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Les derniers jours (mots) de Pompeo
Les derniers jours (mots) de Pompeo 18 (Patrick Cintas)

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 Article publié le 28 juin 2020.

oOo

« Le 3 septembre 19.., Pedro Phile fut transféré de la prison de Carabanchel (Madrid) à celle de la Santé (Paname). Il fit un beau voyage. En compagnie de trois policiers en civil dont l’un était barbu et chauve, ce qui inspira à notre hôte un épisode de ses Mémoires de Pompeo en cours. Bob Thingum, de nationalité hispano-américaine, qui avait été le gardien de Phile pendant ces nombreuses années de privations, entra dans la cellule que le criminel avait occupée depuis le début de son incarcération. Il y entra avant la femme de ménage qui devait arriver à sept heures (du matin). Il était six. C’était la bonne clé. Pendant le trajet de la Salle des clés jusqu’à la cellule en question, il avait craint de s’être trompé de clé. Il lui était arrivé deux ou trois fois de tenter d’introduire la mauvaise clé dans le trou de la serrure. Cette fois, la première depuis que Pedro Phile était en partance, Bob eut la satisfaction de constater que la clé ne lui opposait aucune résistance. À moins que ce fût la serrure qui accepta de choir sans autre préliminaire. Et à peine entré dans ce local que son ancien habitant avait maudit avant de se laisser conduire jusqu’à la gare en compagnie d’une escorte rompue à ce genre de tâche, il referma la porte derrière lui. L’odeur était la même. C’était celle du matelas. La bonde du lavabo n’était pas étrangère non plus à cette fragrance commune à tous les détenus. Le syphon émettait en continu des sons difficilement associés à ce qui traversait l’esprit du gardien qui, comme Rita Hayworth, avait du sang espagnol dans les veines et sur les mains, indifféremment une aventure d’été dans un hôtel andalou et bien sûr cette maudite guerre de 98 qui coïncidait étrangement avec toute une génération. Ces pensées occupaient son esprit pourtant à l’affût d’un seul détail qui eût échappé à son opiniâtre vigilance. Puñetas ! lança-t-il en constatant pour la première fois de son existence de larbin pénitentiaire que la serrure n’avait pas de trou de ce côté. Il serra la clé dans sa main déjà humide et chaude. Il ne s’assit pas sur la paillasse. La chaise avait disparu. Instinctivement, il jeta un œil sur l’inventaire fixé au mur : la chaise y figurait, ce qui le rassura. Puis son regard se laissa conduire par les taches et les reliefs de la porte. Puñetas ! répéta-t-il. Et il pensa : moi aussi j’écris des mémoires… les mémoires de pedro phile… j’aurais voulu être journaliste… à el païs ou à el mundo… indifféremment… j’ai la plume et l’imagination… mais je n’ai jamais eu de chance… sauf peut-être d’avoir rencontré pedro phile… des années de fascination que je n’aurais pas vécues si j’étais devenu journaliste… j’ai eu cette chance… ne la laissons pas filer avec le reste… Mais qu’entendait-il par reste ? Certes, on ne peut pas réduire un homme à sa fonction ni même au projet qui rend possible un changement notable de situation. Un gardien de prison qui écrit les mémoires de son détenu préféré. Ça n’a pas de sens. Mais ça suppose que le détenu en question s’est confié à lui et qu’il lui a peut-être même confié la tâche de les écrire, ses mémoires. Bien sûr, quand on sait que Pedro Phile maniait la plume avec un certain bonheur, on se prend à douter que Bob Thingum fut investi de travail d’écriture et de mémoire à la fois. Penchons plutôt pour une initiative personnelle du gardien qui n’avait pas forcément demandé son avis au réclusionnaire. Il n’écrirait d’ailleurs rien là-dessus. Il entrerait plutôt dans le vif du sujet dès la première page. Il en savait assez pour faire confiance à son imagination et surtout à ses capacités de déduction. Puñetas ! s’écria-t-il, car il lui vint soudain à l’esprit que la femme de ménage (48 minutes maintenant) allait effacer taches et reliefs et même s’en prendre à ce qui distinguait nettement l’odeur de Pedro Phile de celles des autres prisonniers. L’angoisse revenait. Il ne pouvait pas espérer devenir le conservateur de ces lieux, au moins le temps d’en finir avec ce sacré bouquin dont dépendait son devenir d’homme parmi les hommes. Il ne commettrait pas le ridicule d’adresser au directeur une demande consistant à lui laisser l’usage de la cellule de Pedro Phile au moins le temps du vaste brouillon qui angoissait déjà son esprit. Il y a des choses qui n’arrivent jamais, se dit-il, et pourtant, si elles arrivaient, le monde ne serait plus le même. Il serra les poings en pensant que c’était la dernière fois qu’il entrait dans « la cellule de Pedro Phile ». Elle ne tarderait pas longtemps à devenir la cellule d’un pauvre type qui n’a pas eu de chance ou qui l’a saisie avec la mauvaise main. Encore 45 minutes avant l’interruption causée par la femme de ménage dont le chariot se distingue de celui de la bibliothèque par le bruit grinçant de ses roulements. Quelques minutes d’attente à soustraire aux 43 minutes qui restaient à mettre à profit avant de filer sans avoir à croiser cette femme bavarde qui avait toujours quelque chose à dire pourvu qu’on prît le temps de l’écouter. La porte était fermée, mais pas à clé. Elle bâillait un peu, sans courant d’air. D’où viendrait cet appel ? se demanda-t-il. Puis la surface (intérieure) de la porte absorba tout son esprit. Pedro Phile n’y avait rien écrit, rien creusé, mais les taches qui la maculaient étaient significatives d’une intense activité masturbatoire. Pedro Phile ne se branlait pas dans son lit. Il ne salissait pas ses draps. Quand l’envie le prenait, il se tenait devant la porte et, après un temps qu’il n’est pas possible de mesurer à la seule observation des taches, il éjaculait et prenait soin de ne pas en mettre par terre, comme si cette perspective relevait du gâchis et que ces prodigalités l’eussent condamné à passer du temps à parfaire sa technique. La femme de ménage allait effacer ces années spermatiques sans se douter des conséquences. Il n’y avait rien à faire pour l’en empêcher. Bob Thingum fit deux choses : il prit plusieurs clichés à l’aide de son Samsung et filma jusqu’à épuisement de la batterie ; ensuite il sortit de sa poche plusieurs tubes stérilisés contenant autant d’écouvillons et il récupéra toutes les traces qui sautaient aux yeux. Il était limité par la capacité de la batterie et par le nombre d’écouvillons qui étaient entrés en rang serré dans la poche de son pantalon. Il regretta d’être pressé par le temps et par les moyens mis en œuvre. Mais il s’appliqua à raisonner autant les prises de vue que les frottages. Il ne connaissait pas les principes qui font que l’échantillonnage est pertinent ou au contraire vain. Il devait se contenter de ce qu’il savait et de ce qu’il possédait. Qui n’est pas condamné d’avance à cette fatalité ? Les uns plus que les autres, certes. À quelle catégorie appartenait-il ? Quel degré de connaissance et de propriété avait-il atteint à force de s’employer à faire le mieux possible ? En moins de dix minutes, l’écran du Samsung s’éclaira d’une alerte. Bob Thingum sortit alors la poignée d’écouvillons enfermés dans leurs tubes garantis par la norme en vigueur. Dix autres minutes furent nécessaires pour épuiser ce maigre stock. Il consulta sa montre. Il était sept heures moins 25, à peu près. Il voulait se souvenir de cet emploi du temps, mais n’avait pas eu la présence d’esprit d’emporter un carnet dans ses bagages. 4 minutes lui coûta cet effort de mémorisation. Puis le temps sembla ralentir. Il se surprit à attendre. Il aurait pu quitter les lieux, disons, pour arrondir maintenant que ça n’a plus aucune importance, à sept heures moins le quart, ce qui lui laissait le temps de filer en douce sans être vu ni importuné par la femme de ménage. Mais quelque chose le retenait. Il ignorait de quoi il pouvait bien s’agir. Il avait pourtant la sensation de disposer d’un esprit clair et dispos. Il prenait le risque de se laisser surprendre par la femme de ménage qui s’étonnerait ou pas de trouver la porte bâillant. La question de la clé se posa alors avec une angoissante insistance. Il devenait évident que si la femme de ménage ne trouvait pas la clé au râtelier, elle décrocherait le téléphone interne pour se renseigner sur la conduite à suivre. Il était donc urgent de sortir de la cellule, de refermer la porte et de remettre la clé à son clou avant que la femme de ménage se pose la question de savoir si elle ne s’est pas trompée d’heure. Mais Bob Thingum venait depuis à peine une minute de renoncer à s’en tirer sans explications. Vous imaginez la suite. »

Paru dans ABC.

*

— On n’en a jamais fini avec ces coupures de journaux, dit Patrice de la Rubanière.

Il referma le classeur et alluma une cigarette. L’autocar allait bon train sur la route des vacances, déserte à cette époque de l’année. Le soleil était levé depuis une heure. La femme et sa fille avaient pris place sur la banquette arrière. Elles ne se parlaient pas. Je les voyais dans le rétroviseur. Je m’étais assis à la place du chauffeur malgré l’interdiction, mais aucune alerte ne me fit lever. L’écran demeurait stable, figé dans une apparition hexadécimale que j’étais bien en peine de comprendre. Papa n’avait pas poussé la leçon jusque dans les arcanes des apparences. Patrice de la Rubanière, l’ai-je dit, referma son classeur sans avoir modifié l’ordre de ses contenus consistant en coupures de journaux et correspondances diverses avec les cabinets d’avocat et les antres des voyantes. Il consumait une cigarette maintenant, le front collé à la vitre qui jouxtait son épaule. Il occupait la place ordinairement destinée à recevoir les fesses du ou de la guide. Le microphone invitait ses lèvres à la confession, mais il résistait à la tentation de tout dire, ce qui arriverait tôt ou tard, car les romans de bon aloi se terminent toujours ainsi.

— À quelle heure on mange ? demanda la fillette.

— Tu mangeras là-bas, dit sa mère sans cesser de voir le paysage immobile.

— J’aurais faim avant !

— Tu feras ce qu’on te dit ! Tu ferais bien de le faire avant qu’on soit arrivé. (ànous) Elle refuse de se préparer… Alors forcément elle aura du mal…

Patrice de la Rubanière saisit le tube qui retenait mon siège et s’approcha ainsi de moi.

— Qui êtes-vous, Pedro Phile ? murmura-t-il.

Cette facilité à s’immiscer dans la vie des gens ! Le volant ne servait à rien. Pas plus que le siège sur lequel j’étais assis ni le manche du levier de vitesse. Que dire des pédales ! Ce poste de conduite relevait du décor. Pourquoi en interdire l’usage au passager ?

— Il est temps d’en parler… continua Patrice de la Rubanière.

— Maintenant elle a envie de faire pipi ! rouspéta la femme.

— Ce n’est pas un pullman !

— Aucun arrêt n’est prévu avant le terminus…

— Je vais faire dans ma culotte !

— Ma foi… roucoula Patrice de la Rubanière.

Il rougit. Je les voyais dans le rétroviseur. Qu’est-ce qu’ils attendaient de moi ? La fillette se mit à aller et venir dans l’allée, se tenant aux poignées prévues à cet effet.

— Nous arriverons bien tôt ou tard, dit sa mère.

— Elle a perdu l’horaire, dit la fillette qui semblait se tordre de douleur.

— Il doit bien y avoir un moyen de prévenir le chauffeur que quelqu’un à une envie de…

— C’est moi, le chauffeur ! exultai-je en manœuvrant le volant sans effet sur la patience de la fillette.

— Si elle rit, elle pisse, dit sa mère. (ajoutant en savante) Je la connais.

— Si tu me savais autant que tu le prétends, grogna la fillette maintenant agrippée avec force à deux poignées se faisant face, nous n’en serions pas là !

— Qui ça, nous… ?

Ces mots avaient quelque peu écorché mes lèvres, comme on dit. Je les humectai. Je sentais mes rides. La racine de mes cheveux entrait dans la douleur. Patrice de la Rubanière m’offrit une de ses cigarettes, mais j’avais mes señoritas, autant que j’en voulais si c’était ça, vouloir, que je désirais le plus au monde. Mon bracelet clignotait vert. Rien sur l’écran. Quand vous devenez fou, vous entendez les gens dire il est fou alors que vous ne l’êtes pas encore tout à fait. Ils n’imaginent pas le temps que ça prend. Comment peut-on vivre à ce point dans l’ignorance de la folie ? Mais je n’entendais pas les gens depuis qu’on m’avait enfermé. Ma personæ se limitait à la compagnie où j’avais mon rôle à jouer. Et je le jouais depuis des années. À force de jouer, on y prend goût et quand vous êtes rôti à point, on vous enserre la cheville dans un bracelet et on vous lâche dans la ville ou la nature. Depuis combien de temps était-elle folle ? Et était-ce encore la fillette que j’avais connue ?

— Je peux me poser les questions à votre place, Pedro… (sirupeux) Ça ne me gêne pas. Pas le moins du monde, croyez-moi.

— Je ne sais même pas si, enfant, j’ai rêvé de conduire des autocars ou des locomotives. Des F1, peut-être. Le monde n’aime pas l’enfance.

— Je ne suis pas là par hasard, continua l’hidalgo de service. Je revenais d’une mission tout aussi délicate. Ça laisse des traces, croyez-moi. (grattantsa barbe du matin) C’est mon travail.

— J’en aurais pas, moi, du boulot, si Pompeo ne m’avait pas demandé d’écrire ses mémoires.

— Les vôtres sont parues chez Planeta…

— (grimaçant) Ce n’était pas les miennes ! De l’invention, monsieur ! Et quelle mystification ! Tout ça à partir d’une porte et de son ADN ! Vous devriez… (perdant mon souffle) Vous devriez avoir honte d’évoquer cette circonstance devant… une enfant… qui…

— A envie de faire pipi !

Les mots qu’il fallait prononcer. L’autocar stoppa, non sans avoir manœuvré en marge de la route. La poussière, une fois la porte ouverte, envahit l’intérieur de l’autocar. La fillette sortit en toussant.

Sa mère (affolée) — Ne tousse pas quand tu as envie de faire pipi ! Tu sais bien ce qui est arrivé la dernière fois… sans papa pour nous critiquer…

Moi (suffoqué) — Mais je ne vous critique pas !

En même temps, je prenais Patrice de la Rubanière à témoin. Il opina, sans conviction toutefois, ce qui me propulsa hors de mon siège. Je collai mon nez contre le sien. Il recula, mais le dossier l’empêcha d’aller plus loin de la tête. Mes mains cherchaient les siennes, sans les trouver, à croire qu’il pensait esquiver ma conversation de cette manière. La poussière modifia sensiblement nos postures respectives. Plus loin, la fillette toussotait. Elle cherchait une ombre. Il n’y avait pas d’arbres dans ces parages. Mais plus loin, à l’approche du lit d’une rivière à sec, des agaves projetaient leurs ombres sur la terre caillouteuse.

— Reprenez le volant, me dit l’hidalgo en desserrant son étreinte.

— Reprendre le volant ? m’étonnai-je.

— Qu’est-ce que vous manigancez, tous les deux ? (voix de la mère que la poussière encercle)

— Mais rien, voyons ! Nous serons à l’heure.

— Pas si elle tarde autant à trouver l’ombre qui convient à sa pudeur.

— Le système des voyages est programmé pour refaire les calculs en temps réel. (voixde l’écran)

— Vous ne vous battez plus ?

La mère tentait de s’interposer entre nos regards et l’agave choisie.

— Ne te pique pas !

¿Y a tí que te pica ?

— Éloignons-nous, dit Patrice de la Rubanière.

— L’autocar partira sans nous… Votre intervention inattendue doit-elle m’interdire d’atteindre le terminus… en compagnie de ces deux…

— Suivez-moi !

Je le suivis. Nous prîmes la direction opposée au río seco. Nous atteignîmes une rangée de cañas où chantaient des oiseaux. Impossible de mémoriser leur chant ni de les voir chanter. Bonne terre pour les papas. Nous entrâmes dans la roselière. Les oiseaux se turent mais ne s’envolèrent pas. Je reconnaîtrai ces battements d’ailes au milieu de mille autres. Patrice de la Rubanière frotta une allumette contre la semelle de sa chaussure. Elle s’embrasa aussitôt et la cire s’enflamma. J’avais déjà une señorita au bec.

— Voilà, dit-il : vous n’êtes pas obligé d’y aller.

— Kisékidiça ?

— Ne suis-je pas votre agent de probation ?

— (amer) Je croyais que vous vous contentiez de lire mes mémoires écrites par un faussaire !

— Vous pouvez encore (italiques du soulignement vocal) reculer… (enfin clair) Elles n’ont pas forcément besoin de vous…

— L’itinéraire est imposé par la direction de l’établissement ! Je ne peux pas en changer comme bon me semble. Ce foutu bracelet m’immobiliserait au sol sans hadaka-jime. Et je ne vous parle pas de la suite ! Des conséquences inévitables à payer chèrement en vase clos. (secouant mes mains en signe de désapprobation) Non, non ! Je ferais exactement ce qui est écrit. (à genoux dans la poussière) Vous n’avez pas la connaissance de la douleur que j’ai acquise au fil du temps passé à méditer sur celle que j’ai infligée à la poupée…

— Vous persistez à l’appeler « poupée ». Elle a un nom, pourtant…

— Tout le monde en a un. Sinon on n’y comprendrait plus rien. (sarcastique) Vous prétendez refaire l’histoire ? Ça se saurait si c’était possible, non… ? Yo soy que soy. Reprenons la route comme si elle n’avait pas eu envie de faire pipi.

— C’est possible ?

Le moteur toussait lui aussi. Des tourbillons de poussière traversait la rivière.

— Vous êtes déjà venu ici ? demandai-je à l’hidalgo. Vous agissez comme si vous connaissiez les lieux. L’arrêt-pipi avant le terminus. Ensuite on attend d’arriver. J’ai hâte de savoir ce qui va se passer maintenant.

Qui l’a su avant vous, Arthur ?

Je ne sais pas s’il m’a posé cette question, mais on est reparti avec un peu plus de poussière dans les yeux.

*

La voilà, la bâtisse !

*

* *

 

 

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