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Gott hat von Ewigkeit her die absolute Musik ein für allemal komponiert, vollkommen vollendet. Wir Menschenkinder bemühen uns im Laufe eines Kulturäons, diese göttliche Vatersprache zu erlernen. Das Zwölftonspiel regelt die psychophysischen Voraussetzungen der reinen Intuition, die es allein ermöglicht, die ewige unveränderliche absolute Musik als Offenbarung der Weltordnung zu vernehmen. Die absolute, die kosmische Musik gestattet den tiefsten Einblick in das Weltgeschehen. Die Töne mit ihren Obertönen sind Sonnen mit ihren Planeten. Die Sonnensysteme „temperieren“ einander; ihre Spannungen ordnen sich mit zwingender Notwendigkeit zur Sphärenharmonie. Zwölftonspiele beinhalten Funktionen der Milchstraßensysteme, die motorische Formungszentren organischer Prozesse sind. Das Zwölfton“spiel“ ist auch gleichzeitig ein Orakel“spiel“, wie es in dem uralten Weisheitsbuch der Chinesen, im Iging, überliefert ist. Josef Hauer.
2. Les auteurs du mois
Alexandra Bouge - Daniel de Culla - Flora Michèle Marin - Jean-Michel Guyot - Pradip Choudhuri - Françoise Huppertz - Harmonie Botella - Monsif Ouadai Saleh - Patrick Aspe - Thélison Aurélien. [Lire la suite...]
Direction de Pascal Leray avec les contributions d'André Villeneuve - Christophe Gallaire - Daniela Ivanovic - David Gallon - David Kantorovitz - Eva Kantorovitz - Guillaume Balzarini - Jean-Claude Cintas - Luciano Bruni - Patrick Cintas & Mel Bochner.
L’ouvrage collectif avait vocation à offrir au lecteur une traversée de la notion de série, dans ses différents héritages historiques. Un aperçu de la notion en linguistique était proposé par Jacqueline Picoche, un éclairage sur les incidences du sérialisme musical dans les domaines de l’art et de la littérature était proposé par Jean-Yves Bosseur. Les aspects historiques du terme n’étaient pas omis : le Cahier offrait, notamment, un extrait d’un texte de Proudhon, De la création de l’ordre dans l’humanité, où le philosophe développait une conception pansérielle de l’univers, influencée par Fourier mais s’inscrivant dans une logique qui devait influencer les sciences sociales dans leur ensemble.
Surtout, ce Cahier était l’occasion de découvrir des auteurs et artistes qui, d’une façon ou d’une autre, s’inscrivaient dans une pratique de la série : le scupteur George Ayvayan, l’écrivain et artiste Patrick Cintas, les poètes Guillaume Balzarini, Jean-Luc Vertut, Robert Vitton... Il ne s’agissait pas, pour autant, de mettre en évidence une quelconque « école sérielle » (ou néosérielle), chacun des intervenants s’inscrivant dans un rapport spécifique à la série, parfois même dans un non-rapport.
C’est que la série se présente sous deux aspects : elle est contrainte, combinatoire, exercice formel dans la dodécaphonie, dans l’art conceptuel américain de la seconde moitié du XXe siècle, dans la poésie de l’Oulipo et, en particulier, dans celle de Georges Pérec. Mais la série est d’abord un outil de description et sa dimension empirique ne devrait pas être tenue pour mineure. C’est, au-delà des procédures mises en avant dans les représentations courantes du sérialisme de Darmstadt, la tentative d’appréhension – et d’exploration – du fait musical qui caractérise les œuvres de Boulez, Nono, Stockhausen ou encore Maderna, et qui font éclater le strict cadre d’un système de génération entièrement rationalisé dont on a pu avoir l’illusion, un temps, permettant l’éclosion d’œuvres aussi fortes que la Deuxième sonate de Pierre Boulez, le Journal de Venise de Bruno Maderna ou encore le Mantra de Karkheinz Stockhausen.
L’empirie du sérialisme, c’est encore ce qui se dessine dans l’approche linguistique de la série. Non la constitution d’une forme a priori mais le dégagement de systèmes localisés, régionaux, partiels, la généralisation du principe de « série défective ». Ainsi peut-on dès aujourd’hui esquisser un nouveau champ du sérialisme, qui pose la contrainte non comme une méthode de composition ou d’écriture mais comme un fondement, une condition de la signification elle-même.
Le Yi jing
est-il sériel ?
On le dirait et pourtant, je crois qu’il n’y a dans le Yi jing pas plus de série que de poésie.
J’ai toujours du mal à dire à quoi sert le Yi jing,
à peu près autant que ce qu’est une série.
Cependant j’en fais, comme certains (du Yi jing), comme tout le monde (des séries), et de même j’écris des poèmes.
Quand Pascal Leray m’a proposé de contribuer à ce second numéro de la RAL,M consacré à la série en réfléchissant au thème « Yi jing
et série »,
je ne me suis pas mis à écrire un poème,
ni même à faire de tirages du Yi jing
une série.
Non, j’y ai promptement travaillé et j’ai commencé de rassembler des notes éparses. Mais par où que je m’y prenne non sans enthousiasme, ce n’était pas bien concluant et finalement, cela finissait toujours en poème […]
Toute répétition est qualifiée par un intervalle de temps – une distance entre
ce qui est énoncé et répété – nous suggérant une appréciation possible,
par mémoire et savoirs, des nuances entre ceci et cela.
*
Toute aussi pertinente serait une substitution de cet énoncé par le sonore :
accords, intervalles ou tout autre résonant ou matériau.
*
Tout aussi pertinent serait de le considérer
métaphoriquement, comme une idée musicale.
*
Une idée musicale sur laquelle œuvrer et, dans la répétition, en tirer ses nuances.
*
Le but étant, par la répétition, non seulement de varier le fixe mais aussi
d’appréhender, de mettre en évidence, autant de nuances depuis un point pivotant.
*
Qu’est-ce alors que la répétition ?
Divers états de changements, de nuances suggérées d’une idée, d’un matériau ?
Je n’ai aucune prédisposition, du moins permanente, pour les perceptions synesthésiques (l’audition colorée, la synopsie), et aucun goût particulier pour les correspondances. En revanche je travaillais avec quelques couleurs, une dizaine, que je connaissais bien. Je parle de couleurs réelles, faites avec les bons pigments que la Nature et la Science nous fournissent. D’abord intuitivement, j’organisai ces couleurs, je les distribuais, les répartissais, avec le sentiment d’être juste avec chacune d’elle, de n’en oublier aucune, de représenter chacune, ne serait-ce qu’infimement, dans chacune des parties du tableau. Mais je voulais tenter une expérience plus systématique et trouver un langage commun à la musique sérielle et, sinon à la peinture, en premier lieu à la couleur. Je décidai de peindre, non avec des couleurs, mais avec des séries de couleurs. [...]
— Peu… peu de peu… peu et peu encore… peu… un peu… deux peus… trois peus… etc. peu… en somme... peu… tout peu… soit peu… si peu... peu + peu + peu... des peus...
— Quoi peu ?
— Corps peu… œil peu… sein peu… jambe peu… main peu… pied peu…
— Quand peu ?
— Temps peu… c’est ça… nuit peu… jour peu… heure peu… minute aussi peu… et pourquoi peu ?
— Peu ?
— Peu !
— Qui peu ?
— Toi peu… Moi peu... NOUS peu… Il peu... elle peu... Tes peu… Mes peu… Sont peu… Mais peu...
— Et le nord... Peu-peu à qui peu-peu… peu pour peu que je peu... tu peu...
— Peu... Tu peu… sois peu... suis peu…
— Comment peu ?
— Si peu… tant peu… moins peu… dois peu… fais peu… si peu... […]
C’est peu de dire que Mel Bochner n’a pas, en France, la notoriété qu’une figure si importante de l’art contemporain devrait avoir. On se rassurera - si l’on ose dire - en généralisant cette situation à l’art conceptuel américain. Si le nom de Don Judd n’est pas complètement inconnu en France, celui de Sol LeWitt reste confiné à des cercles spécialisés. Quant à Carl Andre... Quant à Mel Bochner...
Sans doute Mel Bochner est-il le plus méconnu de tous, en France du moins. Et cette méconnaissance est doublement frappante : d’une part, parce qu’il a eu un rôle déterminant dans l’évolution de l’art américain, d’autre part parce qu’il est aux antipodes de ce conceptualisme étriqué qui a prétendu s’attaquer au langage sans de sérieuses compétences philosophiques et linguistiques.
Sans doute faut-il également voir dans l’absence de Bochner dans le paysage artistique français un effet d’époque. Témoin, le grand remaniement du Beaubourg l’année dernière. L’art américain n’y a qu’une place anecdotique et le courant conceptuel n’y existe tout simplement plus ! Un gardien, quand j’avais visité le nouveau dispositif des collections permanentes, m’avait expliqué qu’on les avait momentanément soustrait au spectateur au bénéfice d’une exposition temporaire. Pourquoi pas ? Il reste qu’un des courants majeurs de l’art du XXe siècle semble devoir faire les frais d’une revisite de l’histoire récente de l’art, dans un mouvement de balancier orienté vers le sensualisme acritique qui exclut, par principe, l’effrayante tabula rasa conceptuelle.
Mel Bochner est le théoricien de l’art sériel. Un art qui se définit à la fois dans la logique amorcée par Marcel Duchamp - le refus d’une conception esthétique de l’art - et dans une référence constante au sérialisme musical. Cette conjonction n’est pas anecdotique : il est en effet frappant de voir aujourd’hui combien la dogmatique sérielle fait office de repoussoir dans un champ musical qui serait désormais « libéré des -ismes ». En art comme en musique, la série - et plus encore le sérialisme - font peur. En art comme en musique, on ne s’intéresse plus tant aux oeuvres qu’aux fables qui les entourent, ce qui permet de se convaincre qu’ici comme ailleurs « le sérialisme est une impasse ».
Mel Bochner est d’abord un artiste de la pensée. Et c’est sans doute la grande – et rare – réussite de l’art conceptuel dans ses formes les plus avancées. A ce titre, Mel Bochner reste très proche de Marcel Duchamp : l’œuvre se joue d’abord dans le champ de la pensée. Mais d’une pensée jamais assise, où l’affirmation la plus appuyée recèle bien souvent un double-fond.
Il nous reste à remercier l’artiste de nous avoir permis de présenter – et je dois dire « hélas » en exclusivité – quelques pièces quasi inédites (parlera-t-on, à l’instar du monde de la musique, d’une « création française » ?) d’une œuvre qu’on peut, sans excessive déférence, qualifier de majeure pour nous aujourd’hui. Et à espérer que cette modeste et trop lapidaire présentation ne soit que le prélude à une redécouverte qui pourrait être quelque chose comme la réconciltation d’une époque (la nôtre) avec une chose qui semble si mal considérée aujourd’hui : la pensée. (Pascal Leray)
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Une des 30 planches présentées par Mel Brochner dans le Cahier
Yang, yang, yang, yang, yin, yang.
Ou
Un, un, un, un, zéro, un.
Ou
Ciel, ciel, ciel, ciel, terre, ciel.
Ou
Blanc, blanc, blanc, blanc, noir, blanc.
Ou
Prise, prise, prise, prise, étendue, prise.
Ou
Avoir, avoir, avoir, avoir, posséder, avoir.
Ou
Faute à voir a priori, faute à voir a priori, faute à voir a priori, faute à voir a priori, sans faute avoir après, faute à voir a priori.
Et
Poids et profit fonction, poids et profit fonction, poids et profit fonction, poids et profit fonction, de la sagesse du stratège, poids et profit fonction.
Et
A offrande princière, à offrande princière, à offrande princière, à offrande princière, grand prince offrant, à offrande princière.
Et
Faute d’ampleur, faute d’ampleur, faute d’ampleur, faute d’ampleur, le distinguer sans faute, faute d’ampleur.
Et
Du respect du bonheur, du respect du bonheur, du respect du bonheur, du respect du bonheur, en relie en impose, du respect du bonheur.
Et
Soumis à l’aide on en profite, soumis à l’aide on en profite, soumis à l’aide on en profite, soumis à l’aide on en profite, pour posséder mais sans avoir, soumis à l’aide on en profite.
De pas en pas
De pas de danse
En pas de visse
Patatras
Me voilà un brin emprunté dans mes pas
Qui me semblaient pas si mal
Mais patatras mes pas me mènent dans le square
Dans le fameux Square des Séries
Voilà ti pas
Que je me prends les pieds dans la moquette
Moquette feuillotante en série de feuilles automnales
Du marron aux jaunes des plus pâles au plus salaces
Parfois même parvenu au stade de décomposition
Ces feuilles sont le terreau régénérateur des séries
Voilà que je le piétine sous mes pas
Voilà que je me prends les pieds dans leur masse
Moquette sériellement tachetée du Square des Séries
Je ne sais qui je suis
J’ironise
Pas du tout
Patatras Square des Séries c’est là, la question qu’on vient se poser
Sérieux pataquès dans la pastèque
Si série il y a
Série de patatras […]
Je fume joint sur joint ils sont si infinis et c’est la nuit,
Je tire ligne sur ligne comme je respire sur la nuit que j’écris,
J’aspire à écrire des lignes ni de nuit ni de joint mais
De vers de poèmes aux longs vers aux longs cours, cours toujours
Jusqu’au bout du jour au bout du joint de la ligne c’est la nuit
Longue de jours pleins de vers qui s’étirent et que j’écris
Pour ne pas crier pourtant ça fait du bien d’écrier non mais
D’écrire de rire alors passe-passe-moi ce jour qui tourne toujours…
Pour fumer joint sur jour tou sur jours toute la ligne la nuit
Et que ça sonne ¡ sí señor ! yo también c’est la vie que j’écris
Que j’écrie que j’écume rime à rime non sans crime mais
Voilà pour que ça sonne ça re-sonne ça résonne je répète toujours
Je fume joint sur joint ils sont si infinis et c’est la nuit
Des pétards du 14 juillet jusqu’au bout de la ligne que j’écris. […]
La série ne signifie pas la mort de la mélodie. Mais elle liquide le principe d’harmonie.
À l’harmonie, elle substitue le chaos. Et c’est ainsi qu’il faut concevoir le champ des verticalités dans l’espace sériel.
On ne retrouve rien de ce qui structure l’harmonie dans l’ordre des séries. Aucun rapport obligé, aucun rapport privilégié a priori.
La mélodie est contrainte par la série mais son principe n’est pas même altéré. Qu’il y ait de belles mélodies dodécaphoniques, tant Webern que Boulez en ont donné la preuve, le premier dans ses cantates, le second à travers « La complainte du lézard amoureux », son jardin secret.
En revanche, la série ne retrouve pas l’harmonie. Elle l’anéantit. Car tous les rapports de verticalité qu’elle rend possibles sont également arbitraires et virtuellement illimités. […]
La série ne signifie pas la mort de la mélodie. Mais elle liquide le principe d’harmonie.
À l’harmonie, elle substitue le chaos. Et c’est ainsi qu’il faut concevoir le champ des verticalités dans l’espace sériel.
On ne retrouve rien de ce qui structure l’harmonie dans l’ordre des séries. Aucun rapport obligé, aucun rapport privilégié a priori.
La mélodie est contrainte par la série mais son principe n’est pas même altéré. Qu’il y ait de belles mélodies dodécaphoniques, tant Webern que Boulez en ont donné la preuve, le premier dans ses cantates, le second à travers « La complainte du lézard amoureux », son jardin secret.
En revanche, la série ne retrouve pas l’harmonie. Elle l’anéantit. Car tous les rapports de verticalité qu’elle rend possibles sont également arbitraires et virtuellement illimités.
Aucune hiérarchie possible (a priori). L’harmonie est un numen et de numen, il n’y a pas dans l’ordre des séries.
Il est possible de replier la série sur elle-même, par exemple. Vous prendrez votre série par grappes de deux, trois, quatre notes. Vous obtiendrez des « accords » qui ne sont réellement que des agrégats – car ils ne s’organisent entre eux qu’accidentellement.
On peut déclencher simultanément plusieurs transpositions de la série. Cette solution implique un degré minimal d’organisation de l’espace vertical : le parallélisme strict.
La même série est alors employée comme un seul bloc qui entretiendra invariablement le même rapport d’intervalle. Voilà qui donne une certaine consistance à la série de base. Mais cela ne constitue pas une harmonie.
Mais les séries peuvent encore se déclencher indépendamment l’une de l’autre ! Là encore, aucun principe ne viendra étayer la superposition de deux ou plusieurs points de la série, confrontée à elle-même ou à l’une de ses transpositions.
La figure de l’écrivain ne fait pas que des envieux ; elle fait aussi beaucoup jaser. Ces cancans suivent en général le schéma suivant :
— l’hypothèse, qu’on peut aussi qualifier de zone des intentions ;
— la démonstration, ou le texte lui-même ;
— la conclusion, reconnaissance ou son contraire.
Interrogez un écrivain sur son art, c’est selon ce chemin tout tracé qu’il s’exprime :
— il établit d’abord les détails de sa posture, du point de vue moral ou esthétique, ou des deux ; en principe, il est contre quelque chose, par exemple parce que ça fait du bruit et que lui, il est pour le silence ;
— il donne à lire son texte comme propriété privée à respecter moralement sous peine de poursuites judiciaires, rarement littéraires ;
— il étale les preuves de sa suffisance ou les réelles consécrations qui l’ont honoré.
Pourquoi s’étonner alors que le lecteur suive le même chemin pour donner son opinion de lecteur ?
— la posture initiale de l’écrivain ne lui convient pas, il en tire la conclusion que l’écrivain est mauvais ou en tout cas inutile ; un écrivain pornographique ne peut séduire un lecteur puritain que dans le secret de l’alcôve, sinon il y a maldonne.
Mais un autre écrivain emprunte aussi cette voix triangulaire :
— les intentions de l’écrivain qu’il juge sont immorales selon lui ? Il rejette cet intrus avant même de l’avoir laissé entrer. C’est contraire à son idée personnelle de la beauté ? Même rejet sans suite à donner.
Or, ce n’est évidemment pas au niveau des intentions qu’il faut arrêter son jugement et prononcer sa sentence.
Que publions-nous ? Des livres traditionnels « en papier » destinés à la librairie et, pour les auteurs qui le souhaitent, leurs versions numériques au format Kindle d’Amazon.
Qui publions-nous ? Des écrivains, pourvu que, dans le « créneau » où ils ont choisi de s’exprimer, ils excellent : de la chanson à la poésie la plus difficile d’accès, du roman traditionnel aux compositions complexes de la modernité, de la réflexion pragmatique aux pensées les plus aventureuses - nous n’avons de limites que le talent et l’honnêteté intellectuelle.
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Il n’y a rien d’autre à faire, pour commencer, que de s’expliquer du mieux qu’on peut. Ainsi, la matière initiale est soumise à des contraintes venant de l’extérieur comme de l’intérieur. Qu’il y ait des lois à cela n’est pas impossible. Est-il toujours assez tard pour s’en inquiéter ? Les premiers personnages sont nés dans des récits de lecture.[...] Ceci est donc la narration de faits, vrais et imaginaires, à opposer aux choses — faits soumis à l’étude de leur déformation et de leur écoulement sous l’effet des contraintes de l’existence. On peut appeler ces faits de la poésie.
Les lecteurs d’ANAÏS K. connaissent déjà GOR UR, le Gorille Urinant. Le voici de nouveau dans un contexte bien différent, celui d’un feuilleton. La littérature en prend un coup, sans doute, mais le ton y est. L’Urine divine est toujours en lutte contre le Métal gothique. Et l’inspecteur Frank Chercos suit les pistes, épaulé par la Sibylle et l’astronaute John Cicada. La parodie grotesque de ce Monde continue sur le ton du récit le plus vernaculaire qui soit, en proie à l’infantilisation de l’Homme plus destiné à arracher les pattes de l’insecte qu’à en envisager la cohabitation émerveillée d’un côté comme de l’autre. Ici, peu de schizophrènes, beaucoup de paranos et surtout énormément de cons. Les prévisions de cyberespace et autres uchronies de la technologie sont tombées en désuétude : l’existence de l’Homme se continue en dehors des grands récits qui forment autant de possibilités d’Histoire : la Philosophie, la Poésie, la Poétique. Avec ce roman obstiné, Patrick Cintas décrit la gangue politico-religieuse qui écrase ou réduit celle ou celui qui se définit d’abord par la pratique d’un art. Art conçu comme l’antipode exact du jeu et par conséquent proposition d’une redéfinition du Travail. Hélas, Gor Ur sort toujours vainqueur de ces joutes et son Urine jaillit alors comme l’eau bénite des doigts trop enclins à la fabrication du Bonheur au détriment de l’explosion de la Joie.
L’existence serait composée de miracles, prodiges du quotidien, phénomènes sujets à émerveillement, et cela n’aurait de cesse si les mots continuaient d’appartenir à une langue propice à la poésie parce qu’elle est toujours en quête de l’heure dérobée, concept purement poétique dont Robert VITTON, poète et prosateur, est l’inventeur. La particularité de l’homme tiendrait à la proximité de cette langue, à sa familiarité, et à la multiplicité des détails de l’heure. En vers ou en prose, c’est bien l’existence qui est cernée dans un chant poétique continûment inventeur de ses découvertes que le poète ne cherche pas à posséder tant il a conscience d’être possédé par elles.
Nous n’avons que notre corps, mais son monde - le nôtre - ne s’arrête pas à la surface de l’épiderme. Nous n’y sommes pas enfermés comme en une outre chaude et molle ou en une cuirasse bardée de muscles. Sans cesse nous rayonnons et recevons les impulsions de tout le dehors, proche et lointain, dans toutes les gammes sensibles, conscientes, inconscientes, préconscientes comme si notre peau était tambour et tamis, interface diaphane et protecteur à la fois. Nos sens sont des émetteurs, des vecteurs et des récepteurs ; notre esprit un convecteur, ordonnateur et disséminateur. De fait un halo nous entoure et forme notre avant-corps, une aura qui nous rend sensibles à ce qui est et à autrui. Ainsi nous pouvons appréhender le monde en ses qualités propres, les autres en leur singularité sans avoir à toucher ni à être touchés. En avant des corps, les avant-corps se connaissent et s’éprouvent ; si ces derniers ne se conviennent pas, les choses et les êtres, les corps et les esprits ne communieront jamais et iront même jusqu’au rejet. Socialement et culturellement, certaines lois dites de « proxémique » règlent une bonne part de ces rapports (possibles et souhaitables) et les tolérances sont variables selon les latitudes, les cultures et les groupes sociaux. Plus intimement l’on parlera d’aimantations et de « tropismes » : des polarisations, parfois infinitésimales et affectant tous les sens à la fois, nous situent par rapport à tel ou tel autre, telle ou telle réalité plus ou moins prochaine. Et si nous ne pouvons pas « les sentir » c’est que quelques-unes des particules sensibles et olfactives émises en leurs avant-corps nous répugnent particulièrement. S.M.
Tant que l’oeuvre de Pascal Leray demeurait inédite à cause d’un monde éditorial voué au commerce et à ses usages, on ne pouvait guère en mesurer l’ampleur qu’en se rendant sur l’Internet pour explorer les "forums" où cet excellent écrivain allait jusqu’à manger de l’homme. Puis il se mit à développer dans la RAL,M une activité créatrice originale et d’une exceptionnelle maîtrise. Depuis peu, Le chasseur abstrait a entrepris de publier ces livres tous hors du commun et surtout capables d’explorer le langage sous toutes ses formes : roman, poésie, théâtre, musique, chant, peinture, critique, etc. Un pareil effort sur le Monde est autre chose qu’une simple palette. C’est une oeuvre. Et comme cet homme sait jouer de son visage et de son rire, ces textes proposent une sérieuse physionomie de la littérature avec des échappées d’un humour parfaitement ravigotant.
Voici donc un ticket aller simple. Nous ne garantissons pas les retours. C’est notre première et dernière exigence. Ramer à la force du poignet. Audaces fortuna juvat. L’idée d’un tel rapprochement, un précédent entre deux revues des deux côtés de l’Atlantique, peut sembler étrange. Et bien justement. Nous traitons ici de l’étrange, de l’étranger. (Victor Grauer et Patrick Cintas opteront pour l’idée d’Aliens.)
De sorte que le moment ne pouvait pas être plus propice à l’aventure. ¡La aventura comienza con el hombre !
Peu à peu l’oiseau n’a pas fait que son nid ; il s’installe tout doucement. La collaboration avec la RAL,M nous a tous rajeunis. L’Ancrage a vu le jour il y a de cela quatre années et la RAL,M a un an ; tandis qu’aujourd’hui RAL,M & ANCRAGE ensemble, le temps d’une escale sont en train de naître sous vos yeux. On a toute la vie pour apprendre. Nacer Khelouz.
Les lecteurs de la RAL,M ont pu explorer depuis plusieurs années l’univers pictural de Valérie Constantin qui exerce son influence sur l’esthétique de cette revue et des ouvrages publiés par Le chasseur abstrait. Les « bruits » constituent une partie seulement de son œuvre plastique, mais ils ont une importance nouvelle. Ce sont ces « bruits » qui forment en ce moment l’essentiel du contenu proposé par l’artiste aux internautes. Exposition qu’on peut visiter sur son site :
Les bruits y sont déclinés en trois mouvements ou phases qu’il convient de commenter. Une unité s’en dégage, uniquement plastique, avec ce que cela impose de retentissements intérieurs.
Ce nouveau spleen, ce mal de la vacance, cet exil le projettent dans des terres glaciales aux tonalités froides que cernent maints régions forestières, où des futaies d’indifférence s’étalent à perte de vue, n’offrant pour tout bruissement qu’un silence d’une profondeur tellurique, angoissant par son éloignement des frontières supportables de la perception humaine. Il entend jusqu’à la surdité. Le silence lui crève les tympans. Il apprend à reconnaître ce réel sans altruisme d’une matérialité incontournable, qui dresse devant son envergure de fourmi les murailles d’un monde géant souterrain, citadelle fortifiée d’un envers. Le retour de vagues prêt à l’immerger durant ce rêve reflue pour venir se mettre à niveau du rivage, la chaleur l’immobilise en un bien-être soudainement. Les souffles viennent à lui en sens inverse.
Poésie... « projet d’ordre esthétique consistant à mettre en question toute représentation du réel effectif et de faire accomplir à la langue, jusque là médiatrice entre exprimable et exprimé, un saut radical qui la fait changer de statut à l’intérieur de son propre code », écrit Gilbert Bourson à propos de Rimbaud.
Pour Jacques Roubaud, « la poésie s’adresse particulièrement à ceux qui la reçoivent [...] elle n’a pas une intention de récit ou de pensée. »
On n’en finit pas de gloser sur la pertinence des propos et du propos. Certes, mais la poésie ne peut pas se passer de commentaires. Sans eux, elle perd non pas son sens, mais le sens de ses chemins. Entre autres, ceux que nous empruntons ici, au coeur même du catalogue du Chasseur abstrait.
Notez l’adresse Internet de cette page spéciale car la liste s’allonge au fil du temps.
La peinture nous force au silence pour nous rendre capable d’entendre sa rumeur. La poésie propose sa rumeur pour nous rendre sensibles aux couleurs du silence.
Michel Butor
Née en 1949, j’appartiens à la génération du baby-boom. Issue d’une famille qui allie l’aristocratie à la paysannerie, laquelle évolue vers la bourgeoisie, j’hérite d’une culture où la liberté de penser se heurte aux dogmes d’une religion, dont les interdits rythment les gestes quotidiens. Au centre se noie mon désir.
Lettres vagabondes... comme une imagination capricieuse et paresseuse, comme les zigzags du désir qui s’envole et retombe, imprévisibles comme ces rencontres que l’on fait au hasard des chemins de traverse de la littérature. Lettres d’ici et d’ailleurs. Lettres libres comme l’air d’un vagabond solitaire en quête de sens.
Né dans la province de Corrientes (Argentine) en 1950.
Important écrivain argentin, il a publié de nombreux livres de poésie : Senderos en el Bosque, Los Nuevos Asilos, Memorial de Corrientes, La Memoria de Láquesis, etc) et d’essais sur la pensée philosophique contemporaine comme Nietzsche sonámbulo del día. Ses livres sont publiés en Espagne, au Mexique, Venezuela, Paraguay. Il est aussi critique de
cinéma et compositeur.
Créé en 1997, Interlope était un projet à l’initiative d’Arturo B. Vidal, 6Mic et Andy Vérol. Revue confidentielle papier, Interlope ne vécut que deux numéros avant de croupir dans l’oubli.
C’est en 2007 qu’Andy Vérol décide de reprendre l’initiative, avec une façon toute artisanale de fabriquer cette revue devenue, depuis, post-culturelle… Les années 2000 ont révélé l’inutilité des combats, des luttes. Tout est « révolution » ou « révolutionnaire ». Les nouvelles technologies, une « révolution ». Le pouvoir d’achat, une « lutte ». Si l’on dit du mal des patrons, on est taxé de « réactionnaire ». Si l’on fait remarquer la vie misérable de 80% de l’Humanité, on passe une page pub.
Interlope est la revue de ceux qui considèrent l’Occident comme un espace prédateur, un pays pour les dominants, tels les zombies dans les films de Romero, poussant leurs caddies, de façon mécanique, dans des centres commerciaux rutilants, derniers espaces de communication, de savoir-faire, de bien-être, de labeur et de spiritualité…
Interlope laisse donc la place aux écrits de ceux qui considèrent un suicide violent et vomitif, comme un acte de libération ultime… Ou peut-être l’écriture. L’alcool. Les drogues. Le sexe sans limite… L’abstinence… La dépendance à tout autre chose qu’à l’économie, la morale et l’idée d’un possible…
C’est à la fin des années 1970 qu’il devient lecteur, de par l’intérêt de ses parents pour le livre. " On n’est pas sérieux quand on a huit ans " . Dès cet âge, les romans d’aventure, ceux de Jack London ( " Croc-Blanc " ), Rosny l’aîné ( " La Guerre du Feu " ) et Michel Peyramaure ( " La Vallée des Mammouths " ) notamment vont développer son imagination et lui apprendre à connaître l’homme. Puis, adolescent, la tragédie grecque et les romans policiers seront ses principaux univers, à travers les oeuvres de Sophocle ( " Antigone " ), d’Euripide et d’Agatha Christie, une période au cours de laquelle il découvre le théâtre contemporain avec Cocteau ( " L’Aigle à deux Têtes " ) qui marquera sa mémoire. Quelques années plus tard, il abordera avec passion les grands classiques du XVIIIe et XIXe siècles comme Laclos, Stendhal ou Flaubert. La littérature contemporaine s’impose, en parallèle, avec Gide, Proust, Mauriac, Saint-Exupéry ou encore Sartre et Camus. Les écrivains américains ont aussi leur place dans son parcours de lecteur éclectique et exigeant, tels que Henry James, John Steinbeck, Hemingway ou Charles Bukowski. L’un des auteurs les plus récents et importants - disparu l’année dernière - est sans nul doute Alain Robbe-Grillet dont il admire le style, la pugnacité et la liberté de ton, un écrivain à ses yeux incontournable.
En résumé, un ensemble de lectures classiques et modernes, académiques et originales dont certaines, comme Molière ou La Fontaine, conservent toute la puissance de leur singularité. A la fois proche du XVIIe siècle - le siècle de la révolution formelle - et du XXIe, marqué par l’impact toujours aussi grand du Nouveau Roman, c’est de cette manière qu’il s’accorde avec la littérature et le temps.
L’impuissance de toute littérature, le dégoût qu’elle inspire, et dans le même temps la nécessité d’écrire et de travailler, voilà l’arc bandé par Georges Bataille et quelques autres.
Entre tous, Bataille aura permis de décocher quelques flèches vénéneuses qui ont volé loin.
Elles n’ont pas encore touché leur cible. Elles vibrent dans la solitude des œuvres.
Mais les œuvres, qui s’en soucie ?
J’aurai écrit pour rejoindre les autres, avec souvent l’espoir de changer un peu la donne, avec l’ambition de dévier le malheur vers des eaux plus claires.
Je n’y suis pas entièrement parvenu.
Le malheur est coriace. Il est vrai qu’il a de nombreux alliés et qu’il sait trouver des appuis jusque chez ceux et celles qu’il tourmente…
Restent - subsistent ? - alors des textes, nombreux, très nombreux, comme des graines de bonheur pas encore germées que je dissémine au hasard de ma vie.
Pas seulement.
Mes textes - c’est tout ce que je leur souhaite - ne sont pas que des traces laissées dans la neige ou la boue, ce sont avant tout des signes d’amitié lancé à l’inconnu sans ami, mais - c’est pure merveille - de signe en signe, ce n’est pas un nouvel amour qui est né dans l’écheveau du temps, mais un amour nouveau, et c’est bien ainsi.
Santiago Montobbio est né en 1966, et les premiers poèmes de Hospital de Inocentes datent de 1985. La jeunesse du poète a de quoi nous surprendre, tellement sa culture, la maturité tranquille de sa vision et la robuste limpidité de sa langue témoignent d’un tempérament d’homme et d’écrivain très affirmé.
D’emblée, la parenté de la poésie de Montobbio et de celle de certains de ses grands prédécesseurs espagnols, Alberti et Machado en particulier, nous frappe. A partir d’images simples, empruntées au quotidien et à la nature, il évoque le “sentiment tragique de la vie” qu’Unamuno plaçait au fond de l’âme espagnole, ou ce “passage éphémère” que Cecil Day Lewis citait comme “le thème poétique par excellence”. Les fantômes du vent, les “eaux orphelines” “un amour, une ombre, un oubli” sont les symboles favoris de cette poésie du passage, comme les vies qui “passent comme rien”, sans bruit, avec simplicité, dans le silence.
Le comptoir d’un café est le parlement du peuple. Honoré de BALZAC
Je tisse, je m’escrime dans ce vingt-et-unième siècle comme je l’ai fait dans le vingtième et comme je le ferai dans le trentième. La succession des jours, des ans, des époques nous offre des traces, des indices, des signes, des trouvailles, des énigmes, des clefs, des outils, et par conséquent des langages. L’évidence même, j’ai à ma disposition toutes les modernités révélées. J’ai à ma disposition les onomatopées caverneuses, les plaintes et les cris gutturaux, les grommellements et les gueulements caserniers, les accents des tours babéliques des banlieues, les verbiages salonnards, les babillages commerciaux et industriels, les incantations des fées féodales de la Finance, les anônnements bâtés, entravés de la main-d’œuvre, les ricanements édentés de la Misère… J’ai à ma disposition, dis-je, tous les langages tirés de la nuit, des cendres, de la poussière, des fosses des temps. Ce qui me fait croire que le bipède omnivore, avec ou sans plume, cocalisé, duffel-coatisé, basketisé, bigophonisé, walkmanipulé, en quelque sorte équipé pour recevoir la connaissance, devrait tirer avantage des évolutions dues aux grands chantiers de la Science et de l’Art. J’ai à ma disposition les archaïsmes, les barbarismes, les maniérismes… Les mots, des mots, mes mots… Un personnage est d’abord du texte, constatait Louis Jouvet. J’ai posé mes mots, j’ai rencontré des mots, j’ai désigné, taillé, forgé, déformé, inventé les mots. Un personnage est fait de mots c’est à dire d’idées, de paysages, de lieux, de souvenirs, de personnages.. Au fil de mes relectures, je suis devenu – peut-être redevenu - tous ces personnages, tous les personnages que ces personnages portent en eux. Je n’ai pas toujours eu la maîtrise des entretiens intérieurs, des demandes, des réponses, des questions, des réparties, des ripostes, des afflux, des tourbillons… J’ai travaillé les sons et les sens jusqu’à l’ivresse de la profondeur, interrompant, détournant le courant paisible ou rythmé de l’écriture. J’ai profité sans restriction des aparté, des silences, des rebondissements, du grotesque, du burlesque, du pathétique, de mes réminiscences. Le décor… J’avais en mémoire ce conseil d’Ernest
Hemingway : Quand on a quelque chose de difficile à faire dire à un personnage,
surtout le faire boire.
Ce nouveau spleen, ce mal de la vacance, cet exil le projettent dans des terres glaciales aux tonalités froides que cernent maints régions forestières, où des futaies d’indifférence s’étalent à perte de vue, n’offrant pour tout bruissement qu’un silence d’une profondeur tellurique, angoissant par son éloignement des frontières supportables de la perception humaine. Il entend jusqu’à la surdité. Le silence lui crève les tympans. Il apprend à reconnaître ce réel sans altruisme d’une matérialité incontournable, qui dresse devant son envergure de fourmi les murailles d’un monde géant souterrain, citadelle fortifiée d’un envers. Le retour de vagues prêt à l’immerger durant ce rêve reflue pour venir se mettre à niveau du rivage, la chaleur l’immobilise en un bien-être soudainement. Les souffles viennent à lui en sens inverse.
Les amoureux sont d’éternels traducteurs. Ils viennent après pour être avant, ils promettent avant pour trahir après. Ils promettent des images aux mots et des mots aux femmes qu’ils n’aiment plus. Je les accuse, mais je n’ose pas les conseiller. Pétales de roses, princes charmants, déclarations à l’aube et au crépuscule en face d’abréviations et l’emploi des anglicismes.
Mais en même temps, les traducteurs sont toujours mes chevaliers ; ils ont toujours ma confiance en poésie et en prose, comme d’ailleurs en art et en musique. Peut-être suis-je trop naïve en meublant mon coeur d’étagères pleines de poèmes que personne n’osera jamais traduire ?
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Contenu : Réflexion et création. Numéros thématiques, anthologiques ou consacrés à un auteur, leur objectif est de communiquer le travail des auteurs publiés ou non par le Chasseur abstrait.
Depuis quelques semaines déjà, la RAL,M livre des goruriennes sans avoir expliqué ni comment ni pourquoi. Le pourquoi restera sans réponse, puisqu’il appartient à l’idiosyncrasie du lecteur (idiot/cin[glé]/crazy). Comment ? Eh bien parce que. Parce qu’un lecteur particulièrement attentionné (à mon égard) m’a renvoyé les trois volumes publiés sans un mot d’explication et qu’il en a (au cours de combien de lectures) surligné maints passages pour des raisons qui ne s’expliquent pas plus ni mieux. J’ai d’abord songé à des espèces de morelliennes [...]
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En marge de la littérature des nations et de celle des peuples, voici une littérature plus modestement composée et assumée, ce que Ferdinand Cheval appelle le « travail d’un seul homme ».
Les lecteurs de la RAL,M ont pu explorer depuis plusieurs années l’univers pictural de Valérie Constantin qui exerce son influence sur l’esthétique de cette revue et des ouvrages publiés par Le chasseur abstrait.
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Dans ces rubriques, quelques centaines d'auteurs vous offrent de quoi lire pour présenter leur œuvre.
Notez que les auteurs sont classés par ordre de parution selon la bonne règle qui veut que les derniers arrivés sont les premiers servis — ceci pour donner la primeur aux plus actifs d'entre eux.
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