Patrick CINTAS est né au Maroc oriental, à Oujda, en 1954, d'un père d'origine andalouse et d'une mère quercynoise. Milieu modeste.
En 1958, la famille est rapatriée à Hendaye (Hendaian, Eskual Herria), où Patrick CINTAS passe son enfance et son adolescence. La guerre d'Algérie bat son plein. Elle se sera finalement soldée par un million de morts algériens et trente mille soldats français tués, sans compter les victimes civiles, les blessés, les détruits dans l'âme et dans la vie sociale.
La vie à Hendaye est alors baignée dans la chaleureuse et puissante culture basque, la nostalgie de la terre natale entretenue par la famille, la proximité bruyante et féroce d'une Espagne envahissante, et l'attention pointilleuse de maîtres d'école laïcs, républicains et soucieux de bien-faire malgré les défauts d'une cuirasse gaulliste trop marquée par le mensonge historique et les erreurs politiques de taille.

Hendaye aujourd'hui: la Rhune, les "Deux jumeaux", le château d'Abbadie-d'Arrast, le cap des Figuiers, Ondarribia, le Jaizquibel, la baie de Chingudy, et, bien sûr, la Bidasoa, fleuve-lieu de toutes les rencontres et de tous les jeux.
Quand il va à Paris (le Pays basque n'est pas la Provence: on ne monte pas), il est déjà écrivain depuis longtemps, mais ne songe plus à publier. Il veut être poète. L'Université sert de prétexte à un séjour qui malheureusement se termine par le retour à Hendaye où il devient peintre (artiste) et manutentionnaire pour gagner sa vie. On est en 1975/76, début de la "troisième guerre mondiale" qui dure maintenant depuis trente ans!
Puis, devenu exploitant agricole, il s'adonne avec passion à un métier dur et exigeant qui le réclame tout entier. Il ne trouve plus le temps d'écrire. Heureusement, la faillite de l'entreprise (hécatombe des années 80) le remet sur la voie de l'écriture début des années 90. C'est l'exil vers l'Espagne. Il s'installe en Andalousie, d'abord à Adra, au pied de la Sierra de Cintas, puis à Mojácar, berceau de sa famille paternelle.

Mojácar il y a quelques années... Depuis, je ne puis m'empêcher de penser à la préface d'"Abel Sánchez" et à l'envie maladive et culturelle des Espagnols, envie qui complique l'existence au point de la paralyser devant les exigences de la modernité, - à l'avarice implaccable des Français, qui les rend redoutables en affaires, - et à l'hypocrisie courtoise des Anglais, qui fait le lit de leur don civilisateur. Il y a encore beaucoup de nationalités pour détruire cet endroit magnifique, ancien port phénicien, mais le philosophe anglais de Unamuno n'en dit rien!
C'est sur cette terre calcinée qu'il est "redevenu" l'écrivain qu'il a toujours voulu être. Il a alors repris ses vieux manuscrits (il a trente cinq ans) et tout recommencé. Depuis (plus de quinze ans ont passé!), une vingtaine de livres ont vu le jour: romans, poèmes, essais. Les arts plastiques ont d'abord servi de gagne-pain (Patrick CINTAS est un excellent paysagiste!), puis d'exutoire. Peinture, sculpture, montage, installation, c'est un touche-à-tout toujours très proche de la matière et de l'usinage. La musique, étudiée jadis au Conservatoire d'Hendaye, et toujours pratiquée, est aussi revenue en force. Il a publié une dizaine de disques.
Patrick CINTAS est connu comme animateur de la Revue d'Art et de Littérature, Musique (la "RAL,M"), site internet considéré comme un des plus remarquables de l'aire francophone littéraire et artistique. Le chasseur abstrait est une maison d'édition dont le siège social est à Mazères, dernier lieu de résidence que Patrick CINTAS partage avec son épouse Valérie CONSTANTIN:

Photo de ©Miguel Bravo : Mazères est un gros village ariégeois, classé village de caractère, à la jonction des départements de l'Ariège, de la Haute Garonne et de l'Aude. Il a été construit en bordure de l'Hers vif qui est un affluent de l'Ariège. Le site recèle des vestiges des époques néolithique, romaine et mérovingienne. Au XVIIIe siècle fut créée la bastide en tant que village fortifié par convention entre les Comtes de Foix et les religieux de l'abbaye de Boulbonne toute proche. Des constructions intéressantes méritent une visite comme l'hôtel d'Ardoin, des maisons particulières, hôtels ou façades remarquables ainsi que les remparts de la bastide et la place des Tourelles.