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Tierra vasca.
La lucha por la vida.
La raza.
El pasado.
La vida fantástica.
Las ciudades.
El mar.
Los amores tardíos.
La selva oscura.
La juventud perdida.
Novelas sueltas.
Memorias de un hombre de acción
...
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Las condiciones en que se desliza la vida actual hacen a la mayoría de la gente opaca y sin interés. Hoy, a casi nadie le ocurre algo digno de ser contado. La generalidad de los hombres nadamos en el océano de la vulgaridad. Ni nuestros amores, ni nuestras aventuras, ni nuestros pensamientos tienen bastante interés para ser comunicados a los demás, a no ser que se exageren y se transformen. La sociedad va uniformando la vida, las ideas, las aspiraciones de todos. Yo, en cierta época de mi existencia, he pasado por algunos momentos difíciles, y el recordarlos, sin duda, despertó en mí la gana de escribir. El ver mis recuerdos fijados en el papel me daba la impresión de hallarse escritos por otro, y este desdoblamiento de mi persona en narrador y lector me indujo a continuar. Shanti se disculpa. |
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Sommaire ACTOR
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de Patrick Cintas
nouvelle version revue et corrigée
Cahiers de la RAL,M - nº 18
Édition intégrale en ligne
Compte tenu de l'épaisseur du volume
il n'y a pas de version "papier".
Si vous cliquez ci-dessus sur l'onglet "Publier en
revue", vous constaterez que nombre de Cahiers sont encore à
publier. En réalité, ils sont en chantier. Pour faire patienter le
lecteur, je vous propose un 18e Cahier. Il ne s'agit pas d'une compilation
de mes articles parus sur le site, mais d'un projet établi depuis belle
lurette et destiné à compléter un peu mes travaux narratifs. Dans ce
sens, on feuillettera avec intérêt mon site personnel.
Le plan initial date de mars 2005 (nº 6 de la RAL,M). Il n'a guère changé.
Mais ce travail est loin d'être terminé. Il m'a cependant semblé que
l'ensemble valait un livre. Le voici dans sa version numérique intégrale
et bien sûr gratuite.
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Moi, poète, je viens vers vous, non point pour vous dévoiler les mystères insondables de l’écriture, mais pour poser mon incertitude comme substrat essentiel à ma quête de la vérité poétique. - Nacer Khelouz - Mallarmé.
D’où me vient cette sensation d’infini ?
D’où me vient cette sensation d’infini ? Et cette croyance que, par un tour d’écriture, je peux atteindre quelque chose qui ne sera donné à tout le monde que de cette manière ?

- Actor’s cosmologie
D’abord, une constatation : après plus de quarante ans de travail, je n’ai pas cédé à la tentation d’utiliser mon « talent » d’écrivain pour écrire des objets de genre destinés à amuser le public ou à me faire valoir auprès des distributeurs de distinctions et autres joujoux des Lettres. J’ai fait ce que j’ai voulu, je l’ai fait quand j’ai pu, car l’existence est dure en complications inutiles. Et ça et là, au hasard des trouvailles, j’ai fricoté avec une idée du nihilisme qui me séduit toujours, mais sans que je puisse vraiment en approfondir le sens au point d’y trouver une pensée qui me soit propre.
De toute façon, je ne suis pas « bien né » et j’ai vite compris qu’à moins de servir une cause, politique, religieuse, administrative ou simplement domestique, je n’avais aucune chance d’occuper une place assez nutritive pour compenser mes faims de littérature. C’est ainsi et je n’y peux rien. Chemin faisant, j’ai observé, sans participer, mais n’en pensant pas moins, les disputes littéraires et autres confetti de l’esprit au travail de la reconnaissance et des profits plus terre à terre. J’ai quelquefois apprécié les coups de poing sur les têtes élues, comme le fit Henri Meschonnic qui donna pourtant plus au statut qu’à l’écriture, selon ce que j’en sais pour l’avoir lu souvent avec envie — là, je demande à être contredit —. Mais les soubresauts de l’esprit sont rares dans la littérature, malgré des apparences de révolte qui tiennent le plus souvent du hennissement que du cri. Les « polémiques » de Meschonnic m’ont paru d’emblée judicieuses, même si je n’adhère absolument pas à ce qu’il en tire de politique et de rythme. Récemment, j’ai vu comment un écrivain, certes secondaire, mais pas mauvais du tout, se contorsionnait lamentablement pour faire passer son travail évidemment poétique pour du « roman » simplement parce que dans son esprit le roman se vend mieux que la poésie. J’en fus exceptionnellement déçu.
Personnellement, je n’ai jamais interrogé ces augures, n’ayant pas l’âme d’un démiurge. Je suis constitué d’un corps que je ménage depuis peu, car il a donné de dangereux signes de mort. Il se trouve que ce corps, dont je ne suis peut-être que l’héritier, produit de la pensée et que cette pensée se laisse emporter par le ou les désirs. Au frottement, cela donne du langage et, par conséquence, du texte. Je n’ai donc pas pris le chemin à l’envers, je n’ai pas mis la charrue avant les bœufs. J’ai attendu, persuadé moi aussi que c’est l’attente qui est merveilleuse. J’ai écrit sans jamais viser autre chose que l’objet qui m’obsède, me fascine et m’appartient peut-être si je ne suis pas idiot. Une construction s’est vite imposée à mon esprit et, donc, à mes constantes et passionnées activités de survie.
Contrairement à des apparences de confusion qui m’ont moi-même inquiété de temps en temps, tout ceci est construit ou, si ce n’est pas construit, c’est que ça ne l’est plus, que ça l’a été à un moment donné que j’ai vite renoncé à « retrouver » par le noircissement de papier. Je pense que tout mon effort, qui vaut ce qu’il vaut, consiste à ne pas croire en Dieu, solution qui ne répond à aucun problème et qu’il faut considérer comme une perversion de la pensée au même titre que toutes les superstitions et autres convictions. Mais il n’en reste pas moins que cette sensation d’infini vient de quelque part, pas d’ailleurs ! N’ayant aucune intention de parier, mais reconnaissant dans la nature du pari les fondements de la pensée, je me suis efforcé, tant que faire se peut, de me placer physiquement à l’extérieur, créant ainsi l’illusion de cet intérieur qui n’a aucun intérêt en soi, mais qui est le lieu nécessaire de l’écriture, si c’est écrire ce que je veux.
Je n’ai donc pas classé mes objets en impressions et réminiscences, mais plus simplement, et avec beaucoup moins de poésie, en connaissances et importances. Je crois que c’est ce que tout le monde fait. Nous prenons connaissance, élargissant le cercle qui contient l’extérieur, lequel est inclus dans un néant qu’il vaut mieux ne pas peupler de personnages, car à ce moment ils deviennent des dieux et on perd le fil de la pensée pour s’en remettre naïvement aux religions et aux charlatans qui les gèrent. Puis nous choisissons selon une intime conviction ou par un coup de dés. Il va sans dire que c’est aux dés que je joue et que par conséquent je n’ai aucune conscience morale, du moins quand il s’agit de poésie. Pour le reste, ça ne regarde personne.
Cet extérieur, il n’est pas question d’en décrire l’extension. Je n’en vois pas l’intérêt, autrement que scientifique. Or, je ne suis pas un homme de science. Il me suffit d’en donner la compréhension en usant des moyens de la poésie, ce qu’on nomme la prosodie. J’ai ma petite idée là-dessus et, bien sûr, elle ne sort pas du néant, elle doit beaucoup à la littérature et même quelquefois aux vulgarisations qui font parvenir jusqu’à nous des connaissances de spécialistes.
Voilà en quoi consiste cette traversée de l’extérieur, ce voyage dehors. Et tout cela ne se passe pas dehors, si loin de soi. C’est à l’intérieur que ça se passe. Il en reste, finalement, des écrits et ils sont fortement conditionnés par les supports au fond très simplistes qui demeurent à notre disposition, moyens d’enregistrement de l’écriture que sont les livres, les disques et autres mémoires physiques, la quincaillerie. Cet intérieur, il faut bien l’organiser. Mais contrairement à toute attente, je ne l’ai pas conçu comme une série de volumes, bien qu’ils existent aussi. Je n’ai pas non plus fragmenté le temps, celui que j’ai passé à écrire et donc à (sur)vivre, en « périodes » qui eussent un sens après coup. Il m’est plutôt apparu, de l’intérieur, que j’étais le lieu d’un certain nombre d’inventions et que ces inventions étaient le plus simplement du monde des personnages que j’ai nommés, non pas successivement, mais presque simultanément : Bortek, Kateb, Carabas, Ochoa, Gor ur et Actor. Une floppée de personnages secondaires s’y est ajoutée.
Le tout sans prétention psychologique, ni surtout métaphysique. Pas de soupçon chez moi, pas de sentiment de l’absurde, pas de fatras psychologique ni de parabole métaphysique, rien de moralisant ni d’esthétisant, mais une forte inclination moderniste, quelquefois violemment anti conservatrice. À vrai dire, je hais les signes d’orthodoxie, j’en redoute la nocivité et les cruautés sous-jacentes. Je m’évertue jusqu’à épuisement moral à des exercices conversationnels destinés à rendre évident la toxicité des traditions du goût. Tels sont mes personnages, polysémie d’un trickster pas facile de mettre à jour.
Ce qui veut dire qu’au fond de ma prosodie, il n’y a pas de style, pas de lieux privilégiés et pratiquement pas d’histoire, en tout cas au sens où l’on entend habituellement la dramaturgie. Au contraire, les lieux sont multipliés par les miroirs, les anecdotes s’entrecroisent sans explications claires et l’écriture est celle des personnages ou plutôt le reflet approximatif de leurs voix.
Pour ce qui est donc de ma traversée de l’extérieur, on trouvera ici quelques essais de comprendre et d’apprécier. Il en découle peut-être une certaine conscientisation, mais c’est un effet de conation auquel il ne faut pas accorder trop d’importance. L’essai consiste le plus souvent en une série de justifications qui pourrait s’intituler « Télévision ».
Concernant l’intérieur, autrement dit les ouvrages, les « Inventions », l’effort anthologique qui en principe en recueille l’essentiel sous forme de documents littéraires (roman, poèmes, etc.) n’a pas été accompli et ne le sera peut-être jamais tant la force de l’écrit prévaut encore sur le désir de texte et de reconnaissance. Il n’y a d’ailleurs peut-être rien à retenir, même s’il m’est arrivé de proposer, en amuse-gueule, des choix relevant d’une attitude critique conventionnelle, ce que je regrette toujours un peu.
Patrick Cintas
 EXTÉRIEUR : Récits et lectures
La question du parergon, si elle se pose, n’est pas abordée ici. Un « extérieur » constitue le cadre dans lequel la pensée agit comme croissance du sentiment d’appartenance (« la preuve, je lis »). Un « intérieur » témoigne au mieux des péripéties du désir au fil de l’accumulation des écrits.
 INTÉRIEUR : Écrits À l’intérieur, pas d’idée de dieu, ni d’inconscient. Les délires métaphysiques du passé, sacrés et inspirés, ainsi que ceux qui marquent notre temps, servent sans doute les nations et les sectes, mais n’ont pas de place chez moi. Je n’entre dans les églises, les mosquées, temples et synagogues que pour les... profaner ! Ce qui ne concerne pas la littérature. Certaines activités humaines rendent idiot, comme le sport, ou faux-cul, comme la politique. D’autres tracent ce cercle infini – ce que je symbolise par ce cercle – qui à la fois me sépare de l’extérieur par sa possibilité et m’en approche par des travaux forcément modestes et hypothétiquement appréciables.
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ANNEXES (troisième partie) C’est ici que le bât blesse... Il le faudrait presque. La réalisation est ce qu’elle est... Il vaudrait mieux en effet parler d’annexes complètes plutôt que d’œuvres complètes.
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Mes « annexes » se résument à cinq « livres ».
C’est peu. Un premier livre écrit dans la jeunesse, un poème inachevé, deux
romans et un recueil de chansons. Et je n’irai sans doute pas plus loin. Non pas
que j’ai l’impression d’avoir fait le tour, mais mon imagination s’arrête là,
au seuil de ce parergon que constitue ma part de réseau. N’étant nullement
porté à me croire définitif, il ne m’arrivera pas de « parfaire »
l’ensemble dans le sens de la langue ou de l’orgueil. Tout ceci confine sans
doute à l’anthologie que l’on pratique sur soi comme une autopsie. En
attendant, le « texte » est livré tel quel, avec sa
chronologie irréversible et son foisonnement directement extrait du cerveau de
l’enfant curieux comme un singe. Je me préfère singe que perroquet, passionné d’intelligibilité plutôt que de lisibilité. Et de passage seulement. patrickcintas.ral-m.com |
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Voilà donc fait le tour de mon travail d'écrivain, artisan besogneux ou poète... je n'en sais rien. En tout cas, c'est fait, c'est joué, et il y a peu de chance que je revienne pour d'autres raisons que les modifications de formes et de détails qu'on peut apporter à l'ouvrage quand on y tient comme je m'y accroche.
J'espère que d'autres écrivains ayant déjà prêté main-forte à la RAL,M ou ayant l'intention de s'y mettre, envisageront eux aussi de se livrer à cet exercice du sommaire.
Jusque-là, la RAL,M a échappé aux deux pièges de forme
que je redoute toujours :
le site compilation-trombinoscope ;
le site élitiste-copinage ;
et deux autres pièges de contenu :
le site populiste-m'as-tu-vu ;
le site (encore) élitiste-copinage.
À travers ces « sommaires » , il s'agit
non pas de « montrer » un état de la littérature et des arts, mais de
« laisser » la place aux auteurs quelle que soit leurs styles et leurs
intentions. Si nous filons sur la démocratie, alors la poésie, entre autres
phénomènes vibratoires, est celle de tout le monde, les chanteurs comme les
autres. Vive la fonction poétique !
À vous la main ! Proposez votre sommaire, ambitieux, modeste, documenté, facile, joyeux, angoissé, bien ou mal écrit mais, mais... toujours bien composé et bien vu.
Patrick Cintas.
patrickcintas.ral-m.com
Page editoriale
2013
Nº 83 - avril 2013 - Pétainistes endormis - Prologue des Huniers - Patrick Cintas
Nº 82 - janvier 2013 - Tradition et Modernité - projets pour la RAL,M - Patrick Cintas
2012
Nº 81 - octobre 2012 - L’Etat, la poésie, la société... - Pascal Leray
Nº 80 - juillet 2012 - L’Urine et le Métal - Roger Russel
Nº 79 - avril 2012 - La série selon Mel Bochner - Pascal Leray
Nº 78 - janvier 2012 - Aux sources du sens (de la réalité) - Pascal Leray
2011
Nº 77-bis - décembre 2011 - La relation auteur-éditeur - Patrick Cintas
Nº 77 - novembre 2011 - Manifeste mutantiste - Mathias Richard
Nº 76 - octobre 2011 - Un puits dû au silence - Patrick Cintas
Nº 75 - septembre 2011 - Commencement de la fin - Roland Nadaus
Nº 73-74 - juillet-août 2011 - Rêve et poésie - Serge Meitinger
Nº 72 - juin 2011 - La ré-invention du corps chez Rimbaud - Gilbert Bourson
Nº 71 - mai 2011 - Figure de l’écrivain et cancans - Patrick Cintas
Nº 70 - ANALECTIC SONG - Trois personnages au carré
Nº 69 - PRINTEMPS DES POÈTES - Intellos & populo
Nº 68-2 - ANALECTIC SONG
Nº 68-1 - Vive le pouvoir judiciaire !
Nº 67 - Le SLAM de la RAL,M !
2010
Nº 66-bis - Projets ralmiques
Nº 66.2 - Éloge du terrorisme.
Nº 66.1 - La condition textuelle - de Pascal Leray
Nº 64-65 - juillet-août 2010 - L’été des poètes !
Nº 63 - Pas de printemps pour les poètes ?
Nº 62 - SCUM
Nº 61 - Cinéma-roman & Roman-cinéma
Nº 60 - La poésie, Rougerie...
Nº 59 - Identité nationale
Nº 58 - Camus... j’aurais aimé la France...
2009
Nº 57 - Salon du livre de Paris 2009.
Nº 56 - Les poètes - Novembre 2009.
Nº 55 - L’auteur chez Le chasseur abstrait.
Nº 54 - Textes et Prétextes - La revue du site.
Nº 52-52 - <I>Etoile de l’Aube - Délégation Haute-Garonne/Midi-Pyrénées de la Société des Poètes Français.
Nº 51 - L’auteur et son libraire.
Nº 49 - Meschonnic maintenant.
Nº 47 - Collectif ALM.
Nº 46 - Une année de plus.
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2007
Nº 33 - Antimesse pour Karlheinz Stockhausen.
Nº 32 - Lettre ouverte à monsieur Azouz BEGAG : celle que j’aurais dû vous envoyer…
Nº 30 - Entretien avec Luciano MELIS, éditeur.
Nº28/29 - Douche it again !
Nº27 - Poésie & Religion.
Nº26 - Hommage à ROSTROPOVITCH.
Nº 25 - D’un coup de dés, l’espace du poème depuis Mallarmé - avec Ann-Sarah Laroche - Bibliothèque de Toulouse.
Nº 24 - Du chômage.
Nº 22-23 - Le droit de choquer.
2006
Nº 21 - Vallejo y Neruda - Entre classique et romantique.
Nº 20 - À propos de Robert REDEKER.
Nº 19 - Désespère !
Nº 18 - FEMME(S) & CRÉATIVITÉ.
Nº 16-17 ART & THÉRAPIE.
Nº 15 - Espace de Valérie CONSTANTIN - Livres d’artistes.
Nº 14 - Onuma Némon - Julie-la-fête.
Nº 13 - Jean ORIZET, le duende.
Nº 12 - COMBAT CONTRE LE PÈRE - Tractatus ologicus III.
Nº 11 - SPÉCIAL ROBERT VITTON - Un aléa d’îles.
Nº 10 - Féminité et créativité : créer ou ne pas être.
2005
Nº 9 - La poésie, déesse cachée du désir quand le silence se brise.
Nº 8 - Tractatus ologicus.
Nº 7 - Jouir de sa douleur.
Nº 6 - Le droit à la nuance.
Nº 5 - León FERRARI - L’Église catholique et la peur de la Beauté.
Nº4 - Derrida made in America.
2004
Nº 3 - En vue de notre mondialité.
Nº 2 - Écrire, pourquoi faire ?
Nº 1 : Écrivez pour empêcher les autres d’écrire.
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Qui publions-nous ? Des écrivains, pourvu que, dans le « créneau » où ils ont choisi de s’exprimer, ils excellent : de la chanson à la poésie la plus difficile d’accès, du roman traditionnel aux compositions complexes de la modernité, de la réflexion pragmatique aux pensées les plus aventureuses - nous n’avons de limites que le talent et l’honnêteté intellectuelle.
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régler chez un prestaire tels que Publibook, Manuscrit.com,
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Numéros spéciaux
Actor - Le livre des lectures documentées - de Patrick Cintas
Il n’y a rien d’autre à faire, pour commencer, que de s’expliquer du mieux qu’on peut. Ainsi, la matière initiale est soumise à des contraintes venant de l’extérieur comme de l’intérieur. Qu’il y ait des lois à cela n’est pas impossible. Est-il toujours assez tard pour s’en inquiéter ? Les premiers personnages sont nés dans des récits de lecture.[...] Ceci est donc la narration de faits, vrais et imaginaires, à opposer aux choses — faits soumis à l’étude de leur déformation et de leur écoulement sous l’effet des contraintes de l’existence. On peut appeler ces faits de la poésie.
Gor Ur - Le Gorille Urinant - de Patrick Cintas
Les lecteurs d’ ANAÏS K. connaissent déjà GOR UR, le Gorille Urinant. Le voici de nouveau dans un contexte bien différent, celui d’un feuilleton. La littérature en prend un coup, sans doute, mais le ton y est. L’Urine divine est toujours en lutte contre le Métal gothique. Et l’inspecteur Frank Chercos suit les pistes, épaulé par la Sibylle et l’astronaute John Cicada. La parodie grotesque de ce Monde continue sur le ton du récit le plus vernaculaire qui soit, en proie à l’infantilisation de l’Homme plus destiné à arracher les pattes de l’insecte qu’à en envisager la cohabitation émerveillée d’un côté comme de l’autre. Ici, peu de schizophrènes, beaucoup de paranos et surtout énormément de cons. Les prévisions de cyberespace et autres uchronies de la technologie sont tombées en désuétude : l’existence de l’Homme se continue en dehors des grands récits qui forment autant de possibilités d’Histoire : la Philosophie, la Poésie, la Poétique. Avec ce roman obstiné, Patrick Cintas décrit la gangue politico-religieuse qui écrase ou réduit celle ou celui qui se définit d’abord par la pratique d’un art. Art conçu comme l’antipode exact du jeu et par conséquent proposition d’une redéfinition du Travail. Hélas, Gor Ur sort toujours vainqueur de ces joutes et son Urine jaillit alors comme l’eau bénite des doigts trop enclins à la fabrication du Bonheur au détriment de l’explosion de la Joie.
Robert Vitton - Thaumaturgie vernaculaire
L’existence serait composée de miracles, prodiges du quotidien, phénomènes sujets à émerveillement, et cela n’aurait de cesse si les mots continuaient d’appartenir à une langue propice à la poésie parce qu’elle est toujours en quête de l’heure dérobée, concept purement poétique dont Robert VITTON, poète et prosateur, est l’inventeur. La particularité de l’homme tiendrait à la proximité de cette langue, à sa familiarité, et à la multiplicité des détails de l’heure. En vers ou en prose, c’est bien l’existence qui est cernée dans un chant poétique continûment inventeur de ses découvertes que le poète ne cherche pas à posséder tant il a conscience d’être possédé par elles.
Serge Meitinger - Autoscannographie
Nous n’avons que notre corps, mais son monde - le nôtre - ne s’arrête pas à la surface de l’épiderme. Nous n’y sommes pas enfermés comme en une outre chaude et molle ou en une cuirasse bardée de muscles. Sans cesse nous rayonnons et recevons les impulsions de tout le dehors, proche et lointain, dans toutes les gammes sensibles, conscientes, inconscientes, préconscientes comme si notre peau était tambour et tamis, interface diaphane et protecteur à la fois. Nos sens sont des émetteurs, des vecteurs et des récepteurs ; notre esprit un convecteur, ordonnateur et disséminateur. De fait un halo nous entoure et forme notre avant-corps, une aura qui nous rend sensibles à ce qui est et à autrui. Ainsi nous pouvons appréhender le monde en ses qualités propres, les autres en leur singularité sans avoir à toucher ni à être touchés. En avant des corps, les avant-corps se connaissent et s’éprouvent ; si ces derniers ne se conviennent pas, les choses et les êtres, les corps et les esprits ne communieront jamais et iront même jusqu’au rejet. Socialement et culturellement, certaines lois dites de « proxémique » règlent une bonne part de ces rapports (possibles et souhaitables) et les tolérances sont variables selon les latitudes, les cultures et les groupes sociaux. Plus intimement l’on parlera d’aimantations et de « tropismes » : des polarisations, parfois infinitésimales et affectant tous les sens à la fois, nous situent par rapport à tel ou tel autre, telle ou telle réalité plus ou moins prochaine. Et si nous ne pouvons pas « les sentir » c’est que quelques-unes des particules sensibles et olfactives émises en leurs avant-corps nous répugnent particulièrement. S.M.
Pascal LERAY - Une sériographie
Tant que l’oeuvre de Pascal Leray demeurait inédite à cause d’un monde éditorial voué au commerce et à ses usages, on ne pouvait guère en mesurer l’ampleur qu’en se rendant sur l’Internet pour explorer les "forums" où cet excellent écrivain allait jusqu’à manger de l’homme. Puis il se mit à développer dans la RAL,M une activité créatrice originale et d’une exceptionnelle maîtrise. Depuis peu, Le chasseur abstrait a entrepris de publier ces livres tous hors du commun et surtout capables d’explorer le langage sous toutes ses formes : roman, poésie, théâtre, musique, chant, peinture, critique, etc. Un pareil effort sur le Monde est autre chose qu’une simple palette. C’est une oeuvre. Et comme cet homme sait jouer de son visage et de son rire, ces textes proposent une sérieuse physionomie de la littérature avec des échappées d’un humour parfaitement ravigotant.
RAL,M & L’ANCRAGE : L’étranger
Voici donc un ticket aller simple. Nous ne garantissons pas les retours. C’est notre première et dernière exigence. Ramer à la force du poignet. Audaces fortuna juvat. L’idée d’un tel rapprochement, un précédent entre deux revues des deux côtés de l’Atlantique, peut sembler étrange. Et bien justement. Nous traitons ici de l’étrange, de l’étranger. (Victor Grauer et Patrick Cintas opteront pour l’idée d’Aliens.)
De sorte que le moment ne pouvait pas être plus propice à l’aventure. ¡La aventura comienza con el hombre !
Peu à peu l’oiseau n’a pas fait que son nid ; il s’installe tout doucement. La collaboration avec la RAL,M nous a tous rajeunis. L’Ancrage a vu le jour il y a de cela quatre années et la RAL,M a un an ; tandis qu’aujourd’hui RAL,M & ANCRAGE ensemble, le temps d’une escale sont en train de naître sous vos yeux. On a toute la vie pour apprendre. Nacer Khelouz.
BRUITS de Valérie Constantin
Les lecteurs de la RAL,M ont pu explorer depuis plusieurs années l’univers pictural de Valérie Constantin qui exerce son influence sur l’esthétique de cette revue et des ouvrages publiés par Le chasseur abstrait. Les « bruits » constituent une partie seulement de son œuvre plastique, mais ils ont une importance nouvelle. Ce sont ces « bruits » qui forment en ce moment l’essentiel du contenu proposé par l’artiste aux internautes. Exposition qu’on peut visiter sur son site :
valerieconstantin.ral-m.com
Les bruits y sont déclinés en trois mouvements ou phases qu’il convient de commenter. Une unité s’en dégage, uniquement plastique, avec ce que cela impose de retentissements intérieurs.
SPIRALE de Margo Ohayon
Ce nouveau spleen, ce mal de la vacance, cet exil le projettent dans des terres glaciales aux tonalités froides que cernent maints régions forestières, où des futaies d’indifférence s’étalent à perte de vue, n’offrant pour tout bruissement qu’un silence d’une profondeur tellurique, angoissant par son éloignement des frontières supportables de la perception humaine. Il entend jusqu’à la surdité. Le silence lui crève les tympans. Il apprend à reconnaître ce réel sans altruisme d’une matérialité incontournable, qui dresse devant son envergure de fourmi les murailles d’un monde géant souterrain, citadelle fortifiée d’un envers. Le retour de vagues prêt à l’immerger durant ce rêve reflue pour venir se mettre à niveau du rivage, la chaleur l’immobilise en un bien-être soudainement. Les souffles viennent à lui en sens inverse.
Les poètes du chasseur abstrait
Poésie... « projet d’ordre esthétique consistant à mettre en question toute représentation du réel effectif et de faire accomplir à la langue, jusque là médiatrice entre exprimable et exprimé, un saut radical qui la fait changer de statut à l’intérieur de son propre code », écrit Gilbert Bourson à propos de Rimbaud.
Pour Jacques Roubaud, « la poésie s’adresse particulièrement à ceux qui la reçoivent [...] elle n’a pas une intention de récit ou de pensée. »
On n’en finit pas de gloser sur la pertinence des propos et du propos. Certes, mais la poésie ne peut pas se passer de commentaires. Sans eux, elle perd non pas son sens, mais le sens de ses chemins. Entre autres, ceux que nous empruntons ici, au coeur même du catalogue du Chasseur abstrait.
Notez l’adresse Internet de cette page spéciale car la liste s’allonge au fil du temps.
poetes.ral-m.com
Les narrateurs du Chasseur abstrait
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Espaces d'auteurs
Espace de Patrick Cintas
Patrick Cintas dirige la RAL,M depuis avril 2004.
Espace de Valérie CONSTANTIN
La peinture nous force au silence pour nous rendre capable d’entendre sa rumeur. La poésie propose sa rumeur pour nous rendre sensibles aux couleurs du silence.
Michel Butor
Side effects de Nacer KHELOUZ
Le théâtre de ma souffrance d’humain est d’abord un théâtre, c’est-à-dire un spectacle. Et comme tel, j’exige de lui qu’il aille au-delà du supplice.
Lèvres du silence de Marie SAGAIE-DOUVE
Née en 1949, j’appartiens à la génération du baby-boom. Issue d’une famille qui allie l’aristocratie à la paysannerie, laquelle évolue vers la bourgeoisie, j’hérite d’une culture où la liberté de penser se heurte aux dogmes d’une religion, dont les interdits rythment les gestes quotidiens. Au centre se noie mon désir.
Lettres vagabondes de Benoît PIVERT
Lettres vagabondes... comme une imagination capricieuse et paresseuse, comme les zigzags du désir qui s’envole et retombe, imprévisibles comme ces rencontres que l’on fait au hasard des chemins de traverse de la littérature. Lettres d’ici et d’ailleurs. Lettres libres comme l’air d’un vagabond solitaire en quête de sens.
Línea de sombra de Oscar PORTELA
Literatura. Filosofía. Cine...
Né dans la province de Corrientes (Argentine) en 1950.
Important écrivain argentin, il a publié de nombreux livres de poésie : Senderos en el Bosque, Los Nuevos Asilos, Memorial de Corrientes, La Memoria de Láquesis, etc) et d’essais sur la pensée philosophique contemporaine comme Nietzsche sonámbulo del día. Ses livres sont publiés en Espagne, au Mexique, Venezuela, Paraguay. Il est aussi critique de
cinéma et compositeur.
Interlope de Andy VÉROL
Créé en 1997, Interlope était un projet à l’initiative d’Arturo B. Vidal, 6Mic et Andy Vérol. Revue confidentielle papier, Interlope ne vécut que deux numéros avant de croupir dans l’oubli.
C’est en 2007 qu’Andy Vérol décide de reprendre l’initiative, avec une façon toute artisanale de fabriquer cette revue devenue, depuis, post-culturelle… Les années 2000 ont révélé l’inutilité des combats, des luttes. Tout est « révolution » ou « révolutionnaire ». Les nouvelles technologies, une « révolution ». Le pouvoir d’achat, une « lutte ». Si l’on dit du mal des patrons, on est taxé de « réactionnaire ». Si l’on fait remarquer la vie misérable de 80% de l’Humanité, on passe une page pub.
Interlope est la revue de ceux qui considèrent l’Occident comme un espace prédateur, un pays pour les dominants, tels les zombies dans les films de Romero, poussant leurs caddies, de façon mécanique, dans des centres commerciaux rutilants, derniers espaces de communication, de savoir-faire, de bien-être, de labeur et de spiritualité…
Interlope laisse donc la place aux écrits de ceux qui considèrent un suicide violent et vomitif, comme un acte de libération ultime… Ou peut-être l’écriture. L’alcool. Les drogues. Le sexe sans limite… L’abstinence… La dépendance à tout autre chose qu’à l’économie, la morale et l’idée d’un possible…
Produire du sens de Stéphane Pucheu
C’est à la fin des années 1970 qu’il devient lecteur, de par l’intérêt de ses parents pour le livre. " On n’est pas sérieux quand on a huit ans " . Dès cet âge, les romans d’aventure, ceux de Jack London ( " Croc-Blanc " ), Rosny l’aîné ( " La Guerre du Feu " ) et Michel Peyramaure ( " La Vallée des Mammouths " ) notamment vont développer son imagination et lui apprendre à connaître l’homme. Puis, adolescent, la tragédie grecque et les romans policiers seront ses principaux univers, à travers les oeuvres de Sophocle ( " Antigone " ), d’Euripide et d’Agatha Christie, une période au cours de laquelle il découvre le théâtre contemporain avec Cocteau ( " L’Aigle à deux Têtes " ) qui marquera sa mémoire. Quelques années plus tard, il abordera avec passion les grands classiques du XVIIIe et XIXe siècles comme Laclos, Stendhal ou Flaubert. La littérature contemporaine s’impose, en parallèle, avec Gide, Proust, Mauriac, Saint-Exupéry ou encore Sartre et Camus. Les écrivains américains ont aussi leur place dans son parcours de lecteur éclectique et exigeant, tels que Henry James, John Steinbeck, Hemingway ou Charles Bukowski. L’un des auteurs les plus récents et importants - disparu l’année dernière - est sans nul doute Alain Robbe-Grillet dont il admire le style, la pugnacité et la liberté de ton, un écrivain à ses yeux incontournable.
En résumé, un ensemble de lectures classiques et modernes, académiques et originales dont certaines, comme Molière ou La Fontaine, conservent toute la puissance de leur singularité. A la fois proche du XVIIe siècle - le siècle de la révolution formelle - et du XXIe, marqué par l’impact toujours aussi grand du Nouveau Roman, c’est de cette manière qu’il s’accorde avec la littérature et le temps.
Chantpoésie de Jean-Claude CINTAS
L’inconnu sans ami de Jean-Michel GUYOT
L’impuissance de toute littérature, le dégoût qu’elle inspire, et dans le même temps la nécessité d’écrire et de travailler, voilà l’arc bandé par Georges Bataille et quelques autres.
Entre tous, Bataille aura permis de décocher quelques flèches vénéneuses qui ont volé loin.
Elles n’ont pas encore touché leur cible. Elles vibrent dans la solitude des œuvres.
Mais les œuvres, qui s’en soucie ?
J’aurai écrit pour rejoindre les autres, avec souvent l’espoir de changer un peu la donne, avec l’ambition de dévier le malheur vers des eaux plus claires.
Je n’y suis pas entièrement parvenu.
Le malheur est coriace. Il est vrai qu’il a de nombreux alliés et qu’il sait trouver des appuis jusque chez ceux et celles qu’il tourmente…
Restent - subsistent ? - alors des textes, nombreux, très nombreux, comme des graines de bonheur pas encore germées que je dissémine au hasard de ma vie.
Pas seulement.
Mes textes - c’est tout ce que je leur souhaite - ne sont pas que des traces laissées dans la neige ou la boue, ce sont avant tout des signes d’amitié lancé à l’inconnu sans ami, mais - c’est pure merveille - de signe en signe, ce n’est pas un nouvel amour qui est né dans l’écheveau du temps, mais un amour nouveau, et c’est bien ainsi.
Espace de Santiago MONTOBBIO
Santiago Montobbio est né en 1966, et les premiers poèmes de Hospital de Inocentes datent de 1985. La jeunesse du poète a de quoi nous surprendre, tellement sa culture, la maturité tranquille de sa vision et la robuste limpidité de sa langue témoignent d’un tempérament d’homme et d’écrivain très affirmé.
D’emblée, la parenté de la poésie de Montobbio et de celle de certains de ses grands prédécesseurs espagnols, Alberti et Machado en particulier, nous frappe. A partir d’images simples, empruntées au quotidien et à la nature, il évoque le “sentiment tragique de la vie” qu’Unamuno plaçait au fond de l’âme espagnole, ou ce “passage éphémère” que Cecil Day Lewis citait comme “le thème poétique par excellence”. Les fantômes du vent, les “eaux orphelines” “un amour, une ombre, un oubli” sont les symboles favoris de cette poésie du passage, comme les vies qui “passent comme rien”, sans bruit, avec simplicité, dans le silence.
Jean-Luc Breton
Espace de Serge MEITINGER
Espace de Gilbert BOURSON
Espace de Françoise HÁN
Affectivité nourrie de Cécilia AMBU
Je suis née le 5 Juillet 1976. Je n’ai pas choisi de vivre, mais personne n’a choisi de vivre…
Espace de Pascal LERAY
Le zinc de Robert VITTON
Le comptoir d’un café est le parlement du peuple.
Honoré de BALZAC
Je tisse, je m’escrime dans ce vingt-et-unième siècle comme je l’ai fait dans le vingtième et comme je le ferai dans le trentième. La succession des jours, des ans, des époques nous offre des traces, des indices, des signes, des trouvailles, des énigmes, des clefs, des outils, et par conséquent des langages. L’évidence même, j’ai à ma disposition toutes les modernités révélées. J’ai à ma disposition les onomatopées caverneuses, les plaintes et les cris gutturaux, les grommellements et les gueulements caserniers, les accents des tours babéliques des banlieues, les verbiages salonnards, les babillages commerciaux et industriels, les incantations des fées féodales de la Finance, les anônnements bâtés, entravés de la main-d’œuvre, les ricanements édentés de la Misère… J’ai à ma disposition, dis-je, tous les langages tirés de la nuit, des cendres, de la poussière, des fosses des temps. Ce qui me fait croire que le bipède omnivore, avec ou sans plume, cocalisé, duffel-coatisé, basketisé, bigophonisé, walkmanipulé, en quelque sorte équipé pour recevoir la connaissance, devrait tirer avantage des évolutions dues aux grands chantiers de la Science et de l’Art. J’ai à ma disposition les archaïsmes, les barbarismes, les maniérismes… Les mots, des mots, mes mots… Un personnage est d’abord du texte, constatait Louis Jouvet. J’ai posé mes mots, j’ai rencontré des mots, j’ai désigné, taillé, forgé, déformé, inventé les mots. Un personnage est fait de mots c’est à dire d’idées, de paysages, de lieux, de souvenirs, de personnages.. Au fil de mes relectures, je suis devenu – peut-être redevenu - tous ces personnages, tous les personnages que ces personnages portent en eux. Je n’ai pas toujours eu la maîtrise des entretiens intérieurs, des demandes, des réponses, des questions, des réparties, des ripostes, des afflux, des tourbillons… J’ai travaillé les sons et les sens jusqu’à l’ivresse de la profondeur, interrompant, détournant le courant paisible ou rythmé de l’écriture. J’ai profité sans restriction des aparté, des silences, des rebondissements, du grotesque, du burlesque, du pathétique, de mes réminiscences. Le décor… J’avais en mémoire ce conseil d’Ernest
Hemingway : Quand on a quelque chose de difficile à faire dire à un personnage,
surtout le faire boire.
La spirale de Margo OHAYON
Ce nouveau spleen, ce mal de la vacance, cet exil le projettent dans des terres glaciales aux tonalités froides que cernent maints régions forestières, où des futaies d’indifférence s’étalent à perte de vue, n’offrant pour tout bruissement qu’un silence d’une profondeur tellurique, angoissant par son éloignement des frontières supportables de la perception humaine. Il entend jusqu’à la surdité. Le silence lui crève les tympans. Il apprend à reconnaître ce réel sans altruisme d’une matérialité incontournable, qui dresse devant son envergure de fourmi les murailles d’un monde géant souterrain, citadelle fortifiée d’un envers. Le retour de vagues prêt à l’immerger durant ce rêve reflue pour venir se mettre à niveau du rivage, la chaleur l’immobilise en un bien-être soudainement. Les souffles viennent à lui en sens inverse.
Atelier de traduction de Marta CYWINSKA
Les amoureux sont d’éternels traducteurs. Ils viennent après pour être avant, ils promettent avant pour trahir après. Ils promettent des images aux mots et des mots aux femmes qu’ils n’aiment plus. Je les accuse, mais je n’ose pas les conseiller. Pétales de roses, princes charmants, déclarations à l’aube et au crépuscule en face d’abréviations et l’emploi des anglicismes.
Mais en même temps, les traducteurs sont toujours mes chevaliers ; ils ont toujours ma confiance en poésie et en prose, comme d’ailleurs en art et en musique. Peut-être suis-je trop naïve en meublant mon coeur d’étagères pleines de poèmes que personne n’osera jamais traduire ?
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GORRURIENNES - Première volée
Depuis quelques semaines déjà, la RAL,M livre des goruriennes sans avoir expliqué ni comment ni pourquoi. Le pourquoi restera sans réponse, puisqu’il appartient à l’idiosyncrasie du lecteur (idiot/cin[glé]/crazy). Comment ? Eh bien parce que. Parce qu’un lecteur particulièrement attentionné (à mon égard) m’a renvoyé les trois volumes publiés sans un mot d’explication et qu’il en a (au cours de combien de lectures) surligné maints passages pour des raisons qui ne s’expliquent pas plus ni mieux. J’ai d’abord songé à des espèces de morelliennes [...]
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Un thème... un auteur.
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Ces auteurs ont bien voulu animer des espaces plus proches de leurs préoccupations que le sommaire de la RAL,M toujours un peu généraliste.
Cette zone éditoriale est aussi le lieu des sites personnels. Ceux de Patrick Cintas et de Valérie Constantin sont connus depuis des années et évoluent constamment. Pascal Leray est au travail.
En marge de la littérature des nations et de celle des peuples, voici une littérature plus modestement composée et assumée, ce que Ferdinand Cheval appelle le « travail d’un seul homme ».
Les lecteurs de la RAL,M ont pu explorer depuis plusieurs années l’univers pictural de Valérie Constantin qui exerce son influence sur l’esthétique de cette revue et des ouvrages publiés par Le chasseur abstrait.
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