Nous ne publions pas à compte d’auteur ni à tour de bras.
Inutile donc de nous proposer des « affaires en or »
ni de perdre patience.
Vous écrivez, ce qui ne vous distingue que d’un tiers des français,
vous souhaitez publier vos livres,
vous vous trouvez donc dans une de ces trois situations :
1- Vous développez une œuvre littéraire.
Le chasseur abstrait peut devenir votre éditeur.
Vous participez activement au site. Vos livres s’organisent, au fil d’un travail soigné, en un ensemble qui montre l’oeuvre et que Le chasseur abstrait peut donc présenter aux institutions susceptibles de vous aider à continuer ainsi qu’aux libraires spécialisés.
On aura compris que cette activité éditoriale limitée à quelques auteurs constitue le fleuron de la maison. Nous profitons pleinement de cette espèce de caution. Par ses exigences et son aventure, elle nous rapproche des institutions et des libraires dont nous avons besoin pour affirmer notre raison d’être.
Vous signez un contrat d’édition dont voici le modèle :
2- Vous souhaitez publier à compte d’auteur ou en autoédition.
Le chasseur abstrait n’est pas fait pour vous. Pour éviter de vous prendre les doigts dans un compte d’auteur, vous avez intérêt à vous adresser aux spécialistes de l’autoédition : Le manuscrit, Publibook, Edilivres, InLibroVeritas, Lulu, etc. L’intervention de ces éditeurs se limite en général à la mise en page, la correction, la couverture (ce qui est déjà beaucoup), mais ils peuvent aussi vous proposer une diffusion, voire une distribution. Leurs prestations sont à la carte. C’est à vous de jouer alors sur le terrain. Si vous avez une âme d’entrepreneur, n’hésitez pas. Recherchez d’abord les conseils éclairés des auteurs qui réussissent dans ce domaine difficile. Mais surtout, ne vous endormez pas sur vos lauriers : il pourrait vous en coûter cher. Notons que cette « formule » se développe heureusement au détriment des éditions à compte d’auteur qui relèvent presque toujours de l’arnaque. Pour qu’il y ait édition, il faut un travail éditorial. Ce travail ne peut être assumé que par vous-même (autoédition) ou par un éditeur (contrat d’édition) qui s’engage clairement à respecter les règles de sa profession (voir ci-dessous).
3- Vous recherchez un contrat à compte d’éditeur.
Ce qui est parfaitement légitime… Mais votre manuscrit ne nous paraît pas pouvoir apporter du nouveau dans notre « écurie ». Dans ce cas, nous vous proposons un contrat d’édition qui diffère du premier sur deux points :
- la cession est limitée afin de vous permettre de rompre le contrat en cas de proposition plus intéressante pour vous ;
- nous vous demandons d’acheter 30 ou 40 exemplaires ; nous nous chargeons évidemment du travail de correction, de la maquette, de l’impression, de la diffusion, de la distribution dans les mêmes conditions que le contrat ci-dessus.
Avantages :
- Vous vous épargnez le dur travail du terrain. Beaucoup d’auteurs reviennent de l’aventure autoéditoriale avec les stigmates de l’échec : économies fondues, stress du vendeur qui ne vend pas, etc.
- Vous avez vite fait d’amortir votre investissement (autour de 600 euros) en vendant vous-même les quelques exemplaires que vous avez achetés.
Dans les deux cas, Le chasseur abstrait agit dans le respect des règles de la profession d’éditeur. Nous ne travaillons pas depuis des années, Valérie Constantin et moi-même, pour céder à la tentation du « matelas » qui consiste à faire payer les uns pour publier les autres. Si l’auteur s’engage dès le premier écrit dans un marché qui ne le publie pas et en profite pour lui casser sa tirelire, l’éditeur de création n’en est pas moins sujet à occasion de déposer le bilan.
D’où nos principes fondamentaux :
- L’auteur confirmé signe un contrat d’édition sans avoir à payer quoi que ce soit. Le chasseur abstrait est entièrement responsable de l’édition de ses livres et bénéficie d’une cession illimitée des droits.
- L’auteur moins confirmé (à nos yeux) signe le même contrat d’édition avec une petite différence : il achète quelques exemplaires, consentant ainsi à soulager sensiblement la responsabilité du Chasseur abstrait qui renonce à la cession illimitée des droits.
- Les autres peuvent consulter les prestations de service des imprimeurs, publieurs à compte d’auteur et prestataires de l’autoédition. Inutile de nous proposer des manuscrits dans ce cas.
Voilà qui est clair.
Nos conseils :
- Vous êtes un auteur confirmé (ayant publié ou pas) ? Alors n’hésitez pas à nous contacter. Nous sommes des passionnés de littérature, notre expérience le prouve allègrement.
- Vous ne l’êtes pas ? Alors vous devrez nous acheter quelques exemplaires de votre ouvrage, ce qui ne changera rien à notre gnaque, car si nous décidons de publier votre ouvrage, c’est que nous y croyons.
- Sinon, n’envoyez rien.
Derniers points :
- Nous ne publions en moyenne que deux livres par mois. Nous ne pouvons donc pas publier tous les manuscrits qui nous sont proposés.
- Nous prenons le temps de lire les manuscrits.
- Nous n’imprimons ni ne diffusons des ouvrages que nous n’avons pas choisis.
· Choisir ses manuscrits dans le cadre d’une politique éditoriale.
· Être responsable des ouvrages que l’on publie. Garantir à l’auteur, qui l’accepte, un travail éditorial visant à assurer la qualité du manuscrit et à l’inscrire dans le cadre d’une collection, d’un catalogue.
· Être responsable de la mise en forme graphique et du suivi de fabrication du livre.
· Travailler à compte d’éditeur, ce qui implique la signature, avec l’auteur, d’un contrat à compte d’éditeur, prévu par le Code de la propriété intellectuelle ; Rémunérer l’auteur selon le pourcentage prévu par le contrat signé préalablement, calculé sur le prix public du livre, et ce dès le premier exemplaire vendu. Une rémunération forfaitaire peut être négociée dans les cas prévus à l’article L131-4 dudit Code.
· Attribuer un numéro d’ISBN à chaque ouvrage que l’on publie et satisfaire aux obligations du dépôt légal.
· Publier et mettre à jour régulièrement un catalogue de ses productions, et le distribuer auprès des réseaux appropriés (librairies, bibliothèques, particuliers).
· Disposer d’un système de diffusion-distribution organisé pour la vente en librairie de ses ouvrages, le plus large possible et a minima régional.
· S’engager à promouvoir ses ouvrages par le référencement dans les bases bibliographiques et commerciales, par l’envoi d’informations aux médias et aux réseaux concernés, par la présence dans les salons du livre et autres manifestations professionnelles ou par tout autre moyen de communication et d’animation.
· Fixer et imprimer, en conformité avec la loi du 10 août 1981, sur chacun de ses ouvrages, le prix de vente au public. En situation de détaillant, appliquer une remise maximum de 5% pour la vente aux particuliers et de 9% pour la vente aux collectivités (loi du 18 juin 2003).
· Respecter les usages de la profession dans les relations avec les auteurs, les autres éditeurs, les circuits de diffusion et de distribution, les libraires et les bibliothécaires.
Prix Chasseur de romans Prix Chasseur de nouvelles Prix Chasseur de poésie Prix Chasseur d’essais
Le Prix du Chasseur abstrait 2010 a provoqué une avalanche de
manuscrits. 380 et quelques manuscrits nous sont tombés dessus, la
plupart de médiocre qualité, voire sans qualité du tout. Ces auteurs
visaient, plutôt que les enjeux littéraires qui nous intéressent, la
publication gratuite de leur ouvrage. Pratique courante et parasitaire
avec laquelle il faut faire, hélas.
4 auteurs ont gagné et sont publiés ou en cours de publication avec
un contrat
A. Une vingtaine d’autres, qui nous ont semblé au moins aussi
méritants, se sont vu proposer un contrat
B.
Le prix du Chasseur abstrait 2011 sera soumis à une
présélection.
Le chasseur abstrait organise un concours doté de quatre prix. En voici le réglement :
A - SÉLECTION DES CANDIDATS :
Les candidats aux Prix du Chasseur abstrait
seront sélectionnés non pas sur manuscrits, comme nous l’avons fait en 2010,
mais sur présentation d’un projet (narration, poésie, etc.) d’écriture dans
les formes suivantes :
Le projet ne dépassera pas 500 mots (quelle que soit la longueur du manuscrit) ;
Il ne sera pas forcément inédit ;
Il sera soigneusement écrit et composé.
Les projets seront adressés par email au format Word ou équivalent
(pas de PDF) avec objet "Prix du Chasseur abstrait" ; ceux collés dans le corps du email seront refusés :
Numéros spéciaux Espaces d'auteurs Textes et Prétextes Publication libre
Proposez vos textes, oeuvres plastiques et sonores à la rédaction.
c'est la
La RAL,M commença le 1er avril 2004 par être une simple revue en ligne chargée, comme mille autres, de publier les refusés. Chemin faisant, elle est devenue le Portail du Chasseur abstrait. Entre temps, cette maison d'édition s'est donné pour tâche de diffuser les auteurs qui le souhaitent.
On a vite distingué ceux qui déclarent tenter l'aventure totale - publier une oeuvre - et ceux qui ne souhaitent pas aller plus loin qu'une publication ponctuelle. Les premiers, nous avons mis à leur disposition un outil complet : publication des livres "en papier"; collaboration active au site (articles, espaces d'auteurs, numéros spéciaux, blogs personnels). Aux seconds, nous leur avons demandé d'acheter quelques livres pour pallier le manque d'engagement et de participer presque librement au Portail du Chasseur abstrait.
Autrement dit, deux types de contrats:
l'auteur cède ses droits et s'engage moralement à publier une oeuvre complète - rien ne lui est demandé, sauf de participer le plus activement possible au Portail;
l'auteur ne cède ses droits que pour un an et il s'engage à acheter quelques exemplaires de son livre, ce qui ne le prive en aucune manière des outils mis à sa disposition par le Portail.
Voilà comment nous travaillons. On ne peut pas être plus clair. Et avec beaucoup de travail, on sera de plus en plus efficace.
Lorque vous envoyez un manuscrit (livre ou article), veuillez précisez dans quelle collection vous souhaitez être publié ou dans quelle rubrique du site. Voir [Collections et manuscrits] et [Index général de la RAL,M].
avec
1
Numéros spéciaux
Sites d'auteurs.
Il s'agit de numéros dont le sommaire évolue en fonction des ajouts et des changements qui l'affectent. Ainsi, le numéro spécial consacré à un auteur ou à un ouvrage est le meilleur moyen d'accéder au travail de cet auteur ou à l'évolution d'un ouvrage.
En plus de la possibilité de mettre en ligne des textes dans le site (Textes & Prétextes) et de celle de publier des livres dans les collections du Chasseur abstrait, l'auteur dispose de trois outils:
- les [espaces d'auteur] - où il organise un sujet et s'exprime en toute liberté de forme, de fond et de composition;
- les [numéros spéciaux] - qui permettent au lecteur d'appréhender le travail de l'auteur dans sa totalité, y compris ses publications;
- les [sites officiels] - blog ou site plus complexe - où l'auteur présente ou fait présenter son oeuvre.
Publier chez Le chasseur abstrait, c'est disposer d'outils de communication et de publication sérieux, sans compter les salons auxquels nous participons, notamment le Salon du livre de Paris grâce à la bienveillance du Centre Régional des Lettres de Midi-Pyrénées.
Voir [Nos salons]
Nouveautés
— Gor Ur ! Le Tome II sera imprimé ?
— Il le sera !
— Et avec une couverture en couleur ?
— Ouais. Plus qu'un tome à cloquer, mec !
— Avec une couverture en couleur ?
— Juste pour voir ce que ça donne ! Des fois queue...
Andy VÉROL, Benoît PIVERT, Jean-Claude CINTAS, Jean-Marc RIVES, Jean-Michel GUYOT, Marie SAGAIE-DOUVE, Marta CYWINSKA, Nacer KHELOUZ, Oscar PORTELA, Pascal LERAY, Patrick CINTAS, Paul de MARICOURT, Robert VITTON, Serge MEITINGER, Stéphane PUCHEU, Valérie CONSTANTIN...
Ces auteurs ont bien voulu animer des espaces plus proches de leurs préoccupations que le sommaire de la RAL,M toujours un peu généraliste. Ces espaces constituent du même coup le coeur de la revue et leurs projets respectifs nous rapprochent nettement d’une revue qui serait pleinement assumée.
Jean-Michel Guyot, qui publie chez Le chasseur abstrait À voix presque nue (voir plus haut) prépare un espace d'auteur. En attendant de découvrir cette nouvelle construction, on peut lire sa prose narrative et ses essais.
Le rôle de la littérature, convenons-en, c’est de savoir ou appréhender qui nous sommes. « Connais-toi toi-même » disait Socrate.
Les Grecs, justement, ont jeté les bases de la connaissance pluridisciplinaire, celle qui permet toujours à l’homme, grâce à l’invention des mathématiques, de la philosophie et des arts, de se situer dans l’espace et le temps. Ils furent surtout les maîtres du mythe, de ces détours subtils qui ont mis la fiction au service de la réalité, provoquant une élévation de la conscience. Le rapport aux Dieux, le rapport à l’autre, le rapport à la nature ... la littérature grecque, en mouvement, a exprimé toutes ses problématiques, dont l’une des plus connues est sans doute l’affaire oedipienne. Tragédie, épopée, poésie... les genres littéraires sont érigés et codifiés.
Deux millénaires plus tard, la Renaissance va reprendre ces acquis pour les actualiser et les dépasser. C’est la naissance de la nouvelle en Italie et l’affirmation de la poésie en France, avec les auteurs de La Pléiade.
Fès Jazz in Riad Festival 2009 Interview de Jean-Claude Cintas sur Cinaps Tv
Interview Bilan exclusive de Jean-Claude Cintas, directeur artistique du Fès Jazz in Riad Festival 2009, (Festival labellisé « DjangodOr ») et administrateur des DjangodOr. Romain Pomédio, directeur de la chaîne CINAPS TV (Canal 21 de la TNT – www.cinapstv.fr) a réalisé cette interview juste après le concert de clôture de Rhoda Scott. Une interview empreinte de grande sensibilité et d´un extrême humanisme.
Valérie Constantin et Najia Erajaï Exposition "Laisse brûler le jazz…" au Fès Jazz in Riad Festival 2009
A la charnière du Moyen-Âge et des temps modernes les XV ème et XVI ème siècles vont révolutionner le monde le l’Art. L’époque féodale et les croyances séculaires donnant tout pouvoir à la papauté laissent la place peu à peu au pouvoir des rois et des nations. Cela n’empêche pas les guerres de religion mais nous sommes à une époque où l’Homme pense dominer la Nature par sa puissance intellectuelle. Cette époque fastueuse va jeter les bases de la pensée et de la science du XVII ème siècle et rester dans l’Histoire de l’Art comme l’apogée de la beauté artistique.
La Renaissance trouve ses sources dans l’Italie du XIII ème siècle. Ce n’est qu’au XV ème siècle qu’elle va prendre son essor à Florence puis s’étendre à travers toute l’Europe. La peinture, la sculpture et l’architecture vont s’épanouir et se propager hors d’Italie.
De grands efforts artistiques et la perfection du corps humain deviennent des objectifs essentiels encouragés par les familles Médicis, Este, Sforza, Gonzagues, Farnese, les ducs d’Urbino, les doges, le Pape Paul III, qui n’est autre qu’Alexandro Farnese devenu Pape, et plus tard en France les artistes vont être soutenus par François 1er.
Como el retorno de Grecia a los frescos de la capilla sixtina luego de hacer posible el genocidio del martillo de las brujas, nuestro tiempo saca a la luz lo sagrado del desnudo clásico, y formas que recuerdan a los íconos de la cultura democrática griega.
Solo tu Levi, solo el fugaz relámpago
De la lujosa pedrería de tu cuerpo
Hace caer la muerte de rodillas
Ante el goce que estalla en el relámpago
De los códices que alumbran los rubíes
Con los cuales te hicieron para que
La Eternidad caiga rendida ante tus piernas.
Cuando – y esto no lo hizo notar ningún cronista- Capote se burla de James Baldwin quien acababa de escribir “El cuarto de Giovanni” muestra el grado de anestesia ético moral en la que vivió toda su vida.
Baldwin el gran novelista homosexual era un activista de los derechos humanos y debió exiliarse en Francia donde continuó su predica pero a Capote le interesaba más poner en ridículo la trama de una narración en la que un judío se enamora de un negro lo que para “el niño” constituía un escándalo, pues el tema encaraba los peligros del amor versus la xenofobia racial y social.
Esta anomia en la que vivió toda su vida el “Genio Capote” tal como se autodenominara (la nesecidad morbosa de ser reconocido utilizando los escándalos del mundillo que frecuentaba) terminó con el total rechazo de aquellos que lo llevaron al podio de la fama.
Pero como todo narciso arribista que no respetó ninguna regla del juego hipócrita de esa sociedad a la que pertenecía (desde los Kennedy a Brando al que trató de homosexual) le quedaría luego la amarga soledad y el fracaso final como creador después de haber realizado su pretendida “obra cumbre” – (¿obra testimonial porque periodística ?) “A Sangre fría” en la que reza por la muerte de un ser que parece amar (¿amor o culpa ?) para que dicha novela pudiese alcanzar record de ventas.
El film en si no trae nada nuevo a la pantalla y menos el retrato del verdadero Capote. Las actuaciones son correctas – no brillantes- el guión también y la cámara se mueve correctamente y después nada.
Seymour Hoffman encaja en Capote lo que no lo convierte de por sí en gran actor.
Pero Hollywood debe exhumar de vez en cuando estas momias – después de Faulkner nadie- para que el público crea que Capote es una especie de Proust de la Literatura Americana.
Oscar Portela
3
Textes & Prétextes
Plus de cent
articles (poèmes, essais, oeuvres plastiques, etc.) publiés chaque
trimestre.
Et une revue "papier" qui publie un choix de ces
articles en janvier, avril, juillet et octobre.
Nous recevons beaucoup de textes à publier, de livres à chroniquer, de manuscrits à insérer dans nos collections, sans compter la masse incroyable des Communiqués de Presse.
Et pourtant, il faut tout publier, tout ce qui vaut la peine de l'être - il faut parler des livres de nos confrères et des auteurs autoédités, il faut faire circuler les informations. Sans ce travail de fourmis, ce site n'aurait plus de raison d'être.
Nous allons donc nous organiser. Et si vous souhaitez nous aider à gagner du temps, tachez de nous remettre, toujours par email et en pièce jointe:
-- vos textes au format .doc (word) ou rtf.
-- vos images au format jpg (500 pixels minimum).
-- votre musique ou autre son au format mp3 (128 kb minimum).
Évitez les textes inclus dans le corps du email. N'envoyez pas de manuscrit par la poste. Regroupez vos textes au lieu d'en distiller les envois.
En janvier, le nº 58.
avec la version "papier" du sommaire.
Format 20x25 cm - 154 pages.
avec 16 illustrations couleur pleine page.
Dos carré collé.
Prix : 15 euros.
Port inclus en France métropolitaine.
Ailleurs, nous consulter.
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Le chasseur abstrait
Textes & Prétextes
12 rue du docteur Jean Sérié
09270 Mazères
Et il en sera ainsi chaque trimestre (janvier, avril, juillet, octobre)
Proposez vos textes avant la fin du mois précédent.
Les textes et images publiés dans T&P pourront être mis en ligne à la demande de l’auteur (bon pour Google, par exemple). Pour la musique et autres enregistrements, un CD ou un DVD pourra être joint à la revue.
Abonnement (mai, novembre [nº double], février) : 60 euros.
Le numéro : 15 euros (mai et février) - 30 euros (novembre).
Port inclus en France métropolitaine.
Ailleurs, nous consulter.
Joindre chèque à la commande
Le chasseur abstrait
RAL,Mag
12 rue du docteur Jean Sérié
09270 Mazères
Sommaire nº 2-3
Proposez vos textes avant la fin du mois précédent.
Les textes et images publiés dans le RAL,Mag pourront être mis en ligne à la demande de l’auteur (bon pour Google, par exemple). Pour la musique et autres enregistrements, un CD ou un DVD pourra être joint à la revue. Notez que le nº 4 de février 2010 sera en grande partie consacré à la musique, à la vidéo et à la lecture.
En janvier, le nº 58.
avec la version "papier" du sommaire.
Format 20x25 cm - 154 pages.
avec 16 illustrations couleur pleine page.
Dos carré collé.
Prix : 15 euros.
Port inclus en France métropolitaine.
Ailleurs, nous consulter.
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Le chasseur abstrait
Textes & Prétextes
12 rue du docteur Jean Sérié
09270 Mazères
Et il en sera ainsi chaque trimestre (janvier, avril, juillet, octobre)
Proposez vos textes avant la fin du mois précédent.
Les textes et images publiés dans T&P pourront être mis en ligne à la demande de l’auteur (bon pour Google, par exemple). Pour la musique et autres enregistrements, un CD ou un DVD pourra être joint à la revue.
Contenu : Réflexion et création. Numéros thématiques, anthologiques ou consacrés à un auteur, leur objectif est de communiquer le travail des auteurs publiés ou non par le Chasseur abstrait.
Voici les Cahiers actuellement en chantier. Vous pouvez apporter votre contribution si le sujet vous motive. Ces Cahiers paraîtront dans le courant de l'année prochaine.
Cahier Nº12 - Serge Meitinger
S'étonner, bornoyer (voir plus haut), capter les "départs du sens", aller vers ce "livre de raison", l'oeuvre de Serge Meitinger relève aussi de l'autobiographie. Dans ce Cahier, nous avons la prétention de suivre ce cheminement où "rien n’est assez singulier d’où l’exigeante instance du verbe". Le raccourci ci-dessous est à mettre en parallèle avec les livres publiés chez le Chasseur abstrait : Bornoyages du champ poétique - L'homme de désir - Les oeuvres du guetteur - et le très beau Un puits de haut silence.
21 avril 1951 : Naissance à Coatsero en Ploujean (petite commune rattachée depuis à Morlaix (Finistère), et qui vit naître en 1845, le poète Tristan Corbière). Mon père, Robert, Serge, né à Paris et ma mère, Georgette, née à Saint-Quentin (Aisne), étaient venus s’installer en Bretagne quelques années auparavant parce que mon oncle qui travaillait avec mon père avait épousé une Morlaisienne (mon oncle, tôlier, et mon père, peintre, tenaient une petite carrosserie automobile). Le nom de « Meitinger » signifie « originaire de Meitingen », petite ville de Bavière peu éloignée d’Augsbourg. Je n’ai pas reconstitué le cheminement de Meitingen à Morlaix : mon grand-père (Maximilien, Alexandre) et son père (Louis, Firmin, Napoléon) sont nés en France, dans la région parisienne, au milieu et à la fin du XIXème siècle. Mon grand-père est mort, blessé de guerre (gazé), le 11 janvier 1919.
1951-1968 : enfance et adolescence à Morlaix ; quelques voyages à Paris et à Saint-Quentin avec ma mère dans ma petite enfance pour traiter par rayonnement dit « solaire », à l’Hôpital Saint-Louis (Paris), l’angiome plan de ma joue gauche. Grandes vacances au bord de la mer, non loin de Morlaix (Primel-Trégastel, Locquirec).
1961-1968 : de la 6e à la terminale, au Lycée Tristan Corbière de Morlaix, baccalauréat A en 1968, seul bac de l’histoire sans épreuves écrites !
1966-1968 : Premier journal et un « roman » intitulé : Père qui es-tu ? Quelques poèmes. Contacts épistolaires avec Armand Lanoux à qui j’envoie des nouvelles pour la revue « À la page » qu’il dirige. Été 1968, premier séjour en indépendant à Paris, en partie chez ma grand-mère.
En octobre 2008, paraissait chez le Chasseur abstrait éditeur un volume collectif, n°9 des Cahiers de la Ral,m, intitulé « Ceci n’est pas une série ». Célébration du tricentenaire d’un mot (le signifiant « série », 1708), l’ouvrage a été conçu tout à la fois comme cahier de création et un lieu de réflexion.
L’histoire de ce jeune mot se caractérise en effet par ses incessantes promenades entre la recherche scientifique (Varignon, d’Alembert, Diderot, Lamarck, Fourier, Comte, etc.) et la création artistique (Nerval, Monet, Proust, Boulez, Butor, Soulages...) Il ne serait que joie et découverte, entendons-nous, si l’aube du XXe siècle n’en avait fait le terme de l’automatisation industrielle. De la « fabrication en série » à la « série télévisée », ce qui était initialement le terme d’une différenciation graduée d’éléments liés entre eux par un principe commun est devenu répétition du même, témoignant d’une transformation épistémologique liée, en quelque chose, à ce qu’on peut appeler « société de grandes séries ».
La série à l’index poursuit l’exploration entreprise dans le cahier n°9, « Ceci n’est pas une série », entre recherche et création. Sont particulièrement sollicitées : échelles de cordes, études sur les glandes occipitales du dromadaires, analyses calmes du chaos, figures partielles et altérées. C’est dire si ce cahier, plus encore que son prédécesseur, a vocation à la transdisciplinarité. Et si l’on se refuse à poser des limites a priori au domaine de validité qui se dessine dans le creux du cahier à venir, c’est avant tout pour poser la série [l’exercice de la série comme critique de la limite.
De là découle une proposition sur laquelle il conviendra de s’arrêter – un temps [notion qui ne saurait se départir de la célèbre « Momentform » initiée par le compositeur Karlheinz Stockhausen] : l’absence de la série est un cercle vicieux. Proposition qui reste purement spéculative, peut-être, mais qui esquisse la forme générale sérielle du cahier en préparation.
Fiche technique
Parution du cahier : printemps 2010.
Date limite de dépôt des contributions : 31 décembre 2009.
Gilbert Bourson dans "Joséphine la cantatrice" de Kafka.
Gilbert Bourson a occupé le terrain du théâtre pendant près de trente ans. Ses innovations et son influence se font encore sentir dans les mises en scène et les interprétations du moment. Entre autres commentaires, Jean Ricardou et Michel Arrivé se sont chargés de laisser une trace de cette œuvre accomplie à Genevilliers. La compagnie Signes a cessé son activité il y a peu et depuis, Gilbert Bourson s’adonne presque exclusivement à la poésie qu’il écrit avec une réussite tranquille et des précisions de détails qui saisissent la lecture comme les embruns inoculent le goût des voyages et de l’immobilité. Le Chasseur abstrait a entrepris de publier cette œuvre en cours. Car il s’agit bien d’une nouveauté dans la longue carrière artistique de ce septuagénaire qui n’a pas l’intention de se laisser noyer par la tentation d’une auto-archéologie encline au ressassement en lieu et place de l’assouvissement constant des facultés créatrices. Gilbert Bourson est un poète qui fut un homme de théâtre, metteur en scène, dramaturge, comédien, directeur du groupe Signes et grand amuseur de la cité de Genevilliers et de sa voisine aux gentilés toujours reconnaissants si on les rudoie verbalement. Bruxelles, plus charmante et plus prédisposée à employer son intelligence collective à bon escient, salua aussi Un cœur simple, d’après Flaubert, mis en spectacle par le groupe Signes de Genevilliers. Cette aventure fut collective et Francine Sidou-Bourson y joua plus que l’indispensable.
S’il s’agit ici de citer quelques-uns de ces spectacles, c’est pour montrer clairement à quel point, selon le contraire des idées courantes, la littérature et le choix des textes mis en jeu relève d’un art et non pas d’une simple emprise, qui serait désuète, sur l’esprit de divertissement qui broie la création au profit de la rigolade. Ce qui n’empêcha Signes de mettre à l’épreuve la capacité de rire franchement au spectacle de la littérature, comme le souligne le critique belge en première page du Soir : drôlerie irrésistible, binôme qui définit le regard que Gilbert Bourson porte sur les grands textes de la littérature. On aurait d’ailleurs tort de parler d’ironie, sans doute parce que l’ironie n’est pas une fête. En marge, Jean Ricardou ennuyait le public avec son Flaubert et du coup, la représentation passait pour un exutoire nécessaire. C’est aussi dans l’idée de Gilbert Bourson d’imposer le rythme d’un esprit aussi éclairé que celui de Ricardou et d’affronter carrément le public pour lui imposer, mine de rien, un rythme encore plus exigeant de titillations.
Entre chefs-d’œuvre de la clairvoyance, citons :
— Concert Rabelais, jeu de Gilbert Bourson, mis en scène par Francine Sidou sur une dramaturgie de Jean Molina – 1994.
— Joséphine la cantatrice, d’après Kafka, idem – 1992.
— Les fables de La Fontaine, spectacle interprété par G. Bourson – 1996.
— Hérodias, de Flaubert, mise en scène de G. Bourson et F. Sidou – 1998.
— La tentation Saint-Antoine, idem – 1995.
— Mon cœur mis à nu, d’après Baudelaire, mise en scène de F. Sidou avec J. Molina – 1993.
— Le château des Carpates, de Jules Verne, avec une musique de Frédéric Aulnette.
— Maldoror, d’après Lautréamont, musique de Jean-Claude Biquand.
— Une saison en enfer…
— Poupée, de et par Gilbert Bourson – 1999.
— Thyeste/Atrée, d’après Sénèque, traduction et mise en scène de G. Bourson.
— La croisade des enfants, de Marcel Schwob, mise en scène de G. Bourson.
— Gestes et opinions du Dr. Faustroll, ’pataphysicien, d’Alfred Jarry, avec une critique de Michel Arrivé parue dans la Quinzaine littéraire.
— Et un Mallarmé que Gilbert Bourson considère comme le chef-d’œuvre de Signes.
Gilbert Bourson et Catherine Jacobsen dans "Herodias" de Flaubert.
On retrouvera Gilbert Bourson dans le numéro double 2-3 du RAL,Mag en novembre prochain, qui sera essentiellement graphique et proposera donc de la mise en scène. Puis, dans le numéro 4 (février 2010), qui sera sonore dans sa plus grande partie, la version sonore du Mallarmé qui marque un moment important à la fois de la carrière et de la vie de Gilbert Bourson.
Si le Cahier « Bourson » rendra effectivement un compte précis de cette aventure sur les planches, avec force documentation écrite et photographique, l’essentiel consistera à présenter les quatre ouvrages publiés par le Chasseur abstrait (voir chez Amazon.fr). À une époque où la poésie fricote encore avec le populisme côté jardin et l’intellectualisme côté cour, Gilbert Bourson persiste à la croire assez drôle et tellement irrésistible qu’il en écrit le meilleur, se plaçant d’emblée auprès des fines fleurs de la littérature contemporaine une fois épurée de sa constante inclination académique et commerciale. La poésie, si elle existe, n’a pas besoin du vulgaire ni du pensum. Pas plus que de l’entre-deux-eaux. La joie c’est tout le pavé du corps/ lancé dans la vitrine de la vie/ qui retombe/ en laissant la cassure affirmée d’une étoile/ en forme d’étreinte/ qui dit je vois rouge/ et revient se poser/ sur le licol du souffle frappé de paroles/ au galop de ton ombre. Nuance.
Patrick Cintas.
Cahier Nº15 - Ratimir Pavlovic
Masahiko Doh - Montagnes au matin.
La poésie de Ratimir Pavlovic est saisissante. Sa pensée rayonnante. C’est de ce saisissement et de cette clarté communicative que naît une littérature « religieuse », non pas sans Dieu, mais en dépit de ce qu’il représente, qu’on y croit ou pas.
Cette littérature contient dans deux livres majeurs que je tiens toujours à portée de main : La Pensée créative et scientifique contemporaine, paru chez Mélis, constitué essentiellement d’entretiens avec des prix Nobel et des académiciens, et Des aventures du fleuve ne restent que des cailloux (collection Nouvel art du français), recueil de poèmes ou plus véritablement livre de poésie. Dans un Chant pour le feu, l’intuition du poète s’associe à une sensibilité de fleur de peau :
Fier de posséder toutes les orientations
le feu se dirige toujours vers le haut.
Archéologue de la verticalité
dont les nuits sont la face cachée.
****
Dans un grand parc de Kyoto
Masahiko Doh observe l’écorce d’un vieil arbre :
message palpable de son silence.
Une pareille fulguration me confirme dans ma conviction que la véritable humanité, dans son sens esthétique, est comprise entre le Japon (celui de Rikyu entre autres thés) et l’Afrique (celle des Noirs sans les contraintes absurdes de l’Islam et de la Chrétienté). Cet intervalle infini par définition se retrouve dans ces pages ciselées que le déplacement nourrit d’images toujours associées à la pensée sans jamais tomber dans la métaphore des fabulistes ni dans les phénomènes des non moins désuets chroniqueurs. Pas de rire ici, encore moins de l’ironie, mais toujours cette joie dont rien ne parle mieux que
Le soleil [qui] brûle la peau du temps
qui se montre nu
sur les plages du quotidien.
Jean Orizet écrit dans sa préface à la Pensée créative et scientifique contemporaine paru chez Mélis :
[...] Quand Ratimir demande à Dominique Fernandez : « Qu’est-ce que que le poète aujourd’hui ? », l’écrivain hasarde ce propos : « Il me semble que le poète est quelqu’un qui voit le Monde d’un oeil neuf ». Comment ne pas être d’accord avec une telle proposition ?
Pour autant, gardons-nous de toute autosatisfaction. Les poètes ne sont pas les seuls à voir le Monde d’un oeil neuf. Les hommes de science, eux aussi, ont une vision aiguë et novatrice de l’Univers sous toutes ses facettes, tout en intégrant à leur réflexion des éléments qui relèvent de la philosophie, de la morale, de l’éthique et de la poésie. Là est le coeur de la recherche que mène Ratimir Pavlovic depuis un quart de siècle, avec cette notion de pensée créative et scientifique.
Mais ne nous y trompons pas : il s’agit moins d’épistémologie — même si une réflexion sur la science est contenue dans la démarche en question — que d’une problématique s’appliquant à mettre en évidence les « interférences » entre l’art et la science, « où le philosophe est le miroir intérieur idéal du créatif et inversement ».
En 1985, un premier entretien entre Ratimir Pavlovic et le Professeur Jean Bernard allait donner corps à cette notion de « Pensée créative et scientifique contemporaine ». Il serait suivi, en 1987 d’un entretien avec Jean Dausset, prix Nobel de Médecine, et de beaucoup d’autres. Le mouvement était lancé. Il se poursuit.
Pour en revenir à la poésie, il est intéressant de noter que le grand hématologue qu’est Jean Bernard a toujours été passionné par elle, au point de publier un livre sur les rapports des poètes avec le sang, une « poétique du sang » pourrait-on dire. Jean Bernard s’est attaché, par exemple, à la relation de Paul Valéry avec la biologie : « J’ai repris La jeune Parque, écrit-il, et je me suis aperçu que c’est un poème totalement ensanglanté... Le sang joue un rôle énorme en poétique. »
À « l’étincelle d’immortalité » par laquelle Jankélévitch caractérise la poésie, Ratimir Pavlovic répond en évoquant cette même poésie comme « la parure la plus précieuse de l’esprit humain ». Je souscris volontiers à l’une et à l’autre de ces propositions. Qu’on me permette, pour conclure, d’en ajouter une, personnelle : en ce début du troisième Millénaire, la raison d’être de toute poésie est de retrouver la voie/voix du Monde et de la Vie. Même désespérée, la poésie reste une possible religion de rechange, moins au sens d’un sacré susceptible de relier l’âme à Dieu ou à un dieu... ou à des dieux, que par référence à une attitude intellectuelle et morale qui pourrait devenir une règle de vie aidant à l’épanouissement de la personne humaine ; en somme : un humanisme. Sachons-le : Ratimir Pavlovic est un humaniste, doublé d’un exceptionnel passeur. On le verra dans ce livre.[...]
Jean-Claude Renard écrit : [...]Le propos de Ratimir Pavlovic me paraît être de tenter sans cesse de répondre à la « question ouverte / de l’Homme » en trouvant le « Chemin / hors de lui-même : / (le) sentier des Autres. Aussi faut-il, selon lui, aller « à la recherche de la chaleur / du coeur terrestre », « effacer son nom (...) pour devancer le Chemin » et marcher « vers la forêt de l’avenir ». D’où « le désir indomptable » du poète de « lancer la ligne » grâce à laquelle, trouant le « lit de néant », il réussit à « pêcher » le microcosme dans le macrocosme et le macrocosme dans le microcosme. Le rôle de la parole poétique qui, chez Pavlovic, est également celle du philosophe, consiste ainsi – comme par un mystérieux regard pareil au langage profond du silence où « le temps n’éclaire que par son absence » – à révéler les secrets de cet « ancêtre toujours futur et présent » qu’est l’Univers. Car le Tout se masque sous ses fractions infimes et infinies sinon même sous le rien.
Il s’ensuit que les poèmes de Pavlovic ressemblent à des sortes d’instantanés photographiques dont l’immobilité recouvre énigmatiquement un mouvement permanent de traversée vers les zones les plus intimes et les plus singulières du monde et de l’humanité – et contribuent à empêcher l’Homme de se changer en « antiHomme ». Comme le lui déclarait, au cours d’une interview, le professeur Jean Bernard, il existe dans la science ainsi que dans la création artistique, outre une « extraordinaire alliance du hasard et de la raison », « une relation très étroite entre sang et poésie », due au fait qu’ il y a « des centaines de millions de combinaisons de groupes sanguins » : ce qui signifie que « chaque homme est un être différent des autres ». Ratimir Pavlovic le sait. C’est pourquoi l’on peut, semble-t-il, appliquer à son oeuvre ce qu’il a lui-même écrit de Kisling en notant que, comme celui-ci, mais avec et dans des mots, « il saisit, simultanément, par son intuition, la plénitude essentielle et existentielle des êtres et des choses : c’est-à-dire qu’il voit et pense absolument ». (Ratimir Pavlovic ou le chemin hors de lui-même)[...]
Le cahier « Pavlovic » cherchera à capter cette postulation originale qui a convaincu bon nombre d’excellents esprits que Ratimir Pavlovic est un grand poète digne de notre confiance.
Allez acquérir ses deux livres et revenez avec vos belles et pertinentes propositions pour constituer et enrichir ce quinzième Cahier de la RAL,M.
Patrick Cintas.
Cahier Nº16 - Femina
Valérie Constantin - Une des illustrations de "première nudité" de Marta Cywinska.
Femina, un cahier au féminin, espace de réflexion sur la création au féminin.
Ce projet s’adresse à des femmes plasticiennes, écrivaines, musiciennes, etc., des femmes qui veulent montrer leur création et qui veulent en parler.
Montrer son travail, le dire et échanger avec les autres participantes sont le crédo de cette aventure.
Très souvent l’art au féminin est taxé de féministe. Pourquoi ou pourquoi pas ? Chacune pourra apporter sa réponse.
Que votre discours soit philosophique, existentialiste, esthétique, psychanalytique, etc. , que vous soyez le maître de votre art ou que vous utilisiez votre art pour survivre, que votre sujet de prédilection soit l’intime ou un regard sur le monde, - qui que vous soyez venez vous exprimer et partager.
Le but de ce Cahier est de réfléchir à l’acte créateur et à son genre si il existe.
Le Cahier nº3 : Femme(s) et Créativité se terminait avec le texte de Daniela Hurezanu : Que veut dire créer ?
Le Cahier Femina va tenter d’apporter des réponses, les réponses des actrices de la création.
Cahier Nº 17 - Mallarmé
Serge Meitinger, Nacer Khelouz, Pascal Leray, Gilbert Bourson, Patrick Cintas sont déjà sur la brèche. Et vous ?
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et trois revues en papier.
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Le Portail du Chasseur abstrait a commencé il y a plus de dix ans avec les sites de ses créateurs :
Valérie Constantin & Patrick Cintas ont été rejoints il y a peu par Pascal Leray qui entretient un blog richissime que nous vous proposons de découvrir. Vous pouvez y participer librement.
À noter que les auteurs publiés par Le chasseur abstrait peuvent disposer de notre hébergement pour installer leurs sites officiels s'ils le désirent.
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Dans tous ces livres, la caractéristique commune est le rejet de l´illustration, au sens traditionnel du mot, c´est à dire une illustration servile et littérale, qui a pour fonction principale celle d´adapter l´écrit au lecteur.
Ici, l´illustration est parallèle au texte. Le texte et l´image vont de pair. Ils sont associés de telle manière que l´on ne lit pas l´un sans regarder l´autre. C´est leur globalité qui s´offre au regard du lecteur.
C´est ce que je cherche quand je mets en image un écrit.
Lorsque une lecture m´émeut, me bouleverse, m´ensorcèle, j´ai besoin de la traduire, de l´écrire avec les mots qui sont les miens : la ligne, le point, la couleur.
Cette rencontre avec un autre artiste va générer toute une angoisse liée à la création même : les tâtonnements, les inquiétudes, les détours, les directions, les découvertes. Jusqu´à trouver les matières, les rythmes, les couleurs, la composition. Jusqu´au moment où ça y est, c´est ça... où l´objet-texte est devenu l´objet-œuvre... où l´image dit ce que le texte suggère... où l´osmose est créée... où le texte illustré peut être proposé à l´écrivain, au poète. Alors une autre histoire commence...
Ce que je recherche dans ma démarche de peintre illustrant (au bon sens du terme), c´est que mes images rendent l´œuvre nécessaire.
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La princesse néantiste me fait de grands signes, m’invitant à l’écouter. Je me prends avec elle à imaginer une femme (elle lui ressemble assez, d’ailleurs) qui se tord de douleur sur un banc, à un rond-point, le journal de la veille sur les genoux. « Comment se peut-il qu’une fraction de l’univers, si infime soit-elle, puisse rester dans l’ignorance de telle autre, pour éloignées qu’elles paraissent ? » Car l’univers est un, un comme la vérité est une, n’est-ce pas ? La princesse rit de sa voisine, qu’elle appelle Aine, je crois. Or, le journal relate ce jour-là un fait dont elle a été le témoin quelques jours auparavant. Un accident dont il lui était assez pénible de se souvenir. Mais la réalité de l’article et celle de la photographie ne correspondent en rien à ce qu’elle a vu elle-même. Le jour et l’heure ne sont pas les mêmes, d’autres détails divergent. « L’accident relaté dans le journal ne doit pas être le même que celui dont j’ai été le témoin », se dit-elle. La princesse nous mime majestueusement les attitudes embarrassées de sa voisine, nous nous tordons de rire ! Mais l’accident relaté dans le journal ne peut pas être un autre que celui auquel elle a assisté. Alors, elle lit l’article en boucle, tout en cherchant à se rappeler ce qu’elle a vu. Chaque détail qui lui revient en mémoire, elle le soumet à une critique rigoureuse, puis cherche de cet élément une trace dans l’article pour comparer les deux versions.
L'oeuvre de Pascal Leray a fait l'objet d'un "numéro spécial". On y trouvera sa participation évolutive à la RAL,M et le catalogue de ses oeuvres publiées par Le chasseur abstrait :
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L'idée d'enfermer le monde dans un bocal pour que les autres puissent le contempler à travers les imperfections de transparences héritées de choses aussi bornées que la langue, la littérature, est sans doute la première qui vient à l'esprit quand le moment est si mal choisi d'annoncer qu'on a décidé de devenir écrivain. Annonce faite à soi-même d'abord, rarement avec autant de sincérité auprès des autres, leur farouche opposition est un avertissement. L'effort d'abstraction venait de cette lutte où l'allégorie servait de prétexte à l'analyse qui détectait en vous une ironie prometteuse de conflits sinon insurmontables du moins destructeurs et par conséquent mesurables. Que de temps passé encore à appliquer des lois apodictiques aux gouttes de sang versées dans ces inutiles mais inévitables conversations de tous les jours! Le prix fut exposé sur la porte de votre chambre. Vous n'entriez plus dans les lieux de votre chance sans calculer la croissance phénoménale de cette nouvelle existence. Il s'agissait bien de raconter une histoire qui ne fût pas seulement la vôtre.
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Le philosophe n'est point enthousiaste, et il ne s'érige point en prophète, il ne se dit point inspiré des dieux; ainsi je ne mettrai au rang des philosophes, ni l'ancien Zoroastre, ni Hermès, ni l'ancien Orphée, ni aucun de ces législateurs dont se vantaient les nations de la Chaldée, de la Perse, de la Syrie, de l'Égypte et de la Grèce. Ceux qui se dirent enfants des dieux étaient les pères de l'imposture; et s'ils se servirent du mensonge pour enseigner des vérités, ils étaient indignes de les enseigner; ils n'étaient pas philosophes: ils étaient tout au plus de très prudents menteurs.[...]
Distinguons dans tout auteur l'homme et ses ouvrages. Racine écrit comme Virgile, mais il devient janséniste par faiblesse, et il meurt de chagrin par une faiblesse non moins grande, parce qu'un autre homme, en passant dans une galerie, ne l'a pas regardé: j'en suis fâché, mais le rôle de Phèdre n'en est pas moins admirable.[...]
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