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 Article publié le 14 octobre 2015.

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glaive acéré par la réplique de sa gaine mieux que son prestige sa déculottée qui met en évidence le grand tout du ciel la belle chevauchée du proche et du lointain donc du pareil au même farouche poussière des instants cramés par le gel bouillonnant du Scamandre des sangs retournés minuscules paupières de l’obscurité sur la rétine de leurs yeux aux faces qui montaient d’abîmes inconnus vers les intentions qui ne nous sont pas propres et qui prennent forme parce que le noir est la matrice de tout commencement un mélange de mouches de boue et d’extases produisant le miel des chutes vers le ciel cul blanc cul bleu selon le rien d’usage le désir géant de mettre bas les armes dans la chair du ciel au brutal le cilice feint et ressenti vague et vif et oblong des lenteurs de granit et tombe de l’arbre feint du coursier donc déchoient du galop qu’ils chevauchent à cru comme on dit sans vergogne et respirent les mouches des abus poisseux des praires et prairies de la mer saccadée par les embruns salés des chocs ventrus des vents à terre et contre tout avec de petits riens ventrus dorés d’abus et ce dans le parfum d’Augias du pur combat de vivre entrelardé de l’autre qui est l’un le même casque en tête qui perçoit les mots non dits que sons qui sont organes des rosées ventriloques des aubes devenues leurs postures nocturnes leurs pertes profits le cuir mâché de soi qu’est l’autre l’un suçant le pur miellat sué des contrées accointées à l’engeance attablée au bouclier fervent qui rapproche éloignant l’instant le souvenir qui est le monument naissant de parvenir haïssant son succès revenant à l’excès reprenant le galop des corps et leurs crinières sabotées de vent puant le ventre à taire la bonne parole retroussée saquée par mouches et virgules de dire essoufflé le souffle la mort qui vibrionne entre les boucliers repus et affamés de chocs et d’étincelles à roter le ciel et sa bordée d’injures amoureuses merde un mot qui met l’accent sur le combat nocturne que mène le jour où blanchit la campagne et tout le saint-frusquin qui mène à te prendre pour lui…il dit et lui émeut le cœur dans la poitrine et se met à courir le long des nefs vers lui et lui à l’endroit où se tient le conseil des mouches mots ailés dressant en bourdonnant de bas autels aux dieux la prise au cou de cygne de la possession non de l’autre mais bien de soi en faisant des efforts pour nous bien pénétrer du sens profond du mot opposé et semblable à celui d’amour en déplaçant la magie qu’il opère en plongeant glaive ou pique au cœur de son langage au cœur de sa crinière la bafouée par le poing qui l’en-touffe la noue et arrière la tête la monte face au ciel qui montre sa béance son divin cloaque en forme de matrice où fondre le langage enfin son plomb bouillant d’hier de Gutenberg sous la presse du corps vole l’œil de la lettre et pétrissent le daïmon du corps de l’autre et enjambent les rus les crevasses les ports enjambent les salines fortes des efforts qui forment arcs-boutants convulsent des archées superbes et convolent à des vaux étranges rauquent des armées qui passent sourdement le défilé étroit et profond du larynx ahanant comme un chant de guerre lasse et forte et si brutalement pacifique et charrient le ténébreux gravide lit de leur Scamandre en roulant dans cette autopsie des attitudes du flot rebondi et fertile en alevins qui naissent dans le sarcophage brulant de leurs veines le petit démon de Maxwell au poignet l’arme au poing glaive ou lance annelant leur sueur d’un encens aux naseaux se pétrissent de boue se bossellent se tuent de vif et de joyeux incendient leur vaisseaux des naseaux au garrot dans la félicité des approches rusées d’entre-deux dans l’hôtel mal famé des cinq sens et s’agacent sagaces soit du bouclier soit du glaive engainé dégainé s’élançant hors de sa tente ou sa baraque choix des mots donc dans la traduction de leur retranchement où les rênes sont accrochés la pique à l’ombre longue et la cuirasse l’âme bouclier parlant à l’âme itou coursier buvant au clair poignet des larmes ce boulier des aubes safranées de cotyles frisés ces bords d’eau mal lavée par la soif mal tenue par les plis sujets à s’échauffer laissant vaisseaux ses nefs selon les mots leur traduction de l’un de l’autre se

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  Les déboires sexuels d’Achille par Patrick Cintas

Tinbad nous signale que ce récit de Gilbert Bourson ne peut figurer dans sa collection fiction car « il part d’un fait mythique » : les déboires sexuels d’Achille. Ce texte devient donc une « épopée » ou plus justement un « chant ».

Publiant ce texte fabuleux dans la RALM en octobre 2015 (vous y êtes), j’avais considéré que cet Achille est un autre. Aussi avais-je cru à une histoire : celle-ci commence en cours, comme une tragédie racinienne (avec ce que cela suppose de passion) ou à l’instar de celle que jeta en pâture notre Claude Simon national.

Pourtant, voici que je reviens sur mes considérations héritées (je n’en doute pas) d’une de ces interminables conversations que Gilbert et moi avons pris l’habitude d’entretenir en dehors des jardins de Pomone.

Phases est un effet un chant, comme extrait d’une Iliade relue et surtout rejouée sur le fil de l’âge et du temps. Faut-il chercher ailleurs dans la colossale rubrique de Gilbert Bourson les autres chants de cette… aventure ?

L’œuvre entière de cet auteur (et interprète) est contenue dans un seul élan scripturaire. Revient-on ainsi à la notion de roman (Ulysses) ? Est-ce le tout qui conseille le roman plutôt que le chant ? Comme le compositeur dépose de la musique sur les mots (ou le contraire), c’est de la poésie que Gilbert Bourson dépose sur son histoire. Que celle-ci se joue au théâtre (comme cela arriva) ou dans une collection éditoriale (espérons dans les meilleures librairies).

Texte court (de la longueur d’un Cid ou d’une Phèdre), il se présente d’un trait, sans ponctuation ni saut de ligne ni de page. Nous voilà invités, le temps d’une soirée (ou d’une matinée), à lire le tout sans actes et à tomber nez à nez avec la fin à la dernière page, puisqu’elle n’a pas lieu. En cas de fatigue ou de doute sur notre capacité à apprécier les bienfaits de l’impatience sur l’attente, on fera lire ce chant par une voix de synthèse, féminine ou autre selon son idiosyncrasie en matière d’écoute. Hortense, par exemple.

Voilà un texte (heureusement court) qui se prête à une lecture à la Vico : une première pour prendre la mesure, une seconde pour en situer les actes (avec une précision de l’ordre de l’année-lumière toutefois) et une troisième pour se poser la question (et y répondre) de savoir à quoi il sert. Car l’art doit servir à quelque chose, comme au Mexique. Je ne saurais trop vous conseiller de vous armer d’un crayon et de la gomme qui va avec. Ne vous fiez d’ailleurs pas aux chapitres ici proposés : je ne me souviens même plus si cette mise en scènes est de Bourson ou de moi… En tout cas, j’ai fait ce que je vous conseille de faire.

Bien sûr, une fois assumées ces considérations de forme et de temps, le contenu hautement sexuel de l’objet prendra toute la place. Ce n’est pas qu’il ne saute pas aux yeux dès la première secousse, mais l’aspect tellurique des coups de reins mettra en sueur le moindre comédien chargé de porter cette histoire à l’écran ou sur la scène. Cette beauté héritée de Sade, Gilbert Bourson nous en éclaire quelques parcelles jusque-là inexplorées. Il y met le paquet. Ne ménageant pas la citation, l’allusion, la révision ni l’invention verbale où les mots, ou plutôt leurs fonctions, se télescopent avec autant de talent que la machine à coudre et la table de dissection, sauf que la machine en question relève des mécanismes de la turgescence et la table du lit et de ses draps ou de ses herbes folles. D’où la nécessité (peut-être) d’un seul souffle et (n’exagérons rien) la dimension tragique (dans le sens théâtral) de cette verve ni fictive ni vraisemblable. La poésie née d’un chant se distingue toujours du chant imité de la poésie.

Patrick Cintas.

 


  Belle lecture de ‘Phases’ par Gilbert Bourson

Merci Patrick pour ta belle lecture de ‘Phases’. J’ai écrit ce truc sans chapitres ni décrochements d’aucunes sortes. Une fois le premier mot lu, la phrase toujours déjà commencée doit se dérouler sans entracte ni pause jusqu’à son impossible fin ; nul coït qui, comme dit Beckett, nous baiserait par son final mesquin. Tragédie ou comédie, peut-être aussi vaudeville. Le théâtre est ici aussi plat que le bord de la falaise qui n’est que la scène où l’on joue le roi Lear. C’est un texte sadien pris dans l’interminable question du désir non pas attrapé par la queue, mais bien par son talon d’Achille le bouillant, foulant notre occident. Et quant aux comédiens qui pourraient s’y coller ils seraient dans l’obligation de haleter, selon les survenues des brouillards Olympiens, ces divins capitons. Merci également pour avoir accueilli ce texte dans la RALM il y a des années en croyant que l’Achille était un personnage du texte en question, alors qu’il est le texte talonnant l’auteur, lequel est à la fois les deux belligérants Achéens et Troyens, le glaive entre les doigts de rose de l’Aurore de son écriture.


 

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