Forgive me
they were delicious
so sweet
and so cold
This Is Just To Say - W. C. Williams.
Programme 2012
RAL,M
&
Chasseur abstrait
Do mon pétiot ; do ma tototte....
Te viens d' t'effondrer su' l' crottoir
comme un bestiau à l'abattoir
ou comme un qui s'rait en ribotte.
V'lan ! Nib de fieu ! Floc ! Never more !
Les passants caus'nt : " C'est h'yeun' syncope,
faurait l' poser chez l' pharmacope ! "
Toi... tu caus's pas, pisque t'es mort.
La RAL,M est née l’année même où l’édition parisienne « attaquait » les Américains sur un terrain où ils ont de l’avance et même de l’argent. Huit ans après, ces grandes familles de l’édition française ont baissé les bras. Farcies de diplômés de HEC, elles manquent d’ingénieurs véritables et d’auteurs compétents autant dans le domaine commercial qu’en littérature. Autre french theory…
Texte et support
Le système proposé alors outre Atlantique depuis quelques décennies
représente l’édition moderne. Il est simple comme un bonjour :
Imprimer les ouvrages à la demande, ce qui
met fin à la pratique du tirage initial cher aux éditeurs français dont la logique
commerciale est détruite ;
Imprimer à proximité du lecteur et ce n’importe où dans le
monde, ce qui diminue considérablement à la fois les frais de port et
l’influence des transporteurs.
Proposer en même temps l’ouvrage dans sa version numérique lisible sur un petit instrument dénommé en France « liseuse »
particulièrement utile aux lecteurs qui aiment chercher et trouver rapidement.
Nous sommes actuellement tout prêts de disposer de ce système, avec peut-être quelques aménagements à la française
qui, comme d’habitude, en diminueront la modernité, mais sans vraiment
affecter sa portée. L’édition moderne est à l’édition traditionnelle ce que
l’Internet est au Minitel. C’est dire...
Il n’en reste pas moins que la RAL,M, publieur numérique, et Le chasseur abstrait, éditeur en librairie, sont sur les rangs depuis huit ans déjà. Et nous sommes prêts :
Nous connaissons ce nouveau métier sur le bout des doigts ;
Nous sommes en mesure d’en former les acteurs, auteurs comme éditeurs ;
Nous en avons bavé et ce n’est pas fini !
Le livre et le fichier numérique vont donc se côtoyer pendant longtemps :
De mauvais augures prévoient que le livre va disparaître. Disons plutôt qu’il va changer, laissant la place à l’imagination des artistes et des typographes.
Le fichier numérique va lui aussi changer ; de simple imitation du livre qu’il est encore aujourd’hui, il deviendra le lieu même d’une nouvelle écriture dont quelques auteurs nous donnent aujourd’hui mieux qu’une idée.
Au fond, nous continuons sur notre lancée et sans doute selon une courbe démographique dont nous ne connaissons pas tous les secrets.
Ce qui change, ce qui évolue, c’est à la fois le support et le contenu lui-même.
Le contenu, ou le texte, a d’ordinaire plutôt tendance à s’adapter au support, quelquefois jusqu’au paroxysme de la doctrine. On voit encore de farouches partisans du « livre en papier », beau pléonasme qui n’est souvent qu’un cache-misère, hélas.
Toutefois, de singulières beautés s’en détachent encore.
Cette tendance, sans promettre de se renverser comme la vapeur des locomotives, modifie ses trajectoires au point que le support rend possible d’autres manifestations du texte.
C’est une belle discussion qui sera du plus bel effet sur nos tables dans l’avenir tout proche qui nous enterrera finalement.
L’aventure du texte, d’Aristote à nos jours, est tout de même un aussi bel enseignement à mettre entre toutes les mains. Travail d’auteur aussi.
Chaque ouvrage publié chez le chasseur abstrait réclame deux semaines de travail dans l’atelier de fabrication que Valérie Constantin anime avec une constance et une rigueur sans défaut. La succession des tâches pour passer du manuscrit au livre représente un effort considérable. Et à ce stade, la moitié du travail éditorial n’est pas encore accomplie. On pourrait se féliciter d’avoir la capacité de travailler autant, mais il faut bien admettre que ce n’est toujours pas suffisant. Une semaine de fabrication par ouvrage est notre prochain objectif. C’est à ce prix exhorbitant que nos livres se payent. Nous sommes bien loin, Blaise, de la civilisation des loisirs. Mais quel plaisir tout de même !
Ajoutons, pour être complets, que la fabrication des fichiers numériques destinés aux « liseuses » va s’ajouter à ce labeur sans fin. Les âmes sensibles sont priées de s’abstenir de commentaires !
Cliquez sur les couvertures
Dans toutes les librairies et sur Amazon (livres
papier)
Si l’on en juge par notre très riche expérience des « goûters littéraires »,
les liseuses obtiennent finalement tout le succès escompté depuis quelques
années par les géants de la librairie moderne. Dans l’univers mixtes des
médiathèques, le livre en papier s’associe librement et durablement avec son homologue
numérique. La guerre est finie. On a déjà vécu ça avec le chemin de fer et
la chignole.
Du coup, le livre en papier conserve tout
son éclat et son utilité, et le numérique devient un formidable outil de
communication. Détrônera-t-il le papier ? Sans doute dans certains domaines. Du
coup, le papier prendra un nouvel essor, ce dont les « typographes » sont conscients
depuis des décennies. Le partage du travail est justice.
Téléchargements gratuits
Le site de Patrick
Cintas sert toujours de laboratoire
Les 16 volumes de LA RIVIÈRE NOIRE peuvent être téléchargés gratuitement sur ce site (pdf). Bientôt, ils le seront, tout aussi gratuitement, chez Amazon dans tous les formats en usage.
La RAL,M devient trimestrielle. La raison
en est que Le chasseur abstrait prend de plus en plus de place. Mais qu’à cela
ne tienne ! Il s’ensuivra pour notre revue en ligne une publication en papier par
trimestre. 2 T&P, 1 Cahier et 1 RAL,Mag. Plus (+) de papier, pour paraître en
librairie où la RAL,M a aussi sa place, et toujours plus de publications en
ligne.
Mais attention ! Nos revues n’ont rien à
voir avec des fascicules à usage obscur. Ce sont de vrais livres qui
peuvent figurer sur les rayons. Fabrication soignée et volume conséquent. Ces
publications s’ajoutent d’ailleurs au catalogue du Chasseur abstrait. Nous
essaierons de faire mieux l’année prochaine.
RAL,M revue
en ligne trimestrielle en 2012
Les parutions papier sont
signalées par un
1er
trimestre
nº 78
janvier
Sélection du trimestre Auteurs
choisis
février
T&P 78 Anthologie
de poésie 2012
mars
Prix Chasseur de
poésie 2012
Margo Ohayon - Poésies I
2ème
trimestre
nº 79
avril
Sélection du trimestre
mai
Auteur du trimestre
juin
Cahiers de la RAL,M nº
17 - parution reportée Mallarmé
Les projets s'accumulent et voient le jour finalement. Il faut laisser toute la place au travail et à l'attente.
Chez Le chasseur abstrait
Œuvres complètes
3 tomes déclinés en plusieurs
volumes
Margo Ohayon
2012
RALMag
nº 6
Tome premier Poésies Premier
volume à paraître en mars 2012
Margo Ohayon nous a offert un cadre
purement littéraire qui a traversé le temps pour enfin trouver l’espace nécessaire à une œuvre complète dont Le chasseur abstrait publiera les premiers volumes en 2012, travail qui l’impose désormais comme l’auteur le plus important de la région toulousaine et l’un des plus remarquables en France.
La spirale à
paraître en décembre 2012
Ce sera la version en papier
du [nº
70 de la RAL,M]. Plus complet, le lecteur pourra
s’immiscer dans cette œuvre importante que Le chasseur abstrait
s’honore de publier comme elle le mérite, c’est-à-dire en
librairie.
Tome II Autofictions Premier
volume à paraître en septembre 2012
Tome III Correspondances-Essais Premier
volume à paraître en
décembre 2012
Stéphane Pucheu a entrepris
d’apporter ses idées et son art à la nouvelle. Son activité
éditoriale a pris forme après quelques années de publications
chez Le chasseur abstrait.
Jean-Michel Guyot nous
proposera un sommaire particulièrement documenté et
charpenté, aboutissement d’un long travail dont les lecteurs de
la RAL,M et du Chasseur abstrait ont eu mieux qu’un aperçu.
Pascal Leray, atteint de gigantisme dès lors que l’occasion lui en a été donnée (par la RAL,M d’abord, puis Le chasseur abstrait), prépare le terrain de publications en tous genres qui vont le marquer de leur empreinte à la fois savante et familière.
En marge de la littérature des nations et de celle des peuples, voici une littérature plus modestement composée et assumée, ce que Ferdinand Cheval appelle le « travail d’un seul homme »
En vers ou en prose, c’est bien l’existence qui est cernée dans un
chant poétique continûment inventeur de ses découvertes que le poète ne
cherche pas à posséder tant il a conscience d’être possédé par elles.
Il faut lire Bornoyages du
champ poétique (chez Le chasseur abstrait) pour mesurer
l’ampleur du travail accompli. Au Chasseur abstrait de
s’accrocher pour publier cette œuvre de poète éveilleur.
Ces pages, hors-jeu et dans le secret du jeu, cet écrivain insaisissable et inapaisable, les conçoit et les travaille depuis des années. Elles excèdent les conventions poétiques et romanesques dans l’outrance du désir et la violence d’une écriture qui ne peut se satisfaire du réalisme et de ses
variantes, écrit Pascal Boulanger à propos de ce poète opiniâtre.
Arnaud Delcorte, Tristan Leroux, Yves
Patrick Augustin... et d’autres encore qui donnent tous les signes d’un
véritable travail littéraire...! Des années je vous dis...! Et puis de
la place pour tout le monde...! Ce ne sont pas les idées qui font l’art,
mais le contraire...! Tout le monde sait ça...!
Que publions-nous ? Des livres traditionnels « en papier » destinés à la librairie et, pour les auteurs qui le souhaitent, leurs versions numériques au format Kindle d’Amazon.
Qui publions-nous ? Des écrivains, pourvu que, dans le « créneau » où ils ont choisi de s’exprimer, ils excellent : de la chanson à la poésie la plus difficile d’accès, du roman traditionnel aux compositions complexes de la modernité, de la réflexion pragmatique aux pensées les plus aventureuses - nous n’avons de limites que le talent et l’honnêteté intellectuelle.
Vous souhaitez proposer un manuscrit au Chasseur
abstrait :
1º) Veuillez indiquer clairement dans quelle collection. 2º) Le manuscrit doit être joint à votre email au format Word ou
équivalent. Si vous préférez l’envoi postal : 12 rue du docteur Jean
Sérié 09270 Mazères. 3º) N’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées.
Vous nous avez proposé un manuscrit. Le délai de
réponse est d’au moins un mois. Trois possibilités :
1º) CONTRAT A - Vous êtes un auteur confirmé ou vous
avez créé sur le site un ESPACE D’AUTEUR --------------------------
Voir Publier
sur le site RAL,M Nous vous proposons un
contrat d’édition stipulant notamment :
CESSION - La cession qui engage tant l’auteur que ses ayants droit est consentie pour la durée de la propriété littéraire d’après les lois françaises et étrangères et les conventions internationales, actuelles et futures. Cette autorisation prendra effet dans tous les pays du monde.
DROITS - Pour prix de l’autorisation de publier l’ouvrage dans l’édition courante décrite ci-dessus, l’éditeur versera à l’auteur un droit correspondant à
... % du prix de vente public hors taxe.
TIRAGE - Le chiffre des tirages sera fixé par l’éditeur dans le cadre d’une production à la demande.
2º) CONTRAT B - Vous n’êtes pas un auteur confirmé et
vous n’avez pas créé un ESPACE D’AUTEUR sur le site de la RAL,M. Nous
vous proposons un contrat B. Il diffère du contrat A sur deux points :
CESSION - Elle est limitée à un an ou deux maximum.
ACHAT D’EXEMPLAIRES PAR L’AUTEUR - L’auteur s’engage à acheter un
certain nombre d’exemplaires de son livre.
Inutile donc de nous proposer un manuscrit en espérant décrocher un
Contrat A si vous n’êtes pas un auteur confirmé ou si vous ne
participez pas à nos ESPACES D’AUTEUR.
3º) La plupart des manuscrits que nous recevons sont
médiocres et ne méritent évidemment pas d’être publiés chez un
éditeur. Nous vous adressons alors une lettre de refus type, car nous
n’avons pas le temps d’entrer dans des détails que vous pourrez mieux
régler chez un prestaire tels que Publibook, Manuscrit.com,
L’Harmattan, Lulu.com, etc., chez qui vous pourrez librement pratiquer
l’autoédition (vous serez alors à la fois auteur et éditeur).
Il n’y a rien d’autre à faire, pour commencer, que de s’expliquer du mieux qu’on peut. Ainsi, la matière initiale est soumise à des contraintes venant de l’extérieur comme de l’intérieur. Qu’il y ait des lois à cela n’est pas impossible. Est-il toujours assez tard pour s’en inquiéter ? Les premiers personnages sont nés dans des récits de lecture.[...] Ceci est donc la narration de faits, vrais et imaginaires, à opposer aux choses — faits soumis à l’étude de leur déformation et de leur écoulement sous l’effet des contraintes de l’existence. On peut appeler ces faits de la poésie.
Les lecteurs d’ANAÏS K. connaissent déjà GOR UR, le Gorille Urinant. Le voici de nouveau dans un contexte bien différent, celui d’un feuilleton. La littérature en prend un coup, sans doute, mais le ton y est. L’Urine divine est toujours en lutte contre le Métal gothique. Et l’inspecteur Frank Chercos suit les pistes, épaulé par la Sibylle et l’astronaute John Cicada. La parodie grotesque de ce Monde continue sur le ton du récit le plus vernaculaire qui soit, en proie à l’infantilisation de l’Homme plus destiné à arracher les pattes de l’insecte qu’à en envisager la cohabitation émerveillée d’un côté comme de l’autre. Ici, peu de schizophrènes, beaucoup de paranos et surtout énormément de cons. Les prévisions de cyberespace et autres uchronies de la technologie sont tombées en désuétude : l’existence de l’Homme se continue en dehors des grands récits qui forment autant de possibilités d’Histoire : la Philosophie, la Poésie, la Poétique. Avec ce roman obstiné, Patrick Cintas décrit la gangue politico-religieuse qui écrase ou réduit celle ou celui qui se définit d’abord par la pratique d’un art. Art conçu comme l’antipode exact du jeu et par conséquent proposition d’une redéfinition du Travail. Hélas, Gor Ur sort toujours vainqueur de ces joutes et son Urine jaillit alors comme l’eau bénite des doigts trop enclins à la fabrication du Bonheur au détriment de l’explosion de la Joie.
L’existence serait composée de miracles, prodiges du quotidien, phénomènes sujets à émerveillement, et cela n’aurait de cesse si les mots continuaient d’appartenir à une langue propice à la poésie parce qu’elle est toujours en quête de l’heure dérobée, concept purement poétique dont Robert VITTON, poète et prosateur, est l’inventeur. La particularité de l’homme tiendrait à la proximité de cette langue, à sa familiarité, et à la multiplicité des détails de l’heure. En vers ou en prose, c’est bien l’existence qui est cernée dans un chant poétique continûment inventeur de ses découvertes que le poète ne cherche pas à posséder tant il a conscience d’être possédé par elles.
Nous n’avons que notre corps, mais son monde - le nôtre - ne s’arrête pas à la surface de l’épiderme. Nous n’y sommes pas enfermés comme en une outre chaude et molle ou en une cuirasse bardée de muscles. Sans cesse nous rayonnons et recevons les impulsions de tout le dehors, proche et lointain, dans toutes les gammes sensibles, conscientes, inconscientes, préconscientes comme si notre peau était tambour et tamis, interface diaphane et protecteur à la fois. Nos sens sont des émetteurs, des vecteurs et des récepteurs ; notre esprit un convecteur, ordonnateur et disséminateur. De fait un halo nous entoure et forme notre avant-corps, une aura qui nous rend sensibles à ce qui est et à autrui. Ainsi nous pouvons appréhender le monde en ses qualités propres, les autres en leur singularité sans avoir à toucher ni à être touchés. En avant des corps, les avant-corps se connaissent et s’éprouvent ; si ces derniers ne se conviennent pas, les choses et les êtres, les corps et les esprits ne communieront jamais et iront même jusqu’au rejet. Socialement et culturellement, certaines lois dites de « proxémique » règlent une bonne part de ces rapports (possibles et souhaitables) et les tolérances sont variables selon les latitudes, les cultures et les groupes sociaux. Plus intimement l’on parlera d’aimantations et de « tropismes » : des polarisations, parfois infinitésimales et affectant tous les sens à la fois, nous situent par rapport à tel ou tel autre, telle ou telle réalité plus ou moins prochaine. Et si nous ne pouvons pas « les sentir » c’est que quelques-unes des particules sensibles et olfactives émises en leurs avant-corps nous répugnent particulièrement. S.M.
Tant que l’oeuvre de Pascal Leray demeurait inédite à cause d’un monde éditorial voué au commerce et à ses usages, on ne pouvait guère en mesurer l’ampleur qu’en se rendant sur l’Internet pour explorer les "forums" où cet excellent écrivain allait jusqu’à manger de l’homme. Puis il se mit à développer dans la RAL,M une activité créatrice originale et d’une exceptionnelle maîtrise. Depuis peu, Le chasseur abstrait a entrepris de publier ces livres tous hors du commun et surtout capables d’explorer le langage sous toutes ses formes : roman, poésie, théâtre, musique, chant, peinture, critique, etc. Un pareil effort sur le Monde est autre chose qu’une simple palette. C’est une oeuvre. Et comme cet homme sait jouer de son visage et de son rire, ces textes proposent une sérieuse physionomie de la littérature avec des échappées d’un humour parfaitement ravigotant.
Voici donc un ticket aller simple. Nous ne garantissons pas les retours. C’est notre première et dernière exigence. Ramer à la force du poignet. Audaces fortuna juvat. L’idée d’un tel rapprochement, un précédent entre deux revues des deux côtés de l’Atlantique, peut sembler étrange. Et bien justement. Nous traitons ici de l’étrange, de l’étranger. (Victor Grauer et Patrick Cintas opteront pour l’idée d’Aliens.)
De sorte que le moment ne pouvait pas être plus propice à l’aventure. ¡La aventura comienza con el hombre !
Peu à peu l’oiseau n’a pas fait que son nid ; il s’installe tout doucement. La collaboration avec la RAL,M nous a tous rajeunis. L’Ancrage a vu le jour il y a de cela quatre années et la RAL,M a un an ; tandis qu’aujourd’hui RAL,M & ANCRAGE ensemble, le temps d’une escale sont en train de naître sous vos yeux. On a toute la vie pour apprendre. Nacer Khelouz.
Les lecteurs de la RAL,M ont pu explorer depuis plusieurs années l’univers pictural de Valérie Constantin qui exerce son influence sur l’esthétique de cette revue et des ouvrages publiés par Le chasseur abstrait. Les « bruits » constituent une partie seulement de son œuvre plastique, mais ils ont une importance nouvelle. Ce sont ces « bruits » qui forment en ce moment l’essentiel du contenu proposé par l’artiste aux internautes. Exposition qu’on peut visiter sur son site :
Les bruits y sont déclinés en trois mouvements ou phases qu’il convient de commenter. Une unité s’en dégage, uniquement plastique, avec ce que cela impose de retentissements intérieurs.
Ce nouveau spleen, ce mal de la vacance, cet exil le projettent dans des terres glaciales aux tonalités froides que cernent maints régions forestières, où des futaies d’indifférence s’étalent à perte de vue, n’offrant pour tout bruissement qu’un silence d’une profondeur tellurique, angoissant par son éloignement des frontières supportables de la perception humaine. Il entend jusqu’à la surdité. Le silence lui crève les tympans. Il apprend à reconnaître ce réel sans altruisme d’une matérialité incontournable, qui dresse devant son envergure de fourmi les murailles d’un monde géant souterrain, citadelle fortifiée d’un envers. Le retour de vagues prêt à l’immerger durant ce rêve reflue pour venir se mettre à niveau du rivage, la chaleur l’immobilise en un bien-être soudainement. Les souffles viennent à lui en sens inverse.
Poésie... « projet d’ordre esthétique consistant à mettre en question toute représentation du réel effectif et de faire accomplir à la langue, jusque là médiatrice entre exprimable et exprimé, un saut radical qui la fait changer de statut à l’intérieur de son propre code », écrit Gilbert Bourson à propos de Rimbaud.
Pour Jacques Roubaud, « la poésie s’adresse particulièrement à ceux qui la reçoivent [...] elle n’a pas une intention de récit ou de pensée. »
On n’en finit pas de gloser sur la pertinence des propos et du propos. Certes, mais la poésie ne peut pas se passer de commentaires. Sans eux, elle perd non pas son sens, mais le sens de ses chemins. Entre autres, ceux que nous empruntons ici, au coeur même du catalogue du Chasseur abstrait.
Notez l’adresse Internet de cette page spéciale car la liste s’allonge au fil du temps.
La peinture nous force au silence pour nous rendre capable d’entendre sa rumeur. La poésie propose sa rumeur pour nous rendre sensibles aux couleurs du silence.
Michel Butor
Née en 1949, j’appartiens à la génération du baby-boom. Issue d’une famille qui allie l’aristocratie à la paysannerie, laquelle évolue vers la bourgeoisie, j’hérite d’une culture où la liberté de penser se heurte aux dogmes d’une religion, dont les interdits rythment les gestes quotidiens. Au centre se noie mon désir.
Lettres vagabondes... comme une imagination capricieuse et paresseuse, comme les zigzags du désir qui s’envole et retombe, imprévisibles comme ces rencontres que l’on fait au hasard des chemins de traverse de la littérature. Lettres d’ici et d’ailleurs. Lettres libres comme l’air d’un vagabond solitaire en quête de sens.
Né dans la province de Corrientes (Argentine) en 1950.
Important écrivain argentin, il a publié de nombreux livres de poésie : Senderos en el Bosque, Los Nuevos Asilos, Memorial de Corrientes, La Memoria de Láquesis, etc) et d’essais sur la pensée philosophique contemporaine comme Nietzsche sonámbulo del día. Ses livres sont publiés en Espagne, au Mexique, Venezuela, Paraguay. Il est aussi critique de
cinéma et compositeur.
Créé en 1997, Interlope était un projet à l’initiative d’Arturo B. Vidal, 6Mic et Andy Vérol. Revue confidentielle papier, Interlope ne vécut que deux numéros avant de croupir dans l’oubli.
C’est en 2007 qu’Andy Vérol décide de reprendre l’initiative, avec une façon toute artisanale de fabriquer cette revue devenue, depuis, post-culturelle… Les années 2000 ont révélé l’inutilité des combats, des luttes. Tout est « révolution » ou « révolutionnaire ». Les nouvelles technologies, une « révolution ». Le pouvoir d’achat, une « lutte ». Si l’on dit du mal des patrons, on est taxé de « réactionnaire ». Si l’on fait remarquer la vie misérable de 80% de l’Humanité, on passe une page pub.
Interlope est la revue de ceux qui considèrent l’Occident comme un espace prédateur, un pays pour les dominants, tels les zombies dans les films de Romero, poussant leurs caddies, de façon mécanique, dans des centres commerciaux rutilants, derniers espaces de communication, de savoir-faire, de bien-être, de labeur et de spiritualité…
Interlope laisse donc la place aux écrits de ceux qui considèrent un suicide violent et vomitif, comme un acte de libération ultime… Ou peut-être l’écriture. L’alcool. Les drogues. Le sexe sans limite… L’abstinence… La dépendance à tout autre chose qu’à l’économie, la morale et l’idée d’un possible…
C’est à la fin des années 1970 qu’il devient lecteur, de par l’intérêt de ses parents pour le livre. " On n’est pas sérieux quand on a huit ans " . Dès cet âge, les romans d’aventure, ceux de Jack London ( " Croc-Blanc " ), Rosny l’aîné ( " La Guerre du Feu " ) et Michel Peyramaure ( " La Vallée des Mammouths " ) notamment vont développer son imagination et lui apprendre à connaître l’homme. Puis, adolescent, la tragédie grecque et les romans policiers seront ses principaux univers, à travers les oeuvres de Sophocle ( " Antigone " ), d’Euripide et d’Agatha Christie, une période au cours de laquelle il découvre le théâtre contemporain avec Cocteau ( " L’Aigle à deux Têtes " ) qui marquera sa mémoire. Quelques années plus tard, il abordera avec passion les grands classiques du XVIIIe et XIXe siècles comme Laclos, Stendhal ou Flaubert. La littérature contemporaine s’impose, en parallèle, avec Gide, Proust, Mauriac, Saint-Exupéry ou encore Sartre et Camus. Les écrivains américains ont aussi leur place dans son parcours de lecteur éclectique et exigeant, tels que Henry James, John Steinbeck, Hemingway ou Charles Bukowski. L’un des auteurs les plus récents et importants - disparu l’année dernière - est sans nul doute Alain Robbe-Grillet dont il admire le style, la pugnacité et la liberté de ton, un écrivain à ses yeux incontournable.
En résumé, un ensemble de lectures classiques et modernes, académiques et originales dont certaines, comme Molière ou La Fontaine, conservent toute la puissance de leur singularité. A la fois proche du XVIIe siècle - le siècle de la révolution formelle - et du XXIe, marqué par l’impact toujours aussi grand du Nouveau Roman, c’est de cette manière qu’il s’accorde avec la littérature et le temps.
L’impuissance de toute littérature, le dégoût qu’elle inspire, et dans le même temps la nécessité d’écrire et de travailler, voilà l’arc bandé par Georges Bataille et quelques autres.
Entre tous, Bataille aura permis de décocher quelques flèches vénéneuses qui ont volé loin.
Elles n’ont pas encore touché leur cible. Elles vibrent dans la solitude des œuvres.
Mais les œuvres, qui s’en soucie ?
J’aurai écrit pour rejoindre les autres, avec souvent l’espoir de changer un peu la donne, avec l’ambition de dévier le malheur vers des eaux plus claires.
Je n’y suis pas entièrement parvenu.
Le malheur est coriace. Il est vrai qu’il a de nombreux alliés et qu’il sait trouver des appuis jusque chez ceux et celles qu’il tourmente…
Restent - subsistent ? - alors des textes, nombreux, très nombreux, comme des graines de bonheur pas encore germées que je dissémine au hasard de ma vie.
Pas seulement.
Mes textes - c’est tout ce que je leur souhaite - ne sont pas que des traces laissées dans la neige ou la boue, ce sont avant tout des signes d’amitié lancé à l’inconnu sans ami, mais - c’est pure merveille - de signe en signe, ce n’est pas un nouvel amour qui est né dans l’écheveau du temps, mais un amour nouveau, et c’est bien ainsi.
Santiago Montobbio est né en 1966, et les premiers poèmes de Hospital de Inocentes datent de 1985. La jeunesse du poète a de quoi nous surprendre, tellement sa culture, la maturité tranquille de sa vision et la robuste limpidité de sa langue témoignent d’un tempérament d’homme et d’écrivain très affirmé.
D’emblée, la parenté de la poésie de Montobbio et de celle de certains de ses grands prédécesseurs espagnols, Alberti et Machado en particulier, nous frappe. A partir d’images simples, empruntées au quotidien et à la nature, il évoque le “sentiment tragique de la vie” qu’Unamuno plaçait au fond de l’âme espagnole, ou ce “passage éphémère” que Cecil Day Lewis citait comme “le thème poétique par excellence”. Les fantômes du vent, les “eaux orphelines” “un amour, une ombre, un oubli” sont les symboles favoris de cette poésie du passage, comme les vies qui “passent comme rien”, sans bruit, avec simplicité, dans le silence.
Le comptoir d’un café est le parlement du peuple. Honoré de BALZAC
Je tisse, je m’escrime dans ce vingt-et-unième siècle comme je l’ai fait dans le vingtième et comme je le ferai dans le trentième. La succession des jours, des ans, des époques nous offre des traces, des indices, des signes, des trouvailles, des énigmes, des clefs, des outils, et par conséquent des langages. L’évidence même, j’ai à ma disposition toutes les modernités révélées. J’ai à ma disposition les onomatopées caverneuses, les plaintes et les cris gutturaux, les grommellements et les gueulements caserniers, les accents des tours babéliques des banlieues, les verbiages salonnards, les babillages commerciaux et industriels, les incantations des fées féodales de la Finance, les anônnements bâtés, entravés de la main-d’œuvre, les ricanements édentés de la Misère… J’ai à ma disposition, dis-je, tous les langages tirés de la nuit, des cendres, de la poussière, des fosses des temps. Ce qui me fait croire que le bipède omnivore, avec ou sans plume, cocalisé, duffel-coatisé, basketisé, bigophonisé, walkmanipulé, en quelque sorte équipé pour recevoir la connaissance, devrait tirer avantage des évolutions dues aux grands chantiers de la Science et de l’Art. J’ai à ma disposition les archaïsmes, les barbarismes, les maniérismes… Les mots, des mots, mes mots… Un personnage est d’abord du texte, constatait Louis Jouvet. J’ai posé mes mots, j’ai rencontré des mots, j’ai désigné, taillé, forgé, déformé, inventé les mots. Un personnage est fait de mots c’est à dire d’idées, de paysages, de lieux, de souvenirs, de personnages.. Au fil de mes relectures, je suis devenu – peut-être redevenu - tous ces personnages, tous les personnages que ces personnages portent en eux. Je n’ai pas toujours eu la maîtrise des entretiens intérieurs, des demandes, des réponses, des questions, des réparties, des ripostes, des afflux, des tourbillons… J’ai travaillé les sons et les sens jusqu’à l’ivresse de la profondeur, interrompant, détournant le courant paisible ou rythmé de l’écriture. J’ai profité sans restriction des aparté, des silences, des rebondissements, du grotesque, du burlesque, du pathétique, de mes réminiscences. Le décor… J’avais en mémoire ce conseil d’Ernest
Hemingway : Quand on a quelque chose de difficile à faire dire à un personnage,
surtout le faire boire.
Ce nouveau spleen, ce mal de la vacance, cet exil le projettent dans des terres glaciales aux tonalités froides que cernent maints régions forestières, où des futaies d’indifférence s’étalent à perte de vue, n’offrant pour tout bruissement qu’un silence d’une profondeur tellurique, angoissant par son éloignement des frontières supportables de la perception humaine. Il entend jusqu’à la surdité. Le silence lui crève les tympans. Il apprend à reconnaître ce réel sans altruisme d’une matérialité incontournable, qui dresse devant son envergure de fourmi les murailles d’un monde géant souterrain, citadelle fortifiée d’un envers. Le retour de vagues prêt à l’immerger durant ce rêve reflue pour venir se mettre à niveau du rivage, la chaleur l’immobilise en un bien-être soudainement. Les souffles viennent à lui en sens inverse.
Les amoureux sont d’éternels traducteurs. Ils viennent après pour être avant, ils promettent avant pour trahir après. Ils promettent des images aux mots et des mots aux femmes qu’ils n’aiment plus. Je les accuse, mais je n’ose pas les conseiller. Pétales de roses, princes charmants, déclarations à l’aube et au crépuscule en face d’abréviations et l’emploi des anglicismes.
Mais en même temps, les traducteurs sont toujours mes chevaliers ; ils ont toujours ma confiance en poésie et en prose, comme d’ailleurs en art et en musique. Peut-être suis-je trop naïve en meublant mon coeur d’étagères pleines de poèmes que personne n’osera jamais traduire ?
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Prochainement
LA SPIRALE
de Margo Ohayon
Contenu : Réflexion et création. Numéros thématiques, anthologiques ou consacrés à un auteur, leur objectif est de communiquer le travail des auteurs publiés ou non par le Chasseur abstrait.
Depuis quelques semaines déjà, la RAL,M livre des goruriennes sans avoir expliqué ni comment ni pourquoi. Le pourquoi restera sans réponse, puisqu’il appartient à l’idiosyncrasie du lecteur (idiot/cin[glé]/crazy). Comment ? Eh bien parce que. Parce qu’un lecteur particulièrement attentionné (à mon égard) m’a renvoyé les trois volumes publiés sans un mot d’explication et qu’il en a (au cours de combien de lectures) surligné maints passages pour des raisons qui ne s’expliquent pas plus ni mieux. J’ai d’abord songé à des espèces de morelliennes [...]
La RALM
est un des grands sites littéraires des espaces francophones
et hispanophones.
Ce n’est pas une structure commerciale. Nous ne pouvons pas y vendre quoi que ce soit. Nous limitons notre activité à l’information et à la création. Les revues
« papier » qui en découlent sont des vecteurs de communication utiles aux auteurs et qui doivent être utilisés par eux comme tels.
La participation est gratuite et n’est pas rémunérée.
La structure commerciale, c’est Le chasseur abstrait.
Au cœur de la RAL,M, un travail consistant à assurer la périodicité et les contenus individuels et collectifs. Cette section peut paraître quelquefois complexe, mais elle est l'endroit des recherches et des résultats.
Par principe, c'est ici qu'on entre dans la RAL,M. Mais on peut préférer y entrer de façon plus traditionnelle en consultant le plan du site ci-contre.
Ces auteurs ont bien voulu animer des espaces plus proches de leurs préoccupations que le sommaire de la RAL,M toujours un peu généraliste.
Cette zone éditoriale est aussi le lieu des sites personnels. Ceux de Patrick Cintas et de Valérie Constantin sont connus depuis des années et évoluent constamment. Pascal Leray est au travail.
En marge de la littérature des nations et de celle des peuples, voici une littérature plus modestement composée et assumée, ce que Ferdinand Cheval appelle le « travail d’un seul homme ».
Les lecteurs de la RAL,M ont pu explorer depuis plusieurs années l’univers pictural de Valérie Constantin qui exerce son influence sur l’esthétique de cette revue et des ouvrages publiés par Le chasseur abstrait.
Accès traditionnel au contenu de la RAL,M : « anthologie permanente » qui donne accés aux œuvres par les genres et les auteurs.
Dans ces rubriques, quelques centaines d'auteurs vous offrent de quoi lire pour présenter leur œuvre.
Notez que les auteurs sont classés par ordre de parution selon la bonne règle qui veut que les derniers arrivés sont les premiers servis — ceci pour donner la primeur aux plus actifs d'entre eux.
Tous les genres, les bons comme les mauvais. Narration, construction, écriture, tout est bon pourvu que la fable et la chronique, voire plus, tiennent le bon bout.
Galeries virtuelles, avec ou sans commentaires. Avec la musique, le dessin et ses corollaires vont plus vite et peut-être mieux que les langues. Même l’homme du commun ne s’y trompe pas... ou rarement.
Quelques auteurs s’entretiennent librement en essayant de ne pas sombrer dans le nombrilisme ni la morale, les deux écueils de la pensée au travail du langage et de ses esthétiques possibles.
Quelques textes à propos de et au sujet de. Il s’agit ici de faciliter la tâche du lecteur en plongeant ici et là dans le magma que la RAL,M projette au dehors. À construire encore, au fil du temps qui passe.
Infos l'éphémère
Vos infos (blog de news), les nôtres (Le chasseur abstrait) et, en prime, quelques revues en ligne qui méritent l'attention.
Infos et catalogue du Chasseur abstrait [ici]. Dans cette rubrique, quelques principes à prendre en compte avant d’aller frapper à la porte pour être publié.
Le blog de news distribue quotidiennement des infos sur les rendez-vous et les publications qui nous sont proposés par [email].
2004/2013 Revue
d'art et de
littérature,
musique
publiée par Le chasseur abstrait
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