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Fleuve de pierre
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 Article publié le 12 juillet 2006.

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HAY DíAS

Hay días, y son los más, eternamente breves.
Días para grabar en un mármol.
Días que parecen días, y no lo son.
Días de dos noches y cuatro atardeceres.

Hay días, mi Dios, de fuego consumido.
Días para arrancar del calendario.
Días en que te dicen iBuenas Noches !
Días cual una piedra inmensa en tu zapato.

Hay días de recuerdos, con sabor a café.
Días... en tu hastío mental de estar cansado.
Días sin ton ni son, y nadie al otro lado del espejo.

Días, ¡caray !, de tanto anonimato.
Días en que pasas agotado de esperarte en un zaguán.
Días, a medianoche, de alguna tarde de un jueves.

 

oOo 

 

FLEUVE DE PIERRE

Personne dans la rivière où les hommes sans espoir cherchent leurs yeux de jade.

Tout est à reconstruire dans ce village du Nord.

Les arbres gisent par terre et le puits est tari à jamais à cause de la sécheresse.
La poussière a pris possession du chemin qui mène aux mines d’or.
Seul un fil de fer nous surprend avec ses pinces incolores et son linge encore blanchi.

Le vent monotone fait grincer une porte en bois condamnée au silence.

Nous voudrions voir le ciel étoilé et les comètes s’écraser contre les montagnes lointaines.

Les pierres endormies ressemblent parfois à des poissons éventrés sans musique, lorsque la terre tremble sous nos pieds de fumée.

Nous ne reverrons plus jamais ces paysages où l’homme respire la poussière dans ses poumons à la forme d’un roc.
Les geysers éternuent dans l’éternité de ces montagnes.

L’ornithorynque nous trace le chemin.

 

oOo

 

LE FESTIN

C’était le fils d’un tortionnaire,
de ceux qui se promènent
librement dans les rues du Chili.

La concierge lui avait laissé
grandes ouvertes les portes
d’une luxueuse villa.

Le festin se prolongeait
- d’après les témoins -
jusqu’à l’aube.

Et la cire des candélabres en argent
tachait étrangement la nappe blanche.

(Rien
ne ferait changer le hibou de sa branche).

Par une fenêtre nous observions
surpris les belles coupes en cristal,
et les nombreux tableaux
accrochés sur les murs.

(Un vieux sage m’a dit un jour :
« tu écriras toute une vie
de poèmes d’amour ou de révolte,
sans jamais voir un copihue
blanc sur la neige brûlée »).

 

oOo

 

ÉBAUCHE D’UNE VILLE

La ville est bleue, hélas !,
J’ai éteint tous les cierges.

Le poisson vert somnole
Sur la pendule orange.

Un violon. Une main.
La ville entière est bleue.

Les amants qui s’embrassent
Ont le visage tendre.

Le poisson bleu est jaune,
Jaune comme des écailles bleues.

Il enflamme la ville.
La ville est une fleur orange.

 

 © Patricio Armando Sanchez

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