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Teoría y juego del duende. F. G. Lorca.
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Il n’y a rien d’autre à faire, pour commencer, que de s’expliquer du mieux qu’on peut. Ainsi, la matière initiale est soumise à des contraintes venant de l’extérieur comme de l’intérieur. Qu’il y ait des lois à cela n’est pas impossible. Est-il toujours assez tard pour s’en inquiéter ? Les premiers personnages sont nés dans des récits de lecture.

EXTÉRIEUR

Récits et lectures

INTÉRIEUR

Écrits

Récits d'une rhéologie

Récits d'une pneustie

Préface

 

Je me préfère singe que perroquet, passionné d’intelligibilité plutôt que de lisibilité. Et de passage seulement. - J.M.

 

D’où me vient cette sensation d’infini ? Et cette croyance que, par un tour d’écriture, je peux atteindre quelque chose qui ne sera donné à tout le monde que de cette manière ?

D’abord, une constatation : après plus de quarante ans de travail, je n’ai pas cédé à la tentation d’utiliser mon « talent » d’écrivain pour écrire des objets de genre destinés à amuser le public ou à me faire valoir auprès des distributeurs de distinctions et autres joujoux des Lettres. J’ai fait ce que j’ai voulu, je l’ai fait quand j’ai pu, car l’existence est dure en complications inutiles. Et ça et là, au hasard des trouvailles, j’ai fricoté avec une idée du nihilisme qui me séduit toujours, mais sans que je puisse vraiment en approfondir le sens au point d’y trouver une pensée qui me soit propre.

De toute façon, je ne suis pas « bien né » et j’ai vite compris qu’à moins de servir une cause, politique, religieuse, administrative ou simplement domestique, je n’avais aucune chance  d’occuper une place assez nutritive pour compenser mes faims de littérature. C’est ainsi et je n’y peux rien. Chemin faisant, j’ai observé, sans participer, mais n’en pensant pas moins, les disputes littéraires et autres confetti de l’esprit au travail de la reconnaissance et des profits plus terre à terre. J’ai quelquefois apprécié les coups de poing sur les têtes élues, comme le fit Henri Meschonnic qui donna pourtant plus au statut qu’à l’écriture, selon ce que j’en sais pour l’avoir lu souvent avec envie — là, je demande à être contredit —. Mais les soubresauts de l’esprit sont rares dans la littérature, malgré des apparences de révolte qui tiennent le plus souvent du hennissement que du cri. Les « polémiques » de Meschonnic m’ont paru d’emblée judicieuses, même si je n’adhère absolument pas à ce qu’il en tire de politique et de rythme. Récemment, j’ai vu comment un écrivain, certes secondaire, mais pas mauvais du tout, se contorsionnait lamentablement pour faire passer son travail évidemment poétique pour du « roman » simplement parce que dans son esprit le roman se vend mieux que la poésie. J’en fus exceptionnellement déçu.

Personnellement, je n’ai jamais interrogé ces augures, n’ayant pas l’âme d’un démiurge. Je suis constitué d’un corps que je ménage depuis peu, car il a donné de dangereux signes de mort. Il se trouve que ce corps, dont je ne suis peut-être que l’héritier, produit de la pensée et que cette pensée se laisse emporter par le ou les désirs. Au frottement, cela donne du langage et, par conséquence, du texte. Je n’ai donc pas pris le chemin à l’envers, je n’ai pas mis la charrue avant les bœufs. J’ai attendu, persuadé moi aussi que c’est l’attente qui est merveilleuse. J’ai écrit sans jamais viser autre chose que l’objet qui m’obsède, me fascine et m’appartient peut-être si je ne suis pas idiot. Une construction s’est vite imposée à mon esprit et, donc, à mes constantes et passionnées activités de survie.

Contrairement à des apparences de confusion qui m’ont moi-même inquiété de temps en temps, tout ceci est construit ou, si ce n’est pas construit, c’est que ça ne l’est plus, que ça l’a été à un moment donné que j’ai vite renoncé à « retrouver » par le noircissement de papier. Je pense que tout mon effort, qui vaut ce qu’il vaut, consiste à ne pas croire en Dieu, solution qui ne répond à aucun problème et qu’il faut considérer comme une perversion de la pensée au même titre que toutes les superstitions et autres convictions. Mais il n’en reste pas moins que cette sensation d’infini vient de quelque part, pas d’ailleurs ! N’ayant aucune intention de parier, mais reconnaissant dans la nature du pari les fondements de la pensée, je me suis efforcé, tant que faire se peut, de me placer physiquement à l’extérieur, créant ainsi l’illusion de cet intérieur qui n’a aucun intérêt en soi, mais qui est le lieu nécessaire de l’écriture, si c’est écrire ce que je veux.

Je n’ai donc pas classé mes objets en impressions et réminiscences, mais plus simplement, et avec beaucoup moins de poésie, en connaissances et importances. Je crois que c’est ce que tout le monde fait. Nous prenons connaissance, élargissant le cercle qui contient l’extérieur, lequel est inclus dans un néant qu’il vaut mieux ne pas peupler de personnages, car à ce moment ils deviennent des dieux et on perd le fil de la pensée pour s’en remettre naïvement aux religions et aux charlatans qui les gèrent. Puis nous choisissons selon une intime conviction ou par un coup de dés. Il va sans dire que c’est aux dés que je joue et que par conséquent je n’ai aucune conscience morale, du moins quand il s’agit de poésie. Pour le reste, ça ne regarde personne.

Cet extérieur, il n’est pas question d’en décrire l’extension. Je n’en vois pas l’intérêt, autrement que scientifique. Or, je ne suis pas un homme de science. Il me suffit d’en donner la compréhension en usant des moyens de la poésie, ce qu’on nomme la prosodie. J’ai ma petite idée là-dessus et, bien sûr, elle ne sort pas du néant, elle doit beaucoup à la littérature et même quelquefois aux vulgarisations qui font parvenir jusqu’à nous des connaissances de spécialistes.

Voilà en quoi consiste cette traversée de l’extérieur, ce voyage dehors. Et tout cela ne se passe pas dehors, si loin de soi. C’est à l’intérieur que ça se passe. Il en reste, finalement, des écrits et ils sont fortement conditionnés par les supports au fond très simplistes qui demeurent à notre disposition, moyens d’enregistrement de l’écriture que sont les livres, les disques et autres mémoires physiques, la quincaillerie. Cet intérieur, il faut bien l’organiser. Mais contrairement à toute attente, je ne l’ai pas conçu comme une série de volumes, bien qu’ils existent aussi. Je n’ai pas non plus fragmenté le temps, celui que j’ai passé à écrire et donc à (sur)vivre, en « périodes » qui eussent un sens après coup. Il m’est plutôt apparu, de l’intérieur, que j’étais le lieu d’un certain nombre d’inventions et que ces inventions étaient le plus simplement du monde des personnages que j’ai nommés, non pas successivement, mais presque simultanément : Bortek, Kateb, Carabas, Ochoa, Gor ur et Actor. Une floppée de personnages secondaires s’y est ajoutée.

Le tout sans prétention psychologique, ni surtout métaphysique. Pas de soupçon chez moi, pas de sentiment de l’absurde, pas de fatras psychologique ni de parabole métaphysique, rien de moralisant ni d’esthétisant, mais une forte inclination moderniste, quelquefois violemment anti conservatrice. À vrai dire, je hais les signes d’orthodoxie, j’en redoute la nocivité et les cruautés sous-jacentes. Je m’évertue jusqu’à épuisement moral à des exercices conversationnels destinés à rendre évident la toxicité des traditions du goût. Tels sont mes personnages, polysémie d’un trickster pas facile de mettre à jour.

Ce qui veut dire qu’au fond de ma prosodie, il n’y a pas de style, pas de lieux privilégiés et pratiquement pas d’histoire, en tout cas au sens où l’on entend habituellement la dramaturgie. Au contraire, les lieux sont multipliés par les miroirs, les anecdotes s’entrecroisent sans explications claires et l’écriture est celle des personnages ou plutôt le reflet approximatif de leurs voix.

Pour ce qui est donc de ma traversée de l’extérieur, on trouvera ici quelques essais de comprendre et d’apprécier. Il en découle peut-être une certaine conscientisation, mais c’est un effet de conation auquel il ne faut pas accorder trop d’importance. L’essai consiste le plus souvent en une série de justifications qui pourrait s’intituler « Télévision ».

Concernant l’intérieur, autrement dit les ouvrages, les « Inventions », l’effort anthologique qui en principe en recueille l’essentiel sous forme de documents littéraires (roman, poèmes, etc.) n’a pas été accompli et ne le sera peut-être jamais tant la force de l’écrit prévaut encore sur le désir de texte et de reconnaissance. Il n’y a d’ailleurs peut-être rien à retenir, même s’il m’est arrivé de proposer, en amuse-gueule, des choix relevant d’une attitude critique conventionnelle, ce que je regrette toujours un peu.

Jo.Manna « Actor »

Livre I
La Nuit

 

La rhéologie (du grec rheo, couler et logos, étude) est l’étude de la déformation et de l’écoulement de la matière sous l’effet d’une contrainte appliquée. Le récit est la relation écrite ou orale de faits vrais ou imaginaires. Ceci est donc la narration de faits, vrais et imaginaires, à opposer aux choses — faits soumis à l’étude de leur déformation et de leur écoulement sous l’effet des contraintes de l’existence. On peut appeler ces faits de la poésie. La poésie sera une science ou ne sera plus, dit René Ghil. Et bien, elle n’est plus, ou plus exactement : elle n’est plus cela. Dans notre monde d’aujourd’hui, la science sert à penser et à soigner et le jeu à oublier et à rêver. Que reste-t-il de la poésie ? Une pratique qui rejoint ces points cardinaux de l’existence sans jamais atteindre vraiment le cœur de l’homme, son centre névralgique. Au fond, elle n’est que récits et ce sont ceux qui subissent les assauts constants des mythologies et des véritables connaissances. Elle demeure action. Voyons cela.
La question du parergon, si elle se pose, n’est pas abordée ici. Un « extérieur » constitue le cadre dans lequel la pensée agit comme croissance du sentiment d’appartenance (« la preuve, je lis »). Un « intérieur » témoigne au mieux des péripéties du désir au fil de l’accumulation des écrits. Il n’y a rien d’autre à faire, pour commencer, que de s’expliquer du mieux qu’on peut. Ainsi, la matière initiale est soumise à des contraintes venant de l’extérieur comme de l’intérieur. Qu’il y ait des lois à cela n’est pas impossible. Est-il toujours assez tard pour s’en inquiéter ? Les premiers personnages sont nés dans des récits de lecture.

 

En guise de préface - Notes sur "la nuit battue à mort"
Ici, je pourrais aussi bien « relire » les Essais sur les modernes de Michel Butor. Mais Maurice Blanchot, lu à la même époque, échoue à devenir un véritable écrivain, ce qui n’est pas le cas de Michel Butor. Cet échec du « lecteur » au détriment de « l’écrivain » m’a soudain passionné. J’en rends compte ici.
Le livre à venir de Maurice Blanchot
Au commencement des temps modernes, apparaît le sinistre Hegel et tombent de ses lèvres de personnage définitif ces mots non moins menaçants : « L’art est pour nous chose passée. » Gœthe, artiste et homme de science, est le témoin fébrile de cette interruption. Voici ce qu’on sait désormais des personnages de l’Histoire de l’esprit : les artistes sont inutiles, les scientifiques indispensables et les philosophes immuables.

 

Chapitre premier - I - PERSONAE
Pas d’hésitation : dans mon esprit, toujours à la même époque, Pound, avec ses Cantos et son ABC de la lecture balaie la french theory de mon esprit. La poésie s’impose à moi non comme un champ sémiotique, mais comme l’« idée du corps ».
ABC de la lecture d’Ezra Pound
« Si les critiques ont en vain dépensé tant de rancœur c’est qu’ils n’ont pas su distinguer entre deux sortes d’écriture totalement différentes : A. Les livres qu’on lit pour développer son intelligence, pour améliorer son savoir et percevoir mieux, et plus vite, qu’auparavant. B. Les livres qui sont destinés et qui servent au REPOS, ou qu’on utilise comme stimulants ou calmants. On ne dort pas sur un marteau ou sur une tondeuse à gazon. On n’enfonce pas des clous avec un matelas, alors pourquoi faudrait-il appliquer les MÊMES critères à des livres aussi différents dans leurs buts et dans leurs effets qu’une tondeuse à gazon et un coussin de divan ? »

 

Chapitre deuxième - II - HUSTERA
Le côté « nature » des observations qui suivent a jeté le doute dans mon esprit à l’époque en plein dans les études musicales. En effet, l’idée d’une espèce de résonance naturelle du texte me paraît trop simple... Cependant, Ernest Fenollosa est aussi dans le vrai... Voici une traduction de sa célèbre étude.
Le caractère écrit chinois est un moyen d’écrire de la poésie par Ernest Fenollosa
« Il est évident que cette vision des grammairiens vient de la très contestable, ou plutôt inutile, logique du Moyen-Âge. Selon cette logique, la pensée négocie avec des abstractions, des concepts déduits des choses par un processus de discernement. Ces logiciens ne se sont jamais demandé comment « les qualités » qu’ils ont trouvées dans les choses ont fait pour y être. La vérité de leurs jongleries dépendait de l’ordre naturel selon lequel ces pouvoirs ou ces propriétés ou ces qualités étaient contenus dans les choses concrètes. Cependant, ils méprisaient « la chose » comme un simple « cas », ou pion. C’est comme si la Botanique devait raisonner à partir des modèles de feuille tissés sur nos nappes. »

 

Chapitre troisième - III - DRAMA
La Terre vaine, fruit d’une collaboration dont je ne cesse de pister les fuites en perspective, pose d’innombrables questions auxquelles il est impossible de répondre autrement que par l’engagement de soi-même en poésie. Cela arrive quelquefois. Kora in hell aurait aussi pu jouer ce rôle. Le tout pris au piège de L’immaculée conception et de Nadja...
1 - ABC de la lecture (suite)
Côtoyer les sciences presque quotidiennement est un labeur éreintant. La découverte poétique est une affaire de rencontre fortuite d’un genre différent de la rencontre d’un réactif avec un nouvel objet de réaction, par exemple. Les nerfs de l’artiste sont à vifs non pas dans les moyens d’observation conçus pour réduire l’inconnu mais dans la matière même des civilisations, faite de personnages, de gouvernements, d’usines, de routes, de coins charmants et d’autres où le destin participe à la disparition. Les nerfs de l’artiste poursuivent la ramification par croissance dans l’inconnaissable, inconnaissable autrement que par des poussées imaginaires, oniriques, humorales.
2 - Métrique et poésie d’Ezra Pound - T.S. Eliot
« ...aujourd’hui, il est possible de publier du vers libre (de deuxième ou troisième classe, ou carrément médiocre) dans presque toutes les revues américaines. Peu importe de savoir qui est responsable de la médiocrité du vers libre, étant donné que ses auteurs auraient écrit de mauvais vers de toute façon ; Pound a au moins le droit d’être jugé pour ses propres réussites et échecs. Le vers libre de Pound est celui d’un poète qui a travaillé inlassablement les formes fixes et toutes sortes de systèmes prosodiques. »
Livre II
Drama II

 

S’ensuit une dramatologie dont les actes ne se théâtralisent pas au point de donner lieu à une dramaturgie en bonne et due forme. Au contraire, la complexité annule les effets par trop classiques et prévisibles de l’absurde considéré comme une conséquence inévitable du fait de penser simplement.

 

Ajouts pour un deuxième livre, un troisième, etc.
La littérature au service des révolutions pendantes et successives ne fait pas l’histoire de l’homme ; elle l’engage à la confusion, non plus des langues, mais des usages. L’écriture-justice, entachée de théologie, divise au lieu d’instruire, d’émouvoir et de charmer . Si la littérature doit s’engager à quelque chose, ce n’est pas à rendre service ni à se faire belle ; elle demeure le pivot des évidences ou elle est aussi inutile et détestable que les dieux qui nous servent de prétexte à ménager les usages, avec ce que cela suppose de répression et de menaces pour servir de Droit, et à conserver le droit de propriété et ce qui en découle de passation de pouvoirs, de trafics d’influence et de racket sur la consommation. La littérature devrait être le centre d’une réflexion portant sur les traditions et les possibilités d’appropriation des réalités. Imagination et rythme sont ses critères d’existence.

 

« Acte I » - Mon siège de Robbe-Grillet
1 - Lettre ouverte à Alain Robbe-Grillet
Il n’est pas vain de chercher à retrouver ce qui, dans la nature, équivaut à la résonance, et dans nos mains, ce qui résonne aussi clairement et aussi pertinemment qu’une corde. Mais tandis que l’oreille est capable de s’interposer entre le bruit et sa reconnaissance, rien de tangible n’influence notre pensée au point de la doter définitivement de la langue et de la seule langue. C’est à l’écriture qu’incombe la tâche de nous placer en face, plus ou moins exactement, de notre réalité d’être pensant.
2 - Discours de réception à l’Académie française
La plupart des poètes — véritables, sybarites, six-quat’deux — se damneraient pour un peu de reconnaissance, fut-elle celle du ventre car personne n’est indigne quand on s’explique par les tenailles de la faim. D’autres anagogies sont moins faciles à éluder au moment de porter un jugement sur les attitudes de chacun face aux contingences et aux opportunités. On dit communément qu’il faut être idiot pour refuser une chose aussi précieuse que la reconnaissance. Mieux vaut finir classique, disait Robbe-Grillet — qui confondait classicisme et académisme, qu’à la poubelle. Il n’y a pas d’autre choix. On a vite fait de choisir, surtout si au fond on a déjà l’expérience des voyages d’agrément.

 

« Acte II » - Le coup de dés de Mallarmé, pierre d’angle
À la question de Wittgenstein : « Que reste-t-il de l’acte de lever mon bras une fois que je l’ai levé ? » la réponse —> « Que resterait-il de l’acte de lever mon bras si je le levais ? Et si je ne levais pas, qui serais-je ? »
Ce qui marque le commencement
Il ne s’agit donc pas de « confessions », ni d’« explications », mais simplement d’une mise au point des conditions d’existence de l’écrivain dans la proximité du lecteur qui est aussi un travailleur, mais dans un autre genre d’activité qui, ici, n’a plus aucune espèce d’intérêt ni d’importance, sauf en cas de chômage. À l’époque peut-être rêvée où il était de bon ton d’illustrer une « défense de la langue française », il s’agit maintenant de superposer, jusqu’à coïncidence faciale, une « défense de l’écrivain aux prises avec sa possibilité », question de hasard et d’histoire.
Première partie - Le roman est une hypothèse
Car au fond, quelle aventure vivons-nous si nous ne la vivons pas avec les autres ? Est-ce vivre que de s’aventurer seul ? Les solitaires ont coutume de s’assembler sans constituer de sectes. C’est là leur défaut, leur fragilité, leur commencement de la fin. Se lisent-ils les uns les autres comme d’autres prétendent s’aimer ? J’en doute. On ne fait que passer et les autres continuent d’écrire parce que le désir est le même et qu’il n’y a peut-être qu’un seul désir à partager. On ne se nourrit guère de ces fragments d’un repas pris en commun, certes, mais sans perspective d’antichambre pour achever ce qu’on a commencé ou continuer ce qui n’a pas de fin.
Deuxième partie - La pyramide des discours, du clinique à l’abstrait
L’imposture des religions est partagée par le plus grand nombre, quant à l’imposture scientifique, ballotée entre les ambitions personnelles et les services rendues à l’industrie, elle s’est installée en pratique, exactement sur le modèle de l’imposture commerciale à quoi la justice ne trouve rien à redire, au contraire le mensonge commercial, comme en religion d’ailleurs, n’y est point un « péché capital », de ceux qui conduisent leurs auteurs en prison. Dans un monde où la permission, le privilège et la recommandation sont des principes reconnus et dans la mesure où l’application de ces principes ne trouble pas les conceptions communes de l’échange et des flux, c’est encore l’art qui commet le moins d’impairs, et c’est l’artiste qui endure les vicissitudes de ses prémonitions.
Troisième partie - Périphéries des discours
Ici, ou là, la vie nous est arrachée en venant au monde et nous sommes rendus au souvenir et aux crises d’affection dès que la mort nous frappe. Périphérie marquée, à la tangente du discours métaphysique, par la présence obsédante des religions dont le choix nous est limité par l’ascendance et les soumissions à l’État, marquée en-dessous par ce cyberespace qui nous répare au lieu de nous prolonger comme ce serait le cas si nous faisions partie de ce que la France, toujours impériale dans ces distributions, appelle l’Élite (mais comment savoir que nous en faisons partie si les moyens de le vérifier ne nous sont pas donnés avec les connexions ?)
Quatrième partie - Perspectives
Et puis il y a le reste, tout ce qui n’est ni philosophique, ni scientifique, ni littéraire, le tout venant en habits de religion, de magie, de consommation ; produire et consommer, produire tout ce qui n’est pas artistique et consommer ce qui n’est pas hors de portée pour des raisons économiques ; être le maître ou l’esclave, maître des servitudes, au moins le temps de vivre, ou esclave des propriétés qui auront raison de soi à défaut d’en posséder toute la nature : on a sa résistance à soi ; demeurer le fou qu’on n’enferme pas avec les larrons ou ne pas soigner le fou et exercer pourtant une profession honorable et honorée ; la cybérie est surpeuplée ; elle pose la question du nombre d’individus à ne pas dépasser ; la science connaît-elle déjà cette abstraction ? La philosophie est-elle en mesure d’y répondre par des conseils ? La littérature en perpétuera-t-elle l’évènement ?

 

« Acte III » - L’étranger
Ce « I2 » n’est en rien une analogie, ni surtout une référence mathématique. Contrairement aux « tores » de Lacan le rigolo... Cette égalité paraît non pas absurde, mais complexe. C’est toute la différence. Laissons la science aux scientifiques, pas aux ingénieurs, ni surtout aux poètes. L’absurde confine aux mises en scène. La complexité s’adonne aux prolégomènes.
1 - Fragments d’une conversation fragile : i2 = -1
La race n’est pas qu’un problème de pigmentation. Regardez les yeux des Asiatiques et le nez des Africains. Ce n’est pas parce qu’on parle, qu’on fait du commerce et qu’on se reproduit qu’on est ressemblant, je dirais, goutte à goutte. La race est le plus déterminant des facteurs d’étrangeté. Cela dit en dehors de toute pensée érotique. Nous sommes humains, à la fin.
2 - Psychologie de l’injection causale
Traquer la drogue, la substance paralysante et exutoire, va devenir l’objet incessant, pour ne pas dire obsessionnel, de toute réflexion qui prendra pour sujet les raisons de vivre ou de continuer d’exister. Si ce « non » imprononçable est tout ce qui reste de l’intention de se révolter, c’est bel et bien le suicide qui marque les prolégomènes à l’intention de vivre. Injecter, c’est paralyser l’acte suicidaire ou en préparer le terrain sacrificiel. Si le Droit est la partie visible de la nation constituée, le Suicide en est la vie cachée, d’autant que l’attente lui donne finalement raison.
3 - La mort d’Ulysse
Que de biens communs quand ils sont inaccessibles ! Mais il suffit que la chose se trouve à portée de la main pour qu’elle fasse l’objet d’une requête en propriété légitime. Le Droit est une ignominie, plus que la guerre. Au fond de nous, nous le savons pertinemment. Nous nous organisons pour posséder et non pas pour connaître. Or, le bonheur est dans la connaissance. Propriété égale ignorance.

 

« Acte IV » - Cosmogonies

Cosmogonie : Ensemble de récits hypothétiques sur la manière dont un « monde » en particulier a été formé.

Cosmologie : Étudie la structure d’ensemble et l’évolution d’un « monde ».

Herméneutique : Analyse des sources de l’inspiration.

Nous avons tous deux têtes
Ce qui augmente beaucoup le plaisir
Dans cet essai-préface, il ne sera question que de doctrine. Il me plaît assez d’user et d’abuser de ce mot, d’autant que je ne suis pas un doctrinaire. Ce n’est pas que ma pensée échappe à toute définition, mais j’en reconnais les faillites et ne me prive jamais d’y remuer le couteau spécialement conçu pour les plaies. Mes fragilités intellectuelles s’imposent donc à mes compulsions profondes. Ici, j’aborderai la langue par le bout, la technique par ce qu’elle vaut et la fonction de l’écrivain par sa constante inutilité.
schizophrénie - La question de la cohérence
Le chevalier Dupin & Joseph Rouletabille
Une des questions les plus intéressantes posées par la littérature a été romancée par Gaston Leroux dans son « Mystère de la chambre jaune ». On peut voir dans ce roman un tour de force relevant le défi lancé aux hommes de Lettres par Edgar Pœ avec son « Double assassinat de la rue Morgue ». Dans cette nouvelle, la question est de savoir comment le criminel a pu sortir de la « chambre » sans emprunter les voies naturelles ; en effet, celles-ci, portes, fenêtres et cheminée ne peuvent en aucun cas prêter passage à un corps humain.
réalité - La question du merveilleux
Gaston Leroux & Philip K. Dick
On pourrait d’abord en conclure que le merveilleux est exclu d’office de tout bon roman. Car, si le merveilleux sert à résoudre des problèmes, le plus souvent posés par des intrigues mal ficelées ou trop bien ficelées pour demeurer longtemps crédibles, alors tout devient si facile que le métier même de romancier n’en est plus un ; il ne serait guère autre chose qu’une pratique, avec ce que cela suppose d’enseignement et de maîtres aux pouvoirs pédagogiques invérifiables sur, justement, le métier.
interprétation - La question des niveaux d’écriture
André Breton & Paul Léautaud
C’est que le romancier est aussi un écrivain, pas seulement un traducteur. Ou plutôt, plus le romancier est écrivain, et moins il traduit. Mais il n’est pas facile de répondre à la question des niveaux de l’écriture mise en jeu dans le roman. En effet, si les témoignages des petits écrivains, ceux qui traduisent mal et écrivent bien, ne manquent pas au procès de la littérature, par contre les grands romanciers se sont toujours montrés discrets sur les données de leur art.
inexpérience - La question de la maîtrise
La présence & l’esprit
Supposer la primauté de l’art est une bonne façon de mal poser la bonne question. C’est emberlificoter le problème pour expliquer la solution. Refaire le chemin, mais à l’envers, en inventant au passage les phénomènes explicatifs. Que le romancier soit un artiste, à quoi cela tient-il ? Qu’il écrive bien ? Ou que mal écrivant il compose admirablement ou simplement comme il faut ? On n’explique pas le roman par le roman, pas plus qu’il est pertinent d’expliquer la maison par son apparence de maison habitable. Chaque fois que la langue prend le pas sur l’écriture, on perd en signification.
unité - La question des genres littéraires
Le roman scientifique & le roman de mœurs
Mais on touche ici aux limites du roman compréhensible. Le jeu consistera alors peut-être à visiter les limites en connaisseur des risques d’obscurité ou en voyageur de la disparition du sens. Le roman moderne, qui a remplacé l’allusion par le fait, est l’encyclopédie de cette pratique insensée du récit, du dialogue, de la description et de tout ce qu’on pourra imaginer pour écrire le roman qu’on a l’air de porter en son sein.
banalité - La question du style
Carl Rogers & Kierkegaard
On lit aujourd’hui, et depuis longtemps, des romans écrits presque dans une autre langue, mais pas aussi promptement que Finnegans Wake, des romans tout à fait ordinaires, ou plutôt des romans qui eussent été considérés comme ordinaires si on n’en avait pas changé le vocabulaire et adapté la syntaxe au goût d’un public soigneusement ciblé . Il est vrai que les mêmes choses peuvent s’exprimer de différentes manières et que le choix des mots peut donner l’illusion du style.
production - La question commerciale
Boris Vian & Jacques Bens
La question de l’artiste au chômage se pose-t-elle encore ? Il vaudrait mieux se demander : qu’est-ce qu’un chômeur ? N’est-ce pas celui à qui on a enlevé du pouvoir d’achat pour augmenter celui d’un équivalent tout heureux d’accéder à la consommation et d’en jouir en bon père de famille et redoutable destructeur ? Le consommateur de biens superflus devient un exemple de probité au travail, tandis que le chômeur est montré du doigt comme parangon de la paresse, du laisser-aller, de l’irresponsabilité, voire d’un manque de patriotisme qui justifie à lui seul la condamnation à la pauvreté, quand celle-ci n’aurait dû être que la conséquence d’une fatalité des circonstances.
drame - La question des conditions de la farce
Jacques Bergier & James D. Watson
Début des années 70, deux ou trois ans après l’exploit d’Armstrong (l’astronaute), je suis tombé sur cette table dans un livre de Jacques Bergier . On y décrit l’évolution probable des connaissances scientifiques et leurs applications non moins prévisibles :
déconstruction - La question de la construction
Wassily Kandinsky & Antonin Artaud
Notons avant toute chose que je ne suis l’initiateur d’aucun art, que je ne suis que l’acteur de ma gesticulation littéraire et quelquefois artistique. La différence est aussi de taille. En un mot, je n’ai pas reçu l’illumination . Kandinsky avoue quelque part avoir été effrayé par sa découverte et Sers situe justement à ce moment-là le point d’initiation de la joie éprouvée par l’artiste. Je n’ai personnellement jamais éprouvé aucune joie, ni avant ni après le texte, je n’ai pas vécu de passage de l’angoisse à l’extase . Mais l’expérience de Wassily Kandinsky, celle de Raymond Roussel, et peut-être plus profondément celle de Gertrude Stein, m’ont enseigné l’importance — de la pratique — de sa description philosophique — de la construction — de la composition.
liberté - La question de la liberté
Cano & le bleu de Prusse
Je n’aime pas la majesté des souffrances humaines, quitte à escagasser un alexandrin de cette qualité prébaudelérienne. C’est en effet une poésie usée. Je ne la renouvelle que dans la farce, mais une farce qui ne peut pas recevoir l’agrément du plus grand nombre, de ceux qui ont besoin de se voir ou de se revoir sur la scène littéraire au moins pour avoir l’impression qu’on pense à eux. La revendication est une affaire sérieuse et je considère que ce n’est pas la mienne. Je ne peux apparaître que comme conscient de difficultés qui ne sont pas les miennes. Et les miennes n’ont d’intérêt qu’à partir du moment où je sais comment.
le même - La question de l’autre
L’action & la curiosité
En France, il semble que la dernière école ne promette plus rien, comme si les promesses qu’elle a tenues étaient les dernières avant qu’il ne soit plus question de promettre quoique ce soit. Les propensions à l’école sont en général absorbées par des institutions plus ou moins politisées, à caractère humanitaire, jamais esthétique. Le surréalisme lui-même a vécu cela, et le nouveau-roman ne s’est jamais engagé , alors que l’existentialisme, entre les deux, a favorisé l’engagement au détriment de la qualité littéraire.
extérieur - La question du moi
Le rocher de Sisyphe
À une époque où la moindre connaissance se propose comme science, née de l’idée scientifique et du hasard des rencontres, il n’est plus aussi facile de pincer une corde pour en tirer l’accord majeur qui porte le chant de bout en bout. Des dénaturations croissantes étagent les perspectives de littérature dans un monde soumis à une connaissance du mal qui reloge l’esprit dans le cadre étroit de sa terre natale, ou de l’idée de terre natale si l’aventure l’a rendue si lointaine qu’elle n’est plus accessible que par le rêve et le témoignage. On devrait, dans ces conditions, se réduire à soi, et disparaître en soi. Mais l’existence a d’autres projets.
acteur - La question de l’écrivain
Ernest Hemingway & Wystan Hugh Auden & Boris Vian
Tout autre est le portrait d’Aimé Césaire qu’André Breton trace comme l’écriture même dans ce décidément bon livre qu’est « Martinique, charmeuse de serpents ». Il m’a toujours semblé, mais depuis le temps a passé et c’est maintenant une quasi-certitude, que ce portrait est plus généralement celui de l’écrivain idéal selon Breton. En huit points :
hiérogrammate - La question du principe de poésie
Mort dans l’après-midi
Dire : qu’entre la canaille de Voltaire et l’inéduqué de Breton, mon cœur ne balance pas ; qu’on considère qu’il est inutile d’éduquer les masses sauf pour les mettre à l’ouvrage des ambitions nationales, ou que cette éducation passe par la pratique de la poésie (dans un sens général), ne résout absolument pas la question de savoir jusqu’à quel point je peux sacrifier ce fragment de moi-même, toujours croissant, dont l’absence me permet d’agir avec les autres.
Conclusion
Ionisation
J’ai opté pour ma langue maternelle, le français, plus par facilité que par référence à son enfance maternée. Je pense qu’on peut aussi bien écrire dans une langue qu’on ne maîtrise pas que dans celle qui a assisté aux croissances de la connaissance et des comportements . Manipuler autre chose que le texte, quand on écrit, ne relève que de la ruse et non pas de cette profondeur de l’allusion savante ou purement aléatoire dont on prétend meubler nos instants de solitude vraie. Je ne sais pas, pour ne pas l’avoir pratiquée, si l’invention d’une langue est nécessaire ou simplement utile.

 

« Acte V » - Rhéologie et herméneutique du cas d’auteur (éléments)
Ce « I2 » n’est en rien une analogie, ni surtout une référence mathématique. Contrairement aux « tores » de Lacan le rigolo... Cette égalité paraît non pas absurde, mais complexe. C’est toute la différence. Laissons la science aux scientifiques, pas aux ingénieurs, ni surtout aux poètes. L’absurde confine aux mises en scène. La complexité s’adonne aux prolégomènes.
1 - Chasseur abstrait
Qu’un texte soit facile à comprendre ou terriblement hermétique, là n’est pas la question. Une poésie s’en dégage ou non. Entrée des goûts et des couleurs. Et s’il y a poésie, il y a aussi, par l’intermédiaire du livre qui est un problème, la possibilité d’une solution. Donc, un écrivain n’est pas un poète.
2 - Cosmogonies II
Ici, peu de ’schizophrènes, beaucoup de ’paranos, et surtout énormément de ’cons... Le jour où t’hésiteras plus devant la nécessité, le monde ne sera plus un monde pour toi, mais ce qui donne un sens à ton monde. La poésie n’est pas une sinécure...
3 - Microbe-thérapie
Au risque de paraître complètement idiot, j’avoue n’avoir jamais envisagé l’art, que je pratique depuis toujours avec un bonheur de voyageur démuni, sous l’angle de la thérapie, du mieux-être, voire de la réinsertion sociale. Bien au contraire, je n’y ai jamais vu, si jamais il s’agit de cela, voir, autre chose qu’un combat pacifique contre des hommes et même quelquefois contre la nature, celle de l’homme, qui explique l’homme et lui appartient quelquefois à l’issu d’autres combats auxquels il me semble ne pas participer. J’ai pensé que l’art pouvait conduire dans l’impasse du silence, de l’incompréhensible et de l’incommunicable. J’y pressens encore un danger éminent et de cette éminence noire je me nourris au bord d’un trou que je n’ai pas creusé et qui m’appelle, je l’avoue, si souvent que je me demande si je suis bien moi et non pas quelque invention diabolique qui n’aurait de merveilleux que sa possibilité.
4 - Le personnage incréé
Ensemble, nous ne sommes jamais complexes, sinon différents. Que ces différences, aussi sensées, aussi précisément exprimables sont-elles, puissent donner lieu à des lois de composition utiles et même nécessaires, cela ne revient pas à soi aussi facilement ; en d’autres termes, littéraires ceux-là, la solitude n’est pas contenue dans le cri qui l’exprime, mais dans le corps qui le pousse dans le monde. Il a fallu que ce corps ait un sexe, il a même fallu qu’il demeure à jamais impossible qu’il n’en ait pas, l’idée même d’un corps sans sexe est aussi inconcevable, par la raison textuelle, que l’infini qui menace le texte de son utilité, laquelle se confond, en pratique, avec sa probabilité.
5 - ETC...
Lecture d'une pneustie
Drama III

 

Cette partie d'Actor est en chantier et constitue actuellement ma participation au site de la RAL,M. Voici un tableau qui donnera une idée des travaux. On constatera que le chiffre 5 est omniprésent. Il ne s'agit évidemment pas – pas de ma part ! – d'une concession aux numérologies ni au daïmon risible des prophètes. Ce sont les cinq doigts de ma gamme : c'est comme ça, en général, que je progresse et procède 1, n'étant pas adepte des syllogismes et autres scolastiques de l'Inconscient 2. Les cases de ce tableau sont trop géométriques pour donner une idée exacte de l'ambiance. On devrait plutôt se représenter à la place des espèces de taches en quatre dimensions, le tout insaisissablement et inlassablement fixé pour toujours.

 

« Harmonie » d'ensemble
  I II III IV V
Actes Lectures Discussion Concepts Exemples Écrits
Livre I Le livre à venir ABC de la lecture
Personae
Fenollosa
Hustera
ABC de la lecture
Drama I
Métrique
Drama II
Livre II Robbe-Grillet Mallarmé L'étranger Cosmogonies L'auteur
Livre III          
Livre IV          
Livre V          
Livres La
« nuit »
Drama III
drama complet
Documents Surréalisme Théâtre
Écrits alba serena
œuvre de jeunesse
Coulures de l'expérience Aliène du temps Tractatus ologicus Cancionero
Chapitres Préface Personae Hustera Drama Conclusion
Documents Le livre à venir ABC de la lecture Manifestes du surréalisme Le théâtre et son double Thomas l'obscur
Drama  ABC de la lecture Métrique Actes Travail
1. On est comme on est. La démarche (actes) est débonnaire au fond : lectures à fond, discussion sans fin, extraction des concepts, exemples à retenir et enfin, au travail de l'écriture pour voir ce que ça donne. Débonnaire et pas scientifique. Et philosophique dans le sens où ça permet d'aller de l'extérieur à l'intérieur en se la foulant vraiment, pas en délirant avec l'aide du daïmon des imposteurs intellectuels. Mais il y a d'autres étapes bien sûr et mon petit tableau se complique...! au point de nécessiter... l'écriture. Ce que je fais à ma manière dans la troisième partie de ce livre.
2.Ne pas confondre d'ailleurs leur psittacisme avec le plagiat apparent de leurs « œuvres ».

 

 

Ici, nous avons prévu quatre autres « lectures ». L'ensemble forme la « documentation » du poème-essai entrepris par Actor. C'est une synthétisation à laquelle il convient, écrit Jo.Manna, d'appliquer le principe de « l'éclatement en étoile ». C'est alors une formidable expansion de son « histoire » qu'on prendra le temps de mettre en parallèle avec celle de Wadi El Assouan dans [l'Héméron].

ACTOR s'achèverait sur ces trois « vers » :

L'autre poème...
mise en scène de l’autre devant les autres...
L’unité élémentaire...

...comme les derniers mots... Iria Flavia !

On retrouvera le personnage de Jo-Manna « Actor » dans L'Amérique et plus particulièrement dans Analectic Songs. [Points de vue]

LIVRE III - Documents
Bibliothèque : les autres topsy-turvy
LIVRE IV - Manifestes du surréalisme
L’autre poème
LIVRE V - Le théâtre et son double
La mise en scène de l’autre devant les autres
Conclusion - Thomas l’obscur
L’unité élémentaire
Inventions

 

À l’intérieur, pas d’idée de dieu, ni d’inconscient. Les délires métaphysiques du passé, sacrés et inspirés, ainsi que ceux qui marquent notre temps, servent sans doute les nations et les sectes, mais n’ont pas de place chez moi. Je n’entre dans les églises, les mosquées, temples et synagogues que pour les... profaner ! Ce qui ne concerne pas la littérature. Certaines activités humaines rendent idiot, comme le sport, ou faux-cul, comme la politique. D’autres tracent ce cercle infini – ce que je symbolise par ce [cercle] – qui à la fois me sépare de l’extérieur par sa possibilité et m’en approche par des travaux forcément modestes et hypothétiquement appréciables.

 

C’est ici que le bât blesse... Il le faudrait presque. La réalisation est ce qu’elle est... Il vaudrait mieux en effet parler d’annexes complètes plutôt que d’œuvres complètes. Mes « annexes » se résument à cinq « livres ». C’est peu. Un premier livre écrit dans la jeunesse, un poème inachevé, deux romans et un recueil de chansons. Et je n’irai sans doute pas plus loin. Non pas que j’ai l’impression d’avoir fait le tour, mais mon imagination s’arrête là, au seuil de ce parergon que constitue ma part de réseau. N’étant nullement porté à me croire définitif, il ne m’arrivera pas de « parfaire » l’ensemble dans le sens de la langue ou de l’orgueil. Tout ceci confine sans doute à l’anthologie que l’on pratique sur soi comme une autopsie. En attendant, le « texte » est livré tel quel, avec sa chronologie irréversible et son foisonnement directement extrait du cerveau de l’enfant curieux comme un singe. Je me préfère singe que perroquet, passionné d’intelligibilité plutôt que de lisibilité. Et de passage seulement.
Invention de Bortek
1. alba serena, écrit.

[alba serena]

[BA Boxon]

C’est une œuvre de jeunesse. l’argument littéraire est le suivant : le poème, soumis aux jeux du théâtre, devient un roman. Le texte est divisé en trois sections qui couvrent cet enjeu : poésie (quatre recueils), théâtre (Bortek) et un roman (B.A. Boxon). L’argument est narratif : un jeune homme entre par hasard dans un patio où se donne un festin. On y joue au jeu du Décaméron (les invités racontent des histoires). Le jeune homme intervient pour proposer son poème. Il est interrompu et joue alors le jeu qui consiste à bâtir un roman collectif.
Invention de Kateb
2. Coulures de l’expérience, poème.

[Livre de Kateb]

Ce n’est pas que j’ai cessé d’écrire après alba serena, mais j’imaginais que ce livre était le seul et je n’y écrivais plus rien. La vie est ainsi faite qu’on s’adonne plutôt à l’existence, rejetant en marge le travail d’écriture et ses annexes dans le but de se faire soi aussi une place, voire une sinécure. On se la fait généralement. Mais si on s’en satisfait, alors il n’y a plus de retour possible à la case départ. J’ai donc envisagé le poème comme un exutoire et, bien entendu, je ne l’ai pas achevé, comme j’aurais pu m’y attendre d’ailleurs. Le voici, tel quel.
Invention de Carabas
3. Tantatan.
3.1. Aliène du temps, roman.

[Carabin Carabas]

[Rendez-vous des fées]

[Coq à l'âne Cocaïne]

[Les baigneurs de Cézanne]

Première tentative de créer un roman (après le BA Boxon d’alba serena). L’ensemble est plutôt épais (près d’un million et demi de mots). Le thème initial est une conversation entre Carabas, malade mental(e), et Carabin, son médecin. Les récits s’ajoutent et se superposent pour créer un monde romanesque fait d’abord de personnages et de faits. Accessoirement, le décor se déroule selon un temps qui va du XIXe siècle à nos jours et même un peu plus tard, non pas par anticipation, mais par goût de l’infini. Le ton est narratif, rarement analytique. L’ensemble affecte une forme de boucle inachevée, sans doute à l’image des innombrables couples qui s’y croisent.
Invention de Gor ur
3.2. Tractatus ologicus, roman.

[Anaïs K.]

[Cicada's fictions]

[Gor ur]

Ce gros roman est le pendant d’Aliène du temps. Baroque, parodique, moraliste, il en reprend, en les amplifiant, les visions futures dans le cerveau du personnage principal, Roger Russel. Celui-ci est surnommé quelquefois Rog Ru, ce qui donne Gor Ur et le Gorille Urinant. C’est une énorme farce dont le rire est différent de celui de Carabas. Là où Carabas rit pour couvrir la douleur et ses effets dévastateurs, Roger Russel pense plutôt à un spectacle du monde. ce personnage rejoint le Bortek d’alba serena. Chacune des périodes de Télévision est présidée par un monstre cocasse : Bortek, Kateb, Carabas, Gor Ur. C’est une constante qui se continue avec le Cancionero español.
Invention d'Ochoa
3.3. Cancionero español, chansons.

[Chanson de Lorenzo]

[Chanson d'Ochoa]

[Chanson d'Oméro]

Le monstre du Cancionero est plus humain. Quoique les gens le prennent pour le fils de Dieu (Bortek était celui du Diable) : Ochoa. Il s’ensuit une série de chansons. Et de personnages, souvent les mêmes que dans les deux romans précédents. Le Cancionero est aussi un roman, mais écrit avec les moyens de la poésie (une métrique) et ceux du théâtre (une mise en scène). Je pense que c’est à cet endroit que s’installe définitivement (j’ai beaucoup hésité) le livre des lectures documentées, intitulé Actor. La boucle serait bouclé, mais on voit ici que ma définition de la boucle diffère quelque peu de celle qui suppose la simple itération et le cercle visionnaire et créateur qu’elle induit. Ici, elle est interrompue pour s’imposer à la loi des séries. Beau débat auquel je prétends, un peu vite sans doute, participer avec ces annexes dites complètes.
Invention d'Actor
4. Anthologie des acteurs de l’enfer.

[L'Amérique]

J’ai l’impression d’avoir bien déblayé le terrain. Un petit effort anthologique me permettrait de proposer des raccourcis sans doute utiles à l’approche du lecteur peu enclin à tout lire. Mais je ne voudrais pas sombrer dans l’étalage de « ce que je sais faire ». Il faudrait que cela ait un sens, que ce ne soit jamais fanfaronné ni surtout utile. Au fond, que ça prenne enfin toute la place. Pas évident... J’ai cependant publié quelques choix chez [Le chasseur abstrait]. J’aime bien, par exemple, Dix mille milliards de cités pour rien, petit roman, et Gisèle, pièce de théâtre (en librairie).

 

 

Ainsi se termine ACTOR. Les inventions prennent la place des « périodes » qui illustrent habituellement les chronologies. On y sent aussi une certaine pratique du nombrilisme, même si celui-ci se limite aux actes créatifs, laissant de côté les éléments plus intimes de la biographie. Cependant, cette topologie qui voudrait confiner à une espèce d'infini, qui serait un infini de convention, appelle un autre personnage. Celui-ci « revient ». Alors le texte prend une autre forme. Ce n'est plus le temps qui le projette dans l'espace, mais sa propre dimension qui installe l'objet qu'il devient ou qu'il a toujours été : un poème. Ainsi, Wadi El Assouan servira de lazarille pour une autre lecture : celle du poète. Mais un poète qui, sous la houlette de Mallarmé, replace en son endroit le membre trop vite amputé de sa marche : le chant majeur, même s'il n'est que ce « Livre » que le Nord a jugé trop « rêvé » et pas assez en phase avec le commun des mortels, estimant qu'alors la simple soudure de la familiarité avec le travail bien fait suffit à faire le tour de la question.
Chant mineur Poésie
chant intermédiaire
Chant majeur
I
II
III
Inventions
de jeunesse
Inventions
de maturité
I bis
II bis
III bis