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 Article publié le 31 octobre 2009.

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Les manies d´un docteur Fretet guettent les « spécialistes » de toutes professions ; réciproquement, l´activité spécialisée ne lie pas toujours et rien n´empêche « un homme entier » d´avoir à ses heures une occupation bornée. Georges Bataille, Marcel Proust et la mère profanée, Critique, 1946


L´activité littéraire –le champ immense de la pratique littéraire avec ses auteurs, ses histoires, ses prix et ses crises, ses débats et ses enjeux– vue par le petit bout de la lorgnette psychiatrique…

Prendre quelques « cas », on n´ose dire quelques « spécimens » littéraires, en l´occurrence Rimbaud, Mallarmé et Proust ; les traiter comme des cas cliniques et plaquer sur eux un savoir psychiatrique fragile mais cohérent (obtenu par l´observation d´un très grand nombre de cas cliniques, observation qui donne à un moment donné –1946– une nomenclature susceptible d´être révisée, affinée, c´est-à-dire contredite dans l´intérêt de la « science psychiatrique », mais qui est pour l´heure –1946– utilisée à des fins étonnantes : montrer, peut-être en tout auteur de renom, la névrose à l´œuvre, voire, particulièrement dans le cas de Proust, la perversion sadique.

Méfiance de principe de beaucoup de psychiatres dubitatifs quant à la validité de la méthode employée à ces fins louches : impossible d´observer des morts dont il ne reste que l´œuvre et les biographies telles qu´elles ont pu être reconstituées par des spécialistes de la chose littéraire plus ou moins bien disposés à l´égard de tel ou tel auteur.

Un auteur parmi d´autres –qui s´inscrit donc dans un champ littéraire concurrentiel : il faut publier, faire entendre sa voix singulière, parfois au détriment des autres que l´on attaque indirectement par la mise en pratique d´une esthétique discordante par rapport aux discours dominants représentés par tels ou tels auteurs en vue et directement aussi, quelquefois, par la publication collective de manifestes comme le firent les surréalistes– un auteur parmi d´autres donc, singulier, mais à la singularité piégée, dès qu´il publie, dans le champ littéraire, fait l´objet d´une étude clinique improbable qui se présente comme valable pour l´ensemble du champ littéraire : les auteurs sont de dangereux névrosés…

Faut-il les faire soigner pour les empêcher de nuire, c´est-à-dire très précisément de publier des œuvres scandaleuses ? N´y a-t-il pas là, à tout le moins, une tendance qu´il ne faut pas hésiter à qualifier de fasciste ? Cet adjectif est malheureux, comme « la chose même » qu´il désigne d´ailleurs : une grande misère conceptuelle qui peine à faire la théorie du fascisme et qui semble le suivre comme son ombre, à ceci près que le fascisme ne jette aucune lumière sur les phénomènes humains complexes ; il tend plutôt à les occulter et même à les nier en les passant sous silence à sa manière, c´est-à-dire en les annihilant… Il est plus aisé, plus sûr aussi, de parler d´anti-intellectualisme, attitude d´esprit commune aux fascistes et aux nazis de tous poils, mais attitude d´esprit aussi qui est d´ordinaire partagée par tous ceux et toutes celles qui se piquent, par profession ou par passion –la passion politique– de s´inquiéter du bien-être de l´humanité et pour se faire s´appuient sur des normes et des morales établies.

Avec Fretet et quelques autres, on voit à l´œuvre une pratique professionnelle parfaitement légitime pervertie par la pensée normative qui transparaît dans le corps du discours à chaque ligne et qui constitue pour ainsi dire la fin avouée de la démarche : fixer des normes de vie valables pour tous et toutes, y compris ces malades que sont les gens de lettre. Fretet ignorait Virginia Woolf à qui il aurait sans doute aussi réservé un sort peu enviable… Que nous propose-t-il si ce n´est une galerie de monstres chez qui la bonne et saine littérature –celle qui dit le vrai, l´intangiblement vrai dans l´homme– s´est perdue au profit exclusif et scandaleux d´une vérité personnelle à caractère névrotique ? La névrose étant le lieu de l´erreur, il ne semble pas possible de fonder des vérités humaines sur des pensées inspirées par elle. C´est là tout l´argument de Fretet et de ses acolytes.

On peut assurément étudier un auteur du point de vue de sa fantasmatique et décider ce qui lui est propre et ce qui, en lui, relève de l´universel, de « l´humain, trop humain », comme le disait Nietzsche, avec, à tous égards, plus de mansuétude. Ce point de vue, très limité, borné par la science psychiatrique ou le « savoir » psychanalytique, n´aboutit qu´à une prise de position pauvre quant au fait littéraire : l´auteur serait prisonnier d´un discours névrotique qui lui échappe et qui serait la matrice exclusive de sa production littéraire. Ce que Fretet n´a cure d´expliquer –il en serait bien incapable– c´est pourquoi telle personne ne fait rien de sa névrose, se contente de la vivre au jour le jour en souffrant servilement alors que d´autres personnes s´ingénient à la détourner de la voie commune, cette voie commune étant ce que Freud décrivait sous le terme de « compulsion de répétition », détournement qui aboutit, bon an mal an, à ce que le sens commun appelle une œuvre, celle-ci pouvant être achevée (C´est le cas chez Proust) brusquement interrompue (Rimbaud) ou alors lentement interrompue par la « folie » comme ce fut le cas pour Hölderlin ou Nietzsche. (On peut aussi envisager « le cas » de Kafka qui laissa nombre d´œuvres inachevées, bouts de récits presque aussitôt abandonnés sous la pression, peut-être, d´un trop à dire irrépressible que Maurice Blanchot a si bien mis en lumière…)

À l´origine de toute pratique artistique, Fretet laisse entendre qu´il y a une souffrance psychologique. Son point de départ, très général, presque vide, n´est cependant pas dénué de fondement : on ne connaît pas de créateur heureux, mais que faut-il entendre par bonheur ? La question du bonheur, c´est la question de l´adéquation des moyens aux fins ; un sujet sera toujours invité par la société dans laquelle il vit à mettre en adéquation ses fins et les moyens dont il dispose. Si les fins sont démesurées par rapport aux moyens mis en œuvre, c´est-à-dire aux moyens dont dispose le sujet, alors celui-ci court à l´échec, et s´il s´entête, s´enferre dans sa démarche inadéquate à ses moyens, il y a névrose de destin, névrose obsessionnelle…

Qui ne voit que les moyens préexistent aux fins –pour les maintenir ou les contenir dans les limites du « raisonnable »– dans cette manière de voir, alors que, concrètement, c´est très exactement l´inverse qui se passe : les fins que se propose un sujet se donnent les moyens –adéquats ou inadéquats– de les atteindre. C´est un premier point. D´une certaine manière, les moyens qu´on se donne découlent des fins que l´on se propose ; moyens et fins sont solidaires en ce qu´ils « germent » dans la même matrice fantasmatique, matrice qui, elle-même, « baigne » dans une ambiance de civilisation, un « ici et maintenant » plus ou moins coercitif. (Les possibles qui s´offrent à tout être humain sont toujours en nombre limité, même s´il semble acquis que de nos jours les possibilités d´action en général et d´activité littéraire en particulier, sont plus nombreuses qu´il y a quelques siècles quand, dans l´Occident chrétien, l´Église catholique tendait à tout contrôler par le biais d´une censure implacable, d´ailleurs relayée, secondée plutôt, par la censure royale en France, par exemple. Notre société libérale, avec sa liberté de la presse, sa liberté d´opinion si chèrement acquise et si fragile aussi, n´octroie pas une liberté illimitée d´expression pour au moins deux raisons : le primat de la rentabilité condamne nombre d´œuvres potentielles à l´inexistence ou à la discrétion, d´autre part, cette société, comme toute société, archaïque ou très « avancée » techniquement, tend à se préserver de ce qu´il est convenu d´appeler la subversion : il n´est que de songer à l´attitude de Malraux dans les années soixante dont les services censuraient les œuvres de Georges Bataille…)

La « sagesse » exige donc de se donner des fins aisément atteignables. On voit pointer là un conformisme redoutable qui a pour corollaire l´anti-intellectualisme déjà pointé du doigt : mieux vaut se donner des fins « raisonnables » à la mesure de nos pauvres moyens. C´est exactement le point de vue psychiatrique de Fretet. Les auteurs qu´il dissèque par biographe interposé se sont proposé des fins démesurées et les moyens de les atteindre sont hors de proportion avec les fins proposés ; ils sont misérables : des mots, des phrases qui prennent forme de poèmes et de romans, d´articles et de lettres. La névrose ou la perversion, pour « sublimées » qu´elles soient, n´en transparaissent pas moins et constituent pour la société un danger inacceptable ; c´est une saleté, une malpropreté ridicule et malsaine. Pour Fretet et ses acolytes, l´artiste est un malade qui s´ignore en grande partie ; sa place est à l´asile, il faut l´enfermer… On se souvient du sort que le régime de Vichy réserva à Antonin Artaud ! Plus loin de nous, mais peut-être plus significatif encore, il y a « le cas Sade » : Sade passa les trois quarts de sa vie enfermé et mourut à Charenton. Que cet enfermement fût plus ou moins consenti par Sade lui-même n´ôte rien au fait, odieux à tous égards, qu´on enferma un homme de lettres qui, par ses écrits scandaleux à tout le moins, dérangeait, c´est le moins que l´on puisse dire, le bel ordonnancement de nos Lettres françaises.

Un auteur se propose toujours les moyens adéquats à ses fins : c´est en ce sens que son œuvre peut être dite réussie. Qui nierait la perfection formelle de « La recherche » chez Proust ? La perfection de certains poèmes de Mallarmé ou de Rimbaud ? Fretet confond la vie d´un auteur et son œuvre, ne pouvant admettre qu´une vie « ratée » puisse donner des œuvres d´importance. Que Rimbaud se soit détourné de l´activité littéraire en préférant des activités plus lucratives ne prouve rien quant à la validité de son œuvre interrompue. Rimbaud s´est donné, à un moment donné de sa vie, des fins autres que littéraires et il était parfaitement en droit de le faire. Que la littérature l´ait déçu ne regarde que lui, au moins n´aura-t-il pas fait de cette déception une œuvre lucrative dans laquelle il aurait en quelque sorte raconté son adieu à la littérature en faisant encore de la littérature. « Une saison en enfer » est peut-être le testament littéraire de Rimbaud, dans lequel il a mis toute sa force poétique : au moment où il l´écrivit, il faisait encore œuvre, son adieu aux lettres n´en était pas encore un et ne lui rapporta pas un sou vaillant.

Rimbaud et « tous les autres » visés par Fretet, en quelque sorte, auraient mieux fait de se faire soigner : c´étaient des malades qui ont été tentés par la littérature, cette mauvaise médecine qui ne propose à celui qui s´y adonne que de ressasser ses obsessions, ce qui a pour effet de les aggraver, et pis encore, d´en faire des lieux communs dont sont appelés à se délecter quelques malheureux lecteurs qui peuvent être tentés à leur tour de tomber dans le piège de la pratique littéraire.

L´espèce de meurtre intellectuel que Bataille pratique sur Fretet en 1946 a encore de nos jours quelque chose de réjouissant ; je ne peux encore maintenant que m´en réjouir sans mesure et en rire. Le pauvre Fretet ressort mort de cet éreintage savant mené avec toute la lucidité et la hargne requises en pareille matière, encore faut-il ajouter que les écrits de Fretet, au moment où il les publia, étaient déjà lettres mortes. La sottise savante de ce psychiatre, ceci dit, si elle resta sans effet, participait d´une manière de voir largement répandue dans la société française de l´immédiate après-guerre, et faut-il le dire, encore répandue de nos jours dans toutes les strates de cette « même » société.

Bataille profite de l´élan de liberté de l´immédiate après-guerre pour sortir ses griffes et détruire intellectuellement Fretet. Il y avait urgence et l´urgence, malheureusement demeure.

Peut-être aurait-il –comme Deleuze le fit– participé de tout cœur à la mise en place du parlement international des écrivains destiné, comme on le sait, à la protection physique d´auteurs de toutes nationalités menacés dans leurs existences, morale et physique, par des régimes dictatoriaux et corrompus, cela va sans dire, à moins qu´il n´eût été tenté de rester à l´écart d´une telle initiative… Vue la somme impressionnante d´initiatives dont il fut l´initiateur –la revue Critique étant de loin sa plus grande réussite– on peut parier en tous cas qu´il ne serait pas resté insensible à cette idée de Parlement qui a pour souci premier, en partenariat avec des villes du monde entier, d´ouvrir des maisons d´accueil pour ces écrivains en fuite.

L´écrivain est peut-être d´abord une menace pour lui-même, mais c´est, tant que dure la capacité d´œuvrer au moins, une menace différée, suspendue, en quelque sorte, à son activité créatrice. Les « autorités » ne l´entendent pas de cette oreille ! L´écrivain, par sa liberté de parole, est une menace pour les pouvoirs en place, qu´ils se disent démocratiques ou qu´ils soient, dans les faits et les constitutions, des oligarchies ou des théocraties.

En cela, en cela seulement, il est un danger pour lui-même ; il s´expose au pire dans certaines parties du monde par le simple fait qu´il publie des œuvres, des articles de presse, participe à des colloques ou des manifestations publiques et signe des pétitions… La psychiatrie normative dont Fretet en son temps donnait le triste exemple demeure, en arrière-garde, à l´ombre de ces pouvoirs oligarchiques ou théocratiques qui sévissent de par le monde. Il est vrai que l´assassinat politique ou la prison, par leur radicalité, font mieux l´affaire ; la psychiatrie propose un enfermement plus subtil, susceptible de toucher tout le monde, même le plus doux des rêveurs pour peu que celui-ci, par ses rêveries, menace l´ordre public. Investir l´espace mental de tout un chacun, supprimer les divagations de l´individu, contrôler sa « pensée », c´est au fond le rêve de tout dictateur et de ses sbires. Rêve, cauchemar plutôt, qui fait couler beaucoup de sang !

Même notre société française assagie où les conflits politiques semblent amortis par le jeu démocratique n´est pas exempte d´une telle tentation eugéniste qu´il faut dire endémique, c´est-à-dire consubstantielle à une partie des forces vives de notre société. Cette remarque me semble valoir, en fait, pour tous les pays européens et pour les États-Unis d´Amérique, bien entendu ! La pensée normative d´essence religieuse a de beaux jours devant elle, il n´est pas permis d´en douter.

Moralisme d´un côté, avec bien entendu toujours des relents religieux, ou bien franches professions de foi où l´autre, le non croyant, est voué à la mort, au sacrifice expiatoire : ce sont les deux faces d´une même monnaie de singe où l´échange symbolique ne se fait pas.

Nous en sommes là, à l´heure actuelle : ce qu´il est convenu d´appeler la liberté d´expression au sens le plus large qui soit, le moins restrictif, est menacée de partout, c´est-à-dire de l´intérieur par les forces réactionnaires habillées de nouveaux oripeaux et de l´extérieur où des fanatiques qui osent se réclamer de l´Islam prônent la mort pour tous les infidèles… Les forces réactionnaires, il est vrai, tel le serpent, font régulièrement peau neuve : hier strictement royalistes en France (De Maistre, Bonald et consorts…), elles deviennent, à travers mille variantes nationales et internationales, les tenants, essentiellement, d´une morale de la force et du sang pour laquelle il importe avant tout de préserver la pureté raciale, le mode de vie indigène, en refusant avec la dernière énergie tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à une mutation par métissage culturel et « racial »…

La réaction se dote des outils de la modernité pour mieux faire valoir ses vues comme le font les fanatiques d´un certain Islam qui se servent de l´Internet pour communiquer leurs messages de haine et des techniques les plus sophistiquées pour commettre leurs attentats.

De ce rapide survol, il ressort que les écrivains en particulier et les intellectuels en général sont menacés « de l´intérieur » et « de l´extérieur », encore faut-il se rendre compte que la distinction de l´intérieur et de l´extérieur est en passe de devenir obsolète, les appels au meurtre pouvant être diffusés extra muros partout dans le monde grâce aux techniques de communications modernes et entendues intra muros par des groupes ou des individus animés par le fanatisme, c´est-à-dire par la peur devant la liberté en eux et hors d´eux.

Quel est le plus grand ennemi de la littérature en particulier et de l´art en général ? La servilité.

En 1944, dans Combat, Bataille écrivait : « Chaque homme doit être utile à ses semblables, mais il en est l´ennemi s´il n´est rien en lui au-dessus de l´utilité. La chute dans l´utilité, par honte de soi-même, quand la divine liberté, l´inutile, apporte la mauvaise conscience, est le début d´une désertion. Le champ est laissé libre aux arlequins de propagande… » et plus loin : « Parfois un écrivain déroge, laissant, las de solitude, sa voix se mêler à la foule. Qu´il crie avec les siens s´il veut –tant qu´il peut– s´il le fait par fatigue, par dégoût de lui-même, il n´est en lui que du poison, mais il communique aux autres ce poison : peur de la liberté, besoin de servitude ! Sa vraie tâche est à l´opposé : s´il révèle à la solitude de tous une part intangible que personne jamais n´asservira. Un seul but politique répond à son essence : l´écrivain ne peut qu´engager dans la lutte pour la liberté, annonçant cette part libre de nous-mêmes que ne peuvent définir des formules, mais seulement l´émotion et la poésie des œuvres déchirantes. Davantage encore que lutter pour elle, il lui faut user de liberté, incarner tout au moins la liberté dans ce qu´il dit. »

Arrivé à la fin de ce petit texte, comme au seuil du silence, que me reste-t-il à ajouter à ses phrases avec lesquelles je suis en parfait accord ? Ceci, peut-être, en attendant la preuve par les œuvres que j´écris dans la solitude :

Ces phrases, mais tant d´autres aussi, à tel point qu´il faut inciter tous les hommes et les femmes qui se veulent libres à lire Georges Bataille et ses amis sans relâche, sont d´une actualité brûlante. Nous en sommes toujours au même point : la liberté est menacée de l´intérieur et de l´extérieur plus que jamais où que se trouve l´homme, quels que soient sa situation, ses croyances, ses buts politiques pour peu que celui-ci (ou celle-ci !) prenne peur devant sa liberté… Honte de soi, servilité, appel trouble à la communauté qui ne doit jamais faire œuvre, car, quand elle n´est pas désœuvrée, elle fait œuvre de mort, peur de la liberté, toutes ces tares qui encombrent toutes les époques et tous les lieux, il nous faut, en faisant œuvre, les chasser loin de nous et en préserver tous ceux et toutes celles que nous aimons, tout en agissant vigoureusement contre les anti-intellectuels de tout poil qui rêvent de nous anéantir ou de nous asservir en nous interdisant l´accès aux œuvres de tous les temps et de tous les lieux. Vaste programme !

Le Parlement des écrivains s´inscrit dans cette démarche ; il faut le soutenir et encourager toutes les initiatives qui œuvrent en faveur de la liberté des hommes et des femmes dans le monde, pour que les Fretet et consorts, les religieux de toute confession, « les docteurs du but de l´existence » (Nietzsche), les politiciens à courte vue, les industriels et les canailles serviles à la solde des pouvoirs qui asservissent les hommes ne soient jamais tranquilles ; les hommes de petits formats –les Sha-ho-yen de la tradition chinoise– doivent céder le pas aux She-un-ta, les hommes de grand format. Il faut inquiéter la petitesse par la grandeur, et celle-ci est présente en tout homme, pour peu qu´il n´ait pas peur de sa liberté, et fasse au moins entendre sa voix, à défaut de faire œuvre.

 

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