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 Article publié le 16 septembre 2018.

oOo

Sa Majesté Louis le quatorzième n’a pas été contente du tout ! Que deux malotrus, aussi connus soient-ils, l’aient mystifiée, était insupportable. Comment ont osé ces hommes de lettres en qui sa Sublimité portait confiance, comment ont-ils pu ?
Depuis quelques temps une rumeur courait aux raz des pavés inégaux de la capitale et comme toutes ces sournoiseries rampantes, elle avait vite atteint Versailles. En fait invérifiable…ce bruit venait-il du palais ? Les services de renseignement auront bien du travail pour connaître la réalité. On chuchotait, pas seulement dans l’ombre, et cela enflait à tel point que le Roi ordonna le silence. Il valait mieux désormais éviter le sujet si l’on ne voulait pas que des oreilles aux pavillons indiscrets, de celles qui aiment à se coller derrière les portes, ne rapportent en haut lieu et à qui de droit une conversation devenue interdite.
Mentir au Roi, porter de l’ombre au Soleil, est intolérable.
Les représailles en de pareils cas ne peuvent être entachées de sang, ni de l’exil, mais du mépris et de l’ignorance. A partit du moment où le souverain a pris connaissance du rapport très détaillé de ses enquêteurs, la décision subtile a été prise. Les vivres ne seront pas coupés et la troupe portera toujours le nom de Théâtre Royal, la cour toute entière à Versailles et les Parisiens pourront encore se délecter des soi-disant œuvres de ce petit monsieur de Jean-Baptiste Poquelin, mais Sa Majesté ne fera plus jamais l’honneur de sa présence aux représentations. Sa chaise vide bien visible, la première dans l’axe délimitant côté cour et côté jardin, juste devant les comédiens, sera la marque de l’infamie.
Ah, bien sûr que l’astucieux montage était difficile à deviner quand le complice vivait encore à Rouen. Seuls certains érudits avaient timidement suggéré…comme ca…du bout des lèvres…sans avoir l’air. Le tout grand, l’auteur dramaturge fort respecté, celui qui immortalisa le Cid et son choix cruel, quand "LE" Corneille s’installa à Paris, à quelques pas seulement du domicile de ce félon de Poquelin, les suggestions devinrent des affirmations à peine voilées.
Monsieur Molière était certes un acteur, un comédien au talent incomparable, mais pas une des lignes qui lui étaient attribuées ne venaient de sa plume. D’ailleurs entre les préparations d’une troupe qu’il tenait bien en main, (c’est que notre homme contrôlait tout, jusqu’aux factures des couturiers), les répétitions, il ne se consacrait que peu à sa propre famille. Quand donc écrivait-il ? Mais Sa Majesté eut la confirmation de la supercherie le jour où de discrets policiers interceptèrent un volumineux courrier entre deux maisons…Le texte intégral d’une prochaine pièce, de l’écriture inimitable du maître dramaturge.
Le Soleil ne dira rien, mais sa chaise parlera pour lui.
Le plus long règne de l’histoire de France ne verra pas venir les prémices de la révolution. Le successeur sera nommé Bien-aimé puis enterré nuitamment pour éviter que la populace ne lapide sa dépouille devenue maudite. Quant à Monsieur Louis le Seizième, son corps trop tôt raccourci marquera presque à lui seul son passage sur Terre.
La nouvelle société a besoin de sang, de responsables des famines du passé et de héros en tout genre. La Terreur va verser le premier en exécutant les deuxièmes. Les champs de batailles victorieuses puis les politiciens vociférant de nouvelles doctrines révolutionnaires, donneront les noms des troisièmes pour la postérité. Il va falloir trouver un héros littéraire.
Celui qui se moquait de ces nobles si haïs, bouffon ridiculisant le roi lui-même, le Grand Jean-Baptiste Poquelin dit Molière, fera très bien l’affaire. Celui-là, monté en flèche sur le plus haut podium de la littérature, ne pourra être détrôné. Jamais on ne niera que ce héros, ayant ridiculisé de sa verve les gens affublés d’une particule, ne soit le précurseur de la Révolution, de la République Française.
Jamais ?...

En 1919, échappant au souvenir cruel d’une abominable guerre terminée victorieusement, un lettré admirateur de Corneille publia une relance de la polémique. Pierre Louÿs affirma haut et fort que cet autre Pierre fut le nègre de Molière. En comparant chronologiquement la vie des deux protagonistes, il a démontré que leurs parallèles s’étaient croisé bien des fois. Que c’est à Rouen, ville de Corneille, où il vécut six mois que Jean-Baptiste a pris le pseudonyme de Molière.... Pour ceux qui l’ignorent, le verbe "molierer" du vieux Français, signifiait légitimer
Pierre Louÿs a affirmé "Ce n’est pas le style de Corneille, c’est la signature de Molière qui a besoin de preuves."

***

Un plan tortueux se dessine dans mon cerveau d’écrivain. Dans cette matière grise certes pleine d’imagination mais qui n’a pondu, jusqu’à présent, que des œuvres géniales et parfaitement inconnues. Et pourtant, tous ceux qui m’entourent prétendent que mon talent devrait être récompensé. Il me faut leur donner raison. Merci à monsieur Bernard Pivot que j’admire. Plusieurs années après avoir démasqué un écrivain très connu (mais totalement incapable de coucher le moindre mot sur une feuille blanche), ce grand homme de lettre né entre Rhône et Saône, va ouvrir pour moi la porte d’entré vers la célébrité…et assouvir ma vengeance. A BAS LES MASQUES !
Il n’est certes pas déshonorant d’être un nègre, mais celui qui prétend manier la plume a l’air d’un dindon de farce quand les carottes sont cuites. Dans le grand monde littéraire, tous ceux qui ignoraient l’imposture et flagornaient le soi-disant auteur, affirmeront haut et fort qu’ils étaient au courant. Ben voyons ! Il est des vérités peu convenables à diffuser ! Surtout celles d’avoir été pris longtemps pour des cons. Mon plan va s’appuyer sur la bêtise doublée de la cupidité. De plus, quand un mystère tient en alerte bon nombre de gens, la curiosité devient facteur de multiplication…ils seront donc des dizaines de milliers à lire mes livres. Ils seront bon nombres parmi ces lecteurs à supputer ma véritable identité. Et un salopard payera sa dette.
 Il me faut vite chercher un nom. Un qui immédiatement sonnera faux et lèvera quantité de points d’interrogation. Pour le prénom, je verrai plus tard. Un nom très court, facile à prononcer, impossible à faire tomber dans un trou de mémoire et qui rappelle les mystères de l’inconnu.
A partir d’aujourd’hui, je suis Monsieur Ykce.
Les romans et nouvelles du fameux Ykce, seront demain traduits en autant de langues que la Bible elle-même. Le premier pas est déjà fait avec un texte magnifique qui enchante les quelques Espagnols qui l’ont découvert. Tiens, pourquoi n’ai-je pas encore eu l’idée d’écrire sur ma modestie ?
Concoctons maintenant l’appât qui, à sa lecture, doit être gobé au tout début de notre affaire. Peaufinons une lettre qui sera envoyée par la poste à l’adresse personnelle d’un grand magnat de l’édition.
 Voici donc sa copie.

" Mon très cher Louis,

Il est peu usuel, entre les deux amis que nous sommes devenus au cours de tant d’années, de passer par Dame Poste pour que nous puissions communiquer. Tu sais bien que tes différents numéros de téléphone sont gravés à jamais dans la mémoire de la petite merveille électronique présente en permanence dans l’une de mes poches. Cet instrument qui, en quelques touches, remplace mon cerveau distrait ne pouvant retenir toutes ces choses bassement secondaires en relation avec les chiffres, les adresses et les lieux.
L’affaire qui me pousse à t’écrire doit restée si secrète que tu vas ignorer mon identité. Bon, tu connais ma franchise, je ne peux prétendre à déjouer une perspicacité que tous reconnaissent comme la plus évidente de tes qualités. A mon avis ma farce ne te trompera, si tenté qu’elle réussisse à le faire, que très peu de temps.
Attention mon ami, je nierais formellement si tu devais me mettre en cause. En bon parleur et fin stratège, tu feras probablement des sous-entendus mais tu ne me trahiras jamais. Tu sais bien sûr que si l’on inversait les rôles, je saurais parfaitement retenir ma langue.
Mais, jusqu’à ce jour qui marque une nouvelle époque dans notre relation, c’est encore moi l’écrivain et toi qui diriges, de main de maitre j’en conviens, ce groupe de maisons d’éditions au nom connu de tout homme. Il faut avouer que notre collaboration est tellement fructueuse que, du moins pour moi, cela serait impensable de me voir publier sous une autre couverture que la tienne. Oui, c’est vrai que cette hypothèse fut envisagée dans le passé, mais j’ai retrouvé mes esprits.
Tu n’as pas encore deviné qui je suis ? C’est preuve que je tiens le bon bout. Tu vas, avec mes nouveaux textes, pouvoir multiplier les ventes par X (à lire en Romain) Bon, tu sais aussi que j’exagère parfois. Crois moi, dans un registre où personne ne m’a jamais lu, nous allons une fois de plus "faire un tabac"
Et surtout ; aucune salade en me disant que l’argent ne constitue pas une grande motivation pour toi. Le fric non, mais ce qu’il permet…ni l’un ni l’autre ne crachons dessus !
Un problème technique se pose alors que nous allons désormais feindre tous deux. Tu ne dois pas connaitre ce Monsieur X rebaptisé en Ykce qui sera mon pseudonyme désormais. Il est temps que les nombreux textes si différents de ceux qui ont fait de moi une célébrité s’affichent au grand jour. Cette profusion de fonds de placard que je relis parfois et que sans cesse je remodèle, va à son tour trouver l’heure de gloire. Mais, comment faire, pour les droits ? "Mes" droits que je pressens faramineux, nous passerons donc par un homme de droit.
Tu connais mon esprit raffiné ; alors je vais faire en sorte que mon représentent ne sache qui je suis. Facile, surtout qu’il acceptera une légère dissimulation des gains réalisés dans l’opération. Par contre, il est évident que tu devras traiter directement avec celui qui servira de prête-nom commercial à Monsieur Ykce. Voici donc les coordonnées de cet avocat qui jamais n’a voulu atteindre des sommets en menant une carrière discrète.
Sache que j’ai eu beaucoup de mal pour le convaincre d’entrer dans cette mise en scène. Quand j’ai mentionné ton nom, sa résistance a été vaincue.

Maitre Émile Van Uyan
12 Allée des acacias.
69002 Lyon
Tl 04 78 000 006 courriel… cabinet.e.v.uyan@org.fr

Vieux grigou, tu n’as pas encore saisi ton bigophone ?
Inutile d’appeler tous les auteurs qui écrivent sous ta bannière. Quand mon portable sonnera, je serai le plus étonné des hommes en affirmant que tu te trompes et qu’il manque quelques jours au calendrier pour qu’il affiche la date du premier avril (bon, je ne dirais rien de cela…me trahissant ainsi). Le cachet de la poste ne t’apprendra pas grand-chose, c’est la secrétaire de l’avocat qui a glissé l’enveloppe dans la boîte magique jaune. Pas la peine de faire des comparaisons entre le style, la modulation, la phraséologie de cette lettre avec un ordinateur pour chercher dans les innombrables titres que tu as publiés - si ce n’est toi, c’est donc un des tiens-. J’ai peu travaillé pour me dissimuler, seulement puisé dans ma réserve. Tu tomberas sur ton postérieur, celui je j’appelle cul quand nous sommes ensembles, le jour où tu sauras qui je suis. Tiens cela me rappelle que nous nous devons une bonne bouffe, lequel des deux à l’autre ? Là, ma mémoire flanche.
N’insiste pas, tu ne trouveras pas.
Au fait, qui penses-tu avoir trompé le jour où tu as osé publier sous ton illustre nom une biographie de Jean-Baptiste Poquelin dit Molière ? Pas une page, pas un paragraphe, pas une phrase ou un mot sur la probabilité qu’il eut un nègre. Un nègre de grand renom. Par contre, je sais mon très cher qui fut le tien pour cet ouvrage conséquent mais bien évidement incomplet.
En profitant de la présente pour te réaffirmer combien je t’aime, une expression restant difficile à utiliser de vive voix entre hommes. Tu vois, ceci constitue un premier indice, je suis un homme…il n’y en aura plus d’autre
 
Bien à toi,
Eloi Ykce

P.S. L’hebdomadaire gratuit "QUINZE MINUTES" est sous ta férule. Si ta curiosité est victorieuse, ce dont je suis certain, que la deuxième page de la prochaine édition commence par les mots A BAS LES MASQUES…
…et le premier manuscrit te parviendra dans une clé USB.
Si ce texte te parait insipide ou indigne d’une parution sous ton égide, téléphone ou envoie un courriel à Maitre Uyan. Aucune rancœur…mais d’autres en profiteront.
Un denier détail, tu te souviens de Giles Herbert, ce romancier trop tôt disparu ? Et bien Colette, sa veuve qui est partie récemment le rejoindre, était ma maitresse depuis de longues années. "

Voila mon piège ficelé comme un saucisson. Quel homme en tête d’un groupe important peut résister à la curiosité ? Logiquement aucun ; il aura tout le temps, en flairant une arnaque, pour aller voir la police. Un léger détail l’en empêchera, de plus mes manuscrits sont bien réels et répertoriés en registre de propriété intellectuelle…d’accord sous d’autres titres. Enfin l’avocat va préparer un contrat en bonne et due forme qui ne servira que pour un éventuel litige. Quelque chose me dit que jamais cela ne se produira.
Des lecteurs professionnels vont prochainement être sollicités. La marchandise, quelle soit bonne ou mauvaise passera les tests avec mention excellence…c’est mathématique car je suis le meilleur.
 

En ce mois de mai 1982, un lundi semblable à beaucoup d’autres, à 8 heures du matin sur une petite route départementale du Diois, magnifique région trop peu connue, une voiture percutait Odette V.. Comme chaque matin la petite fille de douze ans parcourait les cinq cents mètres séparant la maison familiale de l’arrêt de l’autobus scolaire. La visibilité était bonne, le véhicule roulait sans excès de vitesse. Le conducteur, un certain Giles Herbert, ami d’enfance du fils d’un célèbre éditeur, servait justement de chauffeur à ce dernier, avachi sur la banquette arrière et saoul comme un cochon. Il a prétexté un écart de la petite qui marchait à droite.
Pourquoi me suis-je forcé pour lire son premier roman ? Je ne sais pas ! L’ascension fulgurante de ce piètre m’a énormément surpris. Sa montée en puissance parmi la gente littéraire a aussi laissé perplexes bien des critiques. Ma prose ne me rapportera jamais le prix Nobel, j’ai conscience de ma hauteur ! Mais l’injustice de ne la voir accepter que par des maisons d’éditions à compte d’auteur me remplit de rage. Les grosses boîtes tablent sur un nom, quitte à le fabriquer parfois et se désintéressent si le succès n’est pas assuré.
Combien de manuscrits ai-je envoyés aux différentes ramifications du groupe dirigé par l’abominable Dutant avant de me lasser, de baisser les bras ?…Plusieurs dizaines pour le moins. Alors je vais tuer cet infâme, cet odieux personnage. Mon plan tortueux est si parfait que nul ne pourra relier ce meurtre à Monsieur Ykce, quant à découvrir qui se cache derrière l’incognito du mystérieux…Souhaitons bonne chance aux émules d’Hercule Poirot et du commissaire Maigret réunis. Je vais enfin être vengé.
Le corps de Giles Herbert, le célèbre romancier, a été découvert par des spéléologues trois mois et demi après sa disparition, au fond d’un petit scialet. L’une de ces failles étroites qui rendent dangereuses les excursions sur certains recoins du Vercors. Masquées par les arbustes qui les bordent, elles atteignent parfois soixante mètres de profondeurs en de vertigineux à-pics. Et pourtant Giles, qui jamais ne fut mon ami, connaissait chaque repli du plateau comme sa poche ou la paume de sa main. Contrairement aux conclusions de l’enquête de gendarmerie, il ne conduisait pas non plus la Porsche Carrera qui faucha une fillette du côté de Die…
Il m’a fallut du doigté et de la patience pour tout savoir. Il y a trente ans, beaucoup d’argent a jailli en source aux alentours du lieu de l’accident. Certains sans-le-rond sont promptement devenus propriétaires de confortables maisons…
Et…ne le racontez à personne, je n’ai jamais été l’amant de Colette Herbert !
Il y a des lustre que je n’habite plus le Diois, ma nouvelle destinée me pousse dernièrement beaucoup trop vite vers la tombe ; le crabe qui me dévore a vaincu des tonne de médicaments et épuisé une bombe à cobalt.
Le "Chacal" m’a inspiré, il a vainement essayé d’assassiner De Gaulle dans un excellent roman de Frederick Forsyth. Un mois d’efforts pour fabriquer ma canne-carabine, le fin canon d’une 22 est désormais invisible et aucun douanier ni policier soupçonnera la transformation, de toute façon, ils n’arrêtent plus les voitures à la frontière.
Je me demande parfois si le magna du monde de l’édition, le célébrissime Louis Dutant, a assassiné un de ses auteurs. La réponse ne m’importe peu. Aujourd’hui, celui qui va mourir ne vous ment pas ; ce n’est pas moi le coupable. Sur un tout autre plan, probable qu’il me sera impossible de savoir si mes merveilleux textes seront demain révélés à la postérité car il est vrai que je suis écrivain.
 Tout aussi vrai que rien ne m’empêchera de tuer cet ignoble salopard qu’est Dutant. Non pas coupable d’avoir oublié délibérément Corneille…mais car jamais il ne laisse le volant, même en état d’ivresse. Et que la petite Odette, sur le bord de la nationale, était ma fille.

 

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