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Catherine Andrieu, « Le royaume sans muraille » suivi de « L’aurore intranquille », Rafael de Surtis, Cordes-sur-Ciel, 2025, 126 p. Ces deux textes touchent à la faille de toute possibilité même de parole, dans ce vis-à-vis où l’un outrepasse l’autre à l’infini, et où le plus souvent celui qui parle s’efface par manque d’assise, d’être à la fois si seul d’être double et comme dédoublé par la disparition. Dans ce paradoxe Catherine Andrieu donne sa vérité, pour elle cruciale et génésique. Ils délivrent par aveu douloureux le secret d’un lieu, du grand silence qui l’entoure, et d’un combat de mémoire et d’oubli. Dans ces deux textes les mots « en moi tu existais » se fondent en un désir de restitution impossible car travaillé par des suites de « duplex veritas » qui rendent seuls possibles l’œuvre de l’indicible, dans un miroir d énigmes. Même s’il est question chez Catherine Andrieu du divin face à l’obscurité, le brouillard, les ténèbres et encore l’ignorance elle dépasse tout savoir et tout concept. C’est en deçà des affects qu’un possible se révèle au dessus de tous les voiles de la terre et de la mer. De sa mémoire des bris d’images rescapées ouvrent boutures de présence provignées par l’absence dans le lyrisme d’un tel langage. |
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Commentaires :
Jean-Paul,
En te lisant, j’ai eu le sentiment d’une rencontre au cœur du vertige. Tes mots ne m’ont pas seulement lue, ils m’ont traversée — comme ces vents qui défont les murs et ouvrent les clairières. Ton écriture est très belle, elle a su répondre à mon lyrisme comme une lumière seconde, sans l’amoindrir ni le contraindre.
Dans Le Royaume sans murailles, j’ai tenté de dire ce qui ne se dit pas : les migrations intérieures de l’âme, les aurores dressées au milieu des fractures, les moineaux de silence nichés dans mes paumes. Tu as reconnu ce tremblement-là, cette vérité qui ne se prouve pas mais qui brûle.
Je me suis sentie comprise jusque dans la nudité que j’offre au langage, là où je rends mes mots aux éléments, là où même les dieux déposent leurs armes. Et je t’en remercie avec une émotion rare.
Ton article est venu jusqu’à moi comme un écho profond, non pour redire mais pour ouvrir encore : il accompagne ma parole dans le silence dont elle est née, il lui donne un horizon où respirer.
Catherine