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A FLEUR D'EAU
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 Article publié le 15 mai 2009.

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LE VIEUX LAVOIR

Au pied du vieux Lavoir
Où le Temps s’est figé
N’usant plus de battoir
Comme aux siècles passés,

La rivière sereine
S’étalant aux beaux jours
Y conte encor sa peine,
Y chante ses amours…

Au pied du vieux Lavoir
Quelques boussées d’orties,
Quelques tendres pervenches
Fleurissent, puis s’oublient

Et de folles bruyères
Racines à fleur d’eau,
Montent leurs hampes fières
S’élançant au plus haut.

Au pied du vieux Lavoir
Où le Temps s’est figé,
Tout près du déversoir
L’eau s’anime à regret,

Puis retrouve bien vite
Sa belle nonchalance,
Voyageuse ludique
Pour jolis coins de France.

o O o

LA DAME DU LAC

Un château de cristal au plus profond d’un lac,
Des miroirs y jouant à l’insu des nuages :
C’est un des lieux secrets, propices aux légendes,
Où le cœur va, tressaille, au souffle d’un hier

Où la Dame du Lac y rêve et flâne encore,
Son esprit est présent bien au-delà du Temps ;
L’Enchanteur l’a rejoint pour une éternité,
Se laissant captiver pour la suivre toujours.

Un château de cristal au plus profond du lac,
Des nuages cherchant à s’y mirer encore :
C’est en ce lieu secret que s’aimeront, cachés,
L’Enchanteur et la Fée, liés à tout jamais.

o O o

DE L’AMBRE AVAIT ROULÉ…

Dessus le sable fin, de l’Ambre avait roulé,
Rejeté un beau soir par la grande marée
Le roulant dans ses flots, une vague dorée
Tout aux pieds d’un pêcheur, le fit se déposer…

S’en fut porter cet Ambre à un grand joailler,
Qui le trouva fort beau et fort bien estimé ;
Pour en faire présent à Celle tant aimée,
Le pêcheur demanda qu’on en fasse un collier.

Depuis plus de sept ans qu’il s’en était allé,
Accomplissant au loin son devoir de soldat,
Rêvant de ses amours, la Belle Esméralda,
Il rentrait au pays, voulant s’y s’installer…

Quand le collier fut prêt, il s’en fut pour livrer
Les gouttes de lumière et d’argent, ciselées,
Devant la jeune femme, osa enfin parler
Mais la Belle s’enfuit, se mettant à pleurer.

Car depuis si longtemps qu’il s’en était allé
Accomplir son devoir, bien loin, près de l’armée,
La Belle Esméralda s’en était consolée
Près d’un autre galant, qui lui disait l’aimer…

Notre pauvre pêcheur erra jusques au soir,
Retourna vers la mer, avec un cœur si lourd
Pleura sa douce amie, les plus beaux de ses jours,
Mettant le cap au nord, dessus l’océan noir.

“Ô toi, bel Ambre d’or, je t’ai pris à la mer,
Rejoins-la donc ici, puisque moi, je me meurs,
La Celle à qui j’avais donné tout de mon cœur
Hélas, ne m’aime plus, mon âme est en hiver…”

L’histoire dit encor, que le cœur déchiré,
Notre pauvre pêcheur s’en alla loin, si loin,
Que son bateau sombra, jamais ne s’en revint,
Et que la Belle en eut, malgré tout, du regret.

Dessus le sable fin, de l’Ambre avait roulé,
Rejeté un beau soir par la grande marée
Le roulant dans ses flots, une vague dorée
Tout aux pieds d’un pêcheur, l’avait fait déposer…

o O o

LA LUNE , SUR LES FLOTS

La Lune, sur les flots
Solitaire et sauvage,
Retient quelques sanglots,
Contemplant le rivage...

Elle, dont le reflet
Se mire en l’eau profonde,
Ne sait en rien ourler
La belle plage blonde ;

Elle aimerait lui dire
Tout bas, mille discours,
Et mêler à son rire
Talents de troubadours ;

Elle voudrait encore
Avouant son amour,
Ressembler à l’Aurore,
Luire jusqu’à plein jour !

Mais elle, la Blafarde,
Ne peut que soupirer :
Sans rien dire, s’attarde,
N’osant se retirer…

Et ce sera l’écume
Aux gestes de tendresse,
Douce comme la plume,
Au toucher de caresse

Qui viendra s’enrouler
Au sable de la grève,
Laissant notre esseulée
Tout à son dernier rêve.

o O o

LE BOIS DONT ON FAIT LES BATEAUX

Le bois dont on fait les bateaux
Vogue le cœur à fleur d’eau,
Mais son âme dit voyager
Jusqu’à l’Esprit des Forêts...

Pour sa part, il vit de voyages
Aux mille soirs embrasés,
Lorsqu’il emporte sa ramure,
Voiles blanches déployées…

De son étrave aux plus grands mâts,
On le retrouve partout,
Plus d’un cœur d’arbre ayant donné
Le meilleur, pour naviguer…

Il essuie bien souvent des grains,
Et tel un cheval cabré,
Chevauche les crêtes d’écume,
Vieux gréement se porte bien !

Lorsque vous le verrez passer,
Aussi fier qu’aux premiers jours,,
Il emportera tous vos rêves
Au grand large, sans retour...

Mais parfois dans le calme plat
Lui vient une nostalgie,
Il sait qu’il ne reverra pas
La forêt où il grandit…

Le bois dont on fait les bateaux
Vogue le cœur à fleur d’eau,
Mais son âme dit voyager
Jusqu’à l’Esprit des Forêts.

© Kathy Ferré

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