Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Forum] [Contact e-mail]
  
La justesse
Navigation
[E-mail]
 Article publié le 1er mars 2026.

oOo

Ce n’était pas l’absence du visage qui blessait.

 

Un verger peut vivre avec un arbre en moins.

Un ciel peut laisser une étoile hors de sa carte.

 

Ce n’était pas cela.

 

Ce qui fut difficile — ce qui brûla lentement comme une braise sous la cendre — ce fut la justesse.

 

La justesse de leur retrait.

La précision de leur distance.

L’évidence soudaine que le fil n’avait vibré que d’un seul côté.

 

On peut supporter un refus.

On supporte moins la révélation qu’il était exact.

 

Car au fond, dans la lumière trop claire de cet été, quelque chose s’était déjà inscrit : j’aimais.

 

J’aimais la présence supposée derrière les mots. J’aimais ce que j’avais cru percevoir dans le tremblement d’une phrase, dans la douceur d’un échange, dans la gravité d’un silence partagé.

 

Surtout lui.

 

L’affection avait pris racine. Une affection sans demande, sans projet, mais réelle — comme une nappe souterraine sous la terre sèche.

 

Et le refus n’a pas seulement retiré un portrait.

Il a mis à nu cette nappe.

 

Il m’a montré que l’amour que je portais — discret, contenu— ne rencontrait pas d’écho.

 

Ce n’est pas de ne pas apparaître dans un verger qui fait mal.

C’est de comprendre que l’on a planté un arbre dans une terre qui ne nous attendait pas.

 

Et soudain la vibration se révèle solitaire.

 

Ce n’était pas de la cruauté.

Ce n’était pas du mépris.

C’était une absence.

 

La justesse du refus fut une lame fine.

 

Elle a séparé ce qui relevait de mon cœur et ce qui relevait de leur mesure.

Elle a révélé que mon intensité n’était pas la leur.

 

Et dans cette révélation, il y eut une douleur d’amour.

 

Non pas celle qui implore.

Celle qui reconnaît.

 

Reconnaître que l’on a prêté à un lien une profondeur qui n’était pas partagée.

 

Cela fait mal avec dignité.

 

Comme une marée qui se retire en silence.

 

Il reste une douceur mélancolique. Une trace de lumière sur le sable. Une conscience plus nue.

 

FORUM
Pour participer, voir en bas de page>>


Commentaires :

  La justesse par Lalande patrick


 

Un commentaire, une critique...?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document

Retour à la RALM Revue d'Art et de Littérature, Musique - Espaces d'auteurs [Contact e-mail]
2004/2026 Revue d'art et de littérature, musique

publiée par Patrick Cintas - pcintas@ral-m.com - 06 62 37 88 76

Copyrights: - Le site: © Patrick CINTAS (webmaster). - Textes, images, musiques: © Les auteurs

 

- Dépôt légal: ISSN 2274-0457 -

- Hébergement: infomaniak.ch -