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Sommaire de ce numéro:
1. Serge Meitinger
Publications
Chez Le chasseur abstrait
Introduction
Autoscannographie
Chrono-bio-bibliographie
Serge Meitinger à l'ouvrage
1. Le poète
2. Le narrateur
3. L'essayiste
4. Chronique du péristyle
5. Librairie du gay savoir
6. Editeur de Jean-Joseph Rabearivelo
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Le livre du
guetteur, et son truchement, n'est-il pas un simple miroir ?
Courant sur le désert, l'aveuglante lueur ricoche de tain en
tain ; de sommet en sommet essaimant la nouvelle, elle éveille
l'écho et fait du plein soleil messager et message.
C'est tout mon labeur patient que
d'attendre : esseulé, de mon haut, je regarde la vie, je scrute
les enjeux du minime et du reste, et je lis signe à signe, ce qui
passe en mon cœur, ce château exhaustif où règne un soleil tendre, et
pour tout réfléchir ne suis-je pas miroir ?
Serge Meitinger
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2. suivi de
Une nouvelle collection : L'imaginable.
...avec Frank Ferraty, Stéphane Pucheu, Patrice Guérin, Anétha Vete Congolo, Patrick Cintas, Arnaud Delcorte.
Textes et prétextes - Le choix de la rédaction
...rencontrer ici même, dans la RAL,M, les auteurs qui s'y
donnent le mieux. Avec, ce mois-ci: Waldemar Noz Tzec - Juan Carlos Etcheverry Cristi - Cristina Castello - Marta Cywinska - Samir Mestiri - Monsif Ouadai Saleh - Robert Vitton - Cécilia Ambu - Rolando Revagliatti - Sébastien Ayreault - Carmen Váscones - Oscar Portela - Jasmin Marcus - Niculina Oprea - Françoise Huppertz, Paul Aimé Ekoumbamaka et le poète et écrivain guadeloupéen Ernest Pépin.
Publication libre
La publication libre est un bon moyen d'entrer dans la RAL,M par effraction. N'hésitez pas.
Laisse brûler le jazz - Avec les DjangodOr
La page Spécial DjangodOr s'enrichit de nouveaux articles. - En édito, un nouvel interview de Christiane Hagège, directrice des DjangodOr, Trophées Internationaux du Jazz. Exceptionnel millésime DjangodOr 2008: On a refusé du monde! - Valérie Constantin répond à quelques questions à propos de ses Compressions et du projet "Laisse brûler le jazz".
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Voici la généreuse et bien construite
contribution de Serge Meitinger au site de la RAL,M suivie de ses publications dans les
collections du Chasseur
abstrait. "Bref, je me mets en condition pour devenir enfin
« l'écrivain » que j'ai tenu, jusqu'ici, presque caché. C'est un peu
affolant, car cela expose. Mais si le temps en est venu..." écrit-
il. Définition :
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Autoscannographie - Nous n'avons
que notre corps, mais son monde - le nôtre - ne s'arrête pas à la
surface de l'épiderme. Nous n'y sommes pas enfermés comme en une
outre chaude et molle ou en une cuirasse bardée de muscles. Sans
cesse nous rayonnons et recevons les impulsions de tout le dehors,
proche et lointain, dans toutes les gammes sensibles, conscientes,
inconscientes, préconscientes comme si notre peau était tambour et
tamis, interface diaphane et protecteur à la fois. Nos sens sont des
émetteurs, des vecteurs et des récepteurs ; notre esprit un
convecteur, ordonnateur et disséminateur. De fait un halo nous
entoure et forme notre avant-corps, une aura qui nous rend sensibles
à ce qui est et à autrui. Ainsi nous pouvons appréhender le monde en
ses qualités propres, les autres en leur singularité sans avoir à
toucher ni à être touchés. En avant des corps, les avant-corps se
connaissent et s'éprouvent ; si ces derniers ne se conviennent pas,
les choses et les êtres, les corps et les esprits ne communieront
jamais et iront même jusqu'au rejet. Socialement et culturellement,
certaines lois dites de « proxémique » règlent une bonne part de ces
rapports (possibles et souhaitables) et les tolérances sont variables
selon les latitudes, les cultures et les groupes sociaux. Plus
intimement l'on parlera d'aimantations et de « tropismes » : des
polarisations, parfois infinitésimales et affectant tous les sens à
la fois, nous situent par rapport à tel ou tel autre, telle ou telle
réalité plus ou moins prochaine. Et si nous ne pouvons pas « les
sentir » c'est que quelques-unes des particules sensibles et
olfactives émises en leurs avant-corps nous répugnent
particulièrement. [S.M.]
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21 avril 1951 : Naissance à Coatsero en Ploujean (petite commune rattachée depuis à Morlaix (Finistère), et qui vit naître en 1845, le poète Tristan Corbière). Mon père, Robert, Serge, né à Paris et ma mère, Georgette, née à Saint-Quentin (Aisne), étaient venus s’installer en Bretagne quelques années auparavant parce que mon oncle qui travaillait avec mon père avait épousé une Morlaisienne (mon oncle, tôlier, et mon père, peintre, tenaient une petite carrosserie automobile). Le nom de « Meitinger » signifie « originaire de Meitingen », petite ville de Bavière peu éloignée d’Augsbourg. Je n’ai pas reconstitué le cheminement de Meitingen à Morlaix : mon grand-père (Maximilien, Alexandre) et son père (Louis, Firmin, Napoléon) sont nés en France, dans la région parisienne, au milieu et à la fin du XIXème siècle. Mon grand-père est mort, blessé de guerre (gazé), le 11 janvier 1919.
1951-1968 : enfance et adolescence à Morlaix ; quelques voyages à Paris et à Saint-Quentin avec ma mère dans ma petite enfance pour traiter par rayonnement dit « solaire », à l’Hôpital Saint-Louis (Paris), l’angiome plan de ma joue gauche. Grandes vacances au bord de la mer, non loin de Morlaix (Primel-Trégastel, Locquirec).
1961-1968 : de la 6e à la terminale, au Lycée Tristan Corbière de Morlaix, baccalauréat A en 1968, seul bac de l’histoire sans épreuves écrites !
1966-1968 : Premier journal et un « roman » intitulé : Père qui es-tu ? Quelques poèmes. Contacts épistolaires avec Armand Lanoux à qui j’envoie des nouvelles pour la revue « À la page » qu’il dirige. Été 1968, premier séjour en indépendant à Paris, en partie chez ma grand-mère.
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 Livres numériques publiés dans la collection
"Hors série". Cette collection marqua le début de notre activité
éditoriale. Serge Meitinger fut un des premiers à participer à ce
projet qui constituait l'ébauche du Chasseur abstrait.
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Miracle du fruit éclaté - Serge MEITINGER (France)
54 pages
"Cet ensemble poétique est entièrement consacré
à la peinture et aux dessins de Paul Cézanne dont il s’efforce de suivre l’évolution
historique et thématique. La manière poétique, par son style d’attaque, son
coloris, sa texture d’idées et de sons, s’applique à réinventer la manière
picturale en son mouvement propre, tout particulièrement dans sa façon de
faire exister l’espace. C’est ici un pari sur la traductibilité des arts entre
eux", écrit Serge Meitinger.
Couverture de ©Valérie CONSTANTIN
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Basse saison - Serge MEITINGER (France)
32 pages
"À
la frontière du visible et de l’invisible se met en place in fine un mythe de la « pierre-lumière » ou de « la pierre de lumière » destiné à faire accoucher dans le soleil-sang du matin « le visage sans amarres » qui est le signe de notre quotidienne (re)naissance.", écrit Serge Meitinger.
Couverture de ©Valérie CONSTANTIN
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Chants d’inexpérience - Serge MEITINGER (France)
85 pages
"C
ar tout se tient, passe et se passe ici dans le chant, sans cesse repris, reprenant - « chants d’inexpérience » c’est-à-dire prise, déprise, reprise... Point, instant, germe, élément, arc sifflant la mort, sifflant la vie, boue, fer et ciment, étoile, source : « Naissance reste cela même qui ne cesse de venir ».", écrit Serge Meitinger.
Couverture de ©Valérie CONSTANTIN
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Le sel du silence - Serge MEITINGER (France)
64 pages
Du fond monte le silence —
comme une île plate et ronde à fleur d’eau
une grande feuille étale
— lotus--------------nénuphar —
les monts éclairés retiennent les vents.
Couverture de ©Valérie CONSTANTIN
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Lieux nomades - Serge MEITINGER (France)
87 pages
"Être, c’est toujours être quelque part : bien que notre présence au monde ne soit pas strictement délimitée par notre peau, la place - hauteur, largeur, volume - qu’emplit notre corps dans l’espace terrestre est notre lieu unique et mobile, et à chaque fois situé comme un point repérable et cerné comme un tout."
Couverture de ©Valérie CONSTANTIN
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 Poèmes publiés dans la rubrique " Poésie".
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Le jardin des délices
d’après Jérôme BOSCH
Le triptyque est fermé
/ comme d’une naissance différée / suspendue à l’extrême frange du vif / figée dans un repos imaginaire / pure vue de l’esprit re-créateur du peintre / troisième jour de la Genèse / émergence du sec, croissance du végétal / formes escarpées dans leur gel, abruptes, maigres, coupantes / larmes minérales en mutation vers la sève / l’hostile jonchée des débris antégénériques / mettre en branle le moutonnement germinatif des expansions terrestres, le buissonnement écailleux des végétations à venir / et succomber à la tentation d’enclore tout le processus créatif dans la sphère cristalline d’un ballon accrocheur de reflets / dans la révolution parfaitement calculée d’une ellipse / les dessous ont pourtant la luminosité glauque des fosses marines / le firmament s’ennue pour un premier orage / Ipse dixit et facta sunt / on a relégué le Créateur dans un coin, proche l’évanouissement / il radote encore / Ipse mandavit et creata sunt /
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Les bibliothèques de Vieira da Silva
L’aigre plainte du scribe
Vivre petite vie en la caverne aux livres - murs striés sériés pressés -
Vivre étroite et coite vie dans le cloître des livres - rangés compulsés oubliés -
Nourrir benoîte mort entre ces minuscules tombeaux - triés dressés émaciés -
Vie non vie -
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Manières d’être
Tropismes et paysâmes
CADUCITÉ
Même le palais brûla
jusqu’à la pierre -
il avait été arbre
trône et tentures
efflorescence violine
tendue dans le noir
- il en reste l’os
le peu le sec.
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Les colosses
en marge de Paul Bloas “Mada, Debout, de terre et d’eau”
(Éditions Alternatives, Paris, 2003) Photos de peintures fragiles in situ,
installées en un ancien camp de la Légion étrangère près de Diego Suarez
(Madagascar)
ATHLÈTES
Nudité est offrande
à l’aplomb du jour -
Huilés comme des lutteurs
ils se courbent sous le soleil
- pieds posés
sur les cales du départ
Véloces
dévorant l’air
la piste la poussière
deux poumons et un cœur
seules mesures du but
- spasmespace -
Victoire -
un rais mordant.
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Miroir brûlé
INÉDIT
Treize + un
sonnets
calcinés
à cœur
1.
brûlant
miroir -
cœur du brasier -
plaque portée
au rouge
en approcher
la joue
qui y laisse
viande et peau
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Les remembrances de Polyphile
INÉDIT
[Mise en abyme]
Le silence s’est fermé
sur moi
comme l’eau qui enserre le noyé
— et je coule les yeux ouverts —
les oreilles pleines du bourbon de mon sang
pressentant métamorphose —
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Des dialogues presque sans paroles
INÉDIT
I
À la librairie. Sous des rayons clairs et bien rangés, devant une table basse servant à l’exposition d’ouvrages, en un lieu qui faisait penser à une petite place au carrefour de plusieurs rues, conversation entre une vendeuse, brune, assez jolie, plutôt grande et élancée (trente, trente-cinq ans), et une cliente de sa connaissance (même âge), un peu plus petite et charnue. L’échange évoquait le mari de la vendeuse brune dont cette dernière venait juste de dire qu’il avait fait grève la veille (enseignant ? fonctionnaire ?). Elle soulignait avec une réelle vigueur dans l’intonation l’aspect irrationnel, passionnel, mais irréductible et plutôt brutal, de certaines prises de position tranchées compliquant une situation, de fait, déjà problématique. J’ai pensé qu’elle faisait allusion à la grève et à tout le mouvement social environnant. L’autre, la cliente, mit alors très maladroitement en avant, sur le mode de l’objection mais en s’y prenant à plusieurs reprises sans vraiment progresser sur la voie de la clarté, le fait que la femme qui parlait n’était pas « du milieu ». Celle-ci tiqua devant la formule comme si le terme était employé de façon péjorative ou impropre… En fait je n’ai rien appris ni compris du propos exact, anecdotique, ce que j’ai retenu et absorbé — et que je m’efforce de restituer ici — c’est une tonalité, une thématique, une atmosphère dont la perception avait tout de même quelque chose d’évident. Ainsi, l’on peut saisir la tessiture affective et même intellective d’une conversation, d’un échange verbal sans en connaître le sujet et l’on saurait en mimer et rejouer sans équivoque l’expression pure. À suivre…
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Signes d’oiseaux relevés d’haruspice
INÉDIT
Vendredi 20 juin 2008
Paris
Sortant de la maison sur la rue, en début d’après-midi, j’ai surpris au bord même du toit qui jouxte notre immeuble et à la hauteur exacte du plafond de notre salon, une sauvage agression. Un gros oiseau noir au plumage luisant et au bec fortement busqué de rapace – une sorte d’énorme corbeau – était en train de déchiqueter un autre oiseau beaucoup plus petit sans doute (je ne l’ai pas vraiment vu) qui s’était réfugié dans l’anfractuosité entre le zinc et le mur, espace minuscule où son désespoir l’avait fourré. Je voyais voler les plumes arrachées et l’insistance sans merci d’un prédateur précis et patient. Je ne sais comment cela s’est fini mais cette séquence de vie sauvage en pleine ville m’a saisi et rappelé à certaine conscience du monde comme il va. Les Anciens (quelle que fût leur obédience spirituelle ou religieuse) diraient tous en chœur que c’est un présage ! Mais de quel sens ? Mystère ! Par contre, côté jardin, dans les vrilles frénétiques de l’espèce de vigne vierge qui mange nos murs et s’empare de nos volets, le refuge d’un couple de forts pigeons, d’où de puissants roucoulements et de lourds envols sur la cour, préludant à la féconde paix du nid : guerre en façade sur rue, paix en façade sur jardin ou plutôt sur un minuscule puits carré de verdure ; les deux faces de la vie.
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À vue d’île : La Réunion - instantanés différés
INÉDIT
TERRE NOIRE
Mon premier séjour à La Réunion fut presque impromptu. Notre première année universitaire à l’École Normale Niveau III de Tananarive, commencée fin septembre 1980, à notre arrivée, fut très brève et peu chargée : nous n’avions, pour l’heure, qu’une promotion, entrante… Et cours comme examens furent bouclés pour fin mars. La situation sociale sur place était agitée en raison d’émeutes sporadiques (bien sûr téléguidées, mais par qui ?), accompagnées du pillage (rituel) des magasins indo‑pakistanais et, dès février, nous vécûmes sous le régime d’un couvre‑feu qui se perpétua jusqu’en juin, avec des atténuations progressives. Les pénuries battaient leur plein : il n’y avait pratiquement rien sur les rayons de ce qui s’appelait encore supermarché et à peine plus sur le marché : il fallait aller faire ses courses d’épicerie …à La Réunion, par exemple.
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 Essais publiés dans la rubrique " Essai".
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La chair, l’idée, le verbe Bref essai d’autoscannographie

Valérie CONSTANTIN - Corps 2
Nous
n’avons que notre corps, mais son monde - le nôtre - ne s’arrête pas à la
surface de l’épiderme. Nous n’y sommes pas enfermés comme en une outre chaude
et molle ou en une cuirasse bardée de muscles. Sans cesse nous rayonnons et
recevons les impulsions de tout le dehors, proche et lointain, dans toutes les
gammes sensibles, conscientes, inconscientes, préconscientes comme si notre
peau était tambour et tamis, interface diaphane et protecteur à la fois. Nos
sens sont des émetteurs, des vecteurs et des récepteurs ; notre esprit un
convecteur, ordonnateur et disséminateur. De fait un halo nous entoure et forme
notre avant-corps, une aura qui nous rend sensibles à ce qui est et à
autrui. Ainsi nous pouvons appréhender le monde en ses qualités propres, les
autres en leur singularité sans avoir à toucher ni à être touchés. En avant des
corps, les avant-corps se connaissent et s’éprouvent ; si ces
derniers ne se conviennent pas, les choses et les êtres, les corps et les
esprits ne communieront jamais et iront même jusqu’au rejet. Socialement et
culturellement, certaines lois dites de « proxémique » règlent une
bonne part de ces rapports (possibles et souhaitables) et les tolérances sont
variables selon les latitudes, les cultures et les groupes sociaux. Plus
intimement l’on parlera d’aimantations et de « tropismes » : des
polarisations, parfois infinitésimales et affectant tous les sens à la fois,
nous situent par rapport à tel ou tel autre,
telle ou telle réalité plus ou moins prochaine. Et si nous ne pouvons pas
« les sentir » c’est que quelques-unes des particules sensibles
et olfactives émises en leurs avant-corps nous répugnent
particulièrement.
*
Telle
est la chair, corps et avant-corps, et ce rayonnement centré sur notre
présence corporelle nous est résidence et royaume car il se marie à la chair du
monde où il pénètre et se meut en osmose. Toutefois cette osmose n’est pas une
harmonie préétablie et elle se joue en un ajustement perpétuel qui exige une
vigilance généralement insue mais opérante. Car il y a des cas d’échec qui sont
des défauts de présence au monde et aux autres et que la psychiatrie s’efforce
de classer et de traiter.
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Paradoxes de la confiance foncière : De fiance à formance dans l’œuvre de Samuel Beckett
Résumé : À
notre sens, le rapport au monde des héros beckettiens est fondé sur une série
de paradoxes. Ils vivent un rapport de confiance foncière, ou de ‘fiance’, à
notre espace terrestre tout en éprouvant fortement et parfois douloureusement
les limites de leur possible investissement en ce monde. L’élément proprement
humain qui leur permet de ‘se retourner’ et de ‘continuer’, en dépit de tout, est
le langage, souvent réduit chez Beckett à un flux de ‘parlance’. Toutefois
seule cette dernière garantit une potentielle incarnation qui, dans l’œuvre de
Beckett, revêt l’allure d’une ‘forme se formant’, ce que nous appelons
‘formance’.
Nous sommes des
terriens, des terrestres, et baissant la tête, nous quêtons à même le sol,
traces, chemins, lignes d’erre ; nous ne cessons pourtant de lever les
yeux au ciel, y cherchant peut-être d’autres voies. Nos convictions
sensibles les plus originaires sont prises, entre terre et ciel, dans
l’évidence du monde à laquelle Husserl accorde le statut d’une foncière
confiance. Bien que le ton en soit souvent noir et l’accent désespéré, que la
souffrance y soit patente et même pantelante, il nous semble que l’œuvre de Samuel
Beckett accomplit, selon le vœu même du fondateur de la phénoménologie, en
nombre de ses décours, une manière de ‘réduction’ sauvage et abrupte qui fait
apparaître le ‘sol’ (Boden) ou le
socle de notre présence au monde comme ‘croyance au monde’ (Weltglauben) et confiance (Vertrautheit ; Husserl, 1970).
S’abandonner à la lourde glèbe d’un champ, à l’herbe drue d’un fossé ou à la
boue grasse d’une excavation, tourner sa face vers le firmament étincelant pour
en ruminer l’obscur comput, ce sont là des gestes naturels, vitaux, propres aux
héros ou antihéros de cet univers. Et c’est sur ce mode foncier de la ‘fiance’
- vieux mot qui désigne d’abord le ‘serment de fidélité’ - au monde et à ses
éléments que peut s’envisager, pour eux, toute tentative d’itinéraire sur la
surface mal cadastrée des territoires à parcourir, que peuvent s’articuler des
lignes et parcours insuffisamment balisés composant pourtant des trajets et
même des voyages, que peut s’élaborer le calcul des chances et la mise en
séries des possibles. La ‘fiance’, seule, garantit l’itinéraire et
l’‘itinérance’ - terme qui souligne le fait d’aller selon un trajet, si
improbable qu’il soit, et qui, devenant quasiment mot-valise, noue ainsi
l’errance à l’allant. Associée à la confiance concomitante accordée au langage
ou plutôt à la ‘parlance’, elle ménage, également, le jeu vertigineux des
‘séquences’ qui tiennent en elles le déroulé des possibles, moins exténués
souvent qu’exacerbés et amplifiés par la spirale du verbe où ils sont
concaténés. Car notre confiance en le monde, en son existence, en sa bénévole
indifférence, la foi implicite (et même parfois explicite) que lui vouent les
Murphy, Molloy, Watt, Mercier, Malone, Mahood ou Worm ne se séparent pas d’un
investissement langagier et plus que tel : esthétique. Lequel vise à
incarner dans le matériau même du vif en acte une ‘forme se formant’ ou une
‘formance’ dont l’évidence doit à son tour répondre à celle du monde, des êtres
et des faits.
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Extrait de "Mallarmé" Collection Portraits littéraires - Hachette Supérieur
La crise (1866-1870)
Les conséquences métaphysiques d’une esthétique intransigeante
oOo

La crise métaphysique, qui domine et bouleverse la vie et l’oeuvre de Mallarmé de 1866 à 1870, prend sa source dans l’expérience d’écriture que lui impose le projet d’Hérodiade. Le texte n’est pas ici la reprise d’un conflit intime antérieur mais le creuset même où s’élabore le drame intérieur : Hérodiade ouvre la crise dont le conte d’Igitur tentera, lui, la sublimation. Un renversement de portée ontologique, décisif pour le destin littéraire et personnel du poète, est vécu dans et par le travail du verbe. C’est une dimension présente dès l’origine, dès les premières ébauches : Mallarmé écrit à Cazalis en octobre 1864 :
Pour moi, me voici résolument à l’oeuvre. J’ai enfin commencé mon Hérodiade. Avec terreur ; car j’invente une langue qui doit nécessairement jaillir d’une poétique très nouvelle, que je pourrais définir en ces deux mots : Peindre, non la chose, mais l’effet qu’elle produit.
Le vers ne doit donc pas, là, se composer de mots ; mais d’intentions, et toutes les paroles s’effacer devant la sensation. Je ne sais si tu me devines, mais j’espère que tu in ’approuveras quand j’aurai réussi. Car je veux - pour la première
fois de ma vie - réussir. Je ne toucherais plus jamais à ma plume si j’étais terrassé [1].
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Poésie et philosophie, l’œuvre de Jacques Garelli : histoire d’un compagnonnage heureux.
INÉDIT
Dans le volume Penser le poème qui accompagne la réédition de trois recueils de Jacques Garelli et qui est un ensemble d’essais composé en hommage au poète et au philosophe, Kostas Axelos pose deux questions qu’il estime essentielles, auxquelles J. Garelli répond ensuite d’ample manière.
La première question concerne le rapport de la pensée (philosophique) et de la poésie. [L’auteur du Jeu du monde ajoute :] …il nous faut avouer que nous ne voyons pas clair dans la problématique du lien qui unit et sépare poésie et pensée.
La deuxième question se formule ainsi :
[…] comment éviter les découpages traditionnels qui semblent aller de soi et ne parviennent pas à questionner ni ce qui est nommé le “général”, ni ce qui le tient au présumé “spécial”, ni ce qui unit et différencie les divers déploiements des dimensions spécifiques ? (PlP, 187-188)[1].
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 Serge Meitinger publie deux " Espaces d'auteur" :
Chronique du péristyle & Librairie du gay
savoir.
Pourquoi le péristyle ?
Le péristyle c’est d’abord cette colonnade à demi ombragée, ouverte sur le rectangle clair et serein d’un patio verdoyant et du ciel. Dans la douceur d’un climat qui ménage le corps et la faculté de penser, des pas sans hâte, enfants de la méditation, rythment une parole qui s’accorde au lieu, au moment et aux interlocuteurs et ne lâche pourtant pas un fil de clarté et de raisons qui s’enchaînent. Il s’agit de penser en marchant avec autrui, de marcher en pensant avec un alter ego, ne liant (...) Lire la suite
En vue de notre mondialité
"Sitôt né, le mortel se trouve inscrit dans les intervalles du Monde,
de soi à soi-même, à autrui, aux choses ; et du Monde à soi."
Philippe Forget
Dans l’état qui est l’état actuel de nos civilisations, pour aborder dignement la question de notre rapport au Monde en tant qu’hommes, intellectuels, artistes et citoyens, il ne faudrait plus nous laisser piéger par le va-et-vient, vite consternant, trop facilement établi entre des particularismes plus ou moins identitaires (...)
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Carcan identitaire
La question est simple : est-on en droit d’assigner à quiconque, même avec les meilleures intentions du monde, l’identité qu’on estime devoir être la sienne ? La réponse sera aussi ferme et entière que la question. Encore la faut-il problématiser et argumenter !
En nombre de points de notre terre, à l’intérieur des grands empires culturels établis à la mesure des territoires économiquement et politiquement soumis, se développe, depuis des lustres désormais, une puissante revendication (...)
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Écrivez pour empêcher les autres d’écrire
J’ai été choqué par cette formule « graphée » à la manière de Ben quand je l’ai découverte pour la première fois en en-tête de notre Ral,m, sautant aux yeux comme un gros mot. Je dois avouer qu’elle me gêne encore bien que Patrick Cintas m’ait expliqué que c’était une contrefaçon (malgré la souscription ou à cause d’elle : « Ceci n’est pas un faux ») et une sorte d’antiphrase graphique dénonçant à la fois le prétendu art conceptuel de Ben et un certain impérialisme idéologique visant à (...)
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Universel donc singulier
Il était de bon ton - et il l’est parfois encore - chez les partisans et défenseurs de diverses « minorités culturelles », plus ou moins tenues pour opprimées, de demander une sorte de moratoire. « Laissez-nous, disaient-ils, le temps de cultiver pleinement notre différence dans notre coin, entre nous et, quand nous serons plus forts, bien raffermis en notre identité et assis sur nos valeurs restaurées (ou enfin instaurées), nous nous tournerons vers vous c’est-à-dire vers l’universel, vers (...)
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Le droit à la nuance
...Étonner le mort
Outre le suffrage universel et la séparation des pouvoirs - c’est-à-dire l’État et l’état de droit, il m’a toujours semblé que la meilleure définition de la démocratie pourrait être « le droit à la nuance ». Nuance puisque la loi est toujours sujette à interprétation et à distinguo tant dans son élaboration (songeons aux amendements, souvent nombreux, qu’il faut lui adjoindre) que dans son application (voir, par exemple, les divers attendus qui accompagnent un (...)
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Tabous
Chacun a ses points et ses instants de superstition. L’on évite, ou l’on privilégie au contraire, tel acte, tel lieu, tel aliment, telle couleur ou tel chiffre, ad libitum... On se le pardonne d’autant plus facilement qu’on est pleinement conscient de sa faiblesse momentanée qui est de déroger, sur des détails souvent peu signifiants, à ses habitudes rationnelles voire à son credo rationaliste. Parfois il s’agit aussi de sacrifier aux convenances. Partant, l’on se sent disposé à la même (...)
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Par-dessus le marché
J’ai reçu, il y a quelques mois, une assez grande enveloppe bien remplie comme on en trouve souvent dans sa boîte. C’était manifestement un package publicitaire débité en série par une machine qui remplit les pochettes et les scelle en encollant le pointillé qui sert à leur ouverture. Il y avait, d’ailleurs, une promesse de cadeau en rouge au dos. L’en-tête portait en gros caractères INFOS, et en tout petit, juste au-dessus des lettres grasses, « Médecins sans frontières ». À l’intérieur, (...)
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EUROPE, le génie des droits
À mon sens, la partie la plus exaltante du Traité établissant une Constitution pour l’Europe est « La Charte des droits fondamentaux de l’Union » qui réunit, en fronton ou en frontispice, les titres sous lesquels peuvent se ranger les plus hautes valeurs communes destinées à régir la vie des citoyens dans leurs États respectifs comme dans l’Union. Le triptyque national français : « Liberté, Égalité, Fraternité », s’y trouve modernisé et précisé et « La Charte » décline successivement : « (...)
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Tee shirt et différence
Je voudrais prolonger ici le commentaire qu’accorda généreusement Daniela Hurezanu à mon intervention, un peu ancienne déjà, intitulée Universel donc singulier. Ma commentatrice évoque en effet des exemples empruntés à son expérience américaine et qui éclairent autrement mon propos. Reprenant à sa manière l’opposition que j’établissais entre ce que je nommerais respectivement « universalisme » et « universalité », elle en illustre quelques vives occurrences. J’appellerais « universalisme » (...)
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Trop heureux... S’ils savaient !
Vers la fin du mois d’août de cette année, j’ai eu l’occasion d’accompagner ma fille, tout fraîchement bachelière, chez des camarades de son école de musique. Initialement, je ne devais faire que la conduire mais, une fois sur place, je fus convié, par les parents des trois frères (de 16, 14 et 12 ans) qui invitaient, à rester avec tout le monde pour partager les agapes et assister au « bœuf » de l’après‑midi. Le lieu était plaisant et ouvert, il faisait beau et le repas, fort (...)
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La scène de l’exclusion
Les événements qui, en novembre, ont mis le feu aux banlieues de nos grandes cités sont sujets à interprétation. Tout le monde, ou presque, s’accorde sur l’échec d’une politique de la ville conduite selon les humeurs idéologiques des dirigeants successifs et vouée aux fluctuations budgétaires d’une période économiquement difficile. Mais les uns comprennent, trop bien parfois, les raisons d’une colère et d’un déchaînement qui ont pris par endroits des tournures barbares ; les autres (...)
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Une certaine déclaration
Il y eut donc un moment 89 où les circonstances, les hommes et une forme singulièrement vivace de la raison entrèrent en osmose pour accoucher de ce miracle qui fait encore parler de lui car il est toujours vivant : la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » rédigée par les membres d’une Assemblée nationale sur le point de devenir Constituante, en ce mois d’août 1789 qui fit basculer définitivement l’Ancien régime. Ces dix-sept articles, précédés d’un bref préambule, sont le (...)
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La loi, l’histoire, la mémoire
La vocation de la loi est de prescrire l’action à venir, d’en déterminer les procédures et limites, de prévenir autant que faire se peut les crimes et délits, les atteintes aux biens et aux personnes... Elle n’a pas à remodeler le passé et à en imposer une interprétation. N’ayant jamais, en démocratie du moins, d’efficience rétroactive, elle ne saurait en rien calibrer la mémoire en transformant des opinions (plus ou moins fondées) sur des faits historiques en délits punissables de censure, (...)
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Point d’oubli
Ravaudez d’oubli ces bribes exactes !* Borgès, dans une nouvelle recueillie dans Artifices (1944), intitulée Funes ou la mémoire, écrit le drame d’un homme dont la mémoire retient l’intégralité de ce qu’il vit et éprouve, seconde par seconde, détail par détail, et qui ne peut absolument rien oublier. Ses souvenirs, dit-il, deviennent “intolérables à force de richesse et de netteté” et il est clair qu’un tel poids mémoriel interdit à la fois de vivre (puisque le temps nécessaire (...)
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Nous n’avons pas les mêmes valeurs !
« Nous n’avons pas les mêmes valeurs ! » s’écrie une dame, demi artiste, demi aristo, assise sur sa dernière chaise devant son dernier guéridon sur lequel elle couvre de rillettes une ultime tartine de pain bis. C’est à l’huissier qui fait emporter le reste de ses biens et de ses meubles qu’elle s’adresse. De la sorte, elle se situe ostensiblement du côté des valeurs, généreuses et non quantifiables, de la belle et bonne vie, harmonisant jouissance et franchise, désinvolture et goût de (...)
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Contrefaçon... non, merci !
Oui, la poésie, par exemple, que le commerce actuel de la librairie, virant de plus en plus nettement au commerce de produits de loisirs, néglige voire bannit, serait susceptible moyennant un traitement approprié - un petit lifting idéologique ! - de se tailler sa part pleine et entière de marchandise presque comme les autres ! J’ai reçu, il y a quelques années, courant mai 2001, une lettre d’un certain Luc-Paul Lafouille de Grenoble qui chaperonnait une petite feuille poétique intitulée (...)
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Le droit de choquer
Serge MEITINGER
Le droit de choquer Le principe cardinal qui permet d’associer le plus harmonieusement possible la liberté de conscience et d’opinion avec la liberté d’expression, quand il s’agit de foi, pourrait s’énoncer ainsi : « Respecter les croyants, ne pas ménager les croyances ! ».
Il y eut l’affaire des caricatures danoises de Mahomet, puis le discours de Ratisbonne où le théologien Ratzinger supplanta un bref moment le pape Benoît XVI. Puis il y a la fatwa, toujours en (...)
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Vote blanc, vote zéro
Vote blanc, vote zéro Serge MEITINGER
Pour la première fois de ma vie de citoyen, le 6 mai 2007, j’ai voté blanc. Avec une certaine mauvaise conscience et un vrai poids sur le cœur, ayant tenu à ne pas m’abstenir purement et simplement et à faire le geste d’exprimer sous cette forme mon opinion. Formalisme de l’acte pur non dénué de puissance morale et affective, bien que dépourvu de tout impact extérieur ! En effet, selon le mode de calcul des suffrages (...)
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Une nation de fonctionnaires
Une nation de fonctionnaires Serge MEITINGER
Il y a, me semble-t-il, un pays au moins sur la terre où la révolution communiste soviétique a pleinement triomphé et continue à afficher sa victoire avec fierté et même arrogance. Ce pays, c’est le nôtre, le beau et doux pays de France ! Triomphé dans les esprits, dans les mœurs et dans les cœurs si ce n’est tout à fait dans les institutions car nos concitoyens ont parfaitement compris et intégré le « modèle soviétique » (...)
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Nous y sommes
Nous y sommes ! Serge MEITINGER
Où ? À quoi ? Mais à la « crise » bien sûr, avec un grand K. Enfin ! depuis le temps que ça mijotait ! Après une série très lisible déjà de signes avant-coureurs, comme dès 1995 la mise en faillite de la Barings britannique par Nick Leeson, l’affaire dite Jérôme Kerviel fit soudain voir chez nous qu’une véritable folie furieuse était érigée en système et adoubée par les plus éminents qui eussent dû être pourtant les plus clairvoyants, les (...)
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Avant dire
Une tradition célèbre, celle de l’amour courtois qui ennoblit notre moyen-âge, a privilégié entre toutes la quête d’un savoir qui serait instituteur et gardien de la joie. Il fut appelé gaïa scienza ou gay savoir. Un philosophe de la fin du XIXe siècle a voulu faire renaître cette tradition et étendre cette inspection, roborative et joyeuse, à l’entière connaissance de l’être et du monde. Il nous a révélé ainsi un Socrate qui souhaitait autant s’exercer à la danse qu’à la dialectique et ne (...) Lire la suite
Les Délices des cœurs ou ce que l’on ne trouve en aucun livre. Ahmad al-Tîfâchî
Ahmad al-Tîfâchî : Les Délices des cœurs ou ce que l’on ne trouve en aucun livre,
traduction intégrale par René R. Khawam, (Phébus, 1981, repris en Pocket, 1993). “Ce qui fait le plus plaisir, c’est de laisser choir la virilité.” Il voulait dire par là : laisser tomber la pudeur ». Tel est l’aveu d’un vénérable cheikh (qui a tout de même fait sortir les jeunes gens avant que de livrer ainsi sa pensée) et telle est la motivation principale de ce livre. L’auteur, Ahmad (...)
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Pier Paolo Pasolini : Les Anges distraits, traduction de Marguerite Pozzoli (Gallimard, Folio, 2001) Actes impurs suivi de Amado mio, traduction de René de Ceccaty (Gallimard, Folio, 2003).
Librairie du gay savoir Serge MEITINGER
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Pier Paolo Pasolini : Les Anges distraits, traduction de Marguerite Pozzoli (Gallimard, Folio, 2001) et Actes impurs suivi de Amado mio, traduction de René de Ceccaty (Gallimard, Folio, 2003). Il est condamné à être éternellement malheureux celui qui aime, d’un amour exclusif, les adolescents et éternellement volage ! Car il n’aime qu’un moment d’une vie, que le moment tenu pour parfait d’un corps et (...)
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Anonyme : Roman d’un inverti-né, préface d’Émile Zola, commentaires du Dr Laupts en introduction et en postface (Éditions À rebours, Lyon, 2005)
Librairie du gay savoir Serge MEITINGER
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Anonyme : Roman d’un inverti-né, préface d’Émile Zola, commentaires du Dr Laupts en introduction et en postface (Éditions À rebours, Lyon, 2005) C’est un texte appareillé et même corseté, dûment encadré, que cette confession anonyme envoyée à Émile Zola par un jeune aristocrate italien et que le célèbre romancier autorisa le Dr Laupts (pseudonyme de G. Saint-Paul) à publier, en 1896, dans les Archives (...)
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Antonio Rocco : Pour convaincre Alcibiade, traduction anonyme du XIXe siècle révisée sur l’édition italienne de L’Alcibiade fanciullo a scuola (1988), NiL éditions, Paris, 1999.
Librairie du gay savoir Serge MEITINGER
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Antonio Rocco : Pour convaincre Alcibiade, traduction anonyme du XIXe siècle révisée sur l’édition italienne de L’Alcibiade fanciullo a scuola (1988), NiL éditions, Paris, 1999. C’est un bonbon que ce petit livre, trop sucré et écœurant, mais il agace aussi les gencives et les dents et il est destiné à provoquer des rages dans les bouches et les têtes bien-pensantes qui en avaleront de travers, en (...)
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David Leddick : The Male Nude, Köln, London, Madrid, New York, Paris, Tokyo, Éditions Taschen, 2000.
Librairie du gay savoir Serge MEITINGER
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David Leddick : The Male Nude, Köln, London, Madrid, New York, Paris, Tokyo, Éditions Taschen, 2000. Voici un fort volume de plus de 750 pages qui contient presque autant de clichés nous présentant la nudité mâle, de 1845 à peu près jusqu’à l’aube de notre XXIe siècle ! Il nous révèle comment une représentation longtemps placée sous le signe de l’interdit est passée au statut d’œuvre d’art puis de (...)
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Montesquieu : « Du crime contre nature », De l’esprit des lois, Livre XII, chapitre VI.
Librairie du gay savoir Serge MEITINGER
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Montesquieu : « Du crime contre nature », De l’esprit des lois, Livre XII, chapitre VI. Il est d’abord décevant de découvrir avec quelle précaution et quelle apparente ferveur Montesquieu, homme des Lumières, sacrifie au préjugé ancestral et contemporain bien que ce soit pour introduire, dans ce domaine, une idée de modération… « À Dieu ne plaise que je veuille diminuer l’horreur (...)
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Michel Dorais et Éric Verdier : Petit manuel de gayrilla
Librairie du gay savoir Serge MEITINGER
Espace d’auteurs : Librairie du gay savoir
Michel Dorais et Éric Verdier : Petit manuel de gayrilla à l’usage des jeunes ou comment lutter contre l’homophobie au quotidien, Éditions H & O, Béziers, 2005.
Voici un petit livre roboratif et salutaire, destiné à la vie pratique des jeunes (et moins jeunes) de la diversité sexuelle. L’appellation de « diversité sexuelle » veut regrouper, sans hiérarchie ni discrimination, les gays et (...)
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Tour du monde de la poésie gay, Voyage(s) facétieux d’Albert RUSSO
Librairie du gay savoir Serge MEITINGER
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Tour du monde de la poésie gay, Voyage(s) facétieux d’Albert Russo, Hors Bleu-Poésie, Éditions Hors Commerce, Paris, 2004.
Cette anthologie (pas toujours si facétieuse !) se veut en prise immédiate sur la sensibilité gay internationale telle que peut la transcrire et faire ressentir une écriture resserrée et souvent allusive que l’on souhaite tenir pour poétique. Le plus âgé des auteurs ici (...)
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André Gide : Corydon
Librairie du gay savoir Serge MEITINGER
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André Gide : Corydon, Gallimard, 1924 (Folio, n° 2235).
Paru en 1911 de manière confidentielle, à douze exemplaires, ce petit livre qui ne comportait pas encore les quatre dialogues tenus entre le médecin Corydon et un narrateur qui se fait l’avocat du diable resta, nous dit l’auteur, dans un tiroir jusqu’à sa mise au jour effective en 1920. Depuis, ces pages ont fait carrière et le (...)
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Reinaldo Arenas : Avant la nuit
Librairie du gay savoir Serge MEITINGER
Espace d’auteurs : Librairie du gay savoir
Reinaldo Arenas : Avant la nuit (autobiographie), Traduit de l’espagnol (Cuba) par Liliane Hasson, (Actes Sud, collection Babel, Arles, 2000).
À tous ceux que déprime leur condition dite pourtant « gay », à ceux que traumatise la moindre apparence de discrimination, à ceux qui méconnaissent la qualité réelle des libertés assurées en nos contrées par un régime, parfois décrié, de démocratie dite « (...)
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Didier Eribon : Réflexions sur la question gay
Librairie du gay savoir Serge MEITINGER
Espace d’auteurs : Librairie du gay savoir
Didier Eribon : Réflexions sur la question gay (Fayard, 1999). D’une part, il y a ceci, raide comme béton : « J’aime la bite. J’aime me faire baiser par une bite. J’aime branler une bite. J’aime sucer une bite et il paraît que je suis doué ! ». Ainsi s’exprime Justin, 17 ans, l’éphèbe de la série Queer as Folk (épisode 5 de la première saison), devant sa mère et la (...)
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Bruce Benderson - Sexe et solitude
Librairie du gay savoir Serge MEITINGER
Espace d’auteurs : Librairie du gay savoir
Bruce Benderson : Sexe et solitude, traduit de l’anglais par Thierry Marignac, Paris, Rivages poche/ Petite Bibliothèque, 2001, 114 p. Parti jeune, mince et joyeux pour se prostituer sur la route, à l’époque où Kerouac et City of Night de John Rechy lui fournissaient les modèles, l’auteur se retrouve au tournant du siècle, la cinquantaine velue et ventrue une fois venue, à se faire des (...)
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EDITION DES CALEPINS BLEUS (JOURNAL INTIME ET LITTERAIRE, janvier 1933-juin 1937) du poète malgache JEAN-JOSEPH RABEARIVELO (1903–1937)
Éditions Présence Africaine avec la collaboration de Serge
MEITINGER, professeur à l’Université de La Réunion, chercheur à l’ITEM-CNRS et de
Claire RIFFARD, chercheuse associée à l’ITEM-CNRS.
Qui est Jean-Joseph RABEARIVELO (1903-1937) ?
C’est sans conteste le plus grand poète malgache d’expression française du vingtième siècle. Son activité littéraire s’est déployée en pleine période coloniale et elle reflète les espérances et les difficultés d’un « intellectuel de couleur » pris dans les contradictions d’un système colonial, théoriquement ouvert à l’intégration mais, de fait, porté à exclure tout ce qui ne ressemblerait pas à une soumission pure et simple. Revendiquant à égalité avec son statut d’« acculturé » la richesse de son identité malgache il se trouva sans cesse en porte-à-faux par rapport aux « officiels » de la Colonie et à leurs affidés. Le refus par ces derniers de lui accorder le petit poste administratif qu’il sollicitait le plaça en 1937 dans une situation matérielle et morale insoluble qui le conduisit au suicide (le 22 juin 1937). L’œuvre est abondante et couvre tous les genres : le roman avec L’Aube rouge (écrit en 1925, paru en 1998) et L’interférence (écrit en 1928, paru en 1988) où il récrit l’histoire récente de son peuple en se dégageant de la vérité officielle imposée par le vainqueur ; la nouvelle, en français et en malgache ; le théâtre (dans les deux langues également) avec Imaitsoanala, Fille d’oiseau (1934) et Aux portes de la ville (1935) où il met en scène la vie populaire de Tananarive et le monde des légendes et contes malgaches ; la critique (dans les deux langues) dans des journaux et revues de Madagascar et d’Europe ; la poésie (d’abord en malgache puis en français et enfin dans un dialogue créateur entre les langues) qui est son plus beau fleuron : des recueils paraissent sur place comme La coupe de Cendres (1924), Sylves (1927), Volumes (1928), Presque-Songes (1934), Chants pour Abéone (1936) ou à l’étranger comme Traduit de la nuit (1935) ; il propose aussi des traductions-adaptations de poésies traditionnelles dans Vieilles chansons des pays d’Imerina (1939) qui ne sont autres que les hain-teny rendus célèbres par Jean Paulhan. Enfin il laisse un considérable journal toujours inédit dont nous nous proposons de réaliser la première édition.
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Un puits de haut silence
Poésie

Poésie est silence. Elle fait silence dans les mots. Ses vocables, proférés en esprit et en gorge, creusent des trous, des blancs béants, dans le brouillard adipeux du bavardage ordinaire. Cailloux lisses ou anguleux qui se cognent aux parois en ricochant, qui glissent, coulent et roulent et ne trouvent pas de fond. Rendre à la parole sa rondeur massive, son poids rugueux et imprescriptible, sa densité charnelle, charnue, c´est remettre les mots à égalité avec les choses, avec le monde. Chaque fois que prend le chant, ça s´origine dans le présent du chant : commencement où il y a naissance. En vérité, nous ne cessons de naître, le seul instant qui nous soit disponible et mesuré étant l´actuel, unique. Tel est le mystère de notre incarnation, cette naissance continuée dont l´éclosion est, à chaque jaculation, proprement incalculable. Point, germe, élément, arc sifflant la mort, lyre vibrant la vie, boue, fer et ciment, étoile, source : « Naissance reste cela même qui ne cesse de venir ». Un panneau de Jérôme Bosch, que je découvris au Palais des Doges, à Venise, présente par un jeu de cercles clairs et concentriques, nettement décentrés pourtant, l´ascension, comme en un puits de lumière, des élus vers l´Empyrée. Le plus saisissant toutefois est qu´ils paraissent tout aussi bien tomber que monter ! Et il faudrait forger une notion de portée métaphysique qui serait un « tomber-monter » où le sens de l´espace-temps se reverse en une unique leçon de lumière. Broché : 260 pages
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Bornoyages du champ poétique
Essai
L'étonnement est une manière de réponse – abrupte, sans pourquoi – à la question ontologique telle que la formule Leibniz : « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? » L'étant, connu comme tel, sidère et cette éclatante soudaineté est celle même de l'être. Ce dernier en effet n'existe pas sur le mode de l'en-soi – essence ou monolithe – mais comme ce qui permet à l'étant de nous apparaître, comme la lumière ou plutôt l'éclairage – parfois rasant, frisant, oblique, parfois foudroyant – qui nous révèle ce qui est tel que c'est au point que nous en sommes saisis. Serge Meitinger.
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Les oeuvres du guetteur
Poésie
Le livre du guetteur, et son truchement, / n'est-il pas un simple miroir ?/ Courant sur le désert, l'aveuglante lueur / ricoche de tain en tain ;/ de sommet en sommet essaimant la nouvelle, / elle éveille l'écho/ et fait du plein soleil messager et message./ C'est tout mon labeur patient que d'attendre :/ esseulé, de mon haut, je regarde la vie, / je scrute les enjeux du minime et du reste, / et je lis signe à signe, ce qui passe en mon coeur,/ ce château exhaustif où règne un soleil tendre,/ et pour tout réfléchir ne suis-je pas miroir ?/
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L’homme de désir
Roman
Ces textes sont anciens. Ils portent bien leur date et ne voient le jour qu'aujourd'hui, tout juste échenillés. Vous comprendrez vite pourquoi en lisant. Le narrateur qui s'y met en scène est un tout jeune homme pris dans le constant en,jeu des signes et crispé sur leur interprétation. Ici le corps et le monde parlent, ne cessent d'exprimer et l'esprit n'en finit pas de dire combien et comment il s'exténue à déchiffrer, à chercher les mots sans jamais parvenir à l'expression plénière. Pour vivre dignement, se dit avec inquiétude notre herméneute, il faudrait comprendre ou avoir déjà compris ce qui se trame dans tous ces signaux émis presque en silence par le vif sous toutes ses formes. Il faudrait que tout devienne enfin clair et que le sens apparaisse.
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Nouvelle collection
...avec Frank Ferraty, Stéphane Pucheu, Patrice Guérin, Hanétha Vete Congolo, Patrick Cintas, Ahcène Aït Saïdi, Arnaud Delcorte.
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À paraître prochainement:
Frank Ferraty - À fleur de mots (poésie).
Stéphane Pucheu - Le dernier homme (fiction) suivi de Étrange Éros (nouvelles érotiques).
Patrice Guérin - Sur ma vie (autobiographie).
Hanétha Vete Congolo - Avoir et être - Ce que j'ai, ce que je suis (poésie).
Ahcène Aït Saïdi - L'envers du désir (roman).
Arnaud Delcorte - Le goût de l'azur cru (poésie) - en supplément du Cahier de la RAL,M nº 10 "Homosexualité et Littérature" à paraître bientôt sous la direction de Benoît Pivert.
Déjà paru:
Patrick Cintas - Gor Ur - le Gorille Urinant (roman).
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Textes
et prétextes
La rédaction de la RAL,M est toujours heureuse de pouvoir mettre en
ligne, en français et en espagnol, des textes de qualité appartenant
à tous les genres: poésie, narration, essai, études... de l'art, de
la musique. Je crois que nous tenons nos promesses.
Publier - Vous connaissez le travail du Chasseur abstrait:
rencontrer ici même, dans la RAL,M, les auteurs qui s'y donnent le
mieux et concevoir alors qu'ils sont publiables et que c'est par un
juste retour qu'il faut fabriquer les livres, les diffuser et les
donner à distribuer.
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Bordado y Dedicatoria
Daniel de Culla

Bordado sobre el tejado Click to enlarge
Dedicatoria
¿Hasta cuándo, Nuria Nurita,
habéis de permanecer tan escondida ?
¿Cuando os manifestaréis
y dejaréis ver con toda claridad,
para que mis ojos se regalen
de vuestra soberana hermosura
que llenará mi alma de gozo
y mi carne de felicidad ?
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L’espace filmique comme dévoilement de la culture africaine dans Egg of life
Paul Aimé Ekoumbamaka

Le film est une création artistique au même titre qu’une chanson, qu’un masque sculpté ou qu’un roman. Alors qu’une chanson est l’aboutissement d’un mélange harmonieux de sons et de paroles, qu’une toile peinte résulte d’une savante combinaison des formes et des couleurs, un film quant à lui est le résultat d’une parfaite association d’éléments visuels et sonores. Dit autrement, le film est un discours c’est-à-dire mise en fonctionnement du langage qui recourt à divers matériaux tels les accessoires, les personnages, l’espace, la musique, les costumes etc. pour sa mise en forme.
Mais en tant que discours aussi, tout film reflète à un degré plus ou moins élevé, son milieu producteur. Christian Metz l’a bien vu quand il écrivait déjà : « Tout film est au fond un documentaire.[1] » Ailleurs, allant dans le même sens nous écrivions : « Toute production artistique est un phénomène communicationnel issu d’un milieu socio-culturel donné. [2] »
La tâche qui nous incombe dans cet article est justement de montrer comment la culture africaine est fortement représentée dans un film africain nigérian notamment, à travers l’usage de l’espace qui est l’une des composantes dans tout récit filmique. Seront à cet effet examinés le palais royal, la case de la prêtresse et la rivière sacrée.
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La lengua de Einstein
Waldemar NOZ TZEC

Te miro que me miras
veo que quizà jugò
el viento ebrio con los cabellos del henequèn en tu
cabeza
que quizà jugò tambièn
el conejo travieso con los ojos saltones en tu mirada
que quizà jugò tambièn
el hambriento tejòn hormiguero que realargò su lengua
en tu boca
el juego del viento en tu cabeza
me hace pensar
que te gustò mucho jugar
el juego del conejo en tu mirada
me hace pensar
que te gustò mucho jugar
el juego del tejòn en tu boca
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Viaje poético
Juan Carlos Etcheverry Cristi

Tengo en mis manos la reciente publicación del poeta mexicano Francisco Azuela, nieto del famoso novelista revolucionario Mariano Azuela.
Antes de referirnos a esta publicación, que contempla tres libros en uno, me gustaría hablar un poco sobre el poeta Francisco Azuela, ya sea que he tenido la oportunidad de leer dos publicaciones anteriores (“El Maldicionero” publicado en México el año 1977 y “Son las Cien de la Tarde”, igualmente publicado en su país natal el año 1996).
Azuela es un poeta que trae con si todo el surrealismo a cuestas, su forma de narrar es propia de ese movimiento literario lo cual enriquece mucho más la lectura de sus textos, como muchos sabrán el surrealismo fue uno de los movimientos que más duró y que lo encabezó el poeta André Bretón, entre otros, Bretón manifestó en una oportunidad : “El acto surrealista más simple consiste en bajar a la calle con el revólver en la mano y disparar al azar todo el tiempo que se pueda a la muchedumbre”. Cuando leí “El Maldicionero” pensé en Bretón y en su movimiento y sentí que la mayor fuerza poética de Azuela provenían de los manifiestos surrealistas dados a conocer en 1942 en la Universidad de Yale.
La producción de Azuela es vasta, si bien comenzó con “El Maldicionero”, luego vinieron “El Tren de Fuego”, “La Parole Ardente”, el ya mencionado “Son las Cien de la Tarde”, “Ángel del Mar de mis Sueños” y para finalizar con esta reciente publicación que es una colección de libros donde se incluyen “Antología del Silencio”, “Cordillera Real de los Andes” y “Encuentro de Thunupa y Quetzalcoatl”.
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Martti Ahtisaari Prix Nobel de la Paix 2008
L’homme qui a appuyé l’invasion de l’Irak
Cristina Castello

Ils le nomment « Papa Mumin » à l’égal d’un personnage corpulent de la famille Moomins, de contes et bandes dessinées Scandinaves. Martti Ahtisaari recevra son prix constitué d’un diplôme et d’un chèque équivalent à 1,2 million d’euros aujourd’hui et demain, il jouira d’une fête qui réunira la Jet Set, en son honneur.
Ne serait-il pas temps de controverser ce trophée, le Prix Nobel de la Paix ? Les motifs abondent : Georges W Bush fut nommé, par exemple. Oui. Celui-là même qu’une grande partie des Américains veulent juger des crimes contre l’humanité… justement lui, le champion de la paix.
Et si nous commencions par penser à Alfred Nobel, le père du prix ? D’abord il a inventé la dynamite et d’autres explosifs qui servaient à des fins militaires. Il a peuplé l’humanité de munitions, et avec les revenus de ses inventions il a comblé sa vie : il en a fait une fortune colossale. Mais avant de mourir il a voulu laver sa faute, et a créé ce prix et d’autres encore, qui portent son nom : que ce soit littérature, médecine, physique et chimie. « Là l’artisan du mépris va, en implorant l’amour du méprisé » (Pablo Neruda).
Toutefois, le monde accepte la curieuse expiation d’Alfred Nobel, et applaudit ses prix.
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L'écriture poétique et romanesque n'en font qu'un chez cet écrivain qui est aussi essayiste et qui s'intéresse vivement à tout ce qui fait la réalité antillaise. Dans chacun de ses romans, nous retrouvons les paradigmes obsessionnels qui préoccupent les Antillais. D'abord, la réflexion (au double sens) sur la place et la fonction de la parole et de son écho scriptural, l'écriture, parole imprimée, livre édité. colère, l'indignation, le "mot étant d'abord son", comme l'a rappelé à plusieurs reprises Edouard Glissant dans Le Discours antillais. Ainsi, se traduit l'insécurité linguistique que se partagent de nombreux créolophones, toujours inquiets quant aux effets de sa parole, toujours incertains quant à la maîtrise de la parole dominante, le "Français de France". Ce qui saute aux yeux dans chacun des paratextes pépiniens, c'est effectivement la référence à une parole (ou son contraire: silence): Nancy Morejon opta pour Remolino de paroles libres, traduction impropre de "boucan" : tapage, vacarme, sème important puisque la parole poétique, comme l'écriture romanesque de Pépin sont l'épanchement d'une charge: Salve et Salive (1986) confirme cette détonation de paroles, cette décharge émotionnelle de celui qui prend la parole, tel l'enfant qui balbutie, babille, ayant peur de "déparler", comme l'exprime le préfacier dans Ti Jean L'horizon (1979, Simone Schwarz-Bart): "(Le nègre) parle et se retrouve vide avec sa langue intacte dans sa bouche et ses paroles sont allées rejoindre le vent". Kathleen Gyssels.
Bel arbre ruisselé aux lèvres de siguine
Debout en devinettes de lianes
Mains d’oiseau incendié
Et de grand brouillard vert
C’est ton élan qui m’appelle
Au rendez-vous des sèves
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Hommage au Gobe-Lune
On l’appelle le Gobe-Lune
C’est un nom qu’a pas une thune
Mais c’est notre puits de lumière
Quand il fait noir dans nos tanières
La boisson coule à flots
Les murs sont pleins de mots
On y vient entre artistes
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Paroles à chuchoter…
Tu feras de tes amours un bouquet de larmes à offrir à la vierge du temps. Le temps est toujours une vierge sans amant ni miroir.
Tu diras aux femmes que la pluie est l’aiguille du désir, que leurs yeux sont des cantiques et que leur simple présence ravive l’odeur des mots. Les mots sont des fruits mûris à leur toison. Des éventails somptueux qu’elles ouvrent seulement la nuit.
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Sylvia, ma soeur
Marta Cywinska
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Toutes les deux, nous étions enfermées
—dans le bracelet d’une princesse défunte
---qu’aucun Egyptien ne saurait graver
----sur le front d’une femme-cercueil
-----Des milliers d’années lumineuses
------fuyant du toucher d’une allumette
-------lles lèvres de Sylvia Plath se cavent
---------au-dessous d’un nouveau magma
----------Saute, me dit-elle, saute d’un roseau
-----------même son dernier étage n’est
------------qu’une boîte aux lettres
-------------jamais envoyées
— Saute... |
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Les fileuses Vaguer
Samir Mestiri
Samir Mestiri nous offre ces deux recueils.

- Samir Mestiri - Vaguer
Il marchait Le dos tourné matin Surgi du gris
Elle marchait Contre le vent Qui narguait Les vagues De l’oubli Je marchais Et les chevaux piaffaient Sous le palmier Tordu De sa chevelure.
Ce sont De longs cils de printemps Qui s’ouvrent Sur un doux soleil. Le jour se lève En tremblant Comme un esquif Volant Sur les vagues Tressées De la me. Un sourire d’enfant T’invite à partir Sur un linceul de musique. Et de liberté. Loin, loin d’ici. Le jour se lève. En tremblant …Ce soir, La mer frisonne en moi. Et La vague des lointains Comme une faux Découpe Mes rêves.
Ce soir, Ma vie est Comme une page En lambeaux.

- Samir Mestiri - Les fileuses
Au café d’en face
Les hommes assis regardent.
Un je ne sais quoi.
Un je ne sais qui.
Une passante
Un voile noir passant
Un passant
Une voiture
Un vélo
Une poussette
Une calèche
Un chat
Une femme à la fenêtre
Une fenêtre sans femme
Une femme sans fenêtre
Un moineau sautillant sur le trottoir
Le port d’en face
Les barques amarrées
Les voiliers qui dansent
Les marins qui remaillent leurs filets
L’arbre qui frémit
La feuille qui survole la tête des passants
Le bus qui crache ses passants.
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Samar diab : poétiques d’un avant-princeps
Monsif Ouadai Saleh

Le texte que je vous propose aujourd’hui s’inscrit dans une triple étymologie. Au commencement, il y avait la finalité sobre et économe d’une préface à la traduction complète de l’œuvre inédite de Samar Diab, celle qui divise le placement de mon discours entre traduction et étude et à laquelle je donne le titre provisoire de Poésies dialectiques. La seconde étymologie est celle qui résorbe la préface pour configurer et informer un but plus large et surtout plus ambitieux, à savoir, l’étude de la poétique de Samar Diab. Les frontières entre ces deux finalités, ces deux poétiques, la traduction et l’étude, ont eu un prolongement intermédiaire que j’ai développé en tant que présentation. La présentation intermédiaire assure la répartition inégale mais effectivement tripartite d’une lecture qui ne cesse d’invoquer des médiums d’abords et de débordements. Ces abords multiples se plaisent donc à suivre le fleuve implicite du débordement. Certes, le discours sur la poétique a toujours des manifestations de fragmentation tissulaire et frontalière à la fois. Aucune identité ne peut épuiser l’étrangeté de l’acte poétique quand sans raison le débordement tisse par la métaphore l’abord, ou par métonymie, sûrement de la partie pour le tout, déguisée en métaphore, l’abord éclaté devient, je ne sais par quel non-sens de régénération, de continuité et de transcendance, le restaurateur, le tisseur du débordement. Peu importe dans la création la blessure, l’abîme ou le pont puisque rien ne commence et ne finit comme unité et comme intégrité.
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L’enfance d’un troubadour
Robert Vitton

Derrière chez nous y a un étang,/Trois beaux canards s’y vont nageant… Derrière chez moi… Je n’avais pas dix ans. Trois beaux canards s’y vont nageant./ Y en a deux noirs, y en a un blanc… Non, je ne les avais pas, mes dix ans. Derrière chez moi… Une friche ronceuse et des pans de galandage, de muret, peut-être de rempart. Le Cirque. Les aînés avaient donné ce nom à ce lieu. Le Cirque ! Nous enfourchions des licornes, des coquecigrues, des chimères… Nous avalions des couteaux, des couleuvres, des charrettes ferrées… De nos manches et de nos chapeaux nous tirions des écureuils, des pigeons, des colombes… Chiens jaunes et chats tigrés traversaient des cercles de flammes. Entre chaque numéro, nous battions des tambours imaginaires. Mesdames et Messieurs… J’avais un pantalon en accordéon, une chemise flottante à carreaux multicolores, une longue cravate verte à pois noirs, les vieux Nebulonis1 de mon père, un haut-de-forme confectionné avec un tronçon de tuyau de poêle argenté et du carton, un nez rouge. Les guerres font giscler2 le raisiné, les après-guerre font giscler l’huile de reins. Le boudin des premières lignes et le foutre des pieux. Les pieux pieux des pioupious !
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Mistral
Maestro
Quel bon vent vous amène
Boute-feu boute-en-train
Flanqué de gens avides
Le Mistral
Nous laissse les mains vides
Et nous brise les reins
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Cécilia AMBU 
Je ne vous connais pas et vous ne me connaissez pas.
Je pense pourtant que le langage, cet outil si nécessaire, désirable et métaphysique, nous fera nous rejoindre dans la pensée et surtout dans l'émotion.
Je dirais que ce qui me pousse à agir, c'est l'expression de l'émotion, du sentiment. L'Art est l'expression d'une valeur bercé par l'objet qu'est le livre. Ce qui me fait dire avec Spinoza : "Nous sommes conscients de nos actes mais ignorants des causes qui nous font agir". Par contre, tout ce que je sais, c'est qu'il faut que je brise le mur qui me sépare de vous et de moi-même. Peut-être par l'activité artistique car l'Art est tout simplement l'incarnation de la beauté et le Beau puise ses ressources au sein du sujet, du moi ; il se fonde par l'âme humaine et surtout par sa souffrance. La souffrance d'exister, la souffrance de respirer même, je ne recherche pourtant que la reconnaissance de l'altérité : pourriez-vous regarder, peut-être même apprécier mon art, ce qui vous ferez dire : "Elle n'était pas de ce monde".
UNE DISSOCIATION
J’ai perdu mon âme même si je n’en ai jamais eu.
Il ne restait qu’un corps, vide de toutes émotions, de tous sentiments.
Cette chair, si solitaire dans la disparition de son amie intime, cette chair malade d’avoir perdu ce qui la tenait en vie, cette chair qui crie à la mort, qui souffre de l’absence de sa compagne.
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UNE PRESENCE
Un jour que je sillonnais un chemin rocailleux et abrupt
Je l’aperçus. Elle était là, si grande, si belle
Elle m’attendait.
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UNE PROTECTION
Brouillard, toi seul sais m’abriter des intempéries
Tu couvres mon front d’une douceur charmante
Tu enveloppes mon corps de ta pluie bienfaisante
Car, elle seule, sait rafraîchir mes membres tremblants
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LE DÉCLIN
Mon âme est malade de tant de tourments existentiels.
L’incompréhension de l’altérité, de l’extériorité, me brise le peu de substance vitale qu’il me reste encore.
Comment faire comprendre au monde entier que l’existence que nous menons ne vaut pas la peine d’être vécue ? Il est impossible de le faire comprendre.
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LA BÊTE
Face à ce miroir, j’observais mon visage.
Une fois de plus, je ne me reconnaissais pas : cette chair me semblait bizarre, comme étrangère à moi-même.
Ce visage n’était décidemment pas le mien : y avait-il un masque sur ce que j’étais réellement ? Je tirais sur ma peau pour l’enlever mais tous mes efforts étaient vains.
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Antología del Empedrado
Rolando Revagliatti
A Jean Genet
Si porque
le extenúan la sombra
en el sueño sus propios albergados
Si porque
se la afilan en las estaciones
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1 - La voiture de mes rêves
Sébastien Ayreault

J’ai toujours rêvé d’avoir une voiture
Téléguidée. Un truc d’enfer. Qui foncerait à toute bombe à travers les rues de mon village. Crachant le feu, bondissant sur les trottoirs, dérapant dans un nuage de poussière. Debout devant la maison de mes vieux, je voyais ce truc plus vrai que nature et je téléguidais comme un halluciné. Tous terrains ou simple routière, elle se transformait au gré de mes humeurs, elle pouvait même changer de forme en plein virage. Ouais, comme ça. Elle descendait la rue version ras le sol et la remontait en 4x4 hurlant. Putain ! Elle était redoutable. Sauf que, noëls, anniversaires, passage en classes supérieures, arrêts de but…
RIEN. JAMAIS.
Elle était rouge et noir, elle avait des grosses roues à crampons, et surtout, elle ne coûtait que 200 balles : je l’ai foutue dans le chariot.
-Euh ?? C’est quoi ? a dit ma femme.
-Une voiture téléguidée...
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La fisura de la eternidad en la rúbrica del deseo
Carmen Váscones

La escritura de mujeres es un andar más allá de la cartografía corporal, geográfica y psíquica. La mujer mira, habla de ella y de las otras, lo dice como dando a develar una desnudez que no se deja atrapar en el placer textual de los poros ni de la sensación de la conquista luego víctima o desprecio ; ella, desmadeja los cables del lenguaje donde está la tensión de la historia de la humanidad, deja a un lado la manzana y la serpiente. El deseo aflora en la lengua que deja notar los nudos en la garganta, más abajo del ombligo o la sensación de la nada cuando esta acecha, y, la angustia se agota en el agobio de un placer derrotado por los intersticios de los sexos. El cuerpo siente pero a veces ignora qué historia se escribe en su piel. La mujer intenta decir, se enferma, se constituye, plantea, habla por otras, se escucha el sufrimiento humano. Es un reto y riesgo destapar el rostro cubierto sin temor a ser lapidada. América no vive eso, pero la violencia se precipita y pide a gritos un llamado de atención de intervención.
Qué hacemos las escritoras en este espacio social, donde lo humano sangra el golpe sin palabras. Escribimos, ¿para quién, para deleitar, denunciar, mediar, enlazar o qué ? Las escritoras nos invitan a que demos sus lecturas, a que veamos cómo el pensamiento femenino se ha quitado el himen, la ignorancia no nos hace buenas. Saber tampoco, pero como que este se lo relaciona con la hoguera y el pecado, irónico, aún en estos tiempos de destapes.
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Dos ensayos filosóficos sobre la modernidad
Oscar Portela
Fundamentalmente las catástrofes mundiales tipo la segunda guerra "mundial" no "decidieron" nada acerca del futuro de una humanidad que confía en la razón "instrumental" y los actos emanados de la libertad volitiva, para poner en orden lo que aquí a salido de
gozne. Oscar Portela.
Arcaísmo e hiperracionalidad
a Cris Yozia y Joaquin Meabe

Todo nos retrotrae a una cosmología arcáica - los arcaísmos no han sido superados por el logos griego ni por los trucos de los magos de la teología católica .
Aún en el mundo no se cumplido aquello expuesto ya en "De la verdad y la mentira en sentido extramoral", y no vivimos en un más allá del bien y del mal, sino un más acá del bien y del mal.
Toda antropología como afirma Heidegger, no puede decirnos que es el hombre porque dicha pregunta nace ya de una respuesta dada por Aristoteles hace más de 2500 años : "animal racional" sin dejar de ser animales - y hoy podríamos decir- sin las virtudes que trae aparejado el serlo, el hombre como animal por lo tanto no fijado metafísicamente, (Nietzsche), es aquel transeunte que aún "podía prometer) poéticamente dibujado por Euripides de manera insuperada presentado como el ser que en su esencia se muestra desde siempre como señor del ente.
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COMMUNIQUÉS DE PRESSE
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I - Pourquoi Le chasseur abstrait ?
Le chasseur abstrait ne répond pas en effet à une « demande » du marché. Ce marché est saturé de propositions « littéraires » en tous genres. Seuls quelques éditeurs, sur les plus de 1500 qui agissent en France, tirent leur épingle du jeu et imposent la marche à suivre. Il s’ensuit depuis longtemps une organisation puissante qu’on appelle la « chaîne du livre » et une méthode d’édition particulière d’ailleurs définie par la Loi et des usages régaliens. Cette « économie du livre » n’atteint certes pas les dimensions d’une véritable industrie, mais son emprise sur la société est telle que tout autre dogme est violemment rejeté par ses acteurs. Cette économie révèle des comportements « culturels » tout à fait semblables à ce que les religions de tous poils tentent de faire subir à une société dont le rêve est pourtant parfaitement démocratique. Mais ici, la révélation tient à des comptes tenus au jour le jour et non pas à la parole divine.
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II - Les choix du Chasseur abstrait.
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