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 Article publié le 14 octobre 2015.

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se troussent l’épiderme guéridon des peaux reps repu de divan sur l’adverse repose un temps puis relève le col et se flairent le rose endroit resté tel quel et tout prêt à l’emploi pour y mûrir son arme dressée lance ou glaive et bouclier chafouin méduse au cœur bronzé serpents en liberté sur sa tête dressée qui cherche le regard de l’autre devient pierre et puis l’eau nue de son contraire et l’urine solaire épaississant les poils les plaies offertes au dieu qui mouille et qui transpire la sueur en croupe et rentre en religion dans l’autre religion dressée offrant un gland superbement clouté aux quatre membres la plaie qui s’ouvre au flanc se dresse épine et vinaigrée de beaux cinglons de nudité qu’on appelle ce vice impuni tous les sens en alerte et se lisent dans l’évangile de l’autre et pénètre sa religion fait pénétrer font entrer en forçant dans ce que l’autre croit sa lance en ce calice et de virginité en dé-virginité et re-virginité se donnent comme un vin se donne à son raisin et n’en peuvent plus mais des naseaux au garrot de la cuisse à son droit cherche seigneur en l’autre et l’âne d’Apulée comme coursier d’oreille et pas d’autre savoir de soi que l’autre soi en soi le glaive et son fourreau sculptant le bouclier de l’autre et coulent l’un à l’autre un bronze en liberté comme à la convention le si divin mensonge avec le verbe haut l’encolure couchée sur l’herbe et les sanies bergères des plissés sous la croupe cet astre bleu à l’horizon astre en cavale suant l’ardeur des échansons à mettre l’autre en bouche et chevalin le temps de galoper encore et va de soi que l’âme y soit l’arme efficace et redoutable et redoublée son ventre à ventre son carnage de beauté en croupe de s’accélérer dans la lenteur de l’autre qui redouble et se glaive se lance se bouclier double d’autant que l’un et l’autre et d’autant et d’autant les armes se polluent de l’un pollue de l’autre ses sanies salines d’entre les replis reps repus des canapés de terre et boues légiférées par les membres couchés tombés jusqu’ à leur base où la chair prend ses aises célestes bouillons des mots à peine chus murmurés sans paroles mais la partition

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  Les déboires sexuels d’Achille par Patrick Cintas

Tinbad nous signale que ce récit de Gilbert Bourson ne peut figurer dans sa collection fiction car « il part d’un fait mythique » : les déboires sexuels d’Achille. Ce texte devient donc une « épopée » ou plus justement un « chant ».

Publiant ce texte fabuleux dans la RALM en octobre 2015 (vous y êtes), j’avais considéré que cet Achille est un autre. Aussi avais-je cru à une histoire : celle-ci commence en cours, comme une tragédie racinienne (avec ce que cela suppose de passion) ou à l’instar de celle que jeta en pâture notre Claude Simon national.

Pourtant, voici que je reviens sur mes considérations héritées (je n’en doute pas) d’une de ces interminables conversations que Gilbert et moi avons pris l’habitude d’entretenir en dehors des jardins de Pomone.

Phases est un effet un chant, comme extrait d’une Iliade relue et surtout rejouée sur le fil de l’âge et du temps. Faut-il chercher ailleurs dans la colossale rubrique de Gilbert Bourson les autres chants de cette… aventure ?

L’œuvre entière de cet auteur (et interprète) est contenue dans un seul élan scripturaire. Revient-on ainsi à la notion de roman (Ulysses) ? Est-ce le tout qui conseille le roman plutôt que le chant ? Comme le compositeur dépose de la musique sur les mots (ou le contraire), c’est de la poésie que Gilbert Bourson dépose sur son histoire. Que celle-ci se joue au théâtre (comme cela arriva) ou dans une collection éditoriale (espérons dans les meilleures librairies).

Texte court (de la longueur d’un Cid ou d’une Phèdre), il se présente d’un trait, sans ponctuation ni saut de ligne ni de page. Nous voilà invités, le temps d’une soirée (ou d’une matinée), à lire le tout sans actes et à tomber nez à nez avec la fin à la dernière page, puisqu’elle n’a pas lieu. En cas de fatigue ou de doute sur notre capacité à apprécier les bienfaits de l’impatience sur l’attente, on fera lire ce chant par une voix de synthèse, féminine ou autre selon son idiosyncrasie en matière d’écoute. Hortense, par exemple.

Voilà un texte (heureusement court) qui se prête à une lecture à la Vico : une première pour prendre la mesure, une seconde pour en situer les actes (avec une précision de l’ordre de l’année-lumière toutefois) et une troisième pour se poser la question (et y répondre) de savoir à quoi il sert. Car l’art doit servir à quelque chose, comme au Mexique. Je ne saurais trop vous conseiller de vous armer d’un crayon et de la gomme qui va avec. Ne vous fiez d’ailleurs pas aux chapitres ici proposés : je ne me souviens même plus si cette mise en scènes est de Bourson ou de moi… En tout cas, j’ai fait ce que je vous conseille de faire.

Bien sûr, une fois assumées ces considérations de forme et de temps, le contenu hautement sexuel de l’objet prendra toute la place. Ce n’est pas qu’il ne saute pas aux yeux dès la première secousse, mais l’aspect tellurique des coups de reins mettra en sueur le moindre comédien chargé de porter cette histoire à l’écran ou sur la scène. Cette beauté héritée de Sade, Gilbert Bourson nous en éclaire quelques parcelles jusque-là inexplorées. Il y met le paquet. Ne ménageant pas la citation, l’allusion, la révision ni l’invention verbale où les mots, ou plutôt leurs fonctions, se télescopent avec autant de talent que la machine à coudre et la table de dissection, sauf que la machine en question relève des mécanismes de la turgescence et la table du lit et de ses draps ou de ses herbes folles. D’où la nécessité (peut-être) d’un seul souffle et (n’exagérons rien) la dimension tragique (dans le sens théâtral) de cette verve ni fictive ni vraisemblable. La poésie née d’un chant se distingue toujours du chant imité de la poésie.

Patrick Cintas.

 


  Belle lecture de ‘Phases’ par Gilbert Bourson

Merci Patrick pour ta belle lecture de ‘Phases’. J’ai écrit ce truc sans chapitres ni décrochements d’aucunes sortes. Une fois le premier mot lu, la phrase toujours déjà commencée doit se dérouler sans entracte ni pause jusqu’à son impossible fin ; nul coït qui, comme dit Beckett, nous baiserait par son final mesquin. Tragédie ou comédie, peut-être aussi vaudeville. Le théâtre est ici aussi plat que le bord de la falaise qui n’est que la scène où l’on joue le roi Lear. C’est un texte sadien pris dans l’interminable question du désir non pas attrapé par la queue, mais bien par son talon d’Achille le bouillant, foulant notre occident. Et quant aux comédiens qui pourraient s’y coller ils seraient dans l’obligation de haleter, selon les survenues des brouillards Olympiens, ces divins capitons. Merci également pour avoir accueilli ce texte dans la RALM il y a des années en croyant que l’Achille était un personnage du texte en question, alors qu’il est le texte talonnant l’auteur, lequel est à la fois les deux belligérants Achéens et Troyens, le glaive entre les doigts de rose de l’Aurore de son écriture.


 

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