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Pommes dans le noyer

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 Article publié le 14 novembre 2008.

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S’ouvrant, les heures sentaient. Le précédent. L’instant d’avant. Arbres, arbres en fleur. Arbres de voix, j’entendais une voix appeler Laeticia, je l’ignorais. J’étais comme couché, dans l’herbe, je dormais ou plutôt, je sommeillais. J’entendais appeler, j’entendais tous les déplacements autour de moi. Attendre. Attendre le calme. J’attendais et je voyais les déplacers. Un certain dépaysement, j’avais la tête qui tournait, le sol vibrait, j’avais des souvenirs d’isolement, mais le chien qui s’était arrêté, sous le buisson, court et s’éloigne, et ses maîtres s’éloignent avec. Comme s’il avait fallu attendre pour s’éveiller, pour feindre que se fût réalisé le désir d’un éveil calme. J’avais désiré que le réveil fût calme. Lorsque vous prenez conscience que simultanément vous ouvrez les paupières. Les paupières au sol, pour ne pas voir la lumière directement. Je me rends compte je me suis désocialisé, un temps, je me dis : « C’est le gaz », j’ai une fin de jouin dans la main. L’heure n’est pas très grave. Rien n’est grave mais je me lève. La sensation de n’avoir pas quitté le monde mais d’avoir simplement dormi, je me déplace, vers un éventuel café où, éventuellement, connaître du monde et parler. Parler de quoi d’abord ? De ces crimes atroces qui appellent « Laeticia », comme j’écrase une larme. De la cérémonie royale que retransmettent les appareillages de radiodiffusion satellitaires remarqués du moment. Ouvrir la bouche pour proférer une opinion qui émeuve mes amis, maintenant, je tente une escapade pour l’heure, « Vous êtes comiques », sans me rendre compte du comique réel de la situation.

« Joe, Joe... » Ils se rendirent bien compte que je n’étais pas le même. Je n’avais pas le goût démocratique qu’on eût pu attendre de quelqu’un comme moi. A ce moment, en effet, dans le café dont je parle, des sergents-recruteurs matraquaient mes amis pour les envoyer au Kamtchatka où, disait-on, une révolution était en cours. « La bonne blague ! », m’écriais-je. Mais on m’assomma. Le corps fut transporté par d’immondes personnages. Le visage grotesque parlait le bien et le mal. Le réel s’enfonçait drôlement à y voir, à n’y voir rien même si le transport bifurquait, on prit des allées larges.

Le vingt-deux et quelque chose s’étire. En bas on écoutait de la musique. J’ai peur à épeler leurs noms. Je me suis imaginé tout à l’heure qu’on monterait. Finalement j’ai préféré descendre, continuer mon chemin en donnant des marques de mon amitié. Quelqu’un s’est assis près de moi et nous avons souri lorsque le mouvement fut intensif. Je me suis levé et j’ai bu de l’alcool. Je gardais le regard vers le sol, je discutais avec des pieds (...) j’ai fini par trouver la sortie.

Je commence seulement à comprendre que je me suis fait avoir. Tout à l’heure en me promenant dans le vestibule j’ai rencontré une dame qui m’a dit qu’elle sortait. Je l’ai vue en effet prendre la porte. La claquer. Lors je me suis approché du carreau de la fenêtre, le ciel gris, les nuages vites, les rues en angles. Ma main a fait le tour de la pièce pour vérifier que les murs étaient lisses. Mais il semble que la socialité de mes doigts a estompé la surface des murs. Je pourrais sortir. Je pourrais tenter de comprendre ce qui arrive dehors. Même si je ne sais pas lire. Il ne manque pas de référents. Je saurai ramener les choses en bon ordre.

 

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