à nos amis Haïtiens.
À peine publié son livre chez Le chasseur abstrait, Jean-Michel Guyot organise finement sa communication : un espace d'auteur sur la RAL,M et une occupation intelligente de Textes & Prétextes.
En effet, il ne suffit pas d'avoir un ouvrage publié par Le chasseur abstrait. Il faut aussi être un auteur conscient que l'édition n'est pas seulement une affaire d'éditeur et de "chaîne du livre".
Le chasseur abstrait est sans doute le seul éditeur français à proposer un véritable site Internet au service d'abord de ses auteurs et de quelques centaines d'autres qui y publient régulièrement au rythme de leurs recherches et de leurs trouvailles.
Il n'y a pas d'édition sans cette collaboration. Et nous n'avons pas ménagé nos efforts ni nos investissements pour créer cette RAL,M qui est un authentique centre de créativité et de critique.
Jean-Michel Guyot
Nouvel espace d'auteur

Mettre de l’ordre dans mes idées, j’y travaille constamment, en écrivant… Mais mettre de l’ordre dans mes écrits, c’est une autre histoire, que je n’écrirai pas, celle-là !
La nature de mes textes est assez incertaine. Essais, poèmes en prose, récits, romans ?
Dans mes productions, seul le roman peut-être à mon sens clairement identifié : Le sang des femmes écrit avec Françoise Rodary, paru en juillet 2008 aux éditions Aréopage.
Expérience singulière et franchement jubilatoire : je me concertais avec Françoise, et nous partagions et discutions le fruit de nos recherches historiques, préalables indispensables à l’élaboration d’une fiction dont le double cadre historique - le monde rural de notre Haut Doubs natal à la fin du dix-neuvième siècle et la pratique des sages-femmes libérales de cette époque - exigeait une précision d’horloger… comtois !
En 2008, notre roman a été couronné par le prix littéraire qui lui convenait le mieux : le prix Pergaud.
J’ai toujours été amusé par les auteurs qui font rimer écriture avec torture.
Espace de Jean-Michel Guyot [...]
Jean-Michel GUYOT publie chez Le chasseur abstrait "À voix presque nue" précédé de "Un cri dans la nuit", récit - collection L'imaginable.
T & P Nº 58.
la version "papier" du sommaire.
Format 20x25 cm - 154 pages.
avec 16 illustrations couleur pleine page de Ghislaine Valadou présentées par Gilbert Bourson.
Dos carré collé.
avec Josaphat-Robert Large - Cecilia Ambu - Benoît Pivert - Bernard Deglet - Gilbert Bourson - Carmén Váscones - Cécile Commergnat - Christiane Prioult - Daniel de Culla - Daniel Villermet - Paul Aimé Ekoumbamaka - Elkotfi Abd Elkabir - Éric Bertomeu - Fednel Alexandre - Fernando Ruiz Granados - Jean-Paul Gavard-Perret - Jean-Michel Guyot - Françoise Huppertz - Jalel El Gharbi - Jean-Michel Bollinger - Kacem Loubay - Saint-John Kauss - Liliana Celiz - Parviz Abolgassemi - El Hadji Malick Ndiaye - Serge Meitinger - Victor Montoya - Pablo Poblète - Patricia Scholtes - Rolande Scharf - Stéphane Prat - Thomas Vinau - Ulises Varsovia - Patrick Cintas - Francisco Azuela - Ghislaine Valadou.
Prix : 15 euros.
Port inclus en France métropolitaine.
Ailleurs, nous consulter.
Joindre chèque à la commande
Le chasseur abstrait
Textes & Prétextes
12 rue du docteur Jean Sérié
09270 Mazères
AVEZ-VOUS ACQUIS LE Nº 55 ? ICI
Et il en sera ainsi chaque trimestre (janvier, avril, juillet, octobre)
Proposez vos textes avant la fin du mois précédent.
Les textes et images publiés dans T&P pourront être mis en ligne à la demande de l’auteur (bon pour Google, par exemple). Pour la musique et autres enregistrements, un CD ou un DVD pourra être joint à la revue.
Prix du Chasseur abstrait
Les résultats seront annoncés
le 15 février 2010
*RAL,Mag nº 4 à paraître en février* avec, entre autres merveilles, la version sonore des Noces d'Hérodiade de Gilbert Bourson.
Un extrait de la conduite a été publié dans le RAL,Mag 2-3 La version complète sera présentée au Salon du livre de Paris dans notre collection NOIR. Extraits aussi des livres d'artiste de Pascal Leray, Valérie Constantin et Patrick Cintas.
125 pages couleur + DVD.
Le Portail en 10 clics:
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Édito
Patrick Cintas
Proposez votre édito à la rédaction.
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- Camus
— J’aurais aimé la France si le mur de la rue du Commerce, [1]
À Hendaye, n’avait pas été aussi haut. Les balles ricochaient
Dans la pierre grise et mes mains saignaient. Je n’avais plus
Honte. Ils m’ont remis à la Garde civile sous le regard
Triste des cheminots qui avaient l’air d’Allemands
Ou de Polonais. L’un d’eux m’a appelé « Loup »
Et je suis resté ce loup qu’on ramène au bercail pour
Montrer à quel point le bonheur allemand est nécessaire
Au destin de l’Espagne. — Nous aurons un jour droit au
Bonheur européen, tu verras. En attendant, voici la bête.
Fornique jusqu’à fonder le premier troupeau. Tu seras
Riche le jour où la démocratie proposera les mânes
Communautaires. Tu seras « Axuria », l’agneau fidèle
Des montagnes dont tu as hérité à la place de mes terrains
Prometteurs. Axuria ! Si aucune fille n’emporte ta raison
Sérieusement ébranlée par les balles et la trace d’urine
Sur le mur, tu seras un jour mon homme et je t’aimerai
Comme une femme, moi la femme et toi l’homme, nous
Aux extrêmes de cette existence qui n’est que la rencontre
De l’Arabe et du Barbare.
Lire la suite [...]
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News
Jamais à court d'évènements.
Cette section peut évoluer dans le courant du mois. Elle est réservée aux news des auteurs du Chasseur abstrait. Pour les autres, utilisez notre outil gratuit "Communiqués de Presse". Nous avons récemment ajouté une rubrique "À l'affiche" pour exprimer nos joies.
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Le point sur le...
Salon du livre de Paris 2010
avec le CRL Midi-Pyrénées
Ce sera la troisième participation du Chasseur abstrait à ce Salon alimenté plus par les polémiques que par une véritable politique du livre. Mais bon…
En 2008, nous avions présenté un choix d’auteurs.
En 2009, nous nous sommes concentrés, avec raison, sur la publication du Cahier de la RAL,M consacré à Haïti, ses écrivains et ses artistes, créant en même temps la collection « LettresTerres » que le jury du Prix Carbet a bien voulu retenir, pour sa sélection, en la personne de l’excellent James Noël et en celle du non moins étonnant Paul Harry Laurent.
En 2010, nous lancerons une nouvelle collection et, vu le nombre d’auteurs à présenter (une trentaine), nous organiserons des signatures.
Les signatures :
Le CRL Midi-Pyrénées ne prévoit pas, sur son stand, un espace consacré à cette pratique. C’est que ce n’est pas si facile. Les auteurs du Chasseur abstrait qui souhaiteront signer le feront sur la table que le CRL nous allouera. Il faut donc s’organiser, et ce, dès le 15 janvier prochain date limite.
La collection NOIR :

En 2008, le CRL a organisé pour ses adhérents une rencontre dont nous avons ici même fait le rapport circonstancié. Elle portait sur le livre d’artiste.
Éric Watier, entre autres praticiens, était venu nous expliquer que le livre d’artiste est un livre d’artiste et non pas un livre d’écrivain illustré par un artiste. De plus, le livre d’artiste n’est pas un livre de luxe agrémenté de jolis effets d’encres rares et de pliures aurifères.
Il m’a semblé à l’époque que le message n’était pas passé. Et en effet, j’ai observé sur les étals de soi disants éditeurs de livres d’artiste des livres qui relèvent plutôt du livre-objet, avec des motifs franchement décoratifs, objet-bibelot ne servant à rien d’autre qu’à la manipulation extatique des doigts et du regard. Autrement dit, rien à voir avec le livre d’artistes qui a pourtant ses classiques et même ses contemporains immédiats, comme Éric Watier.
Il n’est donc pas question que Le chasseur abstrait tombe dans cette ornière de vélin et d’encre douce. Le papier qui enveloppe les bonbons est du même acabit. Un livre d’artiste doit demeurer celui de l’artiste, de son projet, de sa vision. Les strass de l’écrivain ont sans doute leurs charmes, mais ils ont l’inconvénient d’éloigner la recherche plastique comme l’insecticide met fin aux copulations aériennes qui constituent l’essentiel de nos printemps renouvelés.
Certains esprits, trop enclins aux Lettres et pas assez connaisseurs des véritables enjeux artistiques (rétiniens ou pas), empoisonnent un débat qui ne devrait d’ailleurs pas avoir lieu et qui pourtant prend toute la place. Qu’on tergiverse sur le livre où s’insèrent les graphismes est une affaire de spécialistes du livre et du texte, et non pas de plasticiens.
Mais le livre d’artiste n’est pas non plus une suite d’images plus ou moins constituées en cohérence, voire en bande dessinée. Il me semble que ce livre d’artiste, qui a près de cinquante ans d’existence, se situe au point de rencontre des arts graphiques et de la performance. Ce n’est pas un catalogue, ce n’est toujours pas une bande dessinée et ce n’est certes pas un objet de luxe (ni un pauvre d’ailleurs). On le multiplie avec les moyens de l’imprimerie, il est bon marché et sa matière ne dépasse pas le prospectus.
Ceux qui ont acquis le RAL,Mag nºs 2-3 ont pu observer les fragments choisis de trois de ces livres :
la « conduite » d’Hérodiade de Gilbert Bourson, véritable livre d’artiste au théâtre qui servit aux besoins de la représentation ;
les « miroirs » de Valérie Constantin ;
et les jeux d’illisibilité de Patrick Cintas qui rejoignent ceux, plus graphiques, de Valérie Constantin, par exemple dans Joie rouge, de Gilbert Bourson, illustrant le texte du poète, mais constituant aussi, et surtout, un livre d’artiste dans celui de l’écrivain.
Ce n’est par hasard que nous créons cette nouvelle collection. On se souvient que le CRL propose de rester fidèle à son attachement à la Chaîne du livre et à ses acteurs, de faire une place claire à la création littéraire et… de s’ouvrir aux autres arts, notamment par le biais du livre d’artiste qui est un livre comme les autres, parfaitement à sa place dans la chaîne, d’autant que, contrairement au livre-objet, qui est le contraire d’une ouverture sur les arts, il est à la fois reproductible et pas cher.
Si donc vous souhaitez participer avec nous au Salon du livre de Paris 2010 :
vous êtes déjà auteur du Chasseur abstrait et vous souhaitez signer ; il faudra se signaler avant le 15 janvier prochain ; le Salon se déroulera du 27 au 31 mars.
vous avez un livre d’artiste à publier, envoyez-nous votre projet avant le 31 janvier.
À l’occasion de ce Salon :
nous créons une collection qui n’est pas une collection de livres illustrés, quelle que soit la manière d’illustrer (pour cela, nous avons déjà la collection ada) ;
nous organisons des signatures dont il faudra sans doute accepter le calendrier précis qui figurera sur le catalogue officiel du Salon et dans les pages de son site Internet.
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À L’AFFICHE


- Programme
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>> Infos <<
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Revue TRAVERSÉES nº 59 - Spécial nouvelles nº 4.

Voir notre article de présentation ici.
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- Fès Jazz in Riad Festival du 8 au 10 octobre 2010
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Le recueil Haiti Haïcris

- Télécharger
Ce recueil constitue la contribution des créateurs du MUP à la solidarité qui s’est développée au fil des jours et dont nous avons publié la première version virtuelle le 31 janvier 2010.
Trente écrivains et plasticiens y ont participé. Une initiative parmi bien d’autres.

- Participants
Une goutte d’eau sans doute. Mais une goutte d’eau nécessaire pour exprimer notre solidarité au peuple haïtien.
Ceux qui ont répondu à notre appel on fait usage de la seule arme dont nous disposons, qui est la parole vivante.
Nous remercions les éditions du « Chasseur abstrait » d’avoir permis que ce recueil soit repris dans le cadre de la RAL,M.
Pour tout renseignement complémentaire sur la vie ultérieure de ce recueil, participation à des rencontres, souhaits de participation aux activités du MUP : http://www.jean-foucault.fr
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- POINT BARRE Nº 8

- Communiqué
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lettre des îles numéro 29 avril 2010
SOMMAIRE
- Port-au-Prince, 12 janvier 2010
- Henri Queffélec écrivain breton
- mise à jour de la bibliothèque insulaire : 2511 notices bibliographiques, liens vers toutes les pages créées entre le 30 décembre 2009 et le 12 avril 2010.
lettre des îles 29, avril 2010
http://jacbayle.perso.neu f.fr/livres/lettres_ iles_11.html
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Prix Max-Jacob 2009

Le Prix Max-Jacob 2009 vient d’être attribué à La cendre des jours de Bernard Mazo. Rappelons que ce recueil enrichi de lavis d’Hamid Tibouchi est paru chez Voix d’encre au printemps 2009.
Bernard Mazo est né à Paris en 1939. Parmi ses derniers recueils, La Vie foudroyée (le Dé bleu, 1999) ; Cette absence infinie (le Dé bleu, 2004) et un essai Sur les sentiers de la poésie (Melis Editions, 2008). Il figure dans de nombreuses anthologies. Pour Jean Orizet, il est un poète qui « élève sa désespérance à la hauteur d’une morale avec du Cioran chez lui ». Alain Bosquet, en 1984, dans le journal Le Monde : « Lapidaire parmi les lapidaires, il arrive à une densité lumineuse que peuvent lui envier bien des poètes célèbres ». Monique Petillon écrit dans Le Monde des livres, à propos de La Vie foudroyée : « Voici une poésie magnifique que traverse une lucidité lumineuse, une tension constante entre parole et mutisme ». Par ailleurs, critique et essayiste, il a codirigé pendant près de dix ans le mensuel de poésie Aujourd’hui poème. Il est Secrétaire général du Prix Apollinaire et membre de l’Académie Mallarmé.
Ton visage
La simplicité douloureuse
De ton visage
Sa douceur préservée
Comment décrire ce miracle ?
Ton visage entre mes mains qui tremblent
Et par ce simple frôlement
Toute la chaleur du monde ressuscitée
Ton visage comme une mouette sur la mer
Mais comment dire cela ?
Informations chez Voix d’encre
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- Cliquez pour lire la brochure
DjangodOr France 2009
Lauréats des Trophées internationaux du jazz

- DjangodOr - Palmarès 2009
Consulter les news sur djangodor.ral-m.com
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http://www.incertainregar d.fr
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Chroniques
Évitons le dithyrambe propre aux Bosse-de-Page et chroniquons ce qui mérite de l'être.
Proposez vos chroniques à la rédaction. Livres. Expositions. Concerts.
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Quelques chroniques dans les jours qui viennent à propos de Jean Orizet, Bernard Mazo, Gaston Massat, etc.
Lire la suite [...]
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L'éditeur
Seul lien LITTÉRAIRE entre l'auteur et le libraire.
Les nouveautés du Chasseur abstrait et autres considérations.
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Le Chasseur abstrait est une maison d'édition déclarée au RCS comme eurl au capital de 2000 euros. Son gérant est. La directrice de la fabrication .
Voici 4 pages qui décrivent sans ambiguïté cette maison :
Nouveautés
Parutions du mois de novembre:

La poésie d´Hanétha réveille en nous cette ardeur que nous avons perdue. Elle nous dit le monde dans une langue recomposée, modelée, bigarrée, réinventée, contestée, chamaillée et, somme toute, proche de ce qui nous manque aujourd´hui : la Parole tentaculaire. Un livre qui nous parlera longtemps. Parce qu´il s´agit d´une parole-projectile, celle d´Hanétha Vété-Congolo. - Alain Mabanckou.
Mot et Parole, voilà les termes clés qui président au geste générateur par lequel Hanétha obéit à l´impératif d´établir le lien qui l´installe dans le monde, qui lui permet de le saisir, de l´appréhender, de le nommer. Pour elle, le mot n´est pas seulement une suite de sons ayant un sens, mais il revêt une dimension fondamentalement « matricielle » où nous nous aventurons à découvrir une sorte d´identi ?cation bien féminine reliée à la capacité potentielle de toute femme à engendrer. - Laura López Morales.

- Image de couverture : Pearls de Elise Ansel
Tantôt simple et familière, tantôt érudite et remplie d´allusions classiques, de ré-férences historiques, de proverbes, de chansons populaires traditionnelles, la poésie de Vété-Congolo, nourrie d´une vision intérieure, glisse sans heurts d´un registre à l´autre, et même d´une langue à l´autre. Lexique et images suivent le même modèle, passant de la nature au quotidien, du monde de tous les jours à la mythologie classique. Avec une aisance saisissante elle entremêle les langues, tissant ou plutôt, dirions-nous, « métissant » français, créole, anglais et espagnol. - Elizabeth (Betty) Wilson.

- Extrait - Avoir et Etre
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[ … ] Un cri à égorger l’aube retentit dans la nuit glacée. Max se tint coi, l’œil rivé sur le silence dé-sordonné qui s’en était suivi. La nuit frémissait, toute respiration dehors, peuplée d’êtres invisibles qui furetaient dans les décombres.
Il venait d’écrire de fort belles pages. Il était content, fatigué, exalté, et tremblant comme la lumière vacillante de sa lampe de fortune, une lampe à pétrole ra ?stolée à la hâte, quand il s’était agi d’avoir de la lumière pour écrire depuis les restrictions intervenues quelques jours après les premiers bombardements. La terre tremblait régulièrement la nuit, il entendait le siffement des bombes, l’impact sourd, lointain, mais puissant au point de faire trembler la maison, ce modeste pavillon entouré d’un jardinet hérité de ses parents. Il y avait trouvé refuge dès les premiers jours du conflit. On ne l’avait pas mobilisé. Une tuberculose insidieuse le tenait à distance. On n’avait pas voulu de lui. [ … ]

La question du vivre ensemble, la question de la communauté, la question éthique ont une importance cruciale pour moi. Ces questions sont toutes portées par la question de l’écriture : que veut dire produire du sens et comment le rendre sensible ? Entre mathème et poème, il y a place, je crois, et c’est toute l’ambition de mes essais, pour une pensée rig-oureuse et aventureuse à la fois qui ne se referme jamais sur des réponses définitives. L’amour de la vérité et la vérité de l’amour, portés par la liberté : voilà qui pourrait être le centre de mon questionnement.

- Extrait - A Voix Presque Nue
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Poète aux îles multiples - Avec Les îles en accents aigus, Anderson Dovilas nous propose par la magie de ses images, la musicalité de ses vers, une complicité avec le perpétuel dédoublement des îles qui l´habitent et qu´il habite à son tour comme par réciprocité.
Le caractère insulaire de ce recueil n´échappera pas au lecteur, poésie où chacun est une île et chaque île une autre, poésie où les îles crèvent d´amour sans accent, sans acte de sang qui circonflexe le quotidien du poète, à aiguiser à bras ouverts des phrases en liquéfaction. - Fred Edson Lafortune, auteur de « En nulle autre » - Le chasseur abstrait éditeur


- Extrait - Les îles en accent aigu
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Parutions du mois de décembre:

Je vis. Je meurs. Je meurs ! Je vis ! Que de vies ! Que de morts ! Des petites, des grandes, des lentes, des sûres… Je vis. Je meurs. Que d’envies, que d’humeurs ! Des vies, des morts rêvées… Pour trinquer, nous trinquons. Je lève le coude et le poing. Toujours les mêmes barriques, les mêmes barricades. A la Vie ! A la tienne ! A la mienne ! Quand la coupe est pleine, les débordements… La fameuse goutte ? Le vase de Soissons… Un soldat, un roi… Un vase d’argent cabossé, une caboche fendue… Une bonne soupe de clovisses ! Ta récitation ? Par cœur, m’man ! Mort, j’appelle de ta rigueur, Qui m’as ma maîtresse ravie, Et n’es pas encore assouvie Si tu ne me tiens en langueur : Onc puis n’eus force ni vigueur ; Mais que te nuisoit-elle en vie, Mort ? Deux étions et n’avions qu’un coeur ; S’il est mort, force est que dévie, Voire, ou que je vive sans vie Comme les images, par coeur, Mort ! François Villon. Dors, maintenant.
La vie sans la mort ? Je n’ose pas y songer. Ni fin ni cesse aux frais de la princesse… Je suis né avec les fers, dans les fers… On le tient par la crépine ! Je vins, je vis, je vaincs ! Je claque la porte du temple d’une vénus en cloque sans mes cliques, sans mes claques… Je décanille crâne et pieds nus. A la Mort ! A la mienne ! A la tienne ! Je suis mort avec les fers, dans les fers… On le tient par la barbichette ! Je laisse au moins offrant mon bonnet phrygien, mes grolles à bascule –attaches de corde, semelle d’olivier-, mon guenillon rapiécé par les cousettes d’un opéra buffa, ma musette en accordéon, mes lames et mon tire-bouchon branlants dans le manche, ma plume d’oie Waterman, mon masque à domino, mes bésicles d’écaille, mes carnets de vadrouille, mon bâton de pastour, mon fidèle baladeur, ma bibliothèque d’Alexandrie, quelques pastels de Rosalba, mon dictaphone, le dictamen de ma conscience… Au royaume des taupes, je n’emporte qu’un drap mûr. A la Vie et à la Mort ! Des nôtres ! Des vôtres ! Des leurs ! Tchin-tchin ! Santé ! Santé ! Jusqu’à quand, nom d’une pipe d’écume ? Mystère et boule de gomme, je te chamboule. Ni vu ni reconnu, je t’emberlificote dans des miséricordes à noeuds !


- Extrait
Page Robert Vitton
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Brelan de clefs à l’aplomb de l’occiput -, retenu en l’air par une ficelle élimée, un trousseau discord tintinnabule à l’envi. La clef solitaire, très exactement placée au long de ce crâne brutal, en lui ?même engoncé, est-elle la bonne ?
Un pan de rideau aux replis calculés voile et dévoile une colonne à demi obscurcie. Le livre des rôles est ouvert, la réplique placardée. Mais qui a jeté une faucille rouillée en travers des feuillets ?
Le vin, le vin, l’esprit a pétillé en ce cône de cristal. Choisir la savante et double rosette enserrant un clou tors ou le fondant de la rose-pompon ? Le verre est vide. Informe, insonore, sans couleur, il ne nous reste qu’un petit caillou, - scrupule.

- Bientôt chez Amazon.fr
Visitez la page de Serge Meitinger :
Page Serge Meitinger
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L’abandon et la désolation font à présent tomber sur ce village fantôme une sorte de malédiction qui contamine gravement toute l’atmosphère jusqu’à la lumière diurne. Quatorze heures à peine et on dirait que le voile nocturne tombe pesamment sur nos interrogations.De mystérieux reproches nous sont adressés par les murs décrépis de toutes ces maisons tombées en déshérence ; par les quelques bouses de vache qui se détachent de l’asphalte comme des galettes trop cuites. Le désœuvrement aidant, je me mets à caresser les rails polis par les infatigables frottements que leur font subir les roues métalliques du locataire des lieux. Contact épidermique qui fait dissoudre mes chairs dans cette innommable matière composite. Nous sommes convaincus maintenant que tout en ce territoire mythique semble nous tendre ce piège du voyageur à la croisée des chemins, celui-là qui hésite sur la direction à prendre et qui sait pertinemment qu’il ne pourrait jamais toutes les emprunter. Et quand bien même les emprunterait-il toutes, il en demeurerait toujours une qu’il lui faudrait inventer. Moi aussi, devrais-je me courber et adresser une prière aux âmes réfractaires ? Celles qui se sont désolidarisées de la chaîne humaine ? Jadis j’écoutai volontiers ma terre ancienne quand un matin elle se fut ouverte en un déchirage aussi harmonieusement exécuté que la frondaison de la main.On me fit ouvrir certaine fois cette même main pour m’y faire lire les lignes de vie.On me dit qu’elles furent inégales,frondeuses et noueuses quand elles ne prirent pas tout bonnement l’aspect de mon champ en ses nombreuses anfractuosités.Ma main fut mon champ de bataille, ma guerre première. Elle fut pleine de fourrage,de verdure ; elle se prélassa dans mes ruisseaux à l’eau fratricide. Je plaquai mon oreille et entendit un geignement, pareil à celui-là. Ma terre se fractura et se mua en autant de frontières,de rivages inabordables.Je criai mon amour qui se fit perdre, puis répéter à l’infini. Mon amour me revenait amplifié ; il partait et revenait tel un boomerang qu’on n’attendait pas de recevoir en pleine figure. Je riais à me torde. Je riais de cet amour infidèle et empli de concussion.Revenu à la source,je ne m’appartins que lorsque je fus animal, et que j’hurlais au loup au milieu de mes chèvres philosophes.

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- Extrait
Visitez la page de Nacer Khelouz :
Espace d’auteur : Side effects
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Voir ta main abattre la chaleur
me garde éveillé
et la détresse des saluts
nous changent
L´idée de l´autre et ses dégâts
excitent
notre faim de douleurs et de baisers
Je suis sans défense
un condom sec étrangle mon utilité
Dans sa bouche
le temporaire comme une incarcération de force
Nous sommes sortis des toilettes
sans rien laisser
transparaître

- Bientôt chez Amazon.fr

- Extrait
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Parutions du mois de janvier:

Né à Pavillons sous Bois (Seine-saint-Denis), Pascal Leray développe un « programme » poétique autour d’un mot, le signifiant « série ». Au sérialisme de Darmstadt, il tente de répondre par des « structures sérielles dérivées » et par une « histoire sérielle du signifiant série ».
Tant que l’oeuvre de Pascal Leray demeurait inédite à cause d’un monde éditorial voué au commerce et à ses usages, on ne pouvait guère en mesurer l’ampleur qu’en se rendant sur l’Internet pour explorer les "forums" où cet excellent écrivain allait jusqu’à manger de l’homme. Puis il se mit à développer dans la RAL,M une activité créatrice originale et d’une exceptionnelle maîtrise. Depuis peu, Le chasseur abstrait a entrepris de publier ces livres tous hors du commun et surtout capables d’explorer le langage sous toutes ses formes : roman, poésie, théâtre, musique, chant, peinture, critique, etc. Un pareil effort sur le Monde est autre chose qu’une simple palette. C’est une oeuvre. Et comme cet homme sait jouer de son visage et de son rire, ces textes proposent une sérieuse physionomie de la littérature avec des échappées d’un humour parfaitement ravigotant.
PASCAL LERAY


- Extrait
Le sens des réalités est un bien précieux qu’il faut savoir garder en toute occasion. Je connais des gens de di ?érents milieux qui l’ont perdu récemment. Et pas des gens fragiles ! Des gens respectables, en pleine possession de leurs moyens. Sans doute ces gens pensaient-ils exercer un contrôle infaillible sur chaque parcelle de leurs esprits. Ce temps est fini – pour eux en tout cas. Ils ne savent plus même l’heure qu’il est, le temps qu’il fait : l’esprit constamment orageux, la pensée ne fait que bégayer. Ils ne parviennent plus à articuler les termes d’une réalité constante, persistante, durable et cohérente, leur rêve d’autrefois. Parfois, je me dis que tout pourrait peut-être s’arranger avec le temps mais l’exode de la raison se poursuit. La perte de la raison est un voyage qui se prolonge indéfiniment et qui amène sa clientèle abusée en divers points qui se ressemblent tous sans se rejoindre de façon convenable. Personne ne les rejoindra, ce qui me rend triste.
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- Extrait
L’interrogatoire est minutieux, méticuleux. Il draine une énergie invraisemblable. À des moments, le meurtrier ne s’entend plus répon-dre. Il prononce des mots réflexes aux questions des policiers qui ne comprennent pas grand-chose à ses réponses. Il ne sait pas combien de jours il a déjà passé dans cet hôtel mais, dit-il, il y a eu « plusieurs nuits par jour » et il essaie peut-être d’expliquer ces nuits multiples à son auditoire mais les deux hommes de loi ne comprennent rien à rien et agitent les bras régulièrement, quand ils entendent des paroles aber-rantes et suspectes. Le meurtrier s’égare dans le détail des nuits liquides, sinon des pluies de nuit, de ces autres qu’on dit pulvérines, qui peuvent causer des asphyxies momentanées et des décharges d’hallucinations, sans même parler des nuits acides, corrosives pour la peau. « Est-ce là la raison de cette altération constante mais irrégulière de votre visage ? »
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- Extrait
C’est dans des pyramides urbaines et dans des cinémas an-tiques qu’on a éprouvé les premiers syndromes de mort. Je hurlais au-dehors de toute lumière à cette heure et j’avais presque perdu le sens des réalités. Je me disais : « Dévaste, dévaste – et tout ira mieux ». Le huitième cercle de l’enfer m’ouvrait les bras. […] Ce n’était que le prélude à d’autres catastrophes : j’avais un cou curieux qui me rendait furieux et fou, j’étais partagé entre le cholère et la colère, je devais encore prendre un train pour Iglotoir ! Train qui est devenu mon o ?ertoire. J’entrais dans le treizième hiver du tableau qui m’avait frappé, bouleversé, Avec l’arc noir. Ses images n’en finissaient pas de muter, esquissaient des bestiaires et des pastorales obscènes. Un calibrage complet de ma machine mentale me semblait nécessaire. Je prenais des notes mais elles n’avanceraient en rien. Un carnet aphasique, au final, résulterait de ces essais institués à la lumière de l’abat-jour. Une tonne de nuit s’est abattue sur moi.
Chronique de Charles Hectorne
Page Pascal Leray
Et téléchargez gratuitement UNE SÉRIOGRAPHIE.
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Comme les kangourous, mère possède une poche. Tu y logerais
le bocal à poissons et donnerais un coup de pied pour la crever.
L’eau sortirait avec le sang.
Elle te serre sur son ventre, le petit ange te voit.
Tu sais que l’ange a vu.
À cause du soleil, on a tiré les volets. Sur la table, une poule rôtie.
Couronne de riz. Tu vois les deux places vides.
Grand-mère t’apporte une boîte de cubes. Un garçon en habit
bleu joue au cerceau. De l’autre côté, une fille en robe rouge
saute à la corde. Et les arbres ont la même couleur.
Le vin a une couleur sombre. Tu en remplis ton verre.
Pâle lumière, parle une voix. On cherche à te vendre.
La terre imite une toupie. Au fond d’un puits, tu tombes.
MARIE SAGAIE-DOUVE À distance.


- Extrait
Espace de Marie Sagaie-Douve
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une autre nuit
étendu maladroitement sur mon lit
en lisant à haute voix Bukowski Adonis ou Khayyam
de ma fenêtre la poussière tisseuse assidue habillait( les feuilles blanches éparpillées les mots mornes
les émotions fiévreuses devant l’effigie décadente du cimetière
les boîtes de bière qui servent
j’imagine encore le cœur innocent
de cendrier pour les moribonds
les cigarettes fumées seulement à moitié
qui brûlent encore pendantes aux lèvres des pendus
sous le regard attendri des araignées)
de poésie
étendu sur mon lit le tumulte des idées noires
qui chaque soir
avec une tendresse piégée
me tient malicieusement en vie
narguant le dédain des femmes
en lançant à leurs cœurs des mots de feu
à ma façon j’aime secrètement à la folie
et je déteste verbalement toujours à ma façon
solitaire
lire à haute voix Bukowski Darwish ou Khayyam
SAID ESSANI - NOUVEAUTÉ Les émotions impures.


- Extrait
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À paraître en février:

« Pourquoi des vers ? » Pourquoi des mots. Affutés comme des armes, précis comme des engrenages, surprenants comme des révélations.
Parce que, inexplicablement, l’homme est le roi de son destin, de ses hantises et même de ses fugitifs bonheurs, pourvu que les mots en les transfigurant les rendent supportables, en les faisant passer vers cet autre mode de sentir et de plonger dans l’être que, faute de mieux, l’on nomme poésie. Ce que disait Edmond Rostand à propos du soleil, on peut le dire à propos de la poésie, « sans qui les choses ne seraient que ce qu’elles sont ». Les mots, ces fleurs de l’esprit, peuvent pousser même de la boue du quotidien et en faire une musique.
Et parce que, en nos temps d’incertitude, la rigueur est plus que jamais l’étincelle qui peut faire jaillir de l’indicible l’illumination poétique, certains ressentent le besoin des contraintes de forme qui obligent à plonger toujours plus profond dans le sens. Tel ce naufragé qui lime, qui rime son évasion, qui « passe en passager, comme la brise sur les blés », à travers le monde ambigu et son destin d’homme, semant ses mots comme des fleurs, pour faire de ses souvenirs et de ses instants de grâce ou d’horreur ces moments purs où s’arrête le temps, le temps d’un poème et de son intemporelle irradiation à travers les racines de l’être.
Comme le dit de lui Laurent Terzieff, « chaque poème est un vertige maîtrisé par le pouvoir des mots. Monsieur Leroux est un vrai poète à la recherche de quelque chose d’innomé, de quelque chose d’incommunicable, mais que l’on arrive à communiquer quelque fois par le filtre de la poésie, et qui n’est pas réductible à la rationalité. »
Entrons dans ce « pays d’oubli » où le mot dévoile et délivre.
Pascale Bourgain professeur à l’École des Chartes spécialiste en poésie médiévale
TRISTAN LEROUX Chant de la lime sur les barreaux.


- Extrait
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Mardi soir.
Seule. Encore un soir dans une chambre d’hôtel à penser à toi. Toi qui m’a accompagné toute la journée alors que notre guide nous faisait visiter la ville pour les repérages de demain. Toi que j’imaginais me sourire au détour d’une rue. Toi que je reconnaissais parfois dans la foule. Je suis si heureuse de faire ce reportage, d’incruster sur pellicule ces traces de toi que je suis seule à deviner. Toi que je voudrais encore sentir blotti contre moi. Abandonné, tout à moi. Ce soir, c’est moi qui me sens abandonnée, seule, désespérément seule. Avec cette absence au creux de mon ventre qui me poignarde et m’empêche de trouver le repos. Je ne peux pas dormir. Je vais prendre un cachet. Ou plutôt deux car un seul ne me fait plus d’effet. Je vais fermer les yeux et penser à nous. Si fort que tu vas me rejoindre, t’étendre à mes côtés, rapprocher tes lèvres de mon oreille, tendrement de ton index dégager les cheveux qui la couvrent et me murmurer nos moments heureux.
DIDIER DAGUE Rêves de femmes


- Extrait
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Il y a aussi, dans le quartier de Lecoutrac où se trouve l’épicerie, deux mamies qui y habitent. Ce sont réellement des personnages. A tel point que je leur ai dit : " Vous mériteriez d’avoir chacune votre statue. " Elles m’ont répondu, malicieuses : " Oui, pour servir d’exemple aux générations futures ! "
J’ai tout de suite pensé à une statue dans le style de celle d’Asnières. Tu te rappelles ? Tu tenais absolument à ce qu’on allât vois là-bas une pièce de théâtre ; c’était une création à partir des lettres de Tchékov (et tu as bien eu raison d’insister pour qu’on la vît, j’en garde un très bon souvenir). En sortant de la salle on avait vu une sculpture étonnante, très juste dans ce qu’elle voulait représenter. Il s’agissait de de-Gaulle et de Malraux ; ce dernier expliquant quelque chose au Général. Malgré nous, on avait tendu l’oreille pour essayer de comprendre… La statue des mamies serait dans ce réalisme-là. Il faudrait l’ériger à côté du magasin, après la petite rue qui descend, en face du cinéma. C’est là qu’il y a le "Café Central" dont je t’ai déjà parlé (M. Houmidoubar). Il y a une terrasse très étalée, et très fréquentée aux beaux jours. Nos mamies y sont constamment dès que le soleil paraît. Elles n’y vont pas pour boire, non, plûtot pour discuter, mater, faire les commères : parler d’untel en bien (ce qui est rare), le plus souvent dire du mal de l’autre, pester contre la jeunesse, dénigrer la modernité, mépriser tout ce qui bouge trop vite, trop fort, trop haut, et trop souvent. L’une de ces mamies est surnommée Mamie-Néné. Rien à voir avec des lolos en bonne et due forme : c’est un raccourci familer de son nom de famille. Bref, c’est elle que je préfère. Elle est assez marrante. Elle se promène toujours avec ses chiens. Deux petits chiens. Caniches or something like that. Ils font pour ainsi dire partie du personnage. C’est une extention de personnalité. Les enfants jouent avec. Parfois ils grognent, mais ils ne sont pas méchants. C’est juste pour s’amuser à faire peur. Alors Mamie-Néné les rabroue en gascon : " N’es pas braï, milo dious ! Qué soun pecs aquelos cans, ou qué ? "
ABEL BOURGUET Rien du tout gascon


- Extrait
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Publier chez Le chasseur abstrait ?
Que publions-nous ?
Des écrivains, pourvu que, dans le « créneau » où ils ont choisi de s’exprimer, ils excellent : de la chanson à la poésie la plus difficile d’accès, du roman traditionnel aux compositions complexes de la modernité, de la réflexion pragmatique aux pensées les plus aventureuses - nous n’avons de limites que le talent et l’honnêteté intellectuelle.
Des artistes de tous poils, impressionnistes ou conceptuels, - des musiciens dans la tonalité ou ailleurs...
Nous ne perdons jamais de vue que nous sommes d’abord des internautes et que la création commence pour nous dans le cyberespace. C’est notre manière d’être modernes et d’éviter les conséquences désastreuses des pratiques éditoriales abusivement centrées sur le commerce à tout prix.
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Nos critères de choix
Nous ne publions pas à compte d’auteur ni à tour de bras.
Inutile donc de nous proposer des « affaires en or »
ni de perdre patience.
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Vous écrivez, ce qui ne vous distingue que d’un tiers des français,
vous souhaitez publier vos livres,
vous vous trouvez donc dans une de ces trois situations :
1- Vous développez une œuvre littéraire.
Le chasseur abstrait peut devenir votre éditeur.
Vous participez activement au site. Vos livres s’organisent, au fil d’un travail soigné, en un ensemble qui montre l’oeuvre et que Le chasseur abstrait peut donc présenter aux institutions susceptibles de vous aider à continuer ainsi qu’aux libraires spécialisés.
On aura compris que cette activité éditoriale limitée à quelques auteurs constitue le fleuron de la maison. Nous profitons pleinement de cette espèce de caution. Par ses exigences et son aventure, elle nous rapproche des institutions et des libraires dont nous avons besoin pour affirmer notre raison d’être.
Vous signez un contrat d’édition dont voici le modèle :

2- Vous souhaitez publier à compte d’auteur ou en autoédition.
Le chasseur abstrait n’est pas fait pour vous. Pour éviter de vous prendre les doigts dans un compte d’auteur, vous avez intérêt à vous adresser aux spécialistes de l’autoédition : Le manuscrit, Publibook, Edilivres, InLibroVeritas, Lulu, etc. L’intervention de ces éditeurs se limite en général à la mise en page, la correction, la couverture (ce qui est déjà beaucoup), mais ils peuvent aussi vous proposer une diffusion, voire une distribution. Leurs prestations sont à la carte. C’est à vous de jouer alors sur le terrain. Si vous avez une âme d’entrepreneur, n’hésitez pas. Recherchez d’abord les conseils éclairés des auteurs qui réussissent dans ce domaine difficile. Mais surtout, ne vous endormez pas sur vos lauriers : il pourrait vous en coûter cher. Notons que cette « formule » se développe heureusement au détriment des éditions à compte d’auteur qui relèvent presque toujours de l’arnaque. Pour qu’il y ait édition, il faut un travail éditorial. Ce travail ne peut être assumé que par vous-même (autoédition) ou par un éditeur (contrat d’édition) qui s’engage clairement à respecter les règles de sa profession (voir ci-dessous).
3- Vous recherchez un contrat à compte d’éditeur.
Ce qui est parfaitement légitime… Mais votre manuscrit ne nous paraît pas pouvoir apporter du nouveau dans notre « écurie ». Dans ce cas, nous vous proposons un contrat d’édition qui diffère du premier sur deux points :
- la cession est limitée afin de vous permettre de rompre le contrat en cas de proposition plus intéressante pour vous ;
- nous vous demandons d’acheter 30 ou 40 exemplaires ; nous nous chargeons évidemment du travail de correction, de la maquette, de l’impression, de la diffusion, de la distribution dans les mêmes conditions que le contrat ci-dessus.
Avantages :
- Vous vous épargnez le dur travail du terrain. Beaucoup d’auteurs reviennent de l’aventure autoéditoriale avec les stigmates de l’échec : économies fondues, stress du vendeur qui ne vend pas, etc.
- Vous avez vite fait d’amortir votre investissement (autour de 600 euros) en vendant vous-même les quelques exemplaires que vous avez achetés.
Dans les deux cas, Le chasseur abstrait agit dans le respect des règles de la profession d’éditeur. Nous ne travaillons pas depuis des années, Valérie Constantin et moi-même, pour céder à la tentation du « matelas » qui consiste à faire payer les uns pour publier les autres. Si l’auteur s’engage dès le premier écrit dans un marché qui ne le publie pas et en profite pour lui casser sa tirelire, l’éditeur de création n’en est pas moins sujet à occasion de déposer le bilan.
D’où nos principes fondamentaux :
- L’auteur confirmé signe un contrat d’édition sans avoir à payer quoi que ce soit. Le chasseur abstrait est entièrement responsable de l’édition de ses livres et bénéficie d’une cession illimitée des droits.
- L’auteur moins confirmé (à nos yeux) signe le même contrat d’édition avec une petite différence : il achète quelques exemplaires, consentant ainsi à soulager sensiblement la responsabilité du Chasseur abstrait qui renonce à la cession illimitée des droits.
- Les autres peuvent consulter les prestations de service des imprimeurs, publieurs à compte d’auteur et prestataires de l’autoédition. Inutile de nous proposer des manuscrits dans ce cas.
Voilà qui est clair.
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Nos conseils :
- Vous êtes un auteur confirmé (ayant publié ou pas) ? Alors n’hésitez pas à nous contacter. Nous sommes des passionnés de littérature, notre expérience le prouve allègrement.
- Vous ne l’êtes pas ? Alors vous devrez nous acheter quelques exemplaires de votre ouvrage, ce qui ne changera rien à notre gnaque, car si nous décidons de publier votre ouvrage, c’est que nous y croyons.
- Sinon, n’envoyez rien.
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Derniers points :
- Nous ne publions en moyenne que deux livres par mois. Nous ne pouvons donc pas publier tous les manuscrits qui nous sont proposés.
- Nous prenons le temps de lire les manuscrits.
- Nous n’imprimons ni ne diffusons des ouvrages que nous n’avons pas choisis.
- Notre numéro de téléphone : 06 88 13 62 43
En France, éditer c’est :
(Extrait de la charte des éditeurs)
· Choisir ses manuscrits dans le cadre d’une politique éditoriale.
· Être responsable des ouvrages que l’on publie. Garantir à l’auteur, qui l’accepte, un travail éditorial visant à assurer la qualité du manuscrit et à l’inscrire dans le cadre d’une collection, d’un catalogue.
· Être responsable de la mise en forme graphique et du suivi de fabrication du livre.
· Travailler à compte d’éditeur, ce qui implique la signature, avec l’auteur, d’un contrat à compte d’éditeur, prévu par le Code de la propriété intellectuelle ; Rémunérer l’auteur selon le pourcentage prévu par le contrat signé préalablement, calculé sur le prix public du livre, et ce dès le premier exemplaire vendu. Une rémunération forfaitaire peut être négociée dans les cas prévus à l’article L131-4 dudit Code.
· Attribuer un numéro d’ISBN à chaque ouvrage que l’on publie et satisfaire aux obligations du dépôt légal.
· Publier et mettre à jour régulièrement un catalogue de ses productions, et le distribuer auprès des réseaux appropriés (librairies, bibliothèques, particuliers).
· Disposer d’un système de diffusion-distribution organisé pour la vente en librairie de ses ouvrages, le plus large possible et a minima régional.
· S’engager à promouvoir ses ouvrages par le référencement dans les bases bibliographiques et commerciales, par l’envoi d’informations aux médias et aux réseaux concernés, par la présence dans les salons du livre et autres manifestations professionnelles ou par tout autre moyen de communication et d’animation.
· Fixer et imprimer, en conformité avec la loi du 10 août 1981, sur chacun de ses ouvrages, le prix de vente au public. En situation de détaillant, appliquer une remise maximum de 5% pour la vente aux particuliers et de 9% pour la vente aux collectivités (loi du 18 juin 2003).
· Respecter les usages de la profession dans les relations avec les auteurs, les autres éditeurs, les circuits de diffusion et de distribution, les libraires et les bibliothécaires.
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Le portail Internet
LE CHANTIER
Numéros spéciaux Espaces d'auteurs Textes et Prétextes Publication libre
Proposez vos textes, oeuvres plastiques et sonores à la rédaction.
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c'est la

La RAL,M commença le 1er avril 2004 par être une simple revue en ligne chargée, comme mille autres, de publier les refusés. Chemin faisant, elle est devenue le Portail du Chasseur abstrait. Entre temps, cette maison d'édition s'est donné pour tâche de diffuser les auteurs qui le souhaitent.
On a vite distingué ceux qui déclarent tenter l'aventure totale - publier une oeuvre - et ceux qui ne souhaitent pas aller plus loin qu'une publication ponctuelle. Les premiers, nous avons mis à leur disposition un outil complet : publication des livres "en papier"; collaboration active au site (articles, espaces d'auteurs, numéros spéciaux, blogs personnels). Aux seconds, nous leur avons demandé d'acheter quelques livres pour pallier le manque d'engagement et de participer presque librement au Portail du Chasseur abstrait.
Autrement dit, deux types de contrats:
l'auteur cède ses droits et s'engage moralement à publier une oeuvre complète - rien ne lui est demandé, sauf de participer le plus activement possible au Portail;
l'auteur ne cède ses droits que pour un an et il s'engage à acheter quelques exemplaires de son livre, ce qui ne le prive en aucune manière des outils mis à sa disposition par le Portail.
Voilà comment nous travaillons. On ne peut pas être plus clair. Et avec beaucoup de travail, on sera de plus en plus efficace.
Voir [ Collections et manuscrits] pour de plus amples explications.
Lorque vous envoyez un manuscrit (livre ou article), veuillez précisez dans quelle collection vous souhaitez être publié ou dans quelle rubrique du site. Voir [ Collections et manuscrits] et [ Index général de la RAL,M].
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Numéros spéciaux
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Il s'agit de numéros dont le sommaire évolue en fonction des ajouts et des changements qui l'affectent. Ainsi, le numéro spécial consacré à un auteur ou à un ouvrage est le meilleur moyen d'accéder au travail de cet auteur ou à l'évolution d'un ouvrage.
En plus de la possibilité de mettre en ligne des textes dans le site (Textes & Prétextes) et de celle de publier des livres dans les collections du Chasseur abstrait, l'auteur dispose de trois outils:
- les [espaces d'auteur] - où il organise un sujet et s'exprime en toute liberté de forme, de fond et de composition;
- les [numéros spéciaux] - qui permettent au lecteur d'appréhender le travail de l'auteur dans sa totalité, y compris ses publications;
- les [sites officiels] - blog ou site plus complexe - où l'auteur présente ou fait présenter son oeuvre.
Publier chez Le chasseur abstrait, c'est disposer d'outils de communication et de publication sérieux, sans compter les salons auxquels nous participons, notamment le Salon du livre de Paris grâce à la bienveillance du Centre Régional des Lettres de Midi-Pyrénées.
Voir [ Nos salons]
Nouveautés
— Gor Ur ! C'est parti pour un Tome III ?
— Il faut bien !
— On saura qui est Gor Ur ?
— C'est personne !
— Et si c'était quelqu'un ?
— J's'rais l'dernier à en être informé !
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XVII - Un Kolipanglazo, chef ?

— GOR UR est français ! GOR UR est français !
— Qué cons ! fit Bernie sur le seuil.
C’était toujours là qu’il se tenait quand ça bardait dans la rue. Il avait l’impression d’être dehors et chez lui à la fois. Il possédait même le trottoir sur toute la longueur de l’établissement. Ouvert à l’aube dès cinq heures et fermé sur le coup de deux heures du matin. Il dormait l’après-midi avec Sally dans les bras. En bas, Frank fêtait la hora feliz avec des types dans son genre. Enfin ça, c’était avant que Frank se mette à crever à cause d’une erreur médicale attribuée à la malchance chronique des carabins bin bin. Depuis qu’il se nourrissait par injection directe, Sally ne dormait plus l’après-midi et Bernie enculait le coussin dans son sommeil. Il se réveillait au moment où les minables venaient jouer avec le hasard et l’État. Frank lui manquait. Il se sentait même pédé dans ces moments de nostalgie. Sally remplacerait jamais le bon vieux Frank qui s’était coincé les doigts dans l’engrenage social. Il avait trop rêvé et surtout trop parlé. Il avait fallu l’arrêter et il était tombé entre de mauvaises mains. Qu’est-ce qu’on pouvait faire d’autre, même sans le hasard, avec un type qui s’imaginait le Monde comme il ne peut pas être ? Bernie avait jamais compris son copain qui s’rait devenu flic de base s’il avait pas eu cette folle ambition de chercher ce que pouvait bien signifier, au fond, cette activité tellement con qu’on te demande rien sur le plan du niveau général et une ou deux choses pour prouver ta fidélité et ton esprit de groupe. Mais Frank était pas fidèle et il confondait le groupe avec les témoins de sa déconfiture. Un pareil minable avait pas sa place dans cette activité sociale héritée du pétainisme ambiant d’une époque dont on ne savait plus rien, même que les Américains avaient cessé de faire des films sur ces sujets hautement brûlants. Maintenant, on cassait des Chinois si l’occasion se présentait, avec la complicité des Arabes quand on était pas dupe des intérêts divergents qui nous liaient à eux dans les déserts de l’amour à trois.
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On peut lire tout ça gratuitement si on veut:
Site personnel de Patrick Cintas bientôt rénové... Il faut... parce que ça travaille... là!
Site de Gor ur lui-même, pas avare... généreux même... pénard.
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Espaces d'auteurs
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| Blogs d'auteurs.
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Andy VÉROL, Benoît PIVERT, Jean-Claude CINTAS, Jean-Marc RIVES, Jean-Michel GUYOT, Marie SAGAIE-DOUVE, Marta CYWINSKA, Nacer KHELOUZ, Oscar PORTELA, Pascal LERAY, Patrick CINTAS, Paul de MARICOURT, Robert VITTON, Serge MEITINGER, Stéphane PUCHEU, Valérie CONSTANTIN...
Ces auteurs ont bien voulu animer des espaces plus proches de leurs préoccupations que le sommaire de la RAL,M toujours un peu généraliste. Ces espaces constituent du même coup le coeur de la revue et leurs projets respectifs nous rapprochent nettement d’une revue qui serait pleinement assumée.
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Nouveautés
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Baisse tendancielle
Serge Meitinger
Les jeunes blancs-becs, que nous étions juste après 1968, en hypokhâgne et en khâgne dites Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles (avec toutes les majuscules qu’il sied !), ne se lassaient jamais d’un jeu de mots un peu lourd, mais qui flattait en eux des désirs incertains, sur la fameuse « baisse tendancielle du taux de profit » qui, selon Marx, déterminerait le destin implosif (ou explosif) du capitalisme[1]. Nous répétions avec une délectation qui aurait pourtant dû, déjà, être consciente de sa potentielle morosité, la formule : « la baisse tendancielle du taux de jouissance ». Était-ce que notre désir, que nos désirs se sentaient déjà atteints dans ce qu’ils auraient dû manifester de jeune vigueur ? De fait, pour la plupart d’entre nous, ils étaient encore empêtrés voire entravés et avaient à assumer leur libre expression et à éprouver leur mise à l’œuvre dans des relations sexuelles et affectives réelles.
Récemment, cette formule m’est revenue et elle m’a servi à nommer, à part moi, la baisse sensible du désir comme du plaisir dans ma vie de jeune vieillard (cinquante-neuvième année). Il est vrai que je me sens de moins en moins capable de ressentir pleinement, que la jouissance que je me promets de ceci ou de cela s’avère presque toujours émoussée, assourdie ou carrément épointée, que je commence à connaître l’ennui. Je n’en fais toutefois pas un drame personnel et apprends à vivre en observateur et en analyste, jouissant désormais beaucoup plus dans et par la dimension méta (que j’espère mieux définir un jour) que sur le vif. Je comprends en même temps que, comme l’ont évoqué Montaigne et bien d’autres, la prétendue sagesse des gens d’âge est plus liée à un refroidissement des sens qu’à un surcroît raisonné de tempérance. Donc j’attribuais cet infléchissement à l’action du vieillissement sur mon corps et sur mon esprit déjà ralentis, surtout parce que je les sens beaucoup plus fatigables qu’auparavant et plus souvent fatigués. Mais la lecture de Bernard Stiegler, dont j’ai découvert, il y a peu, la pensée, me fait brusquement prendre conscience que cette tendance que notre jeune esprit khâgneux avait d’avance ramassée en une boutade qui se voulait seulement plaisante, était devenue le phénomène central et le désastreux moteur (fonctionnant à l’envers !) de notre civilisation même. Cette impression, échappant à l’arbitraire du trait d’esprit et se faisant trait vécu, et sans cesse revécu, ne serait donc pas seulement le fruit de l’usure du corps et des sens, mais un effet psycho-socio-culturel de l’usure du monde comme, de nos jours, il va.
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Ananda Devi : Indian tango, Paris, Gallimard, 2007 (repris en collection Folio en 2009), 200 p.
L´action de l´homme, toute une génuflexion
devant les lieux de l´animalité
sombres, simples et si compliqués,
inhaler leurs odeurs : culte plein de sincérité ;
Et les bassins étaient larges
le dos solide, gorge et cuisses puissantes…
Joachim Sartorius - Des ombres sous les vagues

Un geste – d’adoration, de dévotion – scande ce livre dont il est à la fois le rythme et le symbole. Ce geste c’est l’agenouillement d’une femme devant une autre femme, c’est une génuflexion. Pour porter, par-delà le « raz de marée de soie effondrée » (p. 9), par-delà le sari enfin déroulé, une bouche à un sexe où elle va s’abreuver comme à la fontaine de Nature. Simple et compliqué à la fois, c’est du sacré en acte et ce roman n’est vraiment, semble-t-il, malgré quelques-unes de ses apparences et formulations-choc, ni un roman « lesbien » ni un roman « réaliste » non plus qu’une véritable autobiographie de l’auteur qui pourtant s’y compromet tout à fait crûment en se mettant nominalement en scène.
Il s’agirait plutôt d’une auto-fiction. L’action se situe en avril-mai 2004 à Delhi et s’accomplit sous le signe d’une intrusion étrangère, de l’intrusion d’une étrangère. C’est le moment de la campagne électorale qui aboutira peut-être à l’intronisation comme Premier ministre de Sonia Gandhi, la femme de Rajiv assassiné, l’Italienne, l’étrangère, celle dont les traditionalistes ne veulent rien savoir ; c’est le temps du séjour en cette ville de la narratrice, écrivaine d’origine indo-mauricienne bien que venue de l’Europe développée et douillette, qui a brusquement renié toute son œuvre antérieure et tenté d’en détruire les traces dans une déchetterie proche de Genève puis préféré la fuite au suicide. Les références allusives, faites à cette œuvre, permettent de reconnaître plusieurs des ouvrages antérieurs d’Ananda Devi et la fuite liée à sa crise intérieure l’a conduite vers l’Inde, le pays mythique et réel de ses origines. Dans ce monde où, malgré son allure et sa couleur, elle demeure une étrangère, elle se prend d’un intérêt passionné pour une femme indienne de la classe moyenne et de son âge, la cinquantaine, qu’elle rencontre devant la vitrine d’un magasin de musique où trône un sitar magnifique vers lequel convergent leurs regards autant que leur désir. L’étrangère se fait fort de révéler à celle que, faute de connaître son vrai nom, elle dénomme Bimala (qui est celui d’un personnage du film La Maison et le monde de Satyagit Ray), la puissance de jouissance et d’expansion enclose en son corps et qui reste, malgré le mariage et la maternité, encore inconnue d’elle. La musique, celle du sitar convoité qui assure leur mise en contact, celle du tango argentin traversant et renversant les rythmes indiens pour délivrer la fougue transgressive du corps désirant, fait partie intégrante de la révélation.
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Une soutane dans les salons
L’abbé Mugnier et son Journal (1879-1939)
Benoît Pivert

Si la curiosité est un vilain défaut, il faut bien admettre que la prose offerte par l’abbé Mugnier dans son journal[1] flatte ce qu’il y a de plus vil dans la nature humaine, à savoir le goût des ragots qui lui-même dissimule d’autres penchants tout aussi inavouables tels que la jalousie ou l’envie. Comme le lecteur des feuilles à scandale, ne se surprend-on pas, au fond, à attendre de celui que l’on surnomma le « confesseur des duchesses » quelque épicé secret d’alcôve ou la énième confirmation que l’argent ne fait pas le bonheur ? Il faut dire que l’abbé Mugnier s’entend à captiver le lecteur. Lorsqu’il vous apprend que Théophile Gautier terminait certaines épîtres à ses amis par la formule « Je te baise le cul avec componction », que Maupassant s’était vanté devant Huysmans de pouvoir épuiser une femme sous lui à force d’assauts et s’était exécuté sous l’œil goguenard de Flaubert, l’envie vous prend d’en savoir plus, pour peu que vous ayez un tant soit peu l’âme cancanière. L’indiscrétion a toujours un goût de revenez-y.
L’intérêt du Journal de l’abbé Mugnier serait toutefois un peu mince s’il ne s’agissait là que de simples miscellanées de ragots glanés dans les salons mais le Mercure de France n’a, par chance, retenu que les pages présentant quelque intérêt pour la postérité ou permettant de comprendre les ressorts de la psychologie de l’auteur. On y découvre tout d’abord un abbé qui retient l’attention par un mélange détonant de snobisme et d’ouverture d’esprit. Nous pouvons dire sans déflorer notre sujet que l’abbé redore le blason de l’Eglise catholique durant l’affaire Dreyfus et la Grande guerre. Au-delà de sa personne, son journal permet, à travers une vie mondaine à donner le vertige conjointe à une exceptionnelle longévité, de suivre la vie de la République des lettres sur six décennies.
On fut parfois féroce à l’endroit de l’abbé. Bloy pour qui Mugnier incarnait l’abomination d’un clergé salonnard l’exécuta à sa manière. Il le décrivit comme un vieux renard qui « retrousserait sa soutane pour entrer dans l’étable de Bethléem »[2], autrement dit un rusé qui aurait voulu être aux premières loges sans éclabousser son habit dans la fange de l’étable. L’image n’est pas fausse mais elle est réductrice comme nous nous proposons de le démontrer maintenant.
A dire vrai, rien ne prédisposait socialement l’abbé à devenir un jour le confesseur des duchesses. Arthur Mugnier voit le jour en 1853 à Lubersac dans le Limousin où son père est chargé des travaux de restauration du château. A la mort de son père, la mère emmène avec elle l’enfant à Paris. Cette Lorraine fervente laisse entrevoir plus tard à l’adolescent les avantages de l’état ecclésiastique qui, hormis la quiétude qui l’accompagne, permet au simple mortel de s’attacher les confidences et l’amitié des âmes bien nées. Arthur est un enfant docile et rêveur qui n’oppose pas de résistance aux ambitions que sa mère nourrit pour lui d’autant que sa foi est sincère et confine au scrupule. Recommandé par le marquis de Lubersac, Arthur fait son entrée au séminaire de Nogent-le-Rotrou auquel succèdera le séminaire de Saint-Sulpice. Après son ordination par Monseigneur Guibert, Arthur Mugnier enseigne d’abord au Petit-Séminaire de Notre-Dame-des-Champs où il s’ennuie, lassé de « s’abêtir dans l’enseignement monotone des mêmes règles de grammaire »[3]. C’est là qu’il commence à tenir son journal qui deviendra son confident pendant soixante ans, jusqu’à ce que des problèmes de vue obligent l’abbé à poser la plume en 1939. Pendant toutes ces décennies, le journal va être le témoin de son ascension sociale, de ses revers aussi parfois. En 1879, Arthur Mugnier quitte le Petit-Séminaire pour être nommé vicaire à Saint-Nicolas des Champs, à deux pas des Halles, en plein négoce. En 1888, il devient vicaire de Saint-Thomas. De 1893 à 1896, il officie comme second vicaire à Notre-Dame des Champs. En 1896, l’abbé est nommé vicaire à Sainte-Clotilde qu’il compare à une catacombe. En 1910, l’archevêque de Paris le nomme aumônier auprès des religieuses de Saint-Joseph-de-Cluny. Il finira Chanoine honoraire de Paris à partir de 1924 avant de mourir en 1944, âgé de quatre-vingt-onze ans.
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Textes & Prétextes
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Plus de cent
articles (poèmes, essais, oeuvres plastiques, etc.) publiés chaque
trimestre.
Et une revue "papier" qui publie un choix de ces
articles en janvier, avril, juillet et octobre.
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Nous recevons beaucoup de textes à publier, de livres à chroniquer, de manuscrits à insérer dans nos collections, sans compter la masse incroyable des Communiqués de Presse.
Et pourtant, il faut tout publier, tout ce qui vaut la peine de l'être - il faut parler des livres de nos confrères et des auteurs autoédités, il faut faire circuler les informations. Sans ce travail de fourmis, ce site n'aurait plus de raison d'être.
Nous allons donc nous organiser. Et si vous souhaitez nous aider à gagner du temps, tachez de nous remettre, toujours par email et en pièce jointe:
-- vos textes au format .doc (word) ou rtf.
-- vos images au format jpg (500 pixels minimum).
-- votre musique ou autre son au format mp3 (128 kb minimum).
Évitez les textes inclus dans le corps du email. N'envoyez pas de manuscrit par la poste. Regroupez vos textes au lieu d'en distiller les envois.
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T & P Nº 58.
la version "papier" du sommaire.
Format 20x25 cm - 154 pages.
avec 16 illustrations couleur pleine page de Ghislaine Valadou présentées par Gilbert Bourson.
Dos carré collé.
avec Josaphat-Robert Large - Cecilia Ambu - Benoît Pivert - Bernard Deglet - Gilbert Bourson - Carmén Váscones - Cécile Commergnat - Christiane Prioult - Daniel de Culla - Daniel Villermet - Paul Aimé Ekoumbamaka - Elkotfi Abd Elkabir - Éric Bertomeu - Fednel Alexandre - Fernando Ruiz Granados - Jean-Paul Gavard-Perret - Jean-Michel Guyot - Françoise Huppertz - Jalel El Gharbi - Jean-Michel Bollinger - Kacem Loubay - Saint-John Kauss - Liliana Celiz - Parviz Abolgassemi - El Hadji Malick Ndiaye - Serge Meitinger - Victor Montoya - Pablo Poblète - Patricia Scholtes - Rolande Scharf - Stéphane Prat - Thomas Vinau - Ulises Varsovia - Patrick Cintas - Francisco Azuela - Ghislaine Valadou.
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*RAL,Mag nº 4 à paraître en février* avec, entre autres merveilles, la version sonore des Noces d’Hérodiade de Gilbert Bourson.
Un extrait de la conduite a été publié dans le RAL,Mag 2-3 La version complète sera présentée au Salon du livre de Paris dans notre collection NOIR. Extraits aussi des livres d’artiste de Pascal Leray, Valérie Constantin et Patrick Cintas.
125 pages couleur + DVD.
Abonnement (mai, novembre [nº double], février) : 60 euros.
Le numéro : 15 euros (mai et février) - 30 euros (novembre).
Port inclus en France métropolitaine.
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- Nº 1 - texte intégral.

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Les textes et images publiés dans le RAL,Mag pourront être mis en ligne à la demande de l’auteur (bon pour Google, par exemple). Pour la musique et autres enregistrements, un CD ou un DVD pourra être joint à la revue. Notez que le nº 4 de février 2010 sera en grande partie consacré à la musique, à la vidéo et à la lecture.
T & P Nº 58.
la version "papier" du sommaire.
Format 20x25 cm - 154 pages.
avec 16 illustrations couleur pleine page de Ghislaine Valadou présentées par Gilbert Bourson.
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Sans oublier le chantier des
Contenu : Réflexion et création. Numéros thématiques, anthologiques ou consacrés à un auteur, leur objectif est de communiquer le travail des auteurs publiés ou non par le Chasseur abstrait.
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Voici les Cahiers actuellement en chantier. Vous pouvez apporter votre contribution si le sujet vous motive. Ces Cahiers paraîtront dans le courant de l'année prochaine.
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Cahier Nº12 - Serge Meitinger
S'étonner, bornoyer (voir plus haut), capter les "départs du sens", aller vers ce "livre de raison", l'oeuvre de Serge Meitinger relève aussi de l'autobiographie. Dans ce Cahier, nous avons la prétention de suivre ce cheminement où "rien n’est assez singulier d’où l’exigeante instance du verbe". Le raccourci ci-dessous est à mettre en parallèle avec les livres publiés chez le Chasseur abstrait : Bornoyages du champ poétique - L'homme de désir - Les oeuvres du guetteur - et le très beau Un puits de haut silence.
21 avril 1951 : Naissance à Coatsero en Ploujean (petite commune rattachée depuis à Morlaix (Finistère), et qui vit naître en 1845, le poète Tristan Corbière). Mon père, Robert, Serge, né à Paris et ma mère, Georgette, née à Saint-Quentin (Aisne), étaient venus s’installer en Bretagne quelques années auparavant parce que mon oncle qui travaillait avec mon père avait épousé une Morlaisienne (mon oncle, tôlier, et mon père, peintre, tenaient une petite carrosserie automobile). Le nom de « Meitinger » signifie « originaire de Meitingen », petite ville de Bavière peu éloignée d’Augsbourg. Je n’ai pas reconstitué le cheminement de Meitingen à Morlaix : mon grand-père (Maximilien, Alexandre) et son père (Louis, Firmin, Napoléon) sont nés en France, dans la région parisienne, au milieu et à la fin du XIXème siècle. Mon grand-père est mort, blessé de guerre (gazé), le 11 janvier 1919.
1951-1968 : enfance et adolescence à Morlaix ; quelques voyages à Paris et à Saint-Quentin avec ma mère dans ma petite enfance pour traiter par rayonnement dit « solaire », à l’Hôpital Saint-Louis (Paris), l’angiome plan de ma joue gauche. Grandes vacances au bord de la mer, non loin de Morlaix (Primel-Trégastel, Locquirec).
1961-1968 : de la 6e à la terminale, au Lycée Tristan Corbière de Morlaix, baccalauréat A en 1968, seul bac de l’histoire sans épreuves écrites !
1966-1968 : Premier journal et un « roman » intitulé : Père qui es-tu ? Quelques poèmes. Contacts épistolaires avec Armand Lanoux à qui j’envoie des nouvelles pour la revue « À la page » qu’il dirige. Été 1968, premier séjour en indépendant à Paris, en partie chez ma grand-mère.
Lire la suite [...]
Cahier Nº13 - La série à l’index
Appel à
contributions

Ceci n’est toujours pas une série
LA SÉRIE À L’INDEX
Argument
En octobre 2008, paraissait chez le Chasseur abstrait éditeur un volume collectif, n°9 des Cahiers de la Ral,m, intitulé « Ceci n’est pas une série ». Célébration du tricentenaire d’un mot (le signifiant « série », 1708), l’ouvrage a été conçu tout à la fois comme cahier de création et un lieu de réflexion.
L’histoire de ce jeune mot se caractérise en effet par ses incessantes promenades entre la recherche scientifique (Varignon, d’Alembert, Diderot, Lamarck, Fourier, Comte, etc.) et la création artistique (Nerval, Monet, Proust, Boulez, Butor, Soulages...) Il ne serait que joie et découverte, entendons-nous, si l’aube du XXe siècle n’en avait fait le terme de l’automatisation industrielle. De la « fabrication en série » à la « série télévisée », ce qui était initialement le terme d’une différenciation graduée d’éléments liés entre eux par un principe commun est devenu répétition du même, témoignant d’une transformation épistémologique liée, en quelque chose, à ce qu’on peut appeler « société de grandes séries ».
La série à l’index poursuit l’exploration entreprise dans le cahier n°9, « Ceci n’est pas une série », entre recherche et création. Sont particulièrement sollicitées : échelles de cordes, études sur les glandes occipitales du dromadaires, analyses calmes du chaos, figures partielles et altérées. C’est dire si ce cahier, plus encore que son prédécesseur, a vocation à la transdisciplinarité. Et si l’on se refuse à poser des limites a priori au domaine de validité qui se dessine dans le creux du cahier à venir, c’est avant tout pour poser la série [l’exercice de la série comme critique de la limite.
De là découle une proposition sur laquelle il conviendra de s’arrêter – un temps [notion qui ne saurait se départir de la célèbre « Momentform » initiée par le compositeur Karlheinz Stockhausen] : l’absence de la série est un cercle vicieux. Proposition qui reste purement spéculative, peut-être, mais qui esquisse la forme générale sérielle du cahier en préparation.
Fiche technique
Parution du cahier : printemps 2010.
Date limite de dépôt des contributions : 31 décembre 2009.
Domaines requis : Arts plastiques, musique, vidéo, littérature, recherche fondamentale (sciences humaines et sciences exactes), recherche appliquée (idem), témoignage, enquête journalistique, signification informelle.
Webographie
Cahier n°9, « Ceci n’est pas une série » [présentation]
Cahier n°9 [chez Amazon]
Anthologies sérielles
Patrick Cintas, Antimesse pour Stockhausen
Pascal Leray, Portrait de la série en jeune mot
Cahier Nº14 - Gilbert Bourson

Gilbert Bourson dans "Joséphine la cantatrice" de Kafka.
Gilbert Bourson a occupé le terrain du théâtre pendant près de trente ans. Ses innovations et son influence se font encore sentir dans les mises en scène et les interprétations du moment. Entre autres commentaires, Jean Ricardou et Michel Arrivé se sont chargés de laisser une trace de cette œuvre accomplie à Genevilliers. La compagnie Signes a cessé son activité il y a peu et depuis, Gilbert Bourson s’adonne presque exclusivement à la poésie qu’il écrit avec une réussite tranquille et des précisions de détails qui saisissent la lecture comme les embruns inoculent le goût des voyages et de l’immobilité. Le Chasseur abstrait a entrepris de publier cette œuvre en cours. Car il s’agit bien d’une nouveauté dans la longue carrière artistique de ce septuagénaire qui n’a pas l’intention de se laisser noyer par la tentation d’une auto-archéologie encline au ressassement en lieu et place de l’assouvissement constant des facultés créatrices. Gilbert Bourson est un poète qui fut un homme de théâtre, metteur en scène, dramaturge, comédien, directeur du groupe Signes et grand amuseur de la cité de Genevilliers et de sa voisine aux gentilés toujours reconnaissants si on les rudoie verbalement. Bruxelles, plus charmante et plus prédisposée à employer son intelligence collective à bon escient, salua aussi Un cœur simple, d’après Flaubert, mis en spectacle par le groupe Signes de Genevilliers. Cette aventure fut collective et Francine Sidou-Bourson y joua plus que l’indispensable.
S’il s’agit ici de citer quelques-uns de ces spectacles, c’est pour montrer clairement à quel point, selon le contraire des idées courantes, la littérature et le choix des textes mis en jeu relève d’un art et non pas d’une simple emprise, qui serait désuète, sur l’esprit de divertissement qui broie la création au profit de la rigolade. Ce qui n’empêcha Signes de mettre à l’épreuve la capacité de rire franchement au spectacle de la littérature, comme le souligne le critique belge en première page du Soir : drôlerie irrésistible, binôme qui définit le regard que Gilbert Bourson porte sur les grands textes de la littérature. On aurait d’ailleurs tort de parler d’ironie, sans doute parce que l’ironie n’est pas une fête. En marge, Jean Ricardou ennuyait le public avec son Flaubert et du coup, la représentation passait pour un exutoire nécessaire. C’est aussi dans l’idée de Gilbert Bourson d’imposer le rythme d’un esprit aussi éclairé que celui de Ricardou et d’affronter carrément le public pour lui imposer, mine de rien, un rythme encore plus exigeant de titillations.
Entre chefs-d’œuvre de la clairvoyance, citons :
— Concert Rabelais, jeu de Gilbert Bourson, mis en scène par Francine Sidou sur une dramaturgie de Jean Molina – 1994.
— Joséphine la cantatrice, d’après Kafka, idem – 1992.
— Les fables de La Fontaine, spectacle interprété par G. Bourson – 1996.
— Hérodias, de Flaubert, mise en scène de G. Bourson et F. Sidou – 1998.
— La tentation Saint-Antoine, idem – 1995.
— Mon cœur mis à nu, d’après Baudelaire, mise en scène de F. Sidou avec J. Molina – 1993.
— Le château des Carpates, de Jules Verne, avec une musique de Frédéric Aulnette.
— Maldoror, d’après Lautréamont, musique de Jean-Claude Biquand.
— Une saison en enfer…
— Poupée, de et par Gilbert Bourson – 1999.
— Thyeste/Atrée, d’après Sénèque, traduction et mise en scène de G. Bourson.
— La croisade des enfants, de Marcel Schwob, mise en scène de G. Bourson.
— Gestes et opinions du Dr. Faustroll, ’pataphysicien, d’Alfred Jarry, avec une critique de Michel Arrivé parue dans la Quinzaine littéraire.
— Et un Mallarmé que Gilbert Bourson considère comme le chef-d’œuvre de Signes.
Gilbert Bourson et Catherine Jacobsen dans "Herodias" de Flaubert.
On retrouvera Gilbert Bourson dans le numéro double 2-3 du RAL,Mag en novembre prochain, qui sera essentiellement graphique et proposera donc de la mise en scène. Puis, dans le numéro 4 (février 2010), qui sera sonore dans sa plus grande partie, la version sonore du Mallarmé qui marque un moment important à la fois de la carrière et de la vie de Gilbert Bourson.
Si le Cahier « Bourson » rendra effectivement un compte précis de cette aventure sur les planches, avec force documentation écrite et photographique, l’essentiel consistera à présenter les quatre ouvrages publiés par le Chasseur abstrait (voir chez Amazon.fr). À une époque où la poésie fricote encore avec le populisme côté jardin et l’intellectualisme côté cour, Gilbert Bourson persiste à la croire assez drôle et tellement irrésistible qu’il en écrit le meilleur, se plaçant d’emblée auprès des fines fleurs de la littérature contemporaine une fois épurée de sa constante inclination académique et commerciale. La poésie, si elle existe, n’a pas besoin du vulgaire ni du pensum. Pas plus que de l’entre-deux-eaux. La joie c’est tout le pavé du corps/ lancé dans la vitrine de la vie/ qui retombe/ en laissant la cassure affirmée d’une étoile/ en forme d’étreinte/ qui dit je vois rouge/ et revient se poser/ sur le licol du souffle frappé de paroles/ au galop de ton ombre. Nuance.
Patrick Cintas.
Cahier Nº15 - Ratimir Pavlovic

Masahiko Doh - Montagnes au matin.
La poésie de Ratimir Pavlovic est saisissante. Sa pensée rayonnante. C’est de ce saisissement et de cette clarté communicative que naît une littérature « religieuse », non pas sans Dieu, mais en dépit de ce qu’il représente, qu’on y croit ou pas.
Cette littérature contient dans deux livres majeurs que je tiens toujours à portée de main : La Pensée créative et scientifique contemporaine, paru chez Mélis, constitué essentiellement d’entretiens avec des prix Nobel et des académiciens, et Des aventures du fleuve ne restent que des cailloux (collection Nouvel art du français), recueil de poèmes ou plus véritablement livre de poésie. Dans un Chant pour le feu, l’intuition du poète s’associe à une sensibilité de fleur de peau :
Fier de posséder toutes les orientations
le feu se dirige toujours vers le haut.
Archéologue de la verticalité
dont les nuits sont la face cachée.
****
Dans un grand parc de Kyoto
Masahiko Doh observe l’écorce d’un vieil arbre :
message palpable de son silence.
Une pareille fulguration me confirme dans ma conviction que la véritable humanité, dans son sens esthétique, est comprise entre le Japon (celui de Rikyu entre autres thés) et l’Afrique (celle des Noirs sans les contraintes absurdes de l’Islam et de la Chrétienté). Cet intervalle infini par définition se retrouve dans ces pages ciselées que le déplacement nourrit d’images toujours associées à la pensée sans jamais tomber dans la métaphore des fabulistes ni dans les phénomènes des non moins désuets chroniqueurs. Pas de rire ici, encore moins de l’ironie, mais toujours cette joie dont rien ne parle mieux que
Le soleil [qui] brûle la peau du temps
qui se montre nu
sur les plages du quotidien.

Jean Orizet écrit dans sa préface à la Pensée créative et scientifique contemporaine paru chez Mélis :
[...] Quand Ratimir demande à Dominique Fernandez : « Qu’est-ce que que le poète aujourd’hui ? », l’écrivain hasarde ce propos : « Il me semble que le poète est quelqu’un qui voit le Monde d’un oeil neuf ». Comment ne pas être d’accord avec une telle proposition ?
Pour autant, gardons-nous de toute autosatisfaction. Les poètes ne sont pas les seuls à voir le Monde d’un oeil neuf. Les hommes de science, eux aussi, ont une vision aiguë et novatrice de l’Univers sous toutes ses facettes, tout en intégrant à leur réflexion des éléments qui relèvent de la philosophie, de la morale, de l’éthique et de la poésie. Là est le coeur de la recherche que mène Ratimir Pavlovic depuis un quart de siècle, avec cette notion de pensée créative et scientifique.
Mais ne nous y trompons pas : il s’agit moins d’épistémologie — même si une réflexion sur la science est contenue dans la démarche en question — que d’une problématique s’appliquant à mettre en évidence les « interférences » entre l’art et la science, « où le philosophe est le miroir intérieur idéal du créatif et inversement ».
En 1985, un premier entretien entre Ratimir Pavlovic et le Professeur Jean Bernard allait donner corps à cette notion de « Pensée créative et scientifique contemporaine ». Il serait suivi, en 1987 d’un entretien avec Jean Dausset, prix Nobel de Médecine, et de beaucoup d’autres. Le mouvement était lancé. Il se poursuit.
Pour en revenir à la poésie, il est intéressant de noter que le grand hématologue qu’est Jean Bernard a toujours été passionné par elle, au point de publier un livre sur les rapports des poètes avec le sang, une « poétique du sang » pourrait-on dire. Jean Bernard s’est attaché, par exemple, à la relation de Paul Valéry avec la biologie : « J’ai repris La jeune Parque, écrit-il, et je me suis aperçu que c’est un poème totalement ensanglanté... Le sang joue un rôle énorme en poétique. »
À « l’étincelle d’immortalité » par laquelle Jankélévitch caractérise la poésie, Ratimir Pavlovic répond en évoquant cette même poésie comme « la parure la plus précieuse de l’esprit humain ». Je souscris volontiers à l’une et à l’autre de ces propositions. Qu’on me permette, pour conclure, d’en ajouter une, personnelle : en ce début du troisième Millénaire, la raison d’être de toute poésie est de retrouver la voie/voix du Monde et de la Vie. Même désespérée, la poésie reste une possible religion de rechange, moins au sens d’un sacré susceptible de relier l’âme à Dieu ou à un dieu... ou à des dieux, que par référence à une attitude intellectuelle et morale qui pourrait devenir une règle de vie aidant à l’épanouissement de la personne humaine ; en somme : un humanisme. Sachons-le : Ratimir Pavlovic est un humaniste, doublé d’un exceptionnel passeur. On le verra dans ce livre.[...]

Jean-Claude Renard écrit : [...]Le propos de Ratimir Pavlovic me paraît être de tenter sans cesse de répondre à la « question ouverte / de l’Homme » en trouvant le « Chemin / hors de lui-même : / (le) sentier des Autres. Aussi faut-il, selon lui, aller « à la recherche de la chaleur / du coeur terrestre », « effacer son nom (...) pour devancer le Chemin » et marcher « vers la forêt de l’avenir ». D’où « le désir indomptable » du poète de « lancer la ligne » grâce à laquelle, trouant le « lit de néant », il réussit à « pêcher » le microcosme dans le macrocosme et le macrocosme dans le microcosme. Le rôle de la parole poétique qui, chez Pavlovic, est également celle du philosophe, consiste ainsi – comme par un mystérieux regard pareil au langage profond du silence où « le temps n’éclaire que par son absence » – à révéler les secrets de cet « ancêtre toujours futur et présent » qu’est l’Univers. Car le Tout se masque sous ses fractions infimes et infinies sinon même sous le rien.
Il s’ensuit que les poèmes de Pavlovic ressemblent à des sortes d’instantanés photographiques dont l’immobilité recouvre énigmatiquement un mouvement permanent de traversée vers les zones les plus intimes et les plus singulières du monde et de l’humanité – et contribuent à empêcher l’Homme de se changer en « antiHomme ». Comme le lui déclarait, au cours d’une interview, le professeur Jean Bernard, il existe dans la science ainsi que dans la création artistique, outre une « extraordinaire alliance du hasard et de la raison », « une relation très étroite entre sang et poésie », due au fait qu’ il y a « des centaines de millions de combinaisons de groupes sanguins » : ce qui signifie que « chaque homme est un être différent des autres ». Ratimir Pavlovic le sait. C’est pourquoi l’on peut, semble-t-il, appliquer à son oeuvre ce qu’il a lui-même écrit de Kisling en notant que, comme celui-ci, mais avec et dans des mots, « il saisit, simultanément, par son intuition, la plénitude essentielle et existentielle des êtres et des choses : c’est-à-dire qu’il voit et pense absolument ». (Ratimir Pavlovic ou le chemin hors de lui-même)[...]
Le cahier « Pavlovic » cherchera à capter cette postulation originale qui a convaincu bon nombre d’excellents esprits que Ratimir Pavlovic est un grand poète digne de notre confiance.
Allez acquérir ses deux livres et revenez avec vos belles et pertinentes propositions pour constituer et enrichir ce quinzième Cahier de la RAL,M.
Patrick Cintas.
Cahier Nº16 - Femina

Valérie Constantin - Une des illustrations de "première nudité" de Marta Cywinska.
Femina, un cahier au féminin, espace de réflexion sur la création au féminin.
Ce projet s’adresse à des femmes plasticiennes, écrivaines, musiciennes, etc., des femmes qui veulent montrer leur création et qui veulent en parler.
Montrer son travail, le dire et échanger avec les autres participantes sont le crédo de cette aventure.
Très souvent l’art au féminin est taxé de féministe. Pourquoi ou pourquoi pas ? Chacune pourra apporter sa réponse.
Que votre discours soit philosophique, existentialiste, esthétique, psychanalytique, etc. , que vous soyez le maître de votre art ou que vous utilisiez votre art pour survivre, que votre sujet de prédilection soit l’intime ou un regard sur le monde, - qui que vous soyez venez vous exprimer et partager.
Le but de ce Cahier est de réfléchir à l’acte créateur et à son genre si il existe.
Le Cahier nº3 : Femme(s) et Créativité se terminait avec le texte de Daniela Hurezanu : Que veut dire créer ?
Le Cahier Femina va tenter d’apporter des réponses, les réponses des actrices de la création.
Cahier Nº 17 - Mallarmé

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Dans tous ces livres, la caractéristique commune est le rejet de l´illustration, au sens traditionnel du mot, c´est à dire une illustration servile et littérale, qui a pour fonction principale celle d´adapter l´écrit au lecteur.
Ici, l´illustration est parallèle au texte. Le texte et l´image vont de pair. Ils sont associés de telle manière que l´on ne lit pas l´un sans regarder l´autre. C´est leur globalité qui s´offre au regard du lecteur.
C´est ce que je cherche quand je mets en image un écrit.
Lorsque une lecture m´émeut, me bouleverse, m´ensorcèle, j´ai besoin de la traduire, de l´écrire avec les mots qui sont les miens : la ligne, le point, la couleur.
Cette rencontre avec un autre artiste va générer toute une angoisse liée à la création même : les tâtonnements, les inquiétudes, les détours, les directions, les découvertes. Jusqu´à trouver les matières, les rythmes, les couleurs, la composition. Jusqu´au moment où ça y est, c´est ça... où l´objet-texte est devenu l´objet-œuvre... où l´image dit ce que le texte suggère... où l´osmose est créée... où le texte illustré peut être proposé à l´écrivain, au poète. Alors une autre histoire commence...
Ce que je recherche dans ma démarche de peintre illustrant (au bon sens du terme), c´est que mes images rendent l´œuvre nécessaire.
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La princesse néantiste me fait de grands signes, m’invitant à l’écouter. Je me prends avec elle à imaginer une femme (elle lui ressemble assez, d’ailleurs) qui se tord de douleur sur un banc, à un rond-point, le journal de la veille sur les genoux. « Comment se peut-il qu’une fraction de l’univers, si infime soit-elle, puisse rester dans l’ignorance de telle autre, pour éloignées qu’elles paraissent ? » Car l’univers est un, un comme la vérité est une, n’est-ce pas ? La princesse rit de sa voisine, qu’elle appelle Aine, je crois. Or, le journal relate ce jour-là un fait dont elle a été le témoin quelques jours auparavant. Un accident dont il lui était assez pénible de se souvenir. Mais la réalité de l’article et celle de la photographie ne correspondent en rien à ce qu’elle a vu elle-même. Le jour et l’heure ne sont pas les mêmes, d’autres détails divergent. « L’accident relaté dans le journal ne doit pas être le même que celui dont j’ai été le témoin », se dit-elle. La princesse nous mime majestueusement les attitudes embarrassées de sa voisine, nous nous tordons de rire ! Mais l’accident relaté dans le journal ne peut pas être un autre que celui auquel elle a assisté. Alors, elle lit l’article en boucle, tout en cherchant à se rappeler ce qu’elle a vu. Chaque détail qui lui revient en mémoire, elle le soumet à une critique rigoureuse, puis cherche de cet élément une trace dans l’article pour comparer les deux versions.
Extrait de L’accident récursif
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L'idée d'enfermer le monde dans un bocal pour que les autres puissent le contempler à travers les imperfections de transparences héritées de choses aussi bornées que la langue, la littérature, est sans doute la première qui vient à l'esprit quand le moment est si mal choisi d'annoncer qu'on a décidé de devenir écrivain. Annonce faite à soi-même d'abord, rarement avec autant de sincérité auprès des autres, leur farouche opposition est un avertissement. L'effort d'abstraction venait de cette lutte où l'allégorie servait de prétexte à l'analyse qui détectait en vous une ironie prometteuse de conflits sinon insurmontables du moins destructeurs et par conséquent mesurables. Que de temps passé encore à appliquer des lois apodictiques aux gouttes de sang versées dans ces inutiles mais inévitables conversations de tous les jours! Le prix fut exposé sur la porte de votre chambre. Vous n'entriez plus dans les lieux de votre chance sans calculer la croissance phénoménale de cette nouvelle existence. Il s'agissait bien de raconter une histoire qui ne fût pas seulement la vôtre.
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 Le philosophe n'est point enthousiaste, et il ne s'érige point en prophète, il ne se dit point inspiré des dieux; ainsi je ne mettrai au rang des philosophes, ni l'ancien Zoroastre, ni Hermès, ni l'ancien Orphée, ni aucun de ces législateurs dont se vantaient les nations de la Chaldée, de la Perse, de la Syrie, de l'Égypte et de la Grèce. Ceux qui se dirent enfants des dieux étaient les pères de l'imposture; et s'ils se servirent du mensonge pour enseigner des vérités, ils étaient indignes de les enseigner; ils n'étaient pas philosophes: ils étaient tout au plus de très prudents menteurs.[...]
Distinguons dans tout auteur l'homme et ses ouvrages. Racine écrit comme Virgile, mais il devient janséniste par faiblesse, et il meurt de chagrin par une faiblesse non moins grande, parce qu'un autre homme, en passant dans une galerie, ne l'a pas regardé: j'en suis fâché, mais le rôle de Phèdre n'en est pas moins admirable.[...]
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Les outils de communication du Portail du Chasseur abstrait sont très utilisés en ce qui concerne: [S'inscrire à la newsletter] [Recommander le site] [Contact] [Fil RSS] [Liens] [Sites choisis]. Voir le [ menu en haut de page], dernière ligne. Ces outils sont en effet communs à tous les sites. On a l'habitude de s'en servir et on en mesure très bien l'utilité.
Nous avons souhaité mettre à la disposition de nos lecteurs deux outils moins fréquemment rencontrés sur les sites :
[Communiqués de Presse] & [Publication Libre]
Une explication s'impose :
 Le CP, Communiqué de Presse, est sans doute l'outil de communication le plus efficace et le moins onéreux. Ce qui explique sa très fréquente utilisation par tous ceux qui souhaitent communiquer des informations publicitaires ou autres.
Nous recevons nous-mêmes par email quelques dizaines de CP chaque jour - sans nous plaindre de cet assaut quotidien qui ne constitue en rien un abus à nos yeux. C'est bel et bien de la communication venant d'éditeurs et d'auteurs qui souhaitent à bon droit faire passer une information sur le média inconstestable qu'est notre Portail du Chasseur abstrait.
Hélas, nous ne pouvons assumer la tâche considérable qui consisterait à mettre en ligne, chaque jour, ces nombreux et utiles CP.
Nous mettons donc à la disposition de ceux qui souhaitent faire passer leur message un outil facile d'utilisation et efficace en toute liberté - à savoir notre système de "Publication libre"...
 Le principe est simple :
Notre page "Publication libre" offre à l'utilisateur 6 rubriques pour publier ses CP, ses articles, sa musique, ses images, etc. :
Littérature - Arts plastiques - Musique - Idées - TAZ (Zone d'autonomie temporaire) - Communiqués de Presse.
Si vous choisissez de publier un CP, il sera mis en ligne dans la rubrique "Communiqués de Presse" - voir [ menu en haut de page] - et lisible, après modération, par tous nos lecteurs.
Si vous publiez un poème, une image, de la musique, votre article sera mis en ligne à la rubrique "Publication libre" - voir menu en haut de page - en attente d'être publié au sommaire mensuel ou directement dans la rubrique correspondante (poésie, essais, etc.) - voir "index général de la RAL,M" dans le [ menu en haut de page].
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Le mois prochain
Nouveautés de la RAL,M
Pas un mois ne passe sans cette hyperactivité qui caractérise Le chasseur abstrait et ses amis auteurs et lecteurs. Des années qu'on s'échine et qu'on s'organise dans une joyeuse confusion...! Personne ne peut dire qu'on n'a pas fait du chemin...! C'est le genre de la maison...!
Consulter le dernier sommaire, rubrique "Le mois prochain" ici
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votre travail d'auteur dans sa totalité, y compris vos publications
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