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Jugamos fuera del tiempo
Y juega con nosotros el molino de viento
Molino de viento
Molino de aliento
Molino de cuento
Molino de intento
Molino de aumento
Molino de ungüento
Molino de sustento
Molino de tormento
Molino de salvamento
Molino de advenimiento [...]
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« Los verdaderos poemas son incendios. La poesía se propaga por todas partes, iluminando sus consumaciones con estremecimientos de placer o de agonía. Se debe escribir en una lengua que no sea materna. Los cuatro puntos cardinales son tres: el Sur y el Norte. Un poema es una cosa que será. Un poema es una cosa que nunca es, pero que debiera ser. Un poema es una cosa que nunca ha sido, que nunca podrá ser. Huye del sublime externo, si no quieres morir aplastado por el viento. Si yo no hiciera al menos una locura por año, me volvería loco. » Altazor. |
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Sommaire
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1. Édito - Analectic Songs - Trois personnages au carré
Je sais bien que la mode est au poème qui dénonce. Mais les guerres et autres ignominies sont plutôt appréhendées par des poètes qui ne les ont jamais vues dââ¢assez près pour ne pas manquer de pertinence. Leurs poèmes sont des Åuvres dââ¢imagination écrites sous lââ¢influence de ce que les médias et leurs interprètes communiquent à longueur de temps chez qui laisse la porte ouverte à ces flots dââ¢informations plus ou moins fiables. Tout cela change la poésie, certes. Mais en quoi ? Pas forcément en poésie... [Lire la suite...]
2. Les auteurs du mois
Alexandra Bouge - Fahredin Shehu - Joseph Edgard Célestin - Miloud Halbouche - Patricia Laranco - Guillaume Decourt - Patrick Aspe - Paul Kana Nguetse - Rolain Delinois - Víctor Montoya - Christiane Prioult - Daniel de Culla - Ettore Janulardo - Jean-Michel Guyot - Sébastien Ayreault - Oscar Portela - Rolando Revagliatti avec Mónica Angelino & Andrés Casciani [Lire la suite...]
3. Prix du Chasseur abstrait 2011
Les livres sont disponibles en librairie. [Lire la suite...]
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Numéro évolutif à visiter de temps en temps
La RAL,M elle-même est déjà, depuis sept ans, un travail évolutif. Chaque rubrique, chaque espace de ce site est évolutif. C'est d'ailleurs l'intérêt primordial d'un hypertexte : évoluer sans cesse et indépendamment des questions de temps et d'espace qui ruinent les dispositifs en papier et en ondes. Les nostalgiques de la plaquette et les éducateurs de l'esprit, trop souvent éditeurs ou médiathécaires, sont un peu perdus dans ce monde qui n'est pourtant pas si nouveau puisqu'il préexiste depuis longtemps : il n'est qu'une des nombreuses applications de la fonction créative (on la dit quelquefois « poétique »). Quelques auteurs ont souhaité étendre leur travail aux sommaires de la RAL,M. Voici Margo Ohayon, poète.
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SPIRALE
par Margo Ohayon elle-même
en prévision de la publication des Åuvres complètes chez Le chasseur abstrait
illustrations de Valérie Constantin
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Comme Valérie Constantin le mois dernier (nº 69), Margo Ohayon nous donne à voir la construction de son Åuvre. Travail éminemment éditorial, intelligent et courageux, auquel un auteur doit impérativement s'atteler s'il souhaite paraître tel qu'en lui-même. Ce qu'on va lire ci-dessous sera publié dans le RALMag nº 6 à paraître prochainement. Le tout est mis en ligne dans l'espace de la RAL,M réservé à ce poète révélateur qu'est Margo Ohayon.
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PREMIÈRE PARTIE - LA SPIRALE
par Margo Ohayon elle-même
I - LE RIEN
« Le rien » donne naissance à un ressenti du vide qui engendre la prise de conscience d'une forme de la vacuité. Un état sans objet occupe l'espace du poète. Il est dans ce qui précède une attente à venir. Il se situe avant la formation de la spirale, dans les souffles de particules, les lueurs gazeuses, les impulsions imprécises, les postures originelles de la matière. Dans l'informe il est en puissance, nébuleux, protégé. Des enveloppes nombreuses le laissent en sa brume intermédiaire, indéfinissable. De ténébreuses luminescences, où les noirs d'une flottille d'obsidiennes veillent sur ces splendeurs qui se profilent dans leur non encore advenu, au large des côtes d'air et d'ombre d'une mer de la félicité. Ici, séjournent les coffres clos des apparitions ultérieures.
Le poète arrive au monde vide. Plutôt que de s'anéantir dans l'absence d'un état vacant, il en fera quelque chose. Cette résolution, de ne pas se maintenir dans l'inutilité, le modèle imperceptiblement jusqu'à une attitude d'accueil. Une kinesthésie la lui indique naturellement. Cette position antalgique contre un mal d'être, au lieu d'aboutir à un recroquevillement sur soi, s'achève par un déroulement corporel.
De cette sensation opiniâtre du néant, d'une stérilité invincible, l'accablant du poids de l'inertie, il fera une porte qui s'ouvre à tous les courants pour que les souffles s'y engouffrent et comblent ce vide. Ce qui longtemps fut un obstacle lance une bombe. Elle fracture les verrous de sa vie, fait sauter les gonds des coffrages qui l'enserrent. Le voilà dans d'explosion, déchiqueté, pâle doublure d'Orphée. Il lutte maintenant pour retenir les lambeaux de son vieux corps, qu'il voit partir en morceaux, comme lui-même, alors qu'un corps indemne, sa peau aussi lisse que celle d'une nouveau né, a déjà investi son sein sans crier gare. Il se gonfle de neuf qui prend sa place. Pour l'agréer il se retire.
Ce nouveau spleen, ce mal de la vacance, cet exil le projettent dans des terres glaciales aux tonalités froides que cernent maints régions forestières, où des futaies d'indifférence s'étalent à perte de vue, n'offrant pour tout bruissement qu'un silence d'une profondeur tellurique, angoissant par son éloignement des frontières supportables de la perception humaine. Il entend jusqu'à la surdité. Le silence lui crève les tympans. Il apprend à reconnaître ce réel sans altruisme d'une matérialité incontournable, qui dresse devant son envergure de fourmi les murailles d'un monde géant souterrain, citadelle fortifiée d'un envers. Le retour de vagues prêt à l'immerger durant ce rêve reflue pour venir se mettre à niveau du rivage, la chaleur l'immobilise en un bien-être soudainement. Les souffles viennent à lui en sens inverse.
Il les retourne en une attirance du plein pour le vide.
Le poète comprend dans un éclair que le mal de la vacance est une grâce, le fil conducteur. Il est le sens. Inutile d'en chercher un autre. Le flux part de là et dégage par là. Il aimerait aller plus loin, trouver d'autres raisons de s'étourdir, mais tout est ici. Il tient entre ses bras un tout. Aussi extraordinaire que ceci paraisse il met le doigt sur un trésor spirituel. Les secrets sont multiples, une seul se loge dans ses paumes. Ses paumes accolées sont sa finitude, la coupe qu'il lève vers le monde en partage, modelée en creux par la chair qui connaît mieux que les songes la limite naturelle de ses confins. Elle contient les souffles réunis en leur aérienne consistance que rien ne dénature, n'entame. Elle redistribue une sagesse instinctive d'où émanent les senteurs exotiques de son exil. Cette illumination étant, il va la forger de ses poings en un objet à faire palper. Ce n'est pas le « ne pas toucher » des vitrines mais « allez-y, touchez » cela ne risque pas de s'envoler, cela est. Un voile de la séparation, propagateur du doute dans un esprit aiguisé, serait-il, même transparent, est ôté de devant la nudité radieuse.
Sous le chapiteau illuminé d'un cirque, le suspense du roulement de tambour oriente l'attention vers la piste circulaire. Au centre le rien invisible circonscrit un point d'appel. La seule façon d'en rendre compte est de dire l'attrait primordial qu'il exerce sur le poète. Des lames en éventail ne sont plus qu'un enchaînement de volets articulés qui se resserrent vers lui, pupille quand elle reçoit une lumière extérieure trop forte. Mais, la lumière, en ce cas, viendrait de l'intérieur de l'être, piégée par son mystère. Cette lumière à bas bruit prépare l'homme à son essor aérien, le baigne dans la nuit d'un cosmos grossissant les eaux de sa macération, où il se nourrit des composants indispensables à sa jeune constitution.
Le poète découvre sans le savoir la vacuité â il ne le peut en effet car elle réside dans la niche qui a pour caractère de n'être pas, plus propre à la femme, portant l'empreinte d'un petit d'homme, prête à le recevoir, symbole vivant en sa matrice d'un dehors, qu'elle vit avant de le concevoir tant charnellement que psychiquement. Par cette fonction elle serait mieux disposée à dire la vacuité, de la sorte dire le silence â Une vacuité qui se traduira d'abord par une panique face au rien. Il passe par cette épreuve de l'anéantissement de tout ce sur quoi il tablait pour être. Est-ce la prescience d'un soi, est-ce le début de la dissolution d'un moi ? Il n'a pas de connaissance pour mettre des mots qui seraient des parapets contre le vide, des frontières rassurantes quadrillant l'illimité, protectrices d'une inspiration affranchie des barrières.
Il va disparaître, soufflé par l'esprit qui fera de lui ce qu'il veut. Table rase il achèvera en lui, lui faisant mordre la poussière pour qu'elle dessèche sa langue. Le poète, nettoyé de part en part, pâte à papier blanchie, en réception totale, se couche dos à terre, la face tournée vers un ciel terriblement bleu, vers ce qu'il a de plus cruellement beau, sa couleur, qui l'arrache à sa cécité native. Il fait face à un gouffre de glace, ébloui, se fige d'effroi.
Les racines du langage ne lui seront pas transmises. Il sortira de son aveuglement sans de quoi s'ancrer nulle part. Les mots n'auront pas d'étymologie. Ils seront juchés sur des orbites creuses, des ossuaires, des tombes. Leur révolte fumante se gravera à même sa peau. Le poète naîtra des animismes physiologiques, où se préparent, sous le couvert de géants arbres fougères, à germer les lianes légères d'un balbutiement de la spiritualité plongeant au cÅur du cannibalisme. Il servira de miroir aux ancêtres qui repèrent en lui un spectre humain apte à recevoir leur rayonnement, un après l'autre. Des totems encerclent le poète remuant qui danse.
Il subit l'excision, la mutilation initiale sur ce même pour quoi il vient au monde, qu'il ignore car elle lui est confisquée à sa sortie du corps de la mère. Désormais en lui sont sculptés les absents, ceux qui eussent pu lui transmettre les fontaines de joie du verbe auxquelles la vie le désigne. Le voilà pris dans l'histoire avant même d'avoir pu prononcer une parole. L'histoire lui enlève son pagne de clown qu'il revendique pour sa vraie peau, lui enfile à la place la bure de cendre. Le poète dépris de quoi que ce soit, se considère, dénudé par l'esprit.
Il consent à ce dépouillement empreint d'un merveilleux mortifiant qui le sidère. Le biologique trouve en lui, à disposition, le bon support sensible où s'inscrire.
De l'acceptation le poète passe par un état d'abandon. Révolté, il se rend, ôte une des cilices de force offensive qui l'enserre. Il cède au torrent d'un pan de mur qui lâche. Anéanti dans le rien il s'effondre sur lui-même, passe par une phase intermédiaire entre le cadavre et l'épave. Tout apparemment le laisse inerte, dépourvu d'un espoir de revivisence. Il porte en lui les signes mimétiques du parfait post mortem. Il s'estime occis, immatriculé comme ses semblables dans une des fosses ou sur le haut d'un des charniers du temps. Tel un insecte, ses pattes repliées, s'immobilise par instinct de sauvegarde, il attend pour repartir un retour du coma où il végète, bienheureux exempté. Soudain, alors que rien ne le laisse prévoir, de sa dépouille il rejaillit, casse neuve prête pour recevoir les caractères que l'esprit décidera d'y mettre.
II - LA VACUITÉ DU RIEN - LA CADENCE - LA FORMATION
Est-ce un miracle dans la succession des récits que la mémoire populaire transmet de génération en génération, ces scoops d'un événement redit, une rengaine, un air entêtant, un dicton fredonné ? Dans le merveilleux légendaire, ce qui se transporte depuis la première trouvaille d'une coquille de nacre aussitôt offerte à une femme â nu de la nativité, alors que le sexe se confond sans tabou avec un rituel nécessaire à la perpétuation de l'espèce humaine aussi en danger hier qu'aujourd'hui dans des contextes différents â le joyau irisé, posé dessus, qui sublime ses contours adipeux ?
Dans la suie l'être macère, traverse des ères successives de millions d'années de métamorphoses. A la fin le mystère s'empare de la seule cellule que l'être n'a pas expérimentée au cours de ses pérégrinations eschatologiques. Près de lui le mystère l'assigne à s'asseoir. Par hasard, on l'y retrouve un jour à ses côtés : L'être a bien dormi, il se réveille après sept ans ainsi le répète la chanson, un saint le libère de la huche où l'esprit le tenait enfermé. Il est devenu une boule de pâte à pain humide. Rafraîchi par les moussons de rosée, adepte des averses de jouvence, il se renouvelle en sa donation solaire. L'être latent reposait. Il a attendu, inoccupé, en friche.
La vacuité est une sorte de jachère.
Elle est un repos métabolique qui permet au sol de se reconstituer; une disponibilité, un sens de l'inutile. Elle se nourrit des caprices du désir coulés dans le suc des tiges, des racines, des graines, des pétales multicolores. Un réservoir se forme. Sur l'herbe des végétaux sauvages migrent, actifs sur ce terrain vague en passe de renaître en patchwork. La tentative fruste se profile d'un rassemblement des énergies manifestées sous divers aspects qu'illustrent les hectares écossais, les damiers pigmentaires. Une tartan se déroule dans les couloirs venteux des ondes dévidées en maintes directions versatiles.
La vacuité est ouverte à tous les vents.
Ils s'y engouffrent, irruption intempestive dans un réel, où des montées de la sève dans les hampes, des emportements de la houle cyclique ne laissent rien prévoir des champs qui passent de leur identité herbeuses à des mini-cyclones essaimant des verses , des ordalies du vent : que de crissements de ramées, de craquements des pailles. La paisibilité éternelle d'un panorama végétatif s'emballe en des courses circulaires, un retour de cadran, un marquage des renversements à venir des voltes qui martèlent le temps. La cadence escorte ces bouleversements diluviens, elle imprime ses révolutions, cote les règles de graduations inédites. Elle impose au désordre le tempo de sa toute puissance régulatrice même des chaos extrêmes. Le tohu bohu ne lui fait pas peur. Rien ne l'atteindra dans sa propulsion intérieure qui, de n'importe quelle façon, s'effectue. Elle agit sur les bords de la toile le monde prend place en son berceau extensible, qui d'un coup s'étend, d'un coup se rétracte, ainsi bondissant par une mobilité spasmique dans les univers de l'immense.
Elle anticipe déjà les murs du son, du photon, du corpuscule, franchis les uns après les autres au rythme de son pendule balancé par un geste auguste du semeur au dessus, à plat, en dessous, à travers les charivaris accidentels en sa constance cadencée. Le mouvement triomphe des accrochages dérisoires, qui ne freineront la marche des temps que dans la conscience que l'homme s'en fait, par les questions qu'il se pose, contre lesquelles il bute. Redevenu humble il progresse à l'abri de sa perpétuité. Toutes les fautes sont possibles, infailliblement elle absorbe les grains de sable qu'il laisse derrière lui en son cheminement vers la connaissance. Tout reprend place à chaque interrogation. L'homme bouleversé revient se mettre au garde-à-vous sous la cadence ou s'y étendre pour un sommeil, en toute quiétude.
Demain il fera jour. Le soleil dépassera l'horizon, éclairera le noyer au milieu du champ. La cadence bienfaitrice, amoureuse du plus petit au plus grand, ne fait pas cas des différences, des valeurs, des ratages, des griffures qui ne seront jamais que des graffitis sans conséquence sur l'apprêt de sa toile dont elle emmaillote tous les nouveaux nés, sans discrimination ou étiquetage de dates Chaque nativité prend place à côté de l'autre. Elles sont autant de cocons alignés dans la pouponnière des êtres en croissance, présentées simultanément aux principes spatiaux naturels. Un panthéisme redécouvert assigne de les mettre sous les influx favorables, réparateurs des grands maux, cataclysmes, qui suivront jusque dans les replis de l'espace, la mémoire des hommes hantés par leurs erreurs passés, qui laissèrent, dans cette nuit des temps ré initiée, des pans entiers d'humains à la sortie des usines à fabriquer des morts.
La cadence emporte les hommes dans sa traîne poussiéreuse d'une lumineuse rythmicité qui prodigue son énergie, où certains plus exposés à un de ses rayons le répercute sur d'autres moins éveillés, somnolant dans les limbes. Leur éclat les extrait de la léthargie. A l'origine de toute chose la cadence est la fertilité qui fauche de sa lame translucide les astres, les récolte, les met en gerbes, les engrange dans ses greniers de la conception, dont elle détient seule les alpha et les omega de leurs formes. Elle magnétise de son Åil corpusculaire quiconque la fixe. Souveraine elle régit, insuffle le vivant, meut le moindre atome. Revêtue d'un pagne cousu d'astéroïdes elle invite les athlètes, une fois entrés dans la ronde dansante, à maintenir les bords d'une fontaine intarissable où le rayonnement fut.
Aux abords de la vacuité toujours en attente, la cadence, source de joie, par son déhanchement érotique, aborde le cosmos. Grande séductrice elle repousse les pans d'ombre en dévoyant les influences néfastes sur eux, qu'elle aiguille vers les courants nourriciers d'un retraitement en permanence des poussières insignifiantes qui lubrifient, de leurs scarifications visqueuses, les moindres interstices preneurs des résidus infinitésimaux.
La vacuité accueille l'imprévisible.
Les constellations les plus inattendues s'en rapprochent qui, de près ou de loin, gravitent autour. Elles sont les lignes directrices de la vie, les bras circonstanciels où s'accroche l'être.
Le voilà pris dans la spirale. Des électrons se positionnent. La vacuité l'entraîne. Il perd la notion de possible que lui assignent les limites de son organisme. Des causes agissantes l'enrôlent, balle de rocker qu'elles se repassent de volute en volute, de spire en spire. Il swingue, il tangue. Une valse s'accélère. Il se déporte, le tournis s'en empare, qui contraint ses membres à s'adapter aux changements de son existence. Il n'a pas le choix de sa destination. Le grand souffle, fils de la cadence, le canalise. Il sait vers où prendre avec lui l'être, que sa volonté de vivre excentre des amas agglutinés pour débusquer le pôle d'amorçage à un nouveau départ. Il le charrie dans des zones du cerveau, où sa conscience ose fouiller dans le micmac d'un réseau de thalles confus, lichens de pensées déshydratées, herbier d'idées sinueuses. Il les dégage pour qu'elles remontent, poussée dentaire, dans la mâchoire des énergies préalables à une formation en soi, qui s'exhibe à l'être dans sa blancheur nivéale.
Il touche des pieds la formation, la frôle de ses douces mains d'etre en recherche. De sa langue il goûte, la faisant claper sur ce qui constitue. Est-il un vautour introduit dans la matière grise dont il se repaît, ou un oisillon déplumé qui réclame beaucoup pour croître ? L'être s'aventure à l'endroit où le souffle, à la merci des charmes envoûteurs de la cadence, le dépose parmi les parfums boisés du rêve, les essences d'une idylle entre le réel et l'imaginaire, l'amour trompeur des offrandes chaloupantes, autant de femmes en leurs courbes, autant de mères onduleuses qui penchent sur la naissance leur visage clair. Elles déchirent le voile d'une semi clarté, apparaissent à l'être, filles du regard mitigé de l'esprit qui sourit en filigrane, jamais ne s'esclaffe, ne se distancie ou ne s'avance, présence bénéfique en sa flottaison royale. L'être sur ce terrain, préparé par les causes agissantes, circonvole plutôt qu'il ne marche, creuse, avec les reliefs, son sillon qui prend sa part de la formation, y participe.
Ainsi est-il conduit sur les bords à suivre du canal de l'imaginaire, évité depuis longtemps pour ses dieux et ses déesses déchaînés dans les bacchanales. En réalité, le poète ne fait que consolider, par l'écriture, les remparts des châteaux de sable tiède que l'océan des images avale, forteresses dressées dans les dédales de l'âme, sans cesse reconstruites devant la mer, qui recommence la lente dévoration de leurs contreforts par des vagues obéissant aux périodes de recyclage d'une loi qui ne fait pas cas des Åuvres des bâtisseurs.
Le poète s'applique à prévenir ce risque de dévorement par l'imaginaire. Il apprend dans les secrets d'une longue patience à sécréter un ciment scriptural, fait de sang, d'humeurs, de sueurs, de musc, qui permet à l'écriture de ne pas céder aux séductions des mille Åillades, aux élixirs versés par des envoûteurs, à l'ivresse du fantasme. Pour parvenir à un tel mortier, il fuit ce qui le détourne de l'attention que le savoir-faire exige, seul garant de la teneur d'une écriture qui résiste à l'imaginaire, tout en se laissant bercer par ses vagues captivantes, nécessaires, incontournables.
Un fois assuré ce barrage contre une inondation par les images, construit le parapet face à l'abîme qu'elles ouvrent, renforcées les armatures retenant une destructuration du langage par leur débordement, il s'abandonne enfin à elles, nombreuses sur le parvis des mers. Il accoste leur pente glissante. De toutes parts un bardage le prémunira d'une chute irrémédiable. Empêché par des liens, il est prêt à écouter le chant des imagières.
L'être a bâti, plutôt par souci de se sauvegarder que de recherches ultérieures, une ossature dont les arcs-boutants le mettent fortuitement en contact avec la formation. Il se familiarise avec cette zone vierge, terra incognita, en prend les moirures, les reflets. A la longue il ne se distingue plus des corpuscules qui la remplissent. Il est dedans, indissociable, inclus. Il va, simplement lui-même, se mettre à exprimer ce qu'il vit dans une langue première, saisie aux lèvres de la femme gonflées du lait de la terre, de ses substances nutritives dont les sucs en offrent les caractères indélébiles. Chaque homme est un sage, chaque sage un philosophe qui hisse l'être sur ses épaules pour qu'il pressente plus avant dans les chaînes de la végétation, dont les tresses, les entrelacs, les croisements schématisent les voies empruntées par la formation.
Pour marcher dans ses pas le poète, inclinant son buste, dit merci, ce proclamant, il parle au plus près de la formation. Non séparé d'elle il remercie de ce qu'il lui est donné d'en ressentir. La formation de très loin qu'elle était devient si proche qu'il ne lui sera plus possible de prendre ses distances avec elle. Il a la tentation de l'écart pour mieux la contempler de sa taille humaine, la deviner tout enveloppée qu'elle est de ses voiles bleus, en bas, en haut, dans l'infini où elle suspend le sommet que d'autres chercheront en vain à observer dans ses outremer en abîme qui font tourner la tête. Il a le désir de l'embrasser, là encore, y parvenir, il ne le peut. Sa chair colle à sa chair, ses yeux sont dans ses yeux. En tel état, lapin hypnotisé par les phare d'une voiture en pleine nuit, il perd sa capacité de courir. Par ses prunelles de céramique, incrustées d'ébène dans du lapis lazuli, la formation le maintient en sa condition d'homme qui ne pourra se diriger vers elle que dans la passion du retour d'être par son intercession. Ce retour décapite en lui toute tentation d'un mal de vivre, vieux spleen mis au rebus, qui ne subsistera que dans les Åuvres de ceux qui surent en faire, par leur génie, une mine où puiser des échappées devenues des parangons pour ceux qui leur succèdent.
L'être privé du support ancestral, à l'origine de sa structuration, remis en cause par trop de barbarie, reste cependant génétiquement prédéterminé. Il tend vers la recherche d'une table, où continuer à inscrire ce que des générations ont mis en Åuvre pour produire des rejetons, aptes à prendre le relais de leurs jalons plantés au fil des siècles : trophées, alléluia, éloge. Mais, sans support, il ne le peut. Comme il se retrouve dans le monde, de ce dedans il fera son dehors, sa pierre où écrire ce que dans ses gênes on lui impose de graver, disposé ou non qu'il soit à s'y résoudre. Il n'a guère droit au chapitre, il s'exclame, poussé par les morts qui l'utilisent pour revenir crier, par lui, leur perturbation révolutionnaire d'avoir été offusqués suite à une inacceptable inhumanité. L'être dans ce tohu bohu exhumera l'hymne que les ancêtres, plus dérangés que des fourmis dans une fourmilière remuée avec un bâton, ont dans le désordre laissé se recouvrir de terre. Maintenant le monde est son tableau. Il procède au déterrement de l'hymne, puis à son transfert dedans, où il prendra place parmi les autres pièces du puzzle.
L'être, face à un questionnement ad aeternam sur la formation muette, trouve, dans une lueur de soulagement, le remède à son angoisse métaphysique : d'abord dire merci, ce qui, en général, lui prend toute sa vie, le prémunissant des gouffres partout menaçants.
En symbiose avec la formation, le voilà tout penaud qui rentre dans le rang, chevalier preux, reconduit à l'assaut du mur des couronnements qui se superposent en diadèmes emboîtés, tiare sur tiare en sa tiare, aux degrés des marches d'orfroi étalonnés sur un escalier incommensurable des sacres des soleils.
Il se repositionne dans le monde, s'y fond, fort de son expérience de serviteur courageux. Il a reçu pouvoir de se faire caméléon polychrome, rampant sous les feuilles polymorphes, occupant des arbres d'essence multiple, fréquentant les galeries polyvalentes, exploitant les filons feuilletées. Il fait tous les métiers, s'essaient à des positionnements pour voir sous divers angle ce qui est, dont il ne peut se défaire.
De la formation, il ne comprendra jamais rien que par un mimétisme savant. Ses tours lui permettront de dissimuler à sa maîtresse, qu'à défaut de la connaître, il ne fait que s'offrir à elle, orant en supination. Ces multiples masques d'explorateur qu'il revêt sont à chaque fois un axe qu'il tient dans sa quête d'en savoir un peu plus sur ce qui le dépasse. Chaque masque le ramène finalement à la même figure à découvert d'oblat. A sa question reformulée autrement, toujours la même réponse : le recueillement. En lui les angles du temps s'aplanissent, usés par des recommencements qui n'ouvrent que sur des renvois au soi.
L'être a gagné, non des réponses, médication à sa fièvre, mais la perception d'une dissolution du temps qui, perdus ses repères chronométriques, ne se compte plus que comme spatial, ainsi se résout. L'être s'y égare dans un ralentissement par trop d'immensité. Chaque ligne à franchir s'éloigne autour de lui. Les pieds dans des chaussures en plomb sont lourds à se dépêtrer, fixés aux rives de chaque pas, pétrifiés en plein rêve, où tous les muscles se paralysent alors qu'un feu signale de courir pour éviter les flammes. Une fois franchie cette ankylose, le temps, dans une seconde phase, quitte son caractère de butoir. L'être éprouve une libération. Il pénètre une autre dimension. Le temps s'abolit par la nécessité intérieure de résister à la pression de cette traversée des sables. Le cheminement du poète est si long qu'il ne le surmonte qu'en dominant l'impatience d'être plus amont.
Devant le décalage entre son impatience et la patience réclamée par des sabliers gigantesques, il n'a plus pour issue que de lâcher prise avec les repères du temps. Le voilà qui tombe dans l'espace, dedans, il ne voit que de l'espace. Pareillement il progresse moins la montre du temps. Dans sa recherche cette abolition devient un acquis qui lui concède une détente. Parfois, somnambulique, il marche ensommeillé. Le temps devenu espace extensible influe sur son état de conscience. Il n'appréhende plus la réalité dans son apparente évidence. Il la resitue dans ce qui, au delà, l'enveloppe, la prend avec en sa substance englobante.
Son corps et sa pensée circulent de concert par une plasticité répondant aux moindres modifications de cet espace. ses saillies se nivellent. La substance où il accède est meuble. Il réapprend à se mouvoir, apprentissage de la motricité après la nage, la marche.
Peut-être sa conscience est-elle entrée dans la formation où jusqu'ici il demeurait inconsciemment. L'impatience et la patience l'auront conduit à stimuler en lui cette perception endormie qui, peu à peu, refait surface, le trempe dans ce bain où il disparaît à la façon d'un peintre dans son tableau. Si la matière du tableau n'est plus alors de la peinture mais l'incarnation d'un cheminement spirituel, l'être aussi incorpore sa quête avec des mots en couleur.
Il se délivre en redonnant quelque chose de lui que la formation approfondit. Jusqu'à sa mort elle le poursuit, le devance, le déjoue, le malmène, le booste, le bouge, le surprend. Son habilité astucieuse maintient l'être dans l'ambiguïté d'un emprisonnement affranchisseur. Le don est son retour. Par lui il se libère d'une charge à chaque fois reformée de l'intérieur. Ce qu'il reçoit est que ce vécu ne le sera pas une fois pour toutes mais, au contraire, se manifestera sous d'autres aspects.
III - L'OUVERTURE
Le néant se change en un lieu disponible aussi vaste que le fut son non lieu. La disponibilité ne tient pas compte des critères du beau, du bien. Le poète extasié se consacre à un don de perception visionnaire reçu du monde. Ces étendues en expansion insensée englobent avec elles tout pour un pardon miséricordieux, une réparation universelle qui verse son baume balsamique, manne d'amour, en contrepartie d'un sacrifice de l'être déjà consommé à l'heure où il commence à le ressentir, temps de latence requis. Tout est derrière lui, lui n'est plus que le devant vers lequel il court, le souffle de l'esprit dans la nuque pour qu'il ne se fourvoie pas.
Il écrit dans la conscience modifiée du néant, absorbe ce latex déversé généreusement par les bambous du désert, oasis de la providence, où se multiplient des coïncidences de
flambloiement.
Le poète subit une révolution mentale, la visière de son casque se soulève, il envisage le planétarium sans bordure qui va le faire se déplisser pour mieux l'admirer.
De l'imago, couleur sépia entre boue et cuticule, s'extirpe le papillon qui cache encore les « huit reflets » des dessins imprimés au revers de ses ailes. Un coquelicot à la fraîche se défripe. Sous un arc-en-ciel le poète désire cette trajectoire, lui aussi possède les cils vibratiles qui lui permettent de se déplacer, ébranle la rotation qui adhère à la gand'roue. Le voila articulé sur une pièce d'horlogerie spatiale, la spirale. Elle l'entraîne avec les autres engrenages démultipliés. Il est aussi capable, lui-même, de se mouvoir dedans à l'aide de ses cils en conservant son indépendance. Autonome, il vit le miracle de se laisser pénétrer par les mouvances giratoires, quelque part à une autre échelle.
IV - L'IMAGINAIRE
Le poète projette devant ce qu'il voit par la fenêtre qu'il a percé au dos de son cerveau. Il affronte le trou noir, celui que tout le monde refile à l'obscurité en son obscur. Obscurité, trou autiste, où se bousculent les remous de fonds aveugles.
Il ne cherche pas dans cette ouverture un imaginaire gratuit, dénué de sens, la perte d'une boussole, ni un intervalle, où raison et écriture automatique fusionnent au risque d'un trouble de l'équilibre, mais une autre appréhension de l'imaginaire : un imaginaire du noir total à la place du petit bonheur la chance onirique, un voyage prévu dans un noyau d'ombre enveloppé de son cytoplasme noir. Cet imaginaire là est structuré, il pourrait être l'envers de la liberté habituellement attribuée à l'imaginaire. Il est d'une espèce où conscience et réflexion font alliance pour extraire de ce noir, une à une, les poches structurales qui l'organisent, poches ouvertes d'où se déversent, ainsi les boulons d'une caisse à outils, les pièces les plus variées. Le poète travaille sur elles en négatif, penché sur des creux qu'il fait exister en les exprimant. Si ses yeux ne les voient pas, ses mains les tâtent, puis les moulent, avant de les mettre en bouche.
Il accède non à un imaginaire gratuit mais à un imaginaire du néant.
Enfin, le poète a trouvé la matière de son écriture automatique, celle qui ne serait ni le jouet des hasards ou de réactions chimiques du langage, mais prendrait corps dans une méditation occultée, dans le non révélé du néant, sous le voile de la maya. Il ne se lève que par une séries de détours impossibles à consigner sur un registre, ou à formuler dans un mode d'emploi. Le dévoilement s'accompagne d'une expérimentation intérieure de l'esprit. L'esprit mentor virevolte soudain, sa torche allumée, le poète à sa suite, tous les deux entrés dans la grotte du rien. Son néant est si ample que le poète se demande par quel bout il va débuter pour représenter ce que les feux de l'esprit lui en découvrent lors de cette descente.
Il a confiance, ce n'est pas à lui de décoller le film adhésif qui voile, une force efficiente s'en charge, permanente, fidèle à son être dans les tournants les plus cruciaux. Il lui suffit de se laisser tracter par elle sans lui imposer une orientation puisqu'il sait que la trame de fond est tissée. Désormais il a localisé en lui les fondements constitutifs sur quoi échafauder, tissus à retendre sur un squelette, des éléments disparates en circulation libre.
V - SURFER SUR L'IMAGINAIRE
Pour ne pas s'anéantir, il s'apprend à naviguer avec souplesse : sentir les ébranlements nés d'une dynamique, reconnaître que les espaces de flottement, où il ne capte rien, sont le matériau inerte intermédiaire, la résille du vitrail, pour tenir ensemble les actions qui animent la fresque que le flambeau de l'esprit balaie par intermittence. L'être est pris dans ce jeu. Planchiste, il surfe de surprise en surprise sur le néant. L'esprit, de sa torche, désigne dans un clair-obscur un coin du peplum. Le poète entrevoit un magma en activité. Il s'arqueboute, s'oppose à cette lave jaune et rouge, se retient pour ne pas tomber dans le volcan aperçu dessous en pleine poussée. Il déchiffre dans les flammes des ombres qui se profilent. Elles sont de l'écriture vive dans l'expectative, dont la lecture puis la transcription se font par séquences, rencontre d'une volonté intérieure avec un vouloir de l'esprit, qui président au décollement du ruban adhésif sur le néant.
Parfois, participe-t-il ou non à son décollement ? La force lui assure qu'il ne se perd pas, qu'il est en train de saisir ce film invisible. Il ne s'agit plus de tergiverser, mais d'empoigner la glissière que l'esprit suggère. Il s'en remet corps et biens à lui. Cet engagement dans le néant lui vaut, au moment de s'y anéantir, l'arrivée impromptue de l'esprit en temps et espace parfaits pour le sauver. Une conjonction s'opère aussi improbable que la rencontre de deux planètes.
De ce phénomène inespéré naît une révélation en train de se faire, saisie en son jet, sans recul avant et arrière possible, c'est là, dans l'instantané, que tout se joue, que, surtout, la bonne manÅuvre pour passer sans chavirer dans le cratère s'effectue. Pareille concentration sur l'immédiat le détourne d'une appréhension susceptibles de provoquer le faux geste fatal. De plus, cet instinct de survie va enclencher un autre bénéfice : une meilleure acuité dans la perception de ce qui est juste à portée. Il pense sans brouillage. La vitre, balayée par l'essuie-glace de la concentration, restitue un champ de vue où le poète fait place nette.
Il atteint, à vue de sens, le point central, cÅur du cyclone. Dans l'Åil, il accède à des blocs de penser, s'applique à leur excavation, assis au volant rotatif des enchaînements spiralés qui lui permettent de voir, par retournements, à quoi ces blocs ressemblent. Ils sont à facettes noires luisantes d'une dorure souterraine, piégée dedans
VI - L'Åââ¢IL DE LA SPIRALE
Le lien entre l'Åil et les blocs de penser se montre sans un rapport apparent avec ce que l'on entend ordinairement par un enchaînement. Il se présente d'une manière inconcevable. Il s'impose dans son état métaphysique. C'est à prendre ou à laisser. Il semble être le résultat d'une chaîne de calculs automatiques. Il propose en bout de maillons une équation, un égal à.
De l'incompréhension cet enchaînement passe, évidemment, à un état de fait. Le poète va le prendre au titre d'une hypothèse sérieuse, confirmée que le poète écarte de la possibilité d'être mis au rang d'une hallucination. Il la considère, apparition transitoire, giboulée, phénomène, comme seulement la nature sait en produire. Il ne la déclare pas inepte, ne la rejette pas, s'en empare pour aller plus loin dans une confiance totale en l'esprit qui pourvoit.
Voilà une image posée : le bloc à facettes noires. Elles luisent d'une dorure intérieure.
De même dans l'immédiateté de ce bloc admis, verra-t-il, à portée, une figuration du ciel : un disque debout, tangent à lui, en sa bleuité.
Il voit. Il dit. C'est tout. Il prend ce que l'esprit fournit.
Le néant lui dicte la transformation engendrée par le balayage du flambeau de l'esprit sur les parois de la grotte. Le poète est pris dans un élan. Une même force motrice, qui entraîne avec elle les bras de la spirale, prend aussi, dans son sillage, d'autres écrits issus de la modification du poète lors de sa descente dans le rien, derrière son mentor Esprit. Ils sont de même nature, nés d'une pareille inclination pour le néant, quelque part dans le conceptuel, mais sur des parallèles à un autre échelon de la mathématique.
Le poète n'est pas toujours en mesure d'analyser ce que le flambeau lui montre. Des pans du néant éclairé échapperont ainsi à sa mémoire. Ne lui en resteront qu'une impression d'éblouissement par des flammes. Il sent que, là, se passent des choses importantes. Il tentera à sa mesure, humaine et réduite, de les rendre au plus près de.
VII - EN PÉRIPHÉRIE DE L'Åââ¢IL
Dans le néant l'esprit enseigne à l'homme la connaissance de sa présence, de la présence tout court qui lui tend la flèche directionnelle. L'homme prend ensuite le relais, une fois l'esprit évanoui. Il se souvient de sa présence, tâche dââ¢y suppléer où qu'il soit, dans la nature ou dans le néant. Il devient le garant de cette présence, son gardien.
Le poète est renvoyé à son humanité. Il rendra compte de ce lacunaire que le rien lui fait subir, de son effet d'échappement qui pourrait l'effacer. Face au mur, le condamné n'a plus rien à perdre, il se jette par la fenêtre spirituelle pour fuir une menace de mort terrestre immédiate Il pousse, ce faisant, un cri aussi automatique que celui du nouveau né entrant au contact de l'air. Ce cri contient en lui une épopée, perdue aussitôt le cri jeté. Alors le poète cherche à la retrouver. Il y parvient à partir d'un ante cri (Festival off) généré par la spirale en rotation, ante cri que signale une balise, colonne, totem de la spatialité, jalon dans la vastitude localisant le cri épique qui va suivre : une épopée de la parole.
Dans cette construction tout se tient spiralement sur des niveaux distincts de la conscience écrite.
Du lacunaire une épopée émerge, réponse humaine à un dépassement de tout par le guide du poète, l'esprit. Puis une absence de son mentor l'oblige, au cours de ses tribulations, à faire apparaître, pour la combler, « Les interlopes », épopée de la parole.
Ce qui en résulte est différent de ce que le poète attend, justement, pour cela, il se tient au plus près du spirituel. Lors de son passage aux côtés de l'esprit, l'homme, en dedans, est soumis à une transformation alchimique. Il devient un alambic de l'esprit, qui travaille en lui, pour qu'il rende son cri épique, jus spirituel extrait de l'homme.
L'épopée, bien que sans rapport apparent avec les poèmes épiques à travers le temps, se situe dans leur lignée. Elle ne relate plus des batailles, des événements historiques, des joutes politiques, des récits mythologiques mais une parole. Celle-ci magnétisée par la spirale en rotation s'approche de la sphère épique, laquelle, par attraction, l'absorbe, influx gravitationnel sur une parole qui vient à passer un peu trop près d 'elle. Tout est relié, cette parole sans séjour, sans réponse à une commande, sans étude, sans objet apparent sinon l'urgence de dire, entre dans une lignée : Homère, Virgile, Dante, Le Tasse, les contes et légendes, le livre des morts, le Kalevala, Gilgamesh, les upanishads. La fortune l'installe lelong des piliers de la mémoire, et elle s'y tient.
L'épopée de la parole a été dirigée vers « ce qui relie » par une logique supérieure du spirituel. Le problème d'une mise en rapport des diverses sources écrites est, dès lors, résolu.
Le funambule des mots, dissident, se retrouve finalement au point de jonction de ce qui rassemble, en plein paradoxe de la séparation. Il pose question. Tout écart partirait en fait d'un centre en tant que conscience aiguë d'une appartenance à une source unificatrice.
Le poète est un flambeur, flambeur au sens de l'inventeur qui brûle tout son mobilier dans son four pour obtenir la bonne température de fabrication, permettant à une mutation créatrice dans la matière de se faire, à la spirale de se mettre en mouvement. ll n'est pas un flambeur fou mais porte en lui un projet de la mémoire dans la Mémoire. Il y a dans ses actes un ordre qui répond à un but, dont l'inconscient immensurable détient la logique.
En lui se tient une graine d'incendiaire. Il sème de ci de là des flammèches en vue d'un embrasement paroxystique de l'esprit. Le feu est nécessaire à un avancement spirituel qui ne recourt à ce qui relie qu'à un certain degré d'échauffement intérieur. Le passage par un état, peut-être « fou » eu égard aux témoins, est la marmite où, avec les joints tournés tous ensemble, le bateleur en rupture est intégré à son insu. Il s'évertue aux paroles du jongleur : « Jongler, c'est facile, essayez. »
De la sorte lancé il sait que désormais le sol se dérobera sous ses pieds, qu'il apprendra à expérimenter cet élément inhabituel. Il y développera de nouveaux organes ou les modifiera peu à peu pour se tenir en équilibre sur les patins à glace des mots.
Le spirituel est ce qui relie. Le poète le découvre par un écart qui le ramène à lui. Il ne doit ce constat qu'à un ratage de sa détermination à partir loin de tout. Frère de Rimbaud, non avant mais après-coup, il a eu une pulsion vivifiante de la même sensibilité, certes bien à lui, mais qui n'est pas sans analogie avec
le « tourner le dos » rimbaldien.
VII - DESCENTE AU ROYAUME DES OMBRES
Parrainé par l'esprit le poète descend au royaume des ombres, non des ombres passées mais des ombres futures. Il n'entre pas dans l'épopée mais dans la sÅur jumelle de l'épopée : une épopée négative, épopée en creux que le jour éclairera à nouveau dans un temps programmé des grands cycles cosmiques. Il prépare dans les moules de la mémoires la nidification d'une épopée en attente dans sa ténèbre qui exerce un pouvoir d'aspiration préalable à sa prise de corps. Les moules pour permettre à une écriture abstraite de s'incarner sont préalablement scarifiés, scarifications où des particules sybillines pourront s'accrocher.
Ce qui est voué naturellement à passer dans le trou noir d'une absence de mémoire, servira au contraire de canal d'iconographie à travers ce trou noir, d'où ressortent une horde de gueux et leur poète dépenaillé, revenants gênants, déstabilisants, que l'on n'attendait plus ou pas au festin de l'empyrée entre le nectar et l'ambroisie.
IX - LA RÉVÉLATION
Le poète attend le souffle que lui inspirera l'esprit dont il dépend pour connaître la révélation. Tapi, il se tient réveillé, veilleur des ténèbres, dans un autre temps, une autre logique. Il est disponible, vacant pour être à même de faire de la place, d'accueillir la pluie de paillettes qui recouvrira sa vacance, avant de se dissoudre pour une vacance ultérieure
La révélation a l'apparence d'une façon de voyance. Elle est vécue non dans le retrait, une contemplation en soi, mais dans les instants d'un déplacement quasi magnétique d'une lacune à une autre lacune. Elle se vit en même temps qu'elle se dit. Le dire devient dès lors simultanément prédiction. Le poète écrirait ainsi sur deux plans :
Le réel qui est la rive où s'ancre une écriture abstraite pour s'incarner
L'esprit qui est déjà en avant ou au dessus dans une perception immédiate des temps
Lui, le poète, s'accroche aux deux pour accomplir sa médiation :
A gauche le monde
A droite les sphères du monde
Au centre le poète fait le grand écart, prélève un peu des deux, les ramène sur une scène qui serait la surface, où peuvent non seulement se jouer la médiation, mais encore la permettre et sauver une appartenance au monde.
De la sorte, le poète se situe dans la possibilité de réaliser une utopie. L'écriture n'est pas un rêve mais le truchement par lequel l'utopie se concrétise. Pour autant le représentable n'est pas un dogme, un système, mais un bref instant éclairé de la paroi du néant, rien qu'une parcelle phosphorescente dans le champ des interprétations de l'écriture.
L'écriture est au cÅur de cette représentation. Elle est son principal objet. L'écriture du fond de son antre la propulse en pleine lumière.
Le poète plutôt que de rêver l'utopie la réalise par le truchement des mots qui prennent corps en s'accrochant à des aspérités du moule, passant de l'abstrait au concret. Il effectue un travail préalable de manÅuvre, qui prépare son support de façon qu'il soit en mesure de retenir de la mémoire. Le poète est voué à ce travail de manÅuvre durant tout le temps de l'écriture, sinon la prise sur le réel ne pourrait plus se faire.
L'utopie est le combat essentiel de l'être. Il est pour lui, d'une façon contradictoire, la seule chose qu'il concrétisera dans le temps de sa vie. Il est un ouvrier en bleu de travail de l'utopie, au plus près de la matière, des outils, des matériaux écrits, tablant sur ce qu'il tapote du bout de l'écriture.
L'utopie devient le contraire d'un envol mais la lutte, bec et ongle, qui donne naissance à ce rêve endormi, la spirale, dans son bloc de granit, en attente des mains qui le dégrossiront. Un homme entre en rapport avec un pays à redécouvrir, normalement inexistant, voué à l'échec, voire maudit dans l'opinion que s'en fait le collectif. L'utopie est la sorcière à chasser quand, pour le poète, elle est la perle à pêcher au sein du rocher d'obsidienne. Elle est la nacre et le noir. L'utopie devient l'épreuve que le poète surmonte. Elle confirme un vivant en lui. Cette nacre ne se formera que par les spasmes psychiques de l'homme en train de sécréter son utopie. S'il veut la perle il doit Åuvrer, apprendre à utiliser des muscles psychiques au repos, ainsi pratiquer une greffe sur la spirale de l'écriture, où les irisations d'une perle à écrire pourront se fixer.
Le poète brave l'utopie. A travers elle il entre en duel avec le vieil homme en lui pour l'évincer au nom de l'homme. L'utopie est une sorte de quête revisitée du Graal. Le poète la mesure ainsi que s'évalue la force d'un adversaire auquel on se frotte. Il ne peut que l'affronter puisqu'elle contient à ses yeux les germes vitaux d'un avenir possible.
L'utopie quitte son abstraction pour devenir, comble de l'abstraction, un objet abstrait projeté concrètement devant le poète. Il la sort d'abord de sa gangue par la pensée, l'épluche comme on le ferait d'une banane, et tire d'une abstraction un objet charnelle à consommer. En matérialisant son désir d'écrire il réalise déjà une utopie existentielle. Elle démarre, là, dans l'acte de prendre la plume. L'utopie compose avec la réalité de l'être en tant que existant par le seul fait de la mettre en Åuvre. Par l'utopie le poète fait aboutir l'être qui repasse de l'absence à la présence. Il n'a que cet outil intermédiaire devenu, en même temps, l'Åuvre par une superposition de l'outil avec ce à quoi il sert. La main de celui qui tient l'outil réussit à sortir du petit le grand et à faire rentrer le grand dans le petit par un jeu des perspectives que les peintres connaissent bien. L'impossible advient. Dans la représentation s'affichent des pensées mises en scène au nom de l'utopie.
Margo Ohayon
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DEUXIÈME PARTIE - ÉCRITS
par Margo Ohayon elle-même
Légende, par Margo Ohayon :
I - AVANT LE RIEN
LE SURRÉALISME
Alors la poésie me mène vers une forme de surréalisme spontanée. Je me laisse porter par un imaginaire.
Un jour suffit à l'âme émue
pour voler haut, haut dans la nue,
sur un nuage animalier
que ne poursuit nul cavalier.
Elle entend les freux se disjoindre,
un beau vizir va la rejoindre.
Ses regards sur un cumulus
sont dissouts par un gros nimbus.
Le soleil habillé de voile
aveugle au zénith une étoile....
Extrait inédit
Aussi dans des lettres :
Vingt quatre janvier mille neuf cent soixante et onze :
« Au nom de l'harmonie,
la poésie du moi sera décapitée »
(roulements de tambour, éploiements de sabres.
Un rail rouge circule en terre).
Extrait inédit d'une lettre à André Pieyre de Mandiargues
LA DESCRIPTION
Devant lââ¢imaginaire il me semble que je ne lââ¢affronterai pas sans prendre le risque dââ¢y sombrer ou de me perdre dans une écriture gratuite dénuée de substance en profondeur.
Je me lance alors dans la description avec un souci de précision, soucieuse de la beauté des objets, de leur présence concrète.
Ce nââ¢est pas une rupture mais une tentative de ré ancrage sur le réel.
« Dans un cristal transparent fleurit la tige lignifiée d'un arbuste. Ses fleurs blanches en fausses ombelles compactes, plus ou moins longuement pédonculées, s'en écartent. Des feuilles en languette à pétiole court poussent à la base des pédoncules flexibles. Singulier, un rameau de feuilles alternes, tronquées et dentées dans leur partie supérieure, se dresse, relais végétatif, distinct des ombelles. »
Extrait inédit
II - LE RIEN
Entre trop dââ¢imaginaire et trop de réel l'être descend plus profondément dans les soubassements de la conscience. Il y fait la rencontre du rien qui accomplira en lui une révolution spirituelle. Après cette traversée initiatique du rien, il en ressort par l'autre bout sur l'écriture pour accomplir sa remontée vers un accomplissement existentiel.
Le rien serait une prise de conscience en soi d'une vacuité qui prend tout à tour des teintes de nihilisme, de crise dans l'inspiration, de mal être au monde.
Finalement je débouche sur la découverte intérieure d'un vide qui serait une grâce, un appel à accueillir tous les possibles
Le Rien prend la place d'un centre. Sur ce noyau attractif viennent se greffer des bras distincts qui s'organisent en spirale
III - APRÈS LE RIEN
Chaque bras de la spirale entraîne le Rien, son noyau, dans une rotation.
LE RIEN
« ...A peine réalise-t-il sa transformation dont la venue a lieu furtivement. Les signes avant coureurs se produisent mais il ne devine pas, quand ils se font sentir, qu'ils indiquent un changement dont la brutalité est aussi forte que son annonce est sourde. A-t-il même le temps de se retourner ? Sans pouvoir anticiper la mutation il se sent autre irrémédiablement. »
Extrait Le rien. In RALMag nº 5. Editions Le Chasseur abstrait

RÉCITS
Flaujac
Les trois baies
Garabit
CONTES
L'oiseau de givre
Dépatouillard
SONNETS
Eveil face au miroir
Vie étrange
POÈMES
Visions
Le couvert de nuages
sur l'ensoleillement
disparaît,
l'infini éloigne
les murs de la chambre.
Il sonne,
courir à perdre haleine,
agitée une voix balbutie :
« Allô ».
Extrait Visions. Editions Associatives Clapàs
Saisons
A l'ombre du voir,
construction ou ruine,
le crépuscule
obscurcit les traces.
Extrait Saisons. Editions A chemise ouverte
Terre
La forêt est profonde,
l'agglomération s'étend,
au bois la cloche tinte,
en lisière l'avoine s'approfondit :
Evaluer la moisson ? Plus tard.
L'horizon entre les feuilles et l'air,
trop loin pour les yeux d'aujourd'hui,
s'efface, alibi du couchant.
Extrait Terre. Editions Encres vives
Echos
Le patron en blanc se tient sur le seuil où jouent les musiciens. Un visage auburn au soleil se tourne vers les consommateurs qui boivent un vichy-menthe. Lui, tel un bouchon sur les ondulations mobiles, flotte. Sa femme et son fils l'étreignent. Sous leurs baisers il vacille.
Extrait de Echos. Editions associatives Clapàs
Textes d'hiver
Le carillon dans la montagne émet un tintement. Sa vibration limpide en l'azur tremble avec l'abaissement du jour, qui endort la reconnaissance des ombres informes au sommet de crépusculaires hauteurs.
Extrait de Textes d'hiver. Editions Le nÅud des miroirs
Les signes
Un triangle danger saillie d'arbres précède une allée de frênes jusqu'à une balise au col rouge. La ligne de pointillés blancs souligne un virage qui aboutit sous un signal indicateur d'une intersection. Un losange jaune vif surmonte le panonceau schéma figurant un Y. La route se divise en deux : une voie à gauche, la nationale prioritaire continue à droite.
Extrait Les signes. RAL,M. Editions Le Chasseur Abstrait [Editions Encres vives]
POÈMES BREFS
Arc
Loin des moines
chantent des cercles
dont l'harmonie
les fait tourner.
Extrait Arc. Editions Encres vives
Panorama 2001
Les voitures disparaissent,
des passants s'enfuient
arrive un souffle
qui enlève les feuilles.
Extrait Panorama 2001. Editions Jean-Pierre Metge
Sillons
A l'arête du toit
un éclat de gel
reflète la lune
aux ailes brûlées
coupant la nuit.
Extrait Sillons. Editions Encre vives
Les mains
Le dos au soleil,
sa main en visière,
il note un faux pli
entre son ombre
et le sable.
Extrait Les mains. Editions Trames
APHORISMES
Filigranes
A l'angle du désir deux frères se battent
Extrait Filigranes. RAL,M. Editions Le Chasseur Abstrait [Babel Editeur]
Les glaneuses
Voici l'air où cède la liane
Extrait Les glaneuses. RAL,M. Editions Le Chasseur Abstrait [Editions L'arbre à paroles]
Quark
Quand l'intemporel s'épuise la patience prend le relais
Extrait Quark. RAL,M. Editions Le Chasseur Abstrait [Editions associatives Clapàs]
Bribes
Un grain déstabilise l'écriture
Extrait Bribes. RAL,M. Editions Le Chasseur Abstrait [Babel Editeur]
Poussières
Lââ¢écrit est le soleil noir de lââ¢oral.
Extrait Poussières. RAL,M. Editions Le Chasseur Abstrait [Editions Le nÅud des miroirs]
ÉTUDES
Etude sur les Auteurs
José Angel Valente. RAL,M. Editions Le Chasseur Abstrait
Salah Stétié. RAL,M. Editions Le Chasseur Abstrait
Etude sur les aphorismes
A contre-temps. RAL,M. Editions Le Chasseur Abstrait [Editions Associatives Clapas]
CORRESPONDANCE
Aigrettes
La civilité n'est pas à la mode. La violence au contraire semble de rigueur. Le tendre, décalé, s'adapte sans comprendre, emporté dans le social comme dans un fourgon d'animaux de boucherie.
Extrait Aigrettes. Babel Editeur
Lettres à G
Ce que j'écris avec le moins d'assurance se révélerait tenir debout à la relecture. Je ne saisis pas comment. Le second souffle ?
Extrait Lettres à G. Editions N & B
CARNETS
Carnets
Intima
IMAGINAIRE
Vers la lumière
J'enlève une barque d'émail blanc pour la nettoyer. Ella a une brèche au milieu de sa coque de neige. En mon cÅur elle est représentative de la virginité. Son vide dans l'hermine transporte l'invisible. Voilà pourquoi je la prends. Quand je reviens, je trouve à sa place un paquebot aussi immaculé qu'un lys. Il se manifeste, lumière encore plus grande.
Extrait La lumière. Editions Poésie Toute
Hors du tout
L'auréole serait tout le contenu ? Peut-il entrer et sortir indépendamment de cette macule ? Tenant l'envers et l'endroit dans ses fibres collées, elle surgit d'un seuil trop profond pour renaître à la surface. Lui, à défaut, s'accroche à son empreinte.
Extrait Hors du tout. Editions Rafaël de Surtis
Les signes
Est-ce un marquage ou un trompe-l'Åil qui les enfonce dans des panoramas en séries. Plus ils regardent plus la vision se divise en mêmes facettes libératrices de signes distincts. Chacun les interpelle. Singulières surfaces ils aimeraient en fuir l'étrangeté, ne plus être envahis par leur renouvellement trop rapide.
Extrait Les signes. RAL,M. Editions Le Chasseur Abstrait [Editions Encres vives]
A partir du rien la spirale en tournant à lââ¢aide de ses bras donne naissance à des floculations plus spécialement en un lieu favorable à leur formation, dans la suite du bras de lââ¢imaginaire. La rotation se poursuivant un corps astral se forme en filiation avec l'imaginaire, qui s'en détache : Festival off ou ante-cri épique.
Le noyau poursuivant son mouvement en spirale des agrégats entraînés par cet ante-cri épique s'accumulent, élaborent par gravitation une nébuleuse à venir, une épopée de la parole : Les interlopes.
FLOCULATIONS
Le cerf-volant
L'harmonie des sphères
CORPS ASTRAL
Festival off
« Écrasez moi ce terroriste à air indien. L'iroquois ligote un semi remorque. Entre les poudreux et le dealer la barre en métal le pulvérise.... »
Extrait Festival off. Editions Le chasseur abstrait
NÉBULEUSE
Les interlopes
à paraître chez Le chasseur abstrait : SABLES.
Margo Ohayon
margo-ohayon.ral-m.com
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oOo
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Édito
ANALECTIC SONG
TROIS PERSONNAGES AU CARRÉ
Le Tome V de mes poésies complètes est en cours. En voici le
premier chant, le XX. Le chant XXI a déjà été publié ici.
...

Poésies complètes de Patrick Cintas dans les Cahiers de la RAL,M
ICI.
Je sais bien que la mode est au poème qui dénonce. Mais les guerres et autres ignominies sont plutôt appréhendées par des poètes qui ne les ont jamais vues d’assez près pour ne pas manquer de pertinence. Leurs poèmes sont des œuvres d’imagination écrites sous l’influence de ce que les médias et leurs interprètes communiquent à longueur de temps chez qui laisse la porte ouverte à ces flots d’informations plus ou moins fiables.
Tout cela change la poésie, certes. Mais en quoi ? Pas forcément en poésie...
En ce qui me concerne, ce n’est pas de cette manière que je change la poésie pour une autre poésie qui pense gagner du terrain sur ce qu’elle change. Je m’en tiens à des considérations somme toute assez traditionnelles. Je touche à ses instances comme on s’approche d’un instrument dont on ne sait plus vraiment jouer quand l’harmonie est balayée et que la mélodie n’est pas un objectif à atteindre sous peine de cacophonie. D’ailleurs, je ne change rien. Le matériau obéit à une rhéologie qui elle-même n’est pas, ne peut pas être un art comme certains le croient. Les procédés métriques et autres n’ont pas d’intérêt pour moi. Les postures esthétiques ou carrément morales ne m’inspirent pas.
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Nº 67 - Le SLAM de la RAL,M !
2010
Nº 66-bis - Projets ralmiques
Nº 66.2 - Éloge du terrorisme.
Nº 66.1 - La condition textuelle - de Pascal Leray
Nº 64-65 - juillet-août 2010 - L’été des poètes !
Nº 63 - Pas de printemps pour les poètes ?
Nº 62 - SCUM
Nº 61 - Cinéma-roman & Roman-cinéma
Nº 60 - La poésie, Rougerie...
Nº 59 - Identité nationale
Nº 58 - Camus... j’aurais aimé la France...
2009
Nº 57 - Salon du livre de Paris 2009.
Nº 56 - Les poètes - Novembre 2009.
Nº 55 - L’auteur chez Le chasseur abstrait.
Nº 54 - Textes et Prétextes - La revue du site.
Nº 52-52 - <I>Etoile de l’Aube - Délégation Haute-Garonne/Midi-Pyrénées de la Société des Poètes Français.
Nº 51 - L’auteur et son libraire.
Nº 49 - Meschonnic maintenant.
Nº 47 - Collectif ALM.
Nº 46 - Une année de plus.
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2007
Nº 33 - Antimesse pour Karlheinz Stockhausen.
Nº 32 - Lettre ouverte à monsieur Azouz BEGAG : celle que j’aurais dû vous envoyer…
Nº 30 - Entretien avec Luciano MELIS, éditeur.
Nº28/29 - Douche it again !
Nº27 - Poésie & Religion.
Nº26 - Hommage à ROSTROPOVITCH.
Nº 25 - D’un coup de dés, l’espace du poème depuis Mallarmé - avec Ann-Sarah Laroche - Bibliothèque de Toulouse.
Nº 24 - Du chômage.
Nº 22-23 - Le droit de choquer.
2006
Nº 21 - Vallejo y Neruda - Entre classique et romantique.
Nº 20 - À propos de Robert REDEKER.
Nº 19 - Désespère !
Nº 18 - FEMME(S) & CRÉATIVITÉ.
Nº 16-17 ART & THÉRAPIE.
Nº 15 - Espace de Valérie CONSTANTIN - Livres d’artistes.
Nº 14 - Onuma Némon - Julie-la-fête.
Nº 13 - Jean ORIZET, le duende.
Nº 12 - COMBAT CONTRE LE PÈRE - Tractatus ologicus III.
Nº 11 - SPÉCIAL ROBERT VITTON - Un aléa d’îles.
Nº 10 - Féminité et créativité : créer ou ne pas être.
2005
Nº 9 - La poésie, déesse cachée du désir quand le silence se brise.
Nº 8 - Tractatus ologicus.
Nº 7 - Jouir de sa douleur.
Nº 6 - Le droit à la nuance.
Nº 5 - León FERRARI - L’Église catholique et la peur de la Beauté.
Nº4 - Derrida made in America.
2004
Nº 3 - En vue de notre mondialité.
Nº 2 - Écrire, pourquoi faire ?
Nº 1 : Écrivez pour empêcher les autres d’écrire.
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Qui publions-nous ? Des écrivains, pourvu que, dans le « créneau » où ils ont choisi de s’exprimer, ils excellent : de la chanson à la poésie la plus difficile d’accès, du roman traditionnel aux compositions complexes de la modernité, de la réflexion pragmatique aux pensées les plus aventureuses - nous n’avons de limites que le talent et l’honnêteté intellectuelle.
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Numéros spéciaux
Actor - Le livre des lectures documentées - de Patrick Cintas
Il n’y a rien d’autre à faire, pour commencer, que de s’expliquer du mieux qu’on peut. Ainsi, la matière initiale est soumise à des contraintes venant de l’extérieur comme de l’intérieur. Qu’il y ait des lois à cela n’est pas impossible. Est-il toujours assez tard pour s’en inquiéter ? Les premiers personnages sont nés dans des récits de lecture.[...] Ceci est donc la narration de faits, vrais et imaginaires, à opposer aux choses — faits soumis à l’étude de leur déformation et de leur écoulement sous l’effet des contraintes de l’existence. On peut appeler ces faits de la poésie.
Gor Ur - Le Gorille Urinant - de Patrick Cintas
Les lecteurs d’ ANAÏS K. connaissent déjà GOR UR, le Gorille Urinant. Le voici de nouveau dans un contexte bien différent, celui d’un feuilleton. La littérature en prend un coup, sans doute, mais le ton y est. L’Urine divine est toujours en lutte contre le Métal gothique. Et l’inspecteur Frank Chercos suit les pistes, épaulé par la Sibylle et l’astronaute John Cicada. La parodie grotesque de ce Monde continue sur le ton du récit le plus vernaculaire qui soit, en proie à l’infantilisation de l’Homme plus destiné à arracher les pattes de l’insecte qu’à en envisager la cohabitation émerveillée d’un côté comme de l’autre. Ici, peu de schizophrènes, beaucoup de paranos et surtout énormément de cons. Les prévisions de cyberespace et autres uchronies de la technologie sont tombées en désuétude : l’existence de l’Homme se continue en dehors des grands récits qui forment autant de possibilités d’Histoire : la Philosophie, la Poésie, la Poétique. Avec ce roman obstiné, Patrick Cintas décrit la gangue politico-religieuse qui écrase ou réduit celle ou celui qui se définit d’abord par la pratique d’un art. Art conçu comme l’antipode exact du jeu et par conséquent proposition d’une redéfinition du Travail. Hélas, Gor Ur sort toujours vainqueur de ces joutes et son Urine jaillit alors comme l’eau bénite des doigts trop enclins à la fabrication du Bonheur au détriment de l’explosion de la Joie.
Robert Vitton - Thaumaturgie vernaculaire
L’existence serait composée de miracles, prodiges du quotidien, phénomènes sujets à émerveillement, et cela n’aurait de cesse si les mots continuaient d’appartenir à une langue propice à la poésie parce qu’elle est toujours en quête de l’heure dérobée, concept purement poétique dont Robert VITTON, poète et prosateur, est l’inventeur. La particularité de l’homme tiendrait à la proximité de cette langue, à sa familiarité, et à la multiplicité des détails de l’heure. En vers ou en prose, c’est bien l’existence qui est cernée dans un chant poétique continûment inventeur de ses découvertes que le poète ne cherche pas à posséder tant il a conscience d’être possédé par elles.
Serge Meitinger - Autoscannographie
Nous n’avons que notre corps, mais son monde - le nôtre - ne s’arrête pas à la surface de l’épiderme. Nous n’y sommes pas enfermés comme en une outre chaude et molle ou en une cuirasse bardée de muscles. Sans cesse nous rayonnons et recevons les impulsions de tout le dehors, proche et lointain, dans toutes les gammes sensibles, conscientes, inconscientes, préconscientes comme si notre peau était tambour et tamis, interface diaphane et protecteur à la fois. Nos sens sont des émetteurs, des vecteurs et des récepteurs ; notre esprit un convecteur, ordonnateur et disséminateur. De fait un halo nous entoure et forme notre avant-corps, une aura qui nous rend sensibles à ce qui est et à autrui. Ainsi nous pouvons appréhender le monde en ses qualités propres, les autres en leur singularité sans avoir à toucher ni à être touchés. En avant des corps, les avant-corps se connaissent et s’éprouvent ; si ces derniers ne se conviennent pas, les choses et les êtres, les corps et les esprits ne communieront jamais et iront même jusqu’au rejet. Socialement et culturellement, certaines lois dites de « proxémique » règlent une bonne part de ces rapports (possibles et souhaitables) et les tolérances sont variables selon les latitudes, les cultures et les groupes sociaux. Plus intimement l’on parlera d’aimantations et de « tropismes » : des polarisations, parfois infinitésimales et affectant tous les sens à la fois, nous situent par rapport à tel ou tel autre, telle ou telle réalité plus ou moins prochaine. Et si nous ne pouvons pas « les sentir » c’est que quelques-unes des particules sensibles et olfactives émises en leurs avant-corps nous répugnent particulièrement. S.M.
Pascal LERAY - Une sériographie
Tant que l’oeuvre de Pascal Leray demeurait inédite à cause d’un monde éditorial voué au commerce et à ses usages, on ne pouvait guère en mesurer l’ampleur qu’en se rendant sur l’Internet pour explorer les "forums" où cet excellent écrivain allait jusqu’à manger de l’homme. Puis il se mit à développer dans la RAL,M une activité créatrice originale et d’une exceptionnelle maîtrise. Depuis peu, Le chasseur abstrait a entrepris de publier ces livres tous hors du commun et surtout capables d’explorer le langage sous toutes ses formes : roman, poésie, théâtre, musique, chant, peinture, critique, etc. Un pareil effort sur le Monde est autre chose qu’une simple palette. C’est une oeuvre. Et comme cet homme sait jouer de son visage et de son rire, ces textes proposent une sérieuse physionomie de la littérature avec des échappées d’un humour parfaitement ravigotant.
RAL,M & L’ANCRAGE : L’étranger
Voici donc un ticket aller simple. Nous ne garantissons pas les retours. C’est notre première et dernière exigence. Ramer à la force du poignet. Audaces fortuna juvat. L’idée d’un tel rapprochement, un précédent entre deux revues des deux côtés de l’Atlantique, peut sembler étrange. Et bien justement. Nous traitons ici de l’étrange, de l’étranger. (Victor Grauer et Patrick Cintas opteront pour l’idée d’Aliens.)
De sorte que le moment ne pouvait pas être plus propice à l’aventure. ¡La aventura comienza con el hombre !
Peu à peu l’oiseau n’a pas fait que son nid ; il s’installe tout doucement. La collaboration avec la RAL,M nous a tous rajeunis. L’Ancrage a vu le jour il y a de cela quatre années et la RAL,M a un an ; tandis qu’aujourd’hui RAL,M & ANCRAGE ensemble, le temps d’une escale sont en train de naître sous vos yeux. On a toute la vie pour apprendre. Nacer Khelouz.
BRUITS de Valérie Constantin
Les lecteurs de la RAL,M ont pu explorer depuis plusieurs années l’univers pictural de Valérie Constantin qui exerce son influence sur l’esthétique de cette revue et des ouvrages publiés par Le chasseur abstrait. Les « bruits » constituent une partie seulement de son œuvre plastique, mais ils ont une importance nouvelle. Ce sont ces « bruits » qui forment en ce moment l’essentiel du contenu proposé par l’artiste aux internautes. Exposition qu’on peut visiter sur son site :
valerieconstantin.ral-m.com
Les bruits y sont déclinés en trois mouvements ou phases qu’il convient de commenter. Une unité s’en dégage, uniquement plastique, avec ce que cela impose de retentissements intérieurs.
SPIRALE de Margo Ohayon
Ce nouveau spleen, ce mal de la vacance, cet exil le projettent dans des terres glaciales aux tonalités froides que cernent maints régions forestières, où des futaies d’indifférence s’étalent à perte de vue, n’offrant pour tout bruissement qu’un silence d’une profondeur tellurique, angoissant par son éloignement des frontières supportables de la perception humaine. Il entend jusqu’à la surdité. Le silence lui crève les tympans. Il apprend à reconnaître ce réel sans altruisme d’une matérialité incontournable, qui dresse devant son envergure de fourmi les murailles d’un monde géant souterrain, citadelle fortifiée d’un envers. Le retour de vagues prêt à l’immerger durant ce rêve reflue pour venir se mettre à niveau du rivage, la chaleur l’immobilise en un bien-être soudainement. Les souffles viennent à lui en sens inverse.
Les poètes du chasseur abstrait
Poésie... « projet d’ordre esthétique consistant à mettre en question toute représentation du réel effectif et de faire accomplir à la langue, jusque là médiatrice entre exprimable et exprimé, un saut radical qui la fait changer de statut à l’intérieur de son propre code », écrit Gilbert Bourson à propos de Rimbaud.
Pour Jacques Roubaud, « la poésie s’adresse particulièrement à ceux qui la reçoivent [...] elle n’a pas une intention de récit ou de pensée. »
On n’en finit pas de gloser sur la pertinence des propos et du propos. Certes, mais la poésie ne peut pas se passer de commentaires. Sans eux, elle perd non pas son sens, mais le sens de ses chemins. Entre autres, ceux que nous empruntons ici, au coeur même du catalogue du Chasseur abstrait.
Notez l’adresse Internet de cette page spéciale car la liste s’allonge au fil du temps.
poetes.ral-m.com
Les narrateurs du Chasseur abstrait
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Espaces d'auteurs
Espace de Patrick Cintas
Patrick Cintas dirige la RAL,M depuis avril 2004.
Espace de Valérie CONSTANTIN
La peinture nous force au silence pour nous rendre capable d’entendre sa rumeur. La poésie propose sa rumeur pour nous rendre sensibles aux couleurs du silence.
Michel Butor
Side effects de Nacer KHELOUZ
Le théâtre de ma souffrance d’humain est d’abord un théâtre, c’est-à-dire un spectacle. Et comme tel, j’exige de lui qu’il aille au-delà du supplice.
Lèvres du silence de Marie SAGAIE-DOUVE
Née en 1949, j’appartiens à la génération du baby-boom. Issue d’une famille qui allie l’aristocratie à la paysannerie, laquelle évolue vers la bourgeoisie, j’hérite d’une culture où la liberté de penser se heurte aux dogmes d’une religion, dont les interdits rythment les gestes quotidiens. Au centre se noie mon désir.
Lettres vagabondes de Benoît PIVERT
Lettres vagabondes... comme une imagination capricieuse et paresseuse, comme les zigzags du désir qui s’envole et retombe, imprévisibles comme ces rencontres que l’on fait au hasard des chemins de traverse de la littérature. Lettres d’ici et d’ailleurs. Lettres libres comme l’air d’un vagabond solitaire en quête de sens.
Línea de sombra de Oscar PORTELA
Literatura. Filosofía. Cine...
Né dans la province de Corrientes (Argentine) en 1950.
Important écrivain argentin, il a publié de nombreux livres de poésie : Senderos en el Bosque, Los Nuevos Asilos, Memorial de Corrientes, La Memoria de Láquesis, etc) et d’essais sur la pensée philosophique contemporaine comme Nietzsche sonámbulo del día. Ses livres sont publiés en Espagne, au Mexique, Venezuela, Paraguay. Il est aussi critique de
cinéma et compositeur.
Interlope de Andy VÉROL
Créé en 1997, Interlope était un projet à l’initiative d’Arturo B. Vidal, 6Mic et Andy Vérol. Revue confidentielle papier, Interlope ne vécut que deux numéros avant de croupir dans l’oubli.
C’est en 2007 qu’Andy Vérol décide de reprendre l’initiative, avec une façon toute artisanale de fabriquer cette revue devenue, depuis, post-culturelle… Les années 2000 ont révélé l’inutilité des combats, des luttes. Tout est « révolution » ou « révolutionnaire ». Les nouvelles technologies, une « révolution ». Le pouvoir d’achat, une « lutte ». Si l’on dit du mal des patrons, on est taxé de « réactionnaire ». Si l’on fait remarquer la vie misérable de 80% de l’Humanité, on passe une page pub.
Interlope est la revue de ceux qui considèrent l’Occident comme un espace prédateur, un pays pour les dominants, tels les zombies dans les films de Romero, poussant leurs caddies, de façon mécanique, dans des centres commerciaux rutilants, derniers espaces de communication, de savoir-faire, de bien-être, de labeur et de spiritualité…
Interlope laisse donc la place aux écrits de ceux qui considèrent un suicide violent et vomitif, comme un acte de libération ultime… Ou peut-être l’écriture. L’alcool. Les drogues. Le sexe sans limite… L’abstinence… La dépendance à tout autre chose qu’à l’économie, la morale et l’idée d’un possible…
Produire du sens de Stéphane Pucheu
C’est à la fin des années 1970 qu’il devient lecteur, de par l’intérêt de ses parents pour le livre. " On n’est pas sérieux quand on a huit ans " . Dès cet âge, les romans d’aventure, ceux de Jack London ( " Croc-Blanc " ), Rosny l’aîné ( " La Guerre du Feu " ) et Michel Peyramaure ( " La Vallée des Mammouths " ) notamment vont développer son imagination et lui apprendre à connaître l’homme. Puis, adolescent, la tragédie grecque et les romans policiers seront ses principaux univers, à travers les oeuvres de Sophocle ( " Antigone " ), d’Euripide et d’Agatha Christie, une période au cours de laquelle il découvre le théâtre contemporain avec Cocteau ( " L’Aigle à deux Têtes " ) qui marquera sa mémoire. Quelques années plus tard, il abordera avec passion les grands classiques du XVIIIe et XIXe siècles comme Laclos, Stendhal ou Flaubert. La littérature contemporaine s’impose, en parallèle, avec Gide, Proust, Mauriac, Saint-Exupéry ou encore Sartre et Camus. Les écrivains américains ont aussi leur place dans son parcours de lecteur éclectique et exigeant, tels que Henry James, John Steinbeck, Hemingway ou Charles Bukowski. L’un des auteurs les plus récents et importants - disparu l’année dernière - est sans nul doute Alain Robbe-Grillet dont il admire le style, la pugnacité et la liberté de ton, un écrivain à ses yeux incontournable.
En résumé, un ensemble de lectures classiques et modernes, académiques et originales dont certaines, comme Molière ou La Fontaine, conservent toute la puissance de leur singularité. A la fois proche du XVIIe siècle - le siècle de la révolution formelle - et du XXIe, marqué par l’impact toujours aussi grand du Nouveau Roman, c’est de cette manière qu’il s’accorde avec la littérature et le temps.
Chantpoésie de Jean-Claude CINTAS
L’inconnu sans ami de Jean-Michel GUYOT
L’impuissance de toute littérature, le dégoût qu’elle inspire, et dans le même temps la nécessité d’écrire et de travailler, voilà l’arc bandé par Georges Bataille et quelques autres.
Entre tous, Bataille aura permis de décocher quelques flèches vénéneuses qui ont volé loin.
Elles n’ont pas encore touché leur cible. Elles vibrent dans la solitude des œuvres.
Mais les œuvres, qui s’en soucie ?
J’aurai écrit pour rejoindre les autres, avec souvent l’espoir de changer un peu la donne, avec l’ambition de dévier le malheur vers des eaux plus claires.
Je n’y suis pas entièrement parvenu.
Le malheur est coriace. Il est vrai qu’il a de nombreux alliés et qu’il sait trouver des appuis jusque chez ceux et celles qu’il tourmente…
Restent - subsistent ? - alors des textes, nombreux, très nombreux, comme des graines de bonheur pas encore germées que je dissémine au hasard de ma vie.
Pas seulement.
Mes textes - c’est tout ce que je leur souhaite - ne sont pas que des traces laissées dans la neige ou la boue, ce sont avant tout des signes d’amitié lancé à l’inconnu sans ami, mais - c’est pure merveille - de signe en signe, ce n’est pas un nouvel amour qui est né dans l’écheveau du temps, mais un amour nouveau, et c’est bien ainsi.
Espace de Santiago MONTOBBIO
Santiago Montobbio est né en 1966, et les premiers poèmes de Hospital de Inocentes datent de 1985. La jeunesse du poète a de quoi nous surprendre, tellement sa culture, la maturité tranquille de sa vision et la robuste limpidité de sa langue témoignent d’un tempérament d’homme et d’écrivain très affirmé.
D’emblée, la parenté de la poésie de Montobbio et de celle de certains de ses grands prédécesseurs espagnols, Alberti et Machado en particulier, nous frappe. A partir d’images simples, empruntées au quotidien et à la nature, il évoque le “sentiment tragique de la vie” qu’Unamuno plaçait au fond de l’âme espagnole, ou ce “passage éphémère” que Cecil Day Lewis citait comme “le thème poétique par excellence”. Les fantômes du vent, les “eaux orphelines” “un amour, une ombre, un oubli” sont les symboles favoris de cette poésie du passage, comme les vies qui “passent comme rien”, sans bruit, avec simplicité, dans le silence.
Jean-Luc Breton
Espace de Serge MEITINGER
Espace de Gilbert BOURSON
Espace de Françoise HÁN
Affectivité nourrie de Cécilia AMBU
Je suis née le 5 Juillet 1976. Je n’ai pas choisi de vivre, mais personne n’a choisi de vivre…
Espace de Pascal LERAY
Le zinc de Robert VITTON
Le comptoir d’un café est le parlement du peuple.
Honoré de BALZAC
Je tisse, je m’escrime dans ce vingt-et-unième siècle comme je l’ai fait dans le vingtième et comme je le ferai dans le trentième. La succession des jours, des ans, des époques nous offre des traces, des indices, des signes, des trouvailles, des énigmes, des clefs, des outils, et par conséquent des langages. L’évidence même, j’ai à ma disposition toutes les modernités révélées. J’ai à ma disposition les onomatopées caverneuses, les plaintes et les cris gutturaux, les grommellements et les gueulements caserniers, les accents des tours babéliques des banlieues, les verbiages salonnards, les babillages commerciaux et industriels, les incantations des fées féodales de la Finance, les anônnements bâtés, entravés de la main-d’œuvre, les ricanements édentés de la Misère… J’ai à ma disposition, dis-je, tous les langages tirés de la nuit, des cendres, de la poussière, des fosses des temps. Ce qui me fait croire que le bipède omnivore, avec ou sans plume, cocalisé, duffel-coatisé, basketisé, bigophonisé, walkmanipulé, en quelque sorte équipé pour recevoir la connaissance, devrait tirer avantage des évolutions dues aux grands chantiers de la Science et de l’Art. J’ai à ma disposition les archaïsmes, les barbarismes, les maniérismes… Les mots, des mots, mes mots… Un personnage est d’abord du texte, constatait Louis Jouvet. J’ai posé mes mots, j’ai rencontré des mots, j’ai désigné, taillé, forgé, déformé, inventé les mots. Un personnage est fait de mots c’est à dire d’idées, de paysages, de lieux, de souvenirs, de personnages.. Au fil de mes relectures, je suis devenu – peut-être redevenu - tous ces personnages, tous les personnages que ces personnages portent en eux. Je n’ai pas toujours eu la maîtrise des entretiens intérieurs, des demandes, des réponses, des questions, des réparties, des ripostes, des afflux, des tourbillons… J’ai travaillé les sons et les sens jusqu’à l’ivresse de la profondeur, interrompant, détournant le courant paisible ou rythmé de l’écriture. J’ai profité sans restriction des aparté, des silences, des rebondissements, du grotesque, du burlesque, du pathétique, de mes réminiscences. Le décor… J’avais en mémoire ce conseil d’Ernest
Hemingway : Quand on a quelque chose de difficile à faire dire à un personnage,
surtout le faire boire.
La spirale de Margo OHAYON
Ce nouveau spleen, ce mal de la vacance, cet exil le projettent dans des terres glaciales aux tonalités froides que cernent maints régions forestières, où des futaies d’indifférence s’étalent à perte de vue, n’offrant pour tout bruissement qu’un silence d’une profondeur tellurique, angoissant par son éloignement des frontières supportables de la perception humaine. Il entend jusqu’à la surdité. Le silence lui crève les tympans. Il apprend à reconnaître ce réel sans altruisme d’une matérialité incontournable, qui dresse devant son envergure de fourmi les murailles d’un monde géant souterrain, citadelle fortifiée d’un envers. Le retour de vagues prêt à l’immerger durant ce rêve reflue pour venir se mettre à niveau du rivage, la chaleur l’immobilise en un bien-être soudainement. Les souffles viennent à lui en sens inverse.
Atelier de traduction de Marta CYWINSKA
Les amoureux sont d’éternels traducteurs. Ils viennent après pour être avant, ils promettent avant pour trahir après. Ils promettent des images aux mots et des mots aux femmes qu’ils n’aiment plus. Je les accuse, mais je n’ose pas les conseiller. Pétales de roses, princes charmants, déclarations à l’aube et au crépuscule en face d’abréviations et l’emploi des anglicismes.
Mais en même temps, les traducteurs sont toujours mes chevaliers ; ils ont toujours ma confiance en poésie et en prose, comme d’ailleurs en art et en musique. Peut-être suis-je trop naïve en meublant mon coeur d’étagères pleines de poèmes que personne n’osera jamais traduire ?
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LA SPIRALE
de Margo Ohayon
Contenu : Réflexion et création. Numéros thématiques, anthologiques ou consacrés à un auteur, leur objectif est de communiquer le travail des auteurs publiés ou non par le Chasseur abstrait. [Lire la suite...]
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GORRURIENNES - Première volée
Depuis quelques semaines déjà, la RAL,M livre des goruriennes sans avoir expliqué ni comment ni pourquoi. Le pourquoi restera sans réponse, puisqu’il appartient à l’idiosyncrasie du lecteur (idiot/cin[glé]/crazy). Comment ? Eh bien parce que. Parce qu’un lecteur particulièrement attentionné (à mon égard) m’a renvoyé les trois volumes publiés sans un mot d’explication et qu’il en a (au cours de combien de lectures) surligné maints passages pour des raisons qui ne s’expliquent pas plus ni mieux. J’ai d’abord songé à des espèces de morelliennes [...]
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Le T&P 82 est publié chez Amazon et chez FNAC-Kobo
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Le premier trimestre 2013, qui correspond au numéro 82 de la RAL,M, est fortement marqué par quatre auteurs :
Pascal Leray
Gilbert Bourson
Jean-Michel Guyot
et Daniel de Cullá.
Il faut dire que ces écrivains n’ont pas mis la charrette avant les bœufs. Ils connaissent leur métier de longue date. Ils portent en eux tout le poids d’une œuvre. Et c’est ce qui les distinguent nettement.
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Janvier/mars - Nº 82 |
Modernité, aimer la vie ou pas... |
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Avril/juin - Nº 83 |
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Juillet/septembre - Nº 84 |
Hypertext is NOT text |
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Octobre/décembre - Nº 85 |
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ZONE éditoriale TRAVAUX in progress l'athanor
Au cœur de la RAL,M, un travail consistant à assurer la périodicité et les contenus individuels et collectifs. Cette section peut paraître quelquefois complexe, mais elle est l'endroit des recherches et des résultats.
Par principe, c'est ici qu'on entre dans la RAL,M. Mais on peut préférer y entrer de façon plus traditionnelle en consultant le plan du site ci-contre.
Tous les numéros et les éditos de la RAL,M depuis avril 2004, date de sa création.
La RAL,M publie des revues "papier" : T & P - RALMag - Cahiers de la RAL,M + la Lettre de la RAL,M.
Un thème... un auteur.
Les numéros spéciaux représentent toujours un gros travail d’écriture et de construction.
Ces auteurs ont bien voulu animer des espaces plus proches de leurs préoccupations que le sommaire de la RAL,M toujours un peu généraliste.
Cette zone éditoriale est aussi le lieu des sites personnels. Ceux de Patrick Cintas et de Valérie Constantin sont connus depuis des années et évoluent constamment. Pascal Leray est au travail.
En marge de la littérature des nations et de celle des peuples, voici une littérature plus modestement composée et assumée, ce que Ferdinand Cheval appelle le « travail d’un seul homme ».
Les lecteurs de la RAL,M ont pu explorer depuis plusieurs années l’univers pictural de Valérie Constantin qui exerce son influence sur l’esthétique de cette revue et des ouvrages publiés par Le chasseur abstrait.
La réalité était l’objet de ce roman énigmatique.
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Le site l'anthologie permanente
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Accès traditionnel au contenu de la RAL,M : « anthologie permanente » qui donne accés aux œuvres par les genres et les auteurs.
Dans ces rubriques, quelques centaines d'auteurs vous offrent de quoi lire pour présenter leur œuvre.
Notez que les auteurs sont classés par ordre de parution selon la bonne règle qui veut que les derniers arrivés sont les premiers servis — ceci pour donner la primeur aux plus actifs d'entre eux.
Toute la poésie, celle des chansons comme la plus difficile. L’exigence consiste à faire le mieux possible dans sa "partie".
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Tous les genres, les bons comme les mauvais. Narration, construction, écriture, tout est bon pourvu que la fable et la chronique, voire plus, tiennent le bon bout.
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L’essai rend plus clair ou plus complexe, au choix, mais il est pertinent. Tous les sujets sont invités, sans distinction d’aucune sorte.
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Théâtre du texte ou non, c’est un art suffisamment complexe pour qu’on s’y frotte en pleine possession de ses moyens.
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La musique adoucit les mœurs ou les rend prémonitoires, en chanson ou contre toute harmonie. Au clair de la Lune ou avec Boulez...
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Galeries virtuelles, avec ou sans commentaires. Avec la musique, le dessin et ses corollaires vont plus vite et peut-être mieux que les langues. Même l’homme du commun ne s’y trompe pas... ou rarement.
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Quelques auteurs s’entretiennent librement en essayant de ne pas sombrer dans le nombrilisme ni la morale, les deux écueils de la pensée au travail du langage et de ses esthétiques possibles.
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Quelques textes à propos de et au sujet de. Il s’agit ici de faciliter la tâche du lecteur en plongeant ici et là dans le magma que la RAL,M projette au dehors. À construire encore, au fil du temps qui passe.
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Infos l'éphémère |
Vos infos (blog de news), les nôtres (Le chasseur abstrait) et, en prime, quelques revues en ligne qui méritent l'attention.
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Infos et catalogue du Chasseur abstrait [ici]. Dans cette rubrique, quelques principes à prendre en compte avant d’aller frapper à la porte pour être publié.
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| Le blog de news distribue quotidiennement des infos sur les rendez-vous et les publications qui nous sont proposés par [email]. |
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