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L'âme du poète cherche la paix
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 Article publié le 12 octobre 2025.

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Dans cette nuit endeuillée,
où la lumière se noie dans l’obscurité,
les nuages retiennent la lune captive,
et les étoiles, effrayées, se blottissent
comme des lampes éteintes dans le noir.

Le murmure du fleuve couvre la nuit d’un voile noir,
comme l’âme du poète qui cherche la paix
dans l’atelier de la destruction.

Les mers se brisent sous la tempête,
les océans hurlent de douleur,
les icebergs fracassent les navires du salut humain.
Des baleines affamées traquent des victimes ensanglantées
dans cette danse funèbre du XXIe siècle.

La cruauté humaine s’élève,
fumée âcre montant de l’enfer,
pour souiller le souffle de la vie.
Les fées des montagnes crient au sauveur
Réveille-toi, ô homme, de ton sommeil d’aveugle,
n’éteins pas les étoiles innocentes !

Peut-être qu’un jour,
quand la vie ne sera plus une lame dans le cœur,
nous comprendrons
les étoiles n’ont jamais été coupables
elles étaient lumière dans ce monde
que vous, baleines affamées,
n’avez jamais su regarder comme des ÉTOILES.

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  L’âme du poète cherche la paix par Lalande patrick


  L’âme du poète cherche la paix par Catherine Andrieu

Il y a, dans ce poème de Lan Qyqalla, une nuit d’outre-monde, un ciel inversé où la lumière agonise, retenue dans les rets du mal humain. C’est une plainte cosmique, une méditation au bord du gouffre, une traversée du désastre où l’âme du poète, telle un veilleur parmi les ruines, cherche un reste de paix dans l’atelier de la destruction. Tout est là : le cri du monde, la déchirure du vivant, la conscience qui brûle d’aimer encore malgré la laideur — et cette clarté qui se débat dans le noir comme une étoile dans la gorge d’un monstre.

Les images, sombres et flamboyantes, ne décrivent pas : elles saignent. La lune captive, les étoiles apeurées, les icebergs en guerre contre les navires du salut, les baleines devenues prédatrices — autant de visions qui forment un grand poème du désenchantement. Ce n’est pas une simple dénonciation : c’est un chant d’exil intérieur, celui d’un poète qui a tout vu, tout senti, et qui se tient encore debout face au chaos, les mains ouvertes vers un ciel muet. Lan Qyqalla ne crie pas contre la mort du monde ; elle crie pour que quelque chose reste vivant, ne serait-ce qu’un éclat de conscience dans la cendre.

« L’âme du poète cherche la paix dans l’atelier de la destruction » — cette phrase, seule, suffirait à dire notre époque. Car le poète n’est pas en dehors des ruines, il y travaille. Il y taille des mots, des miroirs, des prières. Il ne s’évade pas : il restaure, de ses doigts tremblants, la forme d’une beauté perdue. Et c’est dans cet atelier, au cœur même de la dévastation, qu’il apprend la vraie paix : non pas le silence des vaincus, mais la lucidité des survivants.

Le poème s’élève ensuite, dans un souffle de prophétie : les fées des montagnes implorent l’homme endormi de ne pas éteindre les étoiles. Tout y devient prière, appel, dernier espoir. Le monde, souillé par l’avidité, par la cruauté des « baleines affamées », semble prêt à s’effondrer sur lui-même, mais Lan Qyqalla maintient une lueur — une rédemption par la mémoire du ciel. Car la faute n’est pas dans les étoiles, mais dans le regard qui ne sait plus voir leur lumière.

Alors, le poème se retourne comme une marée : ce n’est plus l’accusation, c’est la révélation. L’âme du poète comprend que la paix ne viendra pas de la fuite, mais de la clairvoyance. Que les étoiles, même voilées, continuent de brûler. Que la beauté n’a jamais cessé d’exister — elle s’est seulement cachée sous les décombres de l’humain. Et l’on sort de ce poème comme d’un songe de fin du monde, avec le sentiment d’avoir vu, un instant, la vérité nue : l’univers pleure, mais la lumière persiste dans sa chute.

C’est un texte d’apocalypse et de grâce, une lamentation planétaire où se mêlent la voix du poète et celle du monde blessé. Dans cette obscurité traversée de flambeaux mourants, Lan Qyqalla nous rappelle que la paix n’est pas absence de douleur, mais acte de résistance du regard. Elle nous apprend que chaque étoile qu’on éteint dans le ciel, on l’éteint d’abord en soi.

Et c’est pourquoi, longtemps après la lecture, cette phrase résonne encore, comme un cœur battant sous les gravats : « Les étoiles n’ont jamais été coupables — elles étaient lumière dans ce monde. » Alors que tout s’effondre, le poète, lui, continue d’aimer la lumière. C’est peut-être cela, la paix.

Catherine Andrieu


 

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